Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

aller à Niort [v]

battre à Niort ; nier

Origine et définition

Si, comme moi, vous haïssez les calembours faciles (et Dieu sait si expressio n'en contient aucun, mais alors vraiment aucun), vous n'aimerez pas la courte explication ci-après.
Car si aller à Niort ne veut pas dire "aller se faire assurer dans une mutuelle"[1] mais plutôt 'nier', c'est simplement en raison de la ressemblance phonétique des deux mots 'nier' et 'Niort'.
Et si cela vous semble un peu tiré par les cheveux, n'oubliez pas que vous pouvez aussi "aller à Cracovie" lorsque vous mentez (ou dites des craques), "aller à Argenton" toucher de l'argent, "aller à Crevant" pour y mourir ou encore (et la liste est loin d'être exhaustive) "aller à Cachan" pour vous cacher ; et je vous laisse deviner ce que faites en "allant à Béziers".
Cette expression est attestée au XVIIe siècle sous cette forme, mais elle en a eu de différentes depuis le XVe, comme "prendre le chemin de Niort", par exemple.
Et c'est au tout début du XXe qu'on trouve la versionbattre à Niort avec la même signification, et où le verbe 'battre' a le sens argotique de 'feindre' ou 'simuler' (feindre de ne pas savoir, n'est pas aussi nier ?).
[1] Pour rappel, c'est à Niort, dans la région Poitou-Charentes, que de nombreuses mutuelles d'assurance ont leur siège social.

Exemples

« - Et si des petits futés ostinent et découv'ent le super-refuge ?
- N'importe : on battra à Niort ; ce qui importe, c'est d'avoir au moment de l'impact, quelque chose à opposer. Que cette chose soit controversée par la suite n'est pas grave. »
San-Antonio - Chauds les lapins ! - 1986

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand ganz und gar nicht complètement et foncièrement non
Espagnol (Espagne) Decir Nanai / Nanai de la China ! Dire Pas du tout / Absolument pas !
Espagnol (Mexique) ir a Amealco aller faire pipi Amealco= ville mexicaine
Néerlandais Bij hoog en bij laag ( bijv.: zijn schuld ontkennen) nier, mordicus ( sa culpabilité)
Portugais (Brésil) fazer de conta que não sabe de nada faire semblant de ne pas savoir de quoi il s'agit
Portugais (Brésil) morar em Lins habiter à Lins
Portugais (Brésil) morar no cu do mundo habiter à cu do mundo
Portugais (Brésil) negar nier
Roumain a face pe niznaiul faire le niznaiu
Roumain a-l lua pe nu în brațe prendre non dans les bras
Roumain pentru MAntoine si reiterarea de informatii inexacte : a face pe niznaiul nu inseamna a nega ci a simula indiferenta pentru MAntoine si reiterarea de informatii inexacte : a face pe niznaiul nu inseamna a nega ci a simula indiferenta
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « aller à Niort » Commentaires

