Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

famille tuyau de poêle [exp]

famille qui pratique des relations sexuelles entre ses membres ; famille nombreuse peu instruite issue de milieu défavorisé ; famille dans laquelle se commet l’inceste

Origine et définition

Nous entrons aujourd'hui dans un monde plein de de finesse et de délicatesse (comme certains jours auparavant et d'autres à venir, les expressions françaises étant ainsi faites).
Cette expression est très familière, pour ne pas dire vulgaire.
Mais l'image qu'elle véhicule est parfaitement compréhensible pour qui a eu l'occasion, au moins une fois dans sa vie, d'installer un poêle à bois ou à charbon avec toute sa tuyauterie d'évacuation. Il a en effet pu constater que celle-ci est composée de tronçons qui s'emmanchent les uns dans les autres.
Est-il vraiment nécessaire d'en expliquer plus ?
Cette expression est le titre d'une pièce de théâtre écrite par Jacques Prévert en 1933, dans laquelle des bourgeois, respectables en apparence, pratiquent en réalité adultère, inceste, homosexualité et amours avec le personnel, alors qu’ils se prétendent hypocritement très vertueux.

Exemples

On est de la famille tuyau de poêle?

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand inzestuöse Familie famille incestueuse
Catalan família incestuosa famille incestueuse
Italien famiglia di invertiti famille d'invertis
Latin familia tibia caminis famille d'emmanchés
Néerlandais bloedschande / bloedschennis inceste
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Commentaires sur l'expression « famille tuyau de poêle » Commentaires

