Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

un pince-sans-rire [adj] [n]

personne qui pratique l'humour sans en avoir l'air ; personne qui fait de l'ironie à froid

Origine et définition

Pincer sans rire date du XVIe siècle.
Cette expression est née à la même époque que le jeu "pincer sans rire" ou "je te pince sans rire" sans qu'on sache réellement préciser si la locution a donné naissance au jeu ou l'inverse.
Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'autrefois, le verbe 'pincer' a eu aussi le sens de 'railler' (bien avant qu'au XVIIIe il signifie aussi 'caresser' ou 'peloter').
Mais qu'était ce jeu aujourd'hui disparu me direz-vous ?
Eh bien il était à peu près aussi intelligent, quoique plus salissant, que celui de la barbichette (vous savez, celle de la personne en face qu'il faut tenir, même si elle est parfaitement imberbe, mais le plus longtemps possible sans rire, sous peine de recevoir une grosse baffe...).
Ce jeu se faisait en groupe. Un des participants se barbouillait les doigts de suie et un autre, plus ou moins volontaire, se faisait légèrement pincer par lui différents endroits du visage.
Bien entendu, cela provoquait un barbouillage infâme sur la figure, et si jamais une autre des personnes présentes en riait, elle devait alors se mettre à la place de la victime.
Selon Oudin, au XVIIe siècle, "pincer sans rire" a signifié "offenser ouvertement" (contrairement à son sens initial et à celui actuel) et "pincer en riant" voulait dire "offenser et faire semblant du contraire".
C'est au XVIIIe que le mot pince-sans-rire apparaît.

Exemples

« (…) le directeur d'une troupe (…) à la suite d'une contestation avec Francks, l'illustre pince-sans-rire Francks, se trouvait soudainement abandonné, au moment d'une représentation, par son premier clown (…) »
Edmond de Goncourt - Les frères Zemganno

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Anglais (USA) dry wit humour sec
Anglais (USA) someone given to deadpan humor / To give a deadpan delivery quelqu'un qui tend vers l'humour au visage mort / Prononcer le visage mort
Espagnol (Argentine) humor seco/ Persona de humor frio humour sec/ froi
Espagnol (Argentine) tener cara de ángel avoir un visage d'ange
Espagnol (Espagne) ser un cachondo mental être un déconneur mental
Espagnol (Espagne) socarrón railleur, caustique
Latin prement, sed non rideat la pince ne fait pas rigoler
Néerlandais (Belgique) een schijns jonk un drôle de gars, un farceur
Néerlandais droogkomiek guignol sec
Néerlandais een droogkloot un couille-sèche
Roumain băşcălios qui fait de l'humour sec
Roumain ghiduş railleur
Roumain mucalit quelqu'un qui fait rire en gardant un air sérieux
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Commentaires sur l'expression « un pince-sans-rire » Commentaires

  • Kyrikou
    06/10/2019 à 21:32
    • En réponse à Utilisateur supprimé #198 le 06/10/2019 à 21:25* :
    • « Mais maintenant je me rappelle, il a été très malade quand il était petit ! »
    Bin vouiiiiiii,moi aussi tout p'tit j'ai été très très malade.....
    Ceci explique cela 😄
  • deLassus
    26/01/2021 à 17:42*
    Respect de la Parole de God ?

    Impeccable : le chapitre Origine et définition est, à quelques menus détails près, conforme à ce qu'on trouve dans le livre "Les 1001 expressions préférées des français" (2011).

    L'exemple est différent.

    Bravo Reverso pour n'avoir touché à rien !!!
  • deLassus
    16/06/2023 à 18:05
    • En réponse à deLassus #202 le 26/01/2021 à 17:42* :
    • « Respect de la Parole de God ?

      Impeccable : le chapitre Origine et définition est, à quelques menus détails près, conforme à ce qu'on trou... »
    J'ajoute, pour être complet, que dans le Livre le sous-titre de la page (signification) est :
    "Personne qui pratique l'humour, l'ironie tout en restant sérieuse."
  • deLassus
    11/03/2024 à 12:24
    • En réponse à deLassus #202 le 26/01/2021 à 17:42* :
    • « Respect de la Parole de God ?

      Impeccable : le chapitre Origine et définition est, à quelques menus détails près, conforme à ce qu'on trou... »
    L'exemple est différent.

