Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

Qui paye ses dettes s'enrichit

Ce proverbe est une incitation de ne pas laisser durer ses dettes

Origine

Voilà un bien étrange proverbe, surtout si l'on s'arrête uniquement à l'aspect pécuniaire, car chacun sait qu'enlever de l'argent de sa propre bourse (lorsqu'on paye sa dette) appauvrit plutôt.
Mais c'est oublier l'aspect psychologique de la chose : en effet, avoir des dettes est un poids qu'on porte et qui mine partiellement le moral (du moins celui des gens honnêtes ou scrupuleux). Une fois sa dette réglée, on s'est libéré de ce poids et on peut alors vivre sa vie pleinement sans remords, même si c'est sans argent, mais avec un 'enrichissement' purement moral.
En réalité, cet ancien proverbe est très moraliste. Son existence était principalement là pour réguler l'économie et convaincre les emprunteurs qu'ils ne doivent pas oublier de rembourser leurs dettes (même si autrefois, l'usage de la force pour 'inciter' au remboursement était souvent monnaie courante).

Exemple

« - Je dois à la femme de chambre et au domestique, répondit-elle, leurs gages et quelques débours, et puis la pension que nous payons à votre mère...
- C'est bien, c'est bien, payez : qui paye ses dettes s'enrichit, dit-on ; singulier proverbe et que je crois très peu exact ; laissez-moi seulement une centaine de francs, dites, Charlotte ! »
Journal des demoiselles - 1861

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Pays Langue Expression équivalente Traduction littérale
Maroc Arabe اللي خلص دينو شبع Qui a payé ses dettes sent la satiété
Tunisie Arabe Elli iboul ikhaffef aala n'boultou Celui qui pisse soulage sa vessie
République Tchèque Tchèque Kdo dluhy splácí, tomu statek roste Qui paye ses dettes fait prospérer sa ferme
États-Unis Anglais Once paid, never craved Une fois payée, jamais imploré
Espagne Espagnol El que paga descansa Qui paye se repose
Espagne Espagnol El que paga descansa... y más descansa el que cobra ! Celui qui paye (ses dettes) se repose... et celui qui touche se repose davantage !
Espagne Espagnol Qui paga el que deu tot el que resta és seu Qui paie ce qu'il doit est propriétaire de ce qui lui reste
Espagne Espagnol Quien paga sus deudas, se enriquece Qui paye ses dettes s'enrichit
Italie Italien Chi paga debito, acquista credito Qui paye son débit, acquiert du crédit
Pays-Bas Néerlandais Wie zijn schulden betaalt, verarmt niet Qui paye ses dettes ne s'appauvrit pas
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Commentaires sur l'expression « Qui paye ses dettes s'enrichit » Commentaires

