Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

langue verte [n]

langage libre et cru ; argot ; javanais

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Portugais (Portugal) gíria jargon
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Commentaires sur l'expression « langue verte » Commentaires

  • #1
    deLassus
    01/03/2021 à 20:23*
    Bonsoir,

    Jusqu'à ce soir, je pensais que la langue verte était l'argot (expression du XIXème siècle).
    J'ai en effet pour maître un "professeur de langue verte", Alfred Delvau, auteur en 1864 du Dictionnaire érotique moderne (cette page), et bien sûr des différentes éditions du Dictionnaire de la Langue verte (1866, 1867 et, avec la collaboration de Fustier, 1883, liens disponibles si demande).

    En cherchant un peu l'origine de cette couleur, j'ai découvert dans le journal La Presse* (daté 24 mai 1837) cet article, dans la rubrique "Tribunaux" :

    "Un professeur de langue verte est un homme qui a usé sa vie et sa fortune, s’il en a eu, aux chances du tapis vert, et qui n'a plus pour vivre que sa longue expérience des martingales, des refaits, des séries, des intermittences et, en un mot, de toutes ces expressions qui forment le fond de la langue verte (autrement dit la langue du tapis vert). Le professeur siège dans toutes les maisons de jeu du Palais Royal, depuis l'ouverture de la partie jusqu'à la clôture. Il va terminer sa nuit dans les maisons de bouillote, vulgairement appelées maisons Bancal. Le professeur est à l'affût des nouveaux débarqués, des joueurs débutants, des piqueurs de cartes inexpérimentés.
    Il donne des conseils, discute sur les coups passés, prédit les coups à venir- et finit par trouver un joueur confiant qui suit ses conseils, ou le fait jouer pour lui. Le professeur est plus heureux qu'un ami intime du télégraphe, car il joue à coup sûr. S'il perd, il n'a qu'à maudire le sort, accuser un refait, un hasard, la date du mois, si c'est un 15 ; le jour de la semaine, si c'est un vendredi. S'il gagne, il a sa prime, indépendamment de ce qu'il peut escamoter pendant qu'il a les fonds en maniement ; cela s'appelle: Donner à manger à sa pie.
    Il y a des classes dans ces professeurs de langue verte. Il y a les aristocrates, qui sont tous colonels ou marquis de l'ancien régime de la vieille et bonne roche, ruinés de la tête aux pieds par la révolution de juillet, chamarrés d'une foule de rubans, parlant haut et fier, et n'en faisant pas moins leurs affaires avec les jobards bien habillés qui sont admis dans les salons comme il faut du Rien-ne-va-plus. Il y a encore des professeurs de langue verte des tripots de bas étage, qui donnent un conseil pour 50 centimes, et ne refusent pas 20 sous ou la fine bouteille a quinze offerts par le joueur qu'ont favorisé les douze du milieu. Il y a enfin les Professeurs de langue verte des classes moyennes qui vont partout, dans les bas lieux quand l'habit neuf est en gage, dans les beaux salons quand le pigeon a donné et que la mise soignée de rigueur s'en est ressentie.
    On cite tels et tels de MM. les professeurs de langue verte, qui gagnent dix fois dans une année le traitement d'un président de province. Il y a dans cette catégorie d'individus des capacités, des illustrations. Il y aurait une curieuse biographie à faire de tous ces industriels. L'un d'eux, assure-t-on, est en marche avec un célèbre libraire de la capitale, pour publier ses Mémoires."

    * cette page, double clic au bas de la 2ème colonne.