  • #1
    deLassus
    30/10/2009 à 01:28*
    [Supprimé en 2018]
  • #2
    <inconnu>
    30/10/2009 à 01:43*
    J’accuse réception de cette expression que je rencontre pour la première fois. Mais au lieu de me taire ou de faire l’ignorant, deux des sens de la godesque trouvaille du jour, je vais pousser un coup de gueule.
    Non, je n’irai pas à Niort: un très joli théâtre (Le Moulin du Roc, 940 places) peu subventionné, qui offrait un programmation éclectique et était toujours plein, est devenu "CDN" (Centre Dramatique National, s’il vous plaît) il y a quelques années, et donc très généreusement subventionné. Par le ministère de la culture-cul, par la région (Poitou-Charente, si, si!), par le département, (Les Sèvres s’y mettent à deux pour faire un gros chèque), et par la ville elle-même. Les subventions ont quasiment décuplé et grâce à la brillante utilisation de ce budget survitaminé et une programmation particulièrement intellectuello-débile, malgré une baisse des tarifs et une réduction du nombre de spectacles présentés, à de rarissimes exceptions près, les salles sont vides aux deux-tiers, et il y a plus de culs "gratuits" que de culs payants dans les fauteuils, la plupart de ces derniers bénéficiant en plus de tarifs réduits. L’équipe de direction, "artistique", administrative et technique a triplé.
  • #3
    deLassus
    30/10/2009 à 02:12*
    Parmi les personnalités qui sont liées à Niort, Jean Panzani.
    cette page
    Le grenier des beaux-parents, c’était à Niort.
    C’est quand même plus réjouissant que de raconter comment une nommée Ségolène R. est allée à Niort, pour se faire battre à Niort aux municipales de 1995.
    Une question : les mauvais garçons de Niort qui veulent nier farouchement, ils vont où ?
  • #4
    deLassus
    30/10/2009 à 02:31*
    Hors-sujet (encore que ... on pourrait placer ça pour n’importe quelle expression)
    cette page
    Chapeau, les artistes !
    La même année, l’homme a marché sur la Lune, et je me suis marié.
    J’ouvre un débat de fond : de ces trois événements, quel est celui qui a le plus changé la vie des gens ?
  • #5
    <inconnu>
    30/10/2009 à 02:37*
    • En réponse à deLassus #3 le 30/10/2009 à 02:12* :
    • « Parmi les personnalités qui sont liées à Niort, Jean Panzani.
      cette page
      Le grenier des beaux-parents, c’était à Niort.
      C’est quand même plu... »
    J’étais persuadé que Panzani était une marque italienne... Encore une illusion qui s’envole. Niort ne m’aura rien épargné!
    Mais je préfère les pâtes "De Secco". Si tu m’apprends qu’elle sont hexagonales, je les aimerais peut-être moins... Alors gare à toi!!!
    Gare à toi, cachotier? Voir cette page.
  • #6
    deLassus
    30/10/2009 à 03:21*
    • En réponse à <inconnu> #5 le 30/10/2009 à 02:37* :
    • « J’étais persuadé que Panzani était une marque italienne... Encore une illusion qui s’envole. Niort ne m’aura rien épargné!
      Mais je préfère l... »
    "Giovanni Ubaldo Panzani, dit Jean Panzani, né en 1911, mort en 2003, fils d’immigrés italiens, naturalisé français en 1929"
    Les pâtes Panzani sont italiennes de coeur !
    Merci pour ton lien ! Ce qui est fort, c’est que toutes ces phrases je les ai déjà entendues. On doit les enseigner aux apprentis-chefs de choeur.
    Il y en a une que je ne connaissais pas : Georges Thill disait que la bonne position pour la bouche du chanteur doit donner l’impression de "chanter idiot".
    Celle que je connaissais : Si vous voulez bien chanter, il faut avoir la tête d’un imbécile heureux.
  • #7
    <inconnu>
    30/10/2009 à 03:52
    • En réponse à deLassus #6 le 30/10/2009 à 03:21* :
    • « "Giovanni Ubaldo Panzani, dit Jean Panzani, né en 1911, mort en 2003, fils d’immigrés italiens, naturalisé français en 1929"
      Les pâtes Panza... »
    J’ai balladé quelques opéras et la plupart des opérettes françaises durant une dizaine d’années sur toutes les scènes qui voulaient bien les engager. Lors des "mises en place" et "raccords" nécessités par les changements de lieux, j’ai aussi entendu beaucoup de choses dans l’esprit de ce qui figure dans le site ci-dessus-cité! Notamment entre le chef, dans la fosse aux lions, et les choeurs, trop à l’arrière plan pour visualiser ses départs, y compris à Niort où nous allions avec plaisir, sans qu’il soit question de s’y battre, bien au contraire.
  • #8
    deLassus
    30/10/2009 à 06:03
    • En réponse à <inconnu> #7 le 30/10/2009 à 03:52 :
    • « J’ai balladé quelques opéras et la plupart des opérettes françaises durant une dizaine d’années sur toutes les scènes qui voulaient bien les... »
    Ah, les opérettes !
    Mon regretté père, fana absolu, a pris pendant des années des abonnements pour toute la famille au théatre du casino d’Enghien les Bains, qui donnait (de mémoire) des opéras comiques et des opérettes tous les samedis d’hiver. Le dimanche, avec nos voix, mon piano et son crin-crin de violon, on se "repassait le film" après déjeuner. Sur plusieurs saisons, je crois bien que j’ai vu tout le répertoire. Nous n’avions pas la télé bien sûr.
    Malheureusement, c’est un passé vraiment lointain, et je ne me souviens aujourd’hui que de quelques airs.
    Quel beau et dur métier tu as fait !
  • #9
    deLassus
    30/10/2009 à 07:07*
    Dans ma vie professionnelle, je suis ALLE une fois me BATTRE A NIORT.
    C’était pour une conférence-débat vers 1980.
    Du coup, je ne connus de Niort que la gare, le palais des expositions et des congrès, et j’ai dû comme d’habitude échanger des amabilités avec deux chauffeurs de taxis.
  • #10
    deLassus
    30/10/2009 à 07:41
    • En réponse à <inconnu> #2 le 30/10/2009 à 01:43* :
    • « J’accuse réception de cette expression que je rencontre pour la première fois. Mais au lieu de me taire ou de faire l’ignorant, deux des sen... »
    Allez, je suis quand même allé à Niort par les ondes, pour consulter le site de ce fameux théatre.
    Le programme est bien présenté, mais je note dans "L’équipe" à la fin, qu’il y a 4 personnes + 2 assistants pour les relations publiques. Pour une ville de 60000 hts, ça fait effectivement cossu.
  • #11
    PHILO_LOGIS
    30/10/2009 à 07:49
    Ben, après tout cela, qu’irais-je donc encore faire à Niort?
    Je m’en vais plutôt aller au bureau, où, pour ma peine, je ne récolterai ni or, ni argent!
  • #12
    deLassus
    30/10/2009 à 08:11
    Est-ce que Big Brother Google surveille qui intervient fréquemment ici ?
    Est-ce qu’il met en route subrepticement ma webcam pour , c’est le cas de le dire, faire du sur-mesure ?
    Voilà que j’ai de la pub pour des patch minceur, avec la promesse - 3 kilos par semaine
    3 kg par semaine seulement, on n’est pas rendus...
  • #13
    Elpepe
    30/10/2009 à 08:34
    Tous les agrégés de San-Antoniaiseries connaissent cette expression, si souventefois illustrée par ceux de ses personnages qui refusaient de se mettre à table. Charly, Dominique et bien d’autres en sont de grands thuriféraires.
  • #14
    deLassus
    30/10/2009 à 08:49*
    • En réponse à Elpepe #13 le 30/10/2009 à 08:34 :
    • « Tous les agrégés de San-Antoniaiseries connaissent cette expression, si souventefois illustrée par ceux de ses personnages qui refusaient de... »
    Et côté thuriféraire, tu en connais un rayon !
    Si tu es amateur de San Antonio et d’argot policier et criminel, je t’évite quelques clics.
    Je te préviens, il faut avoir la journée devant soi ! Avec un peu d’attention, tu verras même l’expression du jour.
    cette page
  • #15
    Elpepe
    30/10/2009 à 08:58
    Dieu sait si expressio n’en contient aucun [calembour facile], mais alors vraiment aucun