  • #1
    • deLassus
    • 02/10/2009 à 00:22
    Voilà un beau proverbe qui devrait figurer dans la Constitution française.
    Si l’Etat s’enrichissait tout simplement en payant sa dette publique, il n’aurait plus besoin de nous accabler d’impôts et de taxes divers.
  • #2
    • deLassus
    • 02/10/2009 à 07:07*
    • En réponse à deLassus #1 le 02/10/2009 à 00:22 :
    • « Voilà un beau proverbe qui devrait figurer dans la Constitution française.
      Si l’Etat s’enrichissait tout simplement en payant sa dette publi... »
    "De la musique avant toute chose,
    Et pour cela préfère l’impair."
    (Verlaine, l’art poétique, 1874)
    >>> Qui paye ses dettes s’enrichit,
    >>> Et de ses créanciers s’affranchit.
  • #3
    • momolala
    • 02/10/2009 à 07:33
    • En réponse à deLassus #1 le 02/10/2009 à 00:22 :
    • « Voilà un beau proverbe qui devrait figurer dans la Constitution française.
      Si l’Etat s’enrichissait tout simplement en payant sa dette publi... »
    Eh oui mais ce serait vrai si l’Etat était une entité réelle. Or en démocratie, l’Etat c’est nous, con, comme on dirait à Toulouse ! donc en fin de comptes, ce sont nos dettes : ayant détourné l’argent que nous nous donnions à travers les diverses cotisations et autres impôts pour en faire des choses inavouées et sans doute inavouables nous nous sommons de les payer à travers une multitude de micro-crédits que nous nous consentons à travers les taxes. La taxe carbone en est l’exemple le plus limpide. et la démocratie est le moins pire des systèmes !
  • #4
    • momolala
    • 02/10/2009 à 07:40
    Plus sérieusement, car j’espère que vous aviez compris que je ne l’étais pas auparavant, et d’expérience hélas, il vaut mieux régler ses dettes sans y être contraint. Deuxième adage : le mariage sans contrat, dit "légal" est un piège pour l’époux qui ne fait pas les dettes mais doit néanmoins les payer. La communauté de biens entre époux est une garantie pour la Communauté sociale dans laquelle nous vivons. Mais il est vrai que l’effort consenti et le chemin parcouru pour y parvenir enrichissent !
  • #5
    • <inconnu>
    • 02/10/2009 à 08:19
    Vous connaissez tous ce texte qui comme autant de fichiers PPS inondent nos messageries. Pourtant, si d’habitude ils finissent à la poubelle, celui-là, je l’ai gardé :
    "Tout se passe dans un village qui vit du tourisme, sauf qu’à cause de la crise il n’y a plus de touristes…
    Tout le monde emprunte à tout le monde pour survivre. Plusieurs mois passent, misérables.
    Arrive enfin un touriste qui prend une chambre. Il la paie avec un billet de 100 €.
    Le touriste n’est pas encore monté dans sa chambre que l’hôtelier court porter le billet chez le boucher, à qui il doit justement cent euros.
    Le boucher va aussitôt porter le même billet au paysan qui l’approvisionne en viande.
    Le paysan, à son tour, se dépêche d’aller payer sa dette à la pute à laquelle il doit quelques passes.
    La pute boucle la boucle en se rendant à l’hôtel pour rembourser l’hôtelier qu’elle ne payait plus quand elle prenait une chambre à l’heure.
    Comme elle dépose le billet de 100 € sur le comptoir, le touriste, qui venait dire à l’hôtelier qu’il n’aimait pas sa chambre et n’en voulait plus, ramasse son billet et disparait.
    Rien n’a été dépensé ni gagné ni perdu. Plus personne dans le village n’a de dettes. "’
    Ce principe n’est-il pas applicable en réalité ?
  • #6
    • SagesseFolie
    • 02/10/2009 à 08:57*
    Qui paye ses dettes s’allège .... du poids moral, judiciaire et financier qui pèse sur son avenir. Ça c’est pour les gens simples et sains.
    Le premier problème c’est que, qui s’enrichit se permet souvent de ne pas payer ses dettes. Le second problème c’est qu’il s’en sort souvent : en ce sens on ne prête qu’aux riches.
    Qu’il se méfie cependant : il n’est pas à l’abri d’un règlement de comptes.
    Ah, sagesse enfouie ... 😉
  • #7
    • flexique
    • 02/10/2009 à 09:06
    • En réponse à <inconnu> #5 le 02/10/2009 à 08:19 :
    • « Vous connaissez tous ce texte qui comme autant de fichiers PPS inondent nos messageries. Pourtant, si d’habitude ils finissent à la poubelle... »
    Cela s’applique en réalité, si l’on exclu la spéculation.
    L’argent n’est qu’une contrepartie fictive de l’échange de richesses ou de services. Dans l’histoire racontée ci-dessus, les dettes sont bouclées, elles vont de l’hôtelier à l’hôtelier et s’annulent mutuellement (valeur constante de 100€). Chacun ayant emprunté autant qu’il a donné.
    Connaissez vous l’histoire du vieux bédouin qui sur son lit de mort décide de donner la moitié de ses 17 chameaux à son fils aîné, le tiers au deuxième de ses fils et le neuvième à son troisième et dernier fils ? Quelques similitudes avec l’histoire ci-dessus…dans le recours à l’emprunt.
  • #8
    • mickeylange
    • 02/10/2009 à 09:16*
    J’avais parié une bouteille de whisky avec Marceeel, que je serai pas collé samedi. J’ai perdu.
    Je lui ai payé une bouteille et on lui a fait un sort.
    Moralité:
    Qui paye ses dettes sent le whisky.
  • #9
    • lusoko
    • 02/10/2009 à 09:17
    Le prêt à usure a longtemps été interdit par la religion chretienne. D’oùl’encouragement à ne pas emprunter, ou à s’acquitter de ses dettes.
  • #10
    • <inconnu>
    • 02/10/2009 à 09:21
    • En réponse à flexique #7 le 02/10/2009 à 09:06 :
    • « Cela s’applique en réalité, si l’on exclu la spéculation.
      L’argent n’est qu’une contrepartie fictive de l’échange de richesses ou de service... »
    C’est vrai que dans mon histoire, la somme empruntée est toujours la même ... Quant à l’histoire du bédouin, mon père, qui aimait m’embrouiller l’esprit avec des problèmes mathématiques, me l’a soumise, mais j’avoue ne plus me rappeler de la solution.
  • #11
    • <inconnu>
    • 02/10/2009 à 09:22
    Cette expression m’interpelle : Qui a pondu une telle ânerie !
    Un banquier capitaliste probablement.
    En effet, comme je n’ai pas d’argent, je ne suis pas riche, donc je vais faire un emprunt à mon banquier. J’ai donc une dette que je dois rembourser avec des intérêts élevés. Donc comme je ne suis pas riche et que je dois rembourser ma dette, je ne vois pas comment je vais m’enrichir en payant ma dette. CQFD.
  • #12
    • mickeylange
    • 02/10/2009 à 09:28
    • En réponse à <inconnu> #5 le 02/10/2009 à 08:19 :
    • « Vous connaissez tous ce texte qui comme autant de fichiers PPS inondent nos messageries. Pourtant, si d’habitude ils finissent à la poubelle... »
    Dans le même genre tu as:
    "Si nous le dépensons au supermarché du  coin notre argent part  en Chine. - Si nous dépensons l’argent en  essence il part chez les  arabes. - Si nous achetons un ordinateur  il ira aux Indes. - Si on  achète des fruits et des légumes  l’argent va au Mexique, Honduras et  autre. - Si on achète une  bonne bagnole notre fric va en Allemagne. - Si  on achète des  babioles le fric part à Taiwan et n’aidera pas notre  économie. La  seule façon de maintenir l’argent aux états Unis, c’est de  le  dépenser avec des prostituées et en achetant de la bière si l’on   considère que ce sont les uniques biens que l’on produit encore  par ici  ! Donc en faisant la bringue, j’accomplis mon devoir  civique.  Et  maintenant même plus la bière car le groupe  brésilien Ambeve a acheté  Budweiser. Il ne reste plus que les  prostituées ... Hélas presque toutes  proviennent d’Amérique Latine  ! C’est vraiment la crise  ! ’’
  • #13
    • chirstian
    • 02/10/2009 à 09:30
    • En réponse à <inconnu> #11 le 02/10/2009 à 09:22 :
    • « Cette expression m’interpelle : Qui a pondu une telle ânerie !
      Un banquier capitaliste probablement.
      En effet, comme je n’ai pas d’argent, j... »
    la véritable expression c’est : "qui fait payer ses dettes par autrui, s’enrichit" . Une erreur de transcription a conduit à cette version qui n’a effectivement plus aucun sens !
  • #14
    • chirstian
    • 02/10/2009 à 09:39
    ma fille vient de finir de me rembourser les coûts de sa scolarité en école primaire. Du coup, pour la féliciter de ce bel effort, je lui fais cadeau de sa classe de 6°. Plus que 26 ans et elle sera à jour. Ce n’est pas par appât du gain que j’ai décidé de lui faire rembourser la totalité de ce que nous avons dépensé pour elle : c’est pour l’aider à s’enrichir. Le problème c’est que cela lui crée une dette morale envers nous qu’il lui faudra également rembourser.
    Mais cela presse moins. 😐
  • #15
    • SagesseFolie
    • 02/10/2009 à 09:43*
    • En réponse à flexique #7 le 02/10/2009 à 09:06 :
    • « Cela s’applique en réalité, si l’on exclu la spéculation.
      L’argent n’est qu’une contrepartie fictive de l’échange de richesses ou de service... »
    Pas tout-à-fait d’accord. L’histoire du village ne marche que parce chacun devait exactement la même somme à l’autre et en boucle. Personne n’est perdant ... sauf l’hôtelier qui perd le bénéfice de la location de sa chambre d’hôtel.
    Explicitons l’histoire du Bédouin pour que tout le monde comprenne. Ne voyant pas l’intérêt de couper un chameau en 2, 3 ou 9, les 3 enfants vont demander conseil au Cadi.
    Celui-ci leur dit : c’est simple. J’ai un chameau et je vous le donne. Cela vous en fait 18.
    Donnons la moitié à l’ainé : 9 chameaux. Le tiers au puiné : 6 chameaux. Le neuvième au cadet : 2 chameaux.
    Maintenant 9 + 6 + 2 = 17 chameaux ! Donc, dit le Cadi, je reprends mon chameau !
    Ici il y a une erreur mathématique car en donnant 1/2 + 1/3 + 1/9 = 17/18, le Bédouin n’avait pas légué l’intégralité de ses chameaux à ses enfants et s’ils avaient coupés les chameaux pour obéir au désir paternel, il serait resté des morceaux de chameaux sans propriétaire. 🙂
  • #16
    • mickeylange
    • 02/10/2009 à 10:15
    • En réponse à SagesseFolie #15 le 02/10/2009 à 09:43* :
    • « Pas tout-à-fait d’accord. L’histoire du village ne marche que parce chacun devait exactement la même somme à l’autre et en boucle. Personne... »
    s’ils avaient coupés les chameaux pour obéir au désir paternel, il serait resté des morceaux de chameau sans propriétaire. 

