Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

céder au chant des sirènes [v]

succomber au chant des sirènes ; céder à la tentation ; se laisser séduire ; succomber à la tentation

Origine et définition

C'est Oscar Wilde qui disait que le meilleur moyen de résister à la tentation, c'est d'y céder. Mais si la tentation avait été le chant des sirènes, cette faiblesse l'aurait inéluctablement conduit à la mort.
En effet, les sirènes sont d'abord citées par Homère dans l'Odyssée.
Animaux fabuleux à corps de femme et queue de poisson[1], les Sirènes vivaient sur une île à proximité de Charybde et Scylla[2], un autre des nombreux dangers qu'Ulysse a dû affronter lors de son retour de Troie vers Ithaque, son domicile. Elles avaient la particularité de chanter d'une voix très attirante et irrésistible, amenant les marins qui les entendaient et qui tenaient à s'en rapprocher vers les écueils entourant leur île et conduisant les premiers à une mort certaine, un fois leur bateau fracassé sur les récifs.
Elles étaient donc extrêmement dangereuses, car même si les marins savaient où cela allait les mener, ils ne pouvaient résister à leur chant ou appel à partir du moment où le son envoûtant parvenait à leurs oreilles.
Et pourtant, Ulysse et ses compagnons en sont sortis vivants, parce qu'Ulysse ayant été prévenu du danger par la magicienne Circé, il a demandé à ses compagnons de l'attacher au mât du bateau (pour qu'il puisse entendre le chant, mais soit incapable de forcer les matelots à se diriger vers les chanteuses) et de se boucher les oreilles avec des boulettes de cire afin de ne rien entendre et de continuer à mener normalement le bateau dans la bonne direction.
C'est ainsi que le chant des sirènes symbolise depuis longtemps une tentation très forte et que celui qui cède au chant des sirènes fait preuve de faiblesse.
[1] Mais plus tard, on en trouvera des descriptions différentes comme des êtres mi-femme, mi-oiseau ou, plus simplement, comme de très belles femmes.
[2] Non, ce n'était pas "l'île de la tentation" avant l'heure !

Exemples

« Membre du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, il n'a pas cédé au chant des sirènes bellicistes et son anticommunisme s'est affirmé sans détours. »
Jean-Claude Valla - Les socialistes dans la Collaboration : de Jaurès à Hitler

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Anglais lured by the enticement of the siren's song se faire leurrer par la séduction du chant de sirène
Anglais to succumb to the siren's song céder à la chanson de la sirène
Anglais (USA) to give in to the siren song céder au chant des sirènes
Espagnol (Espagne) dejarse llevar por el canto de las sirenas se laisser porter par le chant des sirènes
Espagnol (Espagne) escuchar el canto de sirenas écouter le chant des sirènes
Hongrois enged a szirének énekének / szirénhangnak succomber au chant des sirènes / à la voix de sirène
Italien lasciarsi incantare dalle sirene se laisser charmer par les sirènes
Néerlandais bezwijken voor een verleiding succomber pour une tentation
Néerlandais niet kunnen weerstaan aan het gezang der sirenen ne pas pouvoir résisterau chant des sirènes
Portugais (Brésil) sucumbir ao canto das sereias succomber au chant des sirènes
Roumain a asculta cântecul sirenelor écouter le chant des sirènes
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « céder au chant des sirènes » Commentaires

  • #41
    Elpepe
    09/03/2009 à 17:05*
    • En réponse à chirstian #39 le 09/03/2009 à 16:57 :
    • « l’INSEE m’a bien donné un numéro SIREN , mais sans musique. Comme Expressio, quoi ! »
    Pas étonnant que les statistiques soient aussi lunatiques !
  • #42
    Lovendric
    09/03/2009 à 17:06
    Il n’y a pas toujours mortel péril à céder au chant d’une sirène. Jadis, bien avant le temps de Hugues 1ier de Lusignan, qui vivait au monde vers l’an 900 de l’Incarnation, un jeune seigneur issu des comtes de Forez, qui avait nom Raymondin, rencontra près de la fontaine de Soif la fée Mélusine, qui sans vous mentir était une sirène ailée, son corps de femme étant pourvu d’ailes et d’une queue de poisson. Par son art de magie, Mélusine se présenta devant Raymondin sous le semblant d’une femme ordinaire, sans ailes d’oiseau ni queue de poisson. A peine l’eut-il vue que le jeune homme s’éprit d’elle follement. Or donc ils se marièrent, furent heureux et engendrèrent dix fils dont plusieurs, mais pas tous, avaient en leur corps quelque laideur ou singularité. Cependant, toute fée qu’elle fût, Mélusine ne pouvait s’empêcher de redevenir tous les samedis serpente en aval du nombril. Aussi avait-elle grand soin de rester ce jour-là recluse dans une chambre secrète du château. Las ! Las ! il advint que Raymondin la suivit et la découvrit changée en sirène. Mélusine dut s’enfuir, volant à tire d’ailes de tourelle en tourelle et s’en aller reprendre son métier de fée. Elle n’en continua pas moins à veiller jusqu’au jour de leur trépas sur Raymondin et sur leurs enfants.
    Je suis bien aise de vous faire ce conte, car aujourd’hui, en l’an 1204, nous avons au royaume de Jérusalem un roi qui descend en droite ligne de cette fée Mélusine. Apercevant chaque jour le roi Aimeri de Lusignan, je puis vous assurer qu’il n’a en nulle guise un œil rouge et un œil vert, une griffe de lion sur la joue, une défense de sanglier lui sortant de la bouche, ni toute autre espèce de disgrâce. Bien au contraire, dans sa jouvence, il était, je m’en souviens, fort prisé des dames et damoiselles qui toutes béaient devant lui.
  • #43
    SyntaxTerror
    09/03/2009 à 17:12
    • En réponse à Elpepe #40 le 09/03/2009 à 17:04 :
    • « On prend Cuba par la Baie des Cochons. C’est vraisemblablement dans cet espoir qu’il y est allé. »
    On prend Cuba par la Baie des Cochons.