  • DiwanC
    25/10/2014 à 19:31*
    D'où vient-il ce "tuyau", amusant à prononcer ? Et le "poêle" ? et la "famille" ?
    M'sieur Rey !!! Vous voulez bien me prêter votre dico, s' vous plaît ?
    Eh bien, vais vous dire, ce n'est pas simple ! Vais tenter de vous résumer tout ça.
    Tuyau : c'est l'aboutissement de tudel, tuiel , tuel vers 1175, puis tuiau au XIIIe. Tout ça remonte vers le francique thuta reconstruit d'après le gotique thuthaurn → "cor à sonner" *, et le frison tute → "conduit".
    Seulement P. Guiraud conteste et propose de remonter au latin tutela → protection, enclos, tuteur. Parce que, argumente-t-il, le tuyau est une canalisation fermée.
    Peu vraisemblable, rétorque M'sieur Rey. J'adore ces querelles de linguistes !
    Disons que vers 1500, on trouve notre tuyau → conduit de cheminée.
    Maintenant poêle. Ne vous réjouissez pas trop vite, c'est encore plus compliqué ! Aussi vais-je aller à l'essentiel en vous épargnant la labialisation du "e" en "o", le suspendu architectural, les bains construits sur des voûtes et chauffés par dessous,** l'hupokauston grec, Grégoire de Tours et tout le bazar.
    J'ai relevé simplement qu'en 1351, on l'écrivait poile ; on passe par poesle en 1514, puis par poele, et enfin on arrive au poêle.
    Avant d'être l'appareil de chauffage dont auquel on cause, poêle désigné une chambre chauffée. Ainsi Descartes écrit-il : Enfermé seul dans un poêle... Étonnant, non ?! 🙂
    Reste famille.
    Si le cheminement est plus simple – familia → latin classique – il a quand même ses curiosités car la familia romaine désigne les esclaves attachés à la maison du maître et en latin médiéval, familia désigne un ménage de serfs.
    Il faudra attendre 1585 pour qu'apparaisse l'idée de parents proches.
    Sur ce, ne reste plus qu'à remercier M'sieur Rey.
    * Me d'mandez pas ce que le cor à sonner vient faire ici, c'est comme ça et pis c'est tout.
    ** Autrement dit, chauffage au sol !
  • DiwanC
    25/10/2014 à 19:38
    • En réponse à mickeylange #100 le 25/10/2014 à 18:20* :
    • « Non il n'était pas ramoneur.
      C'est pas parce qu'il nettoyait les poêles des pinceaux chez Verrocchio qu'il était ramoneur. Et ne va pas dir... »
    Me doutais que si tu passais par-là, tu ne supporterais pas de voir ton maître Léonard traité de ramoneur !
    Joliiiie l'allusion à la cène !
  • DiwanC
    25/10/2014 à 19:43*
    • En réponse à ipels #98 le 25/10/2014 à 17:11 :
    • « ... euh... bien je l'essuie vit dans ses CQFD... son poil à ma zoute, son poêle qui aboie, son con sans gain, voire même l'air chaud du Sud... »
    Eh bé ! 😄
    Quand je pense que - lorsque tu as poussé les portes de Reverso - tu nous voussoyais parce que le "tu" avait de la peine à sortir de ton encrier !
  • SyntaxTerror
    25/10/2014 à 19:45*
    • En réponse à DiwanC #101 le 25/10/2014 à 19:31* :
    • « D'où vient-il ce "tuyau", amusant à prononcer ? Et le "poêle" ? et la "famille" ?
      M'sieur Rey !!! Vous voulez bien me prêter votre dico, s... »
    Tu as certainement déjà vu un cor ou une trompette !
    Ce n'est "qu'un" long tuyau. On a fini par s'apercevoir qu'en l'enroulant, c'était plus commode pour le transport.
  • ipels
    25/10/2014 à 19:54
    • En réponse à DiwanC #103 le 25/10/2014 à 19:43* :
    • « Eh bé ! 😄
      Quand je pense que - lorsque tu as poussé les portes de Reverso - tu nous voussoyais parce que le "tu" avait de la peine à sortir... »
    ... yep... et c'est toi qui m'a convaincu lorsque tu m'as appris pour Elpepe... et que c'était comme ça et pis c'est tout... et c'est aussi ton pouvoir de fâââmme !
  • DiwanC
    25/10/2014 à 21:13*
    • En réponse à SyntaxTerror #104 le 25/10/2014 à 19:45* :
    • « Tu as certainement déjà vu un cor ou une trompette !
      Ce n'est "qu'un" long tuyau. On a fini par s'apercevoir qu'en l'enroulant, c'était plus... »
    C'est vrai qu'avant c'était comme ça...
    Aujourd'hui, il n'y a plus que Lange qui pourrait encore souffler la-dedans !
  • Utilisateur supprimé
    11/02/2019 à 00:06*
    Et voici venue l'heure de
    La Minute belge – CROLLE
  • Tricholome
    11/02/2019 à 00:45*
    J’connaissais pas cette famille tuyau de poêle, mais bon faut croire que toutes les perversions sont possibles sur la terre de France. J’ai lu les 120 jours de Sodome (sweet home), mai j’aime encore mieux m’imaginer la vigoureuse Iphigénie ou la douce Jhéla Langda me travailler la membrane (les circonvolutions de Broca, bien sûr).
    Les aventures du capitaine Korssakof
    Au pays des mille et une nuits (18 ans et + avec parents responsables)
    Après avoir quitté Pondichéry avec à son bord la très belle Jhéla Langda N’Tabouche qu’il avait troquée pour quatre vieux canons de 28, rosbifs, et son éléphant de poche (quand même 200 kilos), qui s’initie au dur métier de mousse de vigie de cacatois, au grand plaisir de la jalouse Iphigénie, le Mer D’Alors se dirige vers Bandar Abbas (calembours permis sans restrictions) où Korssakof espère faire l’achat de tapis volants et de lampes d’Aladin usagés qu’il pourra ensuite fourguer à gros prix à de riches bourgeois de Lutèce ou de la Cité phocéenne, qu’on appelle des Bouba-cool.