    Ils ont pas pensé à vendre un chameau et à se partager l’argent ?
    Maître Mickey, Notaire de la SPA
  • #17
    • Elpepe
    • 02/10/2009 à 10:31
    • En réponse à momolala #4 le 02/10/2009 à 07:40 :
    • « Plus sérieusement, car j’espère que vous aviez compris que je ne l’étais pas auparavant, et d’expérience hélas, il vaut mieux régler ses det... »
    Ah, ça y est ? Tu as enfin payé ta facture EDF et tu es au courant ? Bon, puisque l’Etat, c’est toi... paie ! Le tout étant de savoir quoi, mais là, on navigue un peu dans le brouillard, moi je dis.
  • #18
    • Elpepe
    • 02/10/2009 à 10:36
    • En réponse à mickeylange #8 le 02/10/2009 à 09:16* :
    • « J’avais parié une bouteille de whisky avec Marceeel, que je serai pas collé samedi. J’ai perdu.
      Je lui ai payé une bouteille et on lui a fai... »
    C’est ça, le début de la sagesse, mon tout-petit ! Mais je te rappelle qu’il est interdit d’arriver bourré à la colle du samedi. Par contre, on peut en repartir dans cet état. Merci qui ?
  • #19
    • Elpepe
    • 02/10/2009 à 10:38
    • En réponse à <inconnu> #10 le 02/10/2009 à 09:21 :
    • « C’est vrai que dans mon histoire, la somme empruntée est toujours la même ... Quant à l’histoire du bédouin, mon père, qui aimait m’embrouil... »
    j’avoue ne plus me rappeler de la solution

    Eh bien... bosse !
  • #20
    • Elpepe
    • 02/10/2009 à 10:41
    • En réponse à mickeylange #12 le 02/10/2009 à 09:28 :
    • « Dans le même genre tu as:
      "Si nous le dépensons au supermarché du  coin notre argent part  en Chine. - Si nous dépensons l’argent en  essenc... »
    Oui, mais avec Marcel et Marcelle sa fille, l’économie d’Expressio tourne en vase clos et se porte très bien !