    Y en a qu’ont essayé ... ils ont eu des problèmes. Ils disaient aussi "faut pas se laisser abattre".
  • #44
    Elpepe
    09/03/2009 à 17:15
    • En réponse à Lovendric #42 le 09/03/2009 à 17:06 :
    • « Il n’y a pas toujours mortel péril à céder au chant d’une sirène. Jadis, bien avant le temps de Hugues 1ier de Lusignan, qui vivait au monde... »
    fort prisé des dames et damoiselles qui toutes béaient devant lui

    Quel beau conte, nom d’une pipe !
  • #45
    horizondelle
    09/03/2009 à 18:43
    • En réponse à Elpepe #33 le 09/03/2009 à 16:13 :
    • « Tu veux parler du champ’ des sirènes, Pépé ? »
    Tu te réponds à toi-même? 😛
    Dans le champs désir haine sont parfois mêlés...
  • #46
    Elpepe
    09/03/2009 à 18:45
    Parvenu au chant de leur porte, comme les sirènes me poussaient la mélopée, j’ai cédé.
  • #47
    Elpepe
    09/03/2009 à 18:49
    • En réponse à horizondelle #45 le 09/03/2009 à 18:43 :
    • « Tu te réponds à toi-même? 😛
      Dans le champs désir haine sont parfois mêlés... »
    On est plusieurs, bibi, mézigue, ma pomme, mécolle, Elpépé, l’Amiral et moi...
  • #48
    <inconnu>
    09/03/2009 à 18:49
    Les sirènes...
    Toujours elles les fautives, les enjôleuses...les méchantes qui font succomber ces pauvres marins!
    Pourquoi, aussi vont-ils vers les rivages tentateurs et tentants?
    Elles ont envie quoi !de courir comme les autres, de sauter, de danser!
    Elles peuvent pas!
    Alors elles chantent...et tant pis pour ceux qui les écoutent.:-l
  • #49
    Elpepe
    09/03/2009 à 18:55
    • En réponse à <inconnu> #48 le 09/03/2009 à 18:49 :
    • « Les sirènes...
      Toujours elles les fautives, les enjôleuses...les méchantes qui font succomber ces pauvres marins!
      Pourquoi, aussi vont-ils v... »
    Courir, sauter et danser seraient donc les trois mamelles de la femme ?
    Ben ça alors...
  • #50
    PHILO_LOGIS
    09/03/2009 à 18:58*
    • En réponse à Lovendric #42 le 09/03/2009 à 17:06 :
    • « Il n’y a pas toujours mortel péril à céder au chant d’une sirène. Jadis, bien avant le temps de Hugues 1ier de Lusignan, qui vivait au monde... »
    C’est un conte comme on n’en fait plus. Mais dis-moi, as-tu souvenance du nom de famille des parents de l’icelle fée? Non? Ils s’appelaient Anfaillit.
    Monsieur et Madame Anfaillit.
    Et leur fille Mélusine Anfaillit.
    Leur méier: fabriquants de scies. Ils avaient d’ailleurs créé leur marque, symbole de qualité jamais plus égalée: Reyne.
    C’était un plaisir de les utiliser, tellement les scies Reyne étaient mélodieuses.
    Ils travaillaient du côté du Puy. Puis, la crise étant survenue, ils ont dû délocaliser. Comme beaucoup de leurs contemporains, ils partirent vers l’Orient...
    Un de leurs concurrents a bien essayé de leur faire du tort, en mettant sur le marché une autre marque: la scie Chienfidel.
    Mais en Orient, il s’est fait traiter de chien d’infidèle, pourtant qu’il n’utilisait pas le système métrique. Il mesurait tou en inch, à la méthode grand bretonne...
  • #51
    Elpepe
    09/03/2009 à 19:01
    • En réponse à PHILO_LOGIS #50 le 09/03/2009 à 18:58* :
    • « C’est un conte comme on n’en fait plus. Mais dis-moi, as-tu souvenance du nom de famille des parents de l’icelle fée? Non? Ils s’appelaient... »
    Peut-être, mais puisque c’était en inch Allah...
  • #52
    Elpepe
    09/03/2009 à 19:17
    Je viens de lire ce titre : L’économie mondiale se rapproche "du moment de la reprise", selon Trichet.
    Il est fort, le gars, putaing cong ! On le paie combien, pour une prophétie de ce tonneau ?
  • #53
    <inconnu>
    09/03/2009 à 19:26
    La Sirène de Copenhague s’est échouée sur les côtes du Danemark comme quoi c’est pas toujours les marins qui perdent. Non mais sans blague !!!
  • #54
    chirstian
    09/03/2009 à 20:04
    • En réponse à Elpepe #52 le 09/03/2009 à 19:17 :