    Korssakof : Ces Iraniens, i’z’ont des tapis formides et des lampes d’Aladin que tu fais un vœu et hop, il se réalise. Leur tapis volant, c’est super pour le gringue : Tu dis : Sézamouvretoi et boum, la jolie donzelle s’écartèle et tu peux lui présenter Zézette, sans bâton rompu!
    Iphigénie : C’est des trucs de salopards de mecs lubriques, tu devrais avoir honte, capitaine. Ce soir, ben, ton p’tit bâton de maréchal, tu le f’ras marcher tout seul! Tu pourras te frotter la lampe toute la nuit, ton vœu, j’en veux pas!
    Korssakof (avec un peu d’ironie qu’il ne pouvait pas vraiment se permettre): Mais non, mon adorée, ma sublime Iphigénie, ma suprême déesse des passions charnières (?, il voulait dire charnelle?), mon Ève exa(u)ltante (?), mon Paradis sur pattes, ma Tentation excessive, ma Pomme délicieuse, c’était pour rire. Tu sais bien que j’ai pas besoin de tapis pour t’envoyer au septième ciel! Et si je te lampe (à l’huile de coude), tu sais bien que c’est pour illuminer notre amour!
    Iphigénie grognouille de plus belle : Te fatigue pas le compliment, ce soir, c’est NIET. Iphigénie, fermée pour cause de rénovations sexistes. Prépare tes contritions, capitaine, va falloir me con vaincre et, comme tu le sais, c’est pas de la tarte (au poil)! Et ne t’avise pas de t’approcher de la mousse (elle parle de Jhéla Langda) si tu veux pas perdre des morceaux de ton corps, et du sien, auxquels tu tiens plus que d’autres. Elle brandit un coutelas à la lame menaçante.
    Au matin, Korssakof, dans le bazar de Bandar Abbas, discute le bout de gras avec un roué marchand de tapis un peu vaniteux, l’émir Ibn Liflore, un cousin de l’émir Obolan et du cheikh Sanfon. Pour apaiser sa fuligineuse, et ombrageuse, Iphigénie, il propose d’échanger la vraiment (mais vraiment) très belle Jhéla Langda (Korssakof en suffoque à la pensée de, bavant de plus b’elle) pour un lot de tapis de Turquie dont les poils suscitent encore le désir.
    Mon émir(ador), t’as vu sa silhouette, t’as vu ce corps. Avec elle à tes côtés, tu vas passer pour le Grand vizir! Et imagine les nuits! Et t’as l’éléphant gratos!
    L’émir, qui est de la jaquette flottante, lui rétroque : Ben, un de tes gabiers irlandais avec la fesse bien rebondie, j’dis pas non. Et pour les lampes d’Aladin, hrmmm, ça m’en prendra deux! Des jeunes!
    Tope-là, mec! Des gabiers, c’est pas ça qui manque. Il reluque la (mais vraiment, en faisant des bulles par les narines) très belle Jhéla Langda, et se réjouit intérieurement de la garder pour lui (si on peut dire, avec Iphigénie qui le couve d’un regard possessif : Si y pense qui va coucher avec sa petite crisse d’agace-pissette, j’ai des nouvelles pour lui!).
    Y devra se méfier le capitaine K. Avec deux femmes comme ça, c'est le grand’rame dames! Typhon la caisse! Va se faire dépeigner le tricorne et le service trois-pièces!
  • DiwanC
    11/02/2019 à 02:26
    • En réponse à Utilisateur supprimé #107 le 11/02/2019 à 00:06* :
    • « Et voici venue l'heure de
      La Minute belge – CROLLE »
    🙂
    Je croyais que "crolles" ne s'appliquait qu'aux cheveux bouclés. Je viens d'apprendre qu'on pouvait le dire pour le bolduc et pour la queue tirebouchonnée du cochon.
  • DiwanC
    11/02/2019 à 02:34*
    • En réponse à Tricholome #108 le 11/02/2019 à 00:45* :
    • « J’connaissais pas cette famille tuyau de poêle, mais bon faut croire que toutes les perversions sont possibles sur la terre de France. J’ai... »
    Pristi ! Il va vraiment falloir éloigner les enfants de l'écran.
    Et Lange itou ! Pur, quasi radieux, il est totalement ignorant de la manière dont peut se constituer une famille tuyau de poêle. Les Aventures du capitaine Korssakof pourraient le choquer.
  • Utilisateur supprimé
    11/02/2019 à 02:41
    • En réponse à DiwanC #109 le 11/02/2019 à 02:26 :
    • « 🙂
      Je croyais que "crolles" ne s'appliquait qu'aux cheveux bouclés. Je viens d'apprendre qu'on pouvait le dire pour le bolduc et pour la queu... »
    Il y en a même qui utilisent crolles pour les volutes de ferronnerie.
  • Tricholome
    11/02/2019 à 03:23
    • En réponse à DiwanC #101 le 25/10/2014 à 19:31* :
    • « D'où vient-il ce "tuyau", amusant à prononcer ? Et le "poêle" ? et la "famille" ?
      M'sieur Rey !!! Vous voulez bien me prêter votre dico, s... »
    Et merci pour la recherche étymologique, un tuyau qui t'a donné du boulot!
  • Paracas
    11/02/2019 à 03:49*
    J'ai déniché un copulateur incestueux dans ce texte qui ne fut jamais mis en musique.
    Sur Ioutioube j'en ai bien trouvé un qui a tenté l'aventure mais honnêtement je préfère vous dispenser de ce massacre...
    Un incestueux garnement
    Qui couche avec sa grand-maman