    Voici l'exemple donné par God dans Son Livre :
    "Il s'agissait, par de telles affirmations, de suggérer que même les plus rouges des Communards n'avaient pas vraiment d'idéologie précise. Maupassant, de même, écrit qu'il 'soupçonne M. Vallès d'être au fond un grand sceptique, un pince-sans-rire communardo-farceur' et Zola reprochait à Vallès de n'avoir que 'des convictions d'opposition'."
    Jean RICHEPIN - Les Etapes d'un réfractaire : Jules Vallès - 1993
  • Ratanak
    21/03/2025 à 00:14*
  • joseta
    21/03/2025 à 08:08*
    QUI SUIS-JE ? nº523

    Je suis un chanteur espagnol
    - genre artistique: chanson traditionnelle, chanson de révolte
    - instrument: guitare
    - je suis influencé par Georges Brassens, Édith Piaf, Jacques Brel, Barbara, existentialisme…
    - j’ai interprété les chansons de Georges Brassens en espagnol, traduites par Pierre Pascal
    - je passe ma petite enfance à Barcelone, puis la famille est obligée de fuir vers la France pendant la Guerre d’Espagne en 1937
    - mon père m’avait fait apprendre la musique. Je monte à Paris où je rencontre une chanteuse espagnole, que je vais accompagner à la guitare pendant 8 ans. En effet, j’ai commencé à étudier la guitare en 1952, j’assiste aux cours de la Schola Cantorum, et je continuerai avec le guitariste classique Andrés Segovia
    - je participe également à un trio réputé de musique sud-américaine. Nous sommes, de 1954 à 1961 des habitués de l’Escale et du Chat qui pêche, au Quartier latin, à Paris
    - en 1958, une amie fait écouter à Salvador Dali la maquette de mon disque contenant quelques chansons de Federico García Lorca et Luis de Góngora. Après l’écoute, Dali demande à me connaître. Lorsque nous faisons connaissance, nous avons l’idée d’illustrer la pochette avec un dessin réalisé par Dali. C’est ainsi que j’entame une étroite relation, non seulement avec le monde de la poésie et de la littérature en général, mais aussi avec les arts plastiques
    - en 1964, j’enregistre mon premier disque
    - en 1966, je fonde avec des activistes culturels établis à Paris, La Carraca, où l’on présente des spectacles en langue espagnole; le chanteur catalan Joan Manuel Serrat fait sa première apparition en France
    - en février 1968, je donne mon premier concert officiel en Espagne, à Manresa (Catalogne)
    - à partir de ce moment, mon activité s’étend à plusieurs universités, parvenant même à chanter un
    - texte du poète Miguel Hernández à la télévision espagnole
    - juste après, je m’installe à Barcelone où mon amitié avec le poète José Agustín Goytisolo se transforme en une intime collaboration
    - en mai 1968, dans une émission de la télévision française réalisée en direct, je présente mon disque ainsi que le peintre Ortega, auteur des illustrations de la pochette, et je chante une poèsie de Gabriel Celaya, et une autre de Rafael Alberti
    - le succès vient dans les années 1968-69. En mai 1969, pour fêter les évènements de mai 1968, je chante dans la cour de la Sorbonne, et je deviens un symbole de la lutte des étudiants
    - en décembre 1969, je chante à l’Olympia (entre autres) la traduction espagnole d’une chanson de Brassens, interdite en Espagne en 1971. En 1973, on m’interdit de chanter dans mon pays natal !
    - en 1990 je retourne en Espagne, et je vis à Barcelone depuis 1994
    - en 2004, je milite contre José Maria Aznar, que je considère comme un fasciste, et le digne successeur de Franco
    - en octobre 2017, je donne un concert dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne pour le centenaire de l’Institut hispanique
    - j’ai refusé, à 2 reprises, la décoration de Chevalier des Arts et des Lettres proposée par le ministre de la Culture, Jack Lang
    - j’ai la Médaille d’or du mérite des beaux-arts (Espagne).
  • atheofv
    21/03/2025 à 08:30
    • En réponse à joseta #206 le 21/03/2025 à 08:08* :
    • « QUI SUIS-JE ? nº523

      Je suis un chanteur espagnol
      - genre artistique: chanson traditionnelle, chanson de révolte »
    ça y est, je peux aller au jardin...

    Étant un admirateur de Brassens, je le connaissais sans passer par gogol
  • joseta
    21/03/2025 à 09:38*
    • En réponse à atheofv #207 le 21/03/2025 à 08:30 :
    • « ça y est, je peux aller au jardin...

      Étant un admirateur de Brassens, je le connaissais sans passer par gogol »
    Ben moi, c'est au zoo que je vais voir les 'jars, daims'...
  • SyntaxTerror
    21/03/2025 à 10:23
    • En réponse à joseta #206 le 21/03/2025 à 08:08* :
    • « QUI SUIS-JE ? nº523

      Je suis un chanteur espagnol
      - genre artistique: chanson traditionnelle, chanson de révolte »
    Pas si difficile ...
  • deLassus
    21/03/2025 à 11:27
    • En réponse à atheofv #207 le 21/03/2025 à 08:30 :
    • « ça y est, je peux aller au jardin...