    • « Je viens de lire ce titre : L’économie mondiale se rapproche "du moment de la reprise", selon Trichet.
      Il est fort, le gars, putaing cong !... »
    quand mes chaussettes se rapprochent du moment de la reprise, c’est mauvais signe.
  • #55
    chirstian
    09/03/2009 à 20:12
    on parle toujours de la sirène au corps de femme et à la queue de poisson. Mais il y a l’autre : celle au corps de poisson et aux jambes de femme. On en voit parfois courir sur la plage, les lendemains de cuite. Elles ne peuvent pas chanter, mais elles font des bulles. Je suis content de l’occasion qui m’est donné de les réhabiliter ici, car elles sont trop rarement citées.
  • #56
    PHILO_LOGIS
    09/03/2009 à 20:14*
    • En réponse à Lovendric #42 le 09/03/2009 à 17:06 :
    • « Il n’y a pas toujours mortel péril à céder au chant d’une sirène. Jadis, bien avant le temps de Hugues 1ier de Lusignan, qui vivait au monde... »
    Tu aimeras probablement, ainsi que beaucoup de nos amionautes respectés.
    Je termine la lecture de "Le Passeur de Lumière - Nivard de Chassepierre, Maître Verrier", de Bernard Tirtiaux.
    C’est un livre magnifique, d’un style superbe, musical, lumineux, qui fond dans la bouche à tous les coins de pages...
    Si je cite le dos de la jaquette:
    "Bernard Tirtiaux est né à Fleurus, en 1951. Homme de théâtre, maître verrier depuis l’âge de dix-huit ans, il signe ici son premier roman historique. Sa ferveur, l’amour de son art, font qu’après avoir achevé Le Passeur de Lumière, l’on ne regardera plus jamais un vitrail de la même facon..."
    Et un tout petit passage:
    "La lumière est diffuse", dit Rosal de Sainte-Croix au jeune Nivard de Chassepierre.
    "Elle est fugace, changeante, capricieuse. Elle a toutes les ruses. Jamais tu ne seras satisfait de ton ouvrage, si beau soit-il. Jamais tu n’auras assez de couleurs dans tes casiers pour donner vie à un vitrail comme tu le souhaites. Jamais tu n’auras la certitude de colorer juste comme on chante juste. Qu’importe! Tes pas partent du feu et tu dois atteindre le feu, devenir un Maître en ton art, l’artisan accompli du grand oeuvre, l’Adepte."
    Voilà. Un petit coup de rêve. Au Moyen-Age: les bâtisseurs de Cathédrales, la fondation de l’Ordre des templiers, entre les premières et deuxième croisades, ...
    à Antioche, à Angers, en Allemagne... L’Europe, les chevaliers, les rustres et les manants, les Maîtres, les compagnons, tout cela...
    C’est simple, c’est beau!
  • #57
    Elpepe
    09/03/2009 à 20:21*
    • En réponse à chirstian #54 le 09/03/2009 à 20:04 :
    • « quand mes chaussettes se rapprochent du moment de la reprise, c’est mauvais signe. »
    Ne te fais pourtant aucune illusion à leur sujet : elles n’en ont jamais été aussi près.
    Jean-Claude
  • #58
    Jonayla
    09/03/2009 à 22:33
    Ma petite princesse, elle chante merveilleusement, mais elle n’est pas si reine que ça 🙂
    Bonsoir à tous en ce beau soir.
    Joyeux anniversaire en retard et mille excuses à tous ceux qui je n’ai pas salués en temps et en heure, je ne vous soublie pas et je pense à vous bien souvent. Mais j’ai un peu le syndrome des carabiniers d’Offenbach ...
    @ Filo : j’ai également savouré cet ouvrage, qui est sublimement écrit et merveilleusement apaisant.
  • #59
    Elpepe
    09/03/2009 à 22:43
    Morphée est-il une sirène ? Je crois que oui, car il est en train de chanter à mes paupières. Allez, bonne nuit, les gosses !
  • #60
    momolala
    10/03/2009 à 07:56
    • En réponse à chirstian #55 le 09/03/2009 à 20:12 :
    • « on parle toujours de la sirène au corps de femme et à la queue de poisson. Mais il y a l’autre : celle au corps de poisson et aux jambes de... »
    Magritte l’a peinte ici : cette page. Elle eût été plus satisfaisante peut-être pour les marins en manque mais elle est nettement moins séduisante que le contraire. Et puis ne désire-t-on pas davantage ce qui reste inaccessible ?