    Je mets le café sur le poêle, il sera comme moi tout à l'heure...fort, bon et chaud...😎
  • Tricholome
    11/02/2019 à 03:49
    J’en apprends à tous les soirs. Moi qui croyait que (la) Bolduc, c’était une chanteuse folklorique canadienne-française, voilà que c’est un truc pour enrubanner les cadeaux. Hou la la, j’vais pouvoir me faire mousser le pied de veau : Tu me passes le bolduc, que j’t’emballe, chérie. Vous voulez que je vous la décore avec un p’tit bolduc?
    En fait, Bolduc est un nom propre québécois très répandu. Amuïssement par syncope de Bois-le-Duc, ou de Balducci, mais le nom commun est complètement ignoré au Québec.
    La famille tuyau de poêle s’agrandit pour la Saint-Valentin.
  • Tricholome
    11/02/2019 à 04:31
    • En réponse à Paracas #113 le 11/02/2019 à 03:49* :
    • « J'ai déniché un copulateur incestueux dans ce texte qui ne fut jamais mis en musique.
      Sur Ioutioube j'en ai bien trouvé un qui a tenté l'ave... »
    C'est du Brassens hard. Korssakof, c'est un toutou, à côté. Mais comme disait Descartes, ou un vieux Grec: Rien de ce qui est humain, en particulier les femmes, ne m'est étranger! (rires)
  • Paracas
    11/02/2019 à 06:22
    • En réponse à Tricholome #115 le 11/02/2019 à 04:31 :
    • « C'est du Brassens hard. Korssakof, c'est un toutou, à côté. Mais comme disait Descartes, ou un vieux Grec: Rien de ce qui est humain, en par... »
    Hard, comme tu y vas...disons grivois, anticonformiste.
    Ça me paraît plus approprié, non ?
  • Paracas
    11/02/2019 à 06:25*
    • En réponse à Tricholome #114 le 11/02/2019 à 03:49 :
    • « J’en apprends à tous les soirs. Moi qui croyait que (la) Bolduc, c’était une chanteuse folklorique canadienne-française, voilà que c’est un... »
    Ici
  • Paracas
    11/02/2019 à 06:25*
    • En réponse à Tricholome #114 le 11/02/2019 à 03:49 :
    • « J’en apprends à tous les soirs. Moi qui croyait que (la) Bolduc, c’était une chanteuse folklorique canadienne-française, voilà que c’est un... »
    Je profite de ce bissage pour cette petite blagounette:
    Deux ados après l'amour:
    -"Tu sais que tu fais mieux l'amour que papa ?"
    -"Oui je sais, maman me l'a déjà dit"

    Mignon, non ?
  • Paracas
    11/02/2019 à 06:37*
    Jhéla Langda N’Tabouche

    Tu me rappelles Frederic Dard qui écrivit des aventures du Commissaire San Antonio.
    Il affublait ses personnages de noms de ce genre.
    Hubert Taugranpier, Walter Closett, Hi San Fou etc....
    Ici Jhéla Langda N’Tabouche vient rejoindre les Desgrands-Lacour ou les Lapeau-d'Effesses...
  • Tricholome
    11/02/2019 à 06:49*
    Quand même, on dira ce qu'on voudra, l'inceste, c'est pas un truc à rigoler. Y a un empêchement génétique sur la chose, quoique avec certaines de mes cousines, j'aurais fais fi de l'ADN.
    San Antonio a été une de mes grandes satisfactions, surtout dans ses romans jouissifs comme Bérurier au sérail, avec Sirk Hamar et l'émir Obolan.