      Étant un admirateur de Brassens, je le connaissais sans passer par gogol »
    Moi, admirateur de Brassens, mais pas vraiment fan, j'ai dû "y passer"...
  • Ratanak
    21/03/2025 à 11:34
    • En réponse à joseta #206 le 21/03/2025 à 08:08* :
    • « QUI SUIS-JE ? nº523

      Je suis un chanteur espagnol
      - genre artistique: chanson traditionnelle, chanson de révolte »
    Je l'ai ! 😁
  • deLassus
    21/03/2025 à 13:11*
    • En réponse à deLassus #204 le 11/03/2024 à 12:24 :
    • « L'exemple est différent.

      Voici l'exemple donné par God dans Son Livre :
      "Il s'agissait, par de telles affirmations, de suggérer que même... »
    Et voici... le coin du fouineur !
    Le décorticage de l'expression par God n'appelant aucun commentaire particulier, voici le décorticage de cet exemple tiré du LIvre.

    1. Le plus énorme : "Jean Richepin - Les étapes d'un réfractaire : Jules Vallès - 1993"

    1/a : Jean Richepin est né en 1849 et mort en 1926 !
    1/b : Son livre Les étapes d'un réfractaire est paru en 1872 : Cette page.
    1/c : Le texte donné par God dans Son Livre n'y figure pas ! On ne le trouve que dans la réédition de 1993. Il est à mon avis l'œuvre du présentateur de la réédition.

    2. Texte de Maupassant : Journal Le Gaulois (08/09/1881) : Cette page. Zoom au haut de la colonne 2

    3. Textes de Zola

    3/a : Texte complet dans sa Correspondance littéraire : Cette page.
    3/b : Article de Zola mentionné par lui-même : L'Evénement (26/06/1866) : Cette page. Zoom aux 2/5 de la colonne 2 et au haut de la colonne 3.

    NB Pour des raisons que j'ignore, mes 'chers' amis de Retronews ont abandonné le célèbre Double-clic... et leur surlignage laisse gravement à désirer. Ils sont en plein chantier d'une nouvelle formule... Désolé, pour vous comme pour moi !
  • lalibellule
    21/03/2025 à 16:13*
    Une petite remarque … si on lit les romans noirs de Raymond Chandler … par exemple The Long Goodbye … on trouve de petits noyaux spirituels qu’on pourrait caractériser de remarques pince sans rire ou pour moi des remarques pince sans rire mais qui font sourire presque imperceptiblement …

    A slice of spumoni wouldn’t have melted on her now.

    Une tranche de spumone n'aurait pas fondu sur elle maintenant.

    ‘Elle’ etant une femme fatale dure à cuire bien sûr mais dans ce contexte d’une froideur exceptionnelle.

    En plus les throwbacks, c’est-à-dire des références un chouïa vieillies ou quelque peu rares me font plaisir… le spumone devenu trop rare du moins aux restos que je fréquente… spumone, mousse en italien
  • joseta
    21/03/2025 à 16:42*
    Je sais que, pour mon jeu, plus d'un en pince, sans rire... 🙂
  • joseta
    21/03/2025 à 16:47
    • En réponse à joseta #206 le 21/03/2025 à 08:08* :
    • « QUI SUIS-JE ? nº523

      Je suis un chanteur espagnol
      - genre artistique: chanson traditionnelle, chanson de révolte »
    JE SUIS
    Image externe
    Paco IBAÑEZ
    Valence,1934
  • Clitocybe
    22/03/2025 à 00:11
    Mon défunt père, un machiniste de haut vol, qui n'avait pas beaucoup d'humour nous disait qu'il avait une pince-sans-rire. Et elle était réelle, cette pince, des acieries de St-Étienne. Faut le comprendre, il travaillait dans les aciers suédois dans des HRC inconnu aujourd'hui. J'ai quand même reçu un coutau japonais chinois qui se prétend d'un HRC de 65-67. Je le teste (icule). Il nous montrait cette pince avec un regard appuyé: Cette pince, mes enfants, a connu St-Exuperry, et c'était vrai. Il avait une vingtaine d'années quand il avait été envoyé à Manosque où dans le environs, blessé qu'il était d'un accident de chemin de fer. Il nous racontait cette histoire d'un gaillard un peu chauve dont il maintenait l'avion avec toute la dextérité de ses mains habiles.
    Il approchait cette pince de nos chairs, la faisant claquer et nous avions (rires) l'impression de voler.