    Encore heureux ! Que sinon, je dégaine le carnet de colles, même s’il bat sa coulpe après avoir battu à Niort, pour lui apprendre à battre la semelle dans le cul-de-basse-fosse.
  • #16
    chirstian
    30/10/2009 à 09:19
    • En réponse à Elpepe #15 le 30/10/2009 à 08:58 :
    • « Dieu sait si expressio n’en contient aucun [calembour facile], mais alors vraiment aucun
      Encore heureux ! Que sinon, je dégaine le carnet d... »
    c’est pourquoi je m’interdis d’écrire que Niort est chef-lieu du département des deux chèvres. D’ailleurs, tout le monde connait Ségolène, mais qui est l’autre ?
  • #17
    Elpepe
    30/10/2009 à 09:23
    • En réponse à deLassus #14 le 30/10/2009 à 08:49* :
    • « Et côté thuriféraire, tu en connais un rayon !
      Si tu es amateur de San Antonio et d’argot policier et criminel, je t’évite quelques clics.
      J... »
    Amateur de San-Antonio, moi ? Mais j’ai lu l’intégralité de son œuvre, qui occupe presque cinq mètres linéaires de rayonnages ! Et si je devais n’en citer qu’un seul, ce serait assurément Les vacances de Bérurier, où quasiment tous les héros issus de son imagination foisonnante se retrouvent embarqués dans une enquête aussi loufoque que satirique à tous les ponts de la croisière du Mer d’Alors, avec quelques scènes qui ont leur place au panthéon de la littérature et de la musculation des zygomatique réunies, comme le combat de Béru contre le taureau dans l’arène, le commerce improvisé de Berthe avec les quartiers de noblesse de M’sieur Félix, son nouvel amant, au grand dam d’Alfred ridiculisé, et bien d’autres...
  • #18
    Elpepe
    30/10/2009 à 09:24
    • En réponse à chirstian #16 le 30/10/2009 à 09:19 :
    • « c’est pourquoi je m’interdis d’écrire que Niort est chef-lieu du département des deux chèvres. D’ailleurs, tout le monde connait Ségolène, m... »
    Euh... Pierre Richard ? J’ai bon, là ? J’ai bon ?
  • #19
    cotentine
    30/10/2009 à 09:29
    • En réponse à Elpepe #13 le 30/10/2009 à 08:34 :
    • « Tous les agrégés de San-Antoniaiseries connaissent cette expression, si souventefois illustrée par ceux de ses personnages qui refusaient de... »
    pas étonnant que je ne connaisse pas cet expression ! Même si j’ai parfois lu quelques-uns des romans de San Antonio (en jubilant) ... je n’en suis pas fana comme LPP ou Rikske ... et même si j’ai rencontré/lu cette expression (??), je n’ai pas cherché à en deviner le sens et j’ai glissé, zappé ... Je ne connais de Niort que le musée du donjon (d’où l’on aperçoit le Fort Foucault) et le magasin de la CAMIF ...
  • #20
    chirstian
    30/10/2009 à 09:30
    si on va à Niort, il semble ensuite très facile d’aller à Thouars. Mais c’est aléatoire : on ne peut le nier. Je veux dire : on ne peut aller à Niort. Mais du coup il devient encore plus difficile d’aller à Thouars. Arrrrhhhh ! A quoi bon le lier : je deviens fou à nier !