on ne peut pas juger avec équité ses propres fautes ; on ne peut avoir un pouvoir de décision dans une affaire où l'on a des intérêts personnels
Origine et définition
On peut indubitablement constater qu'à la fin d'un procès, lorsque le tribunal est vide, les magistrats sont bien à la fois juges et partis.
Mais parmi les nombreux homonymes de 'partie', un seul nous intéresse ici, et ce n'est pas la partie de pétanque (mais ailleurs et dans d'autres circonstances, on a parfaitement le droit de s'intéresser à cette dernière, lorsqu'en plus elle a lieu à l'ombre des platanes, accompagnée d'un bon verre de pastis bien frais).
Quand on est juge, on doit généralement décider si celui qui est accusé d'avoir commis une faute, au détriment de quelqu'un d'autre, l'a réellement fait et, si oui, prononcer la peine qu'il mérite.
C'est dans une telle situation que nous avons affaire à deux 'parties', la partie plaignante, celle qui s'est plainte de l'entourloupe que la partie adverse lui a jouée, et cette dernière.
'Partie' est ici un terme juridique désignant une personne physique ou morale engagée dans un procès.
Et la formule juridique latine à l'origine de notre expression "Aliquis non debet esse judex in propria causa, quia non potest esse judex et pars" (personne ne doit être juge de sa propre cause, parce qu'on ne peut être juge et partie), qu'on trouve aussi sous la forme réduite "Nemo judex in causa sua" (Nul ne peut être à la fois juge et partie), est pleine de sagesse : en effet, il ne saurait être question de désigner un fautif probable comme juge de la faute. Quelqu'un peut-il avoir suffisamment d'impartialité pour être à la fois juge et partie, pour juger équitablement ses propres fautes ? À part celui capable de tendre la joue gauche quand on lui a frappé la droite (si vous en connaissez un, non masochiste, présentez-moi cet oiseau rare !), quel individu, en cas de faute grave n'aura pas tendance à s'autoamnistier au lieu de s'autocondamner ?
Le deuxième sens proposé est une extension du premier et sort du cadre purement juridique. Il est souvent employé dans le monde des affaires où il indique qu'on ne doit pas pouvoir s'immiscer dans une prise de décision à partir du moment où un des choix possibles est susceptible de nous désavantager, d'aller contre nos intérêts.
Exemples
« Ces arguments sont loin de convaincre ceux qui s'inquiètent de l'influence croissante des laboratoires dans tous les secteurs de la santé. Pour la revue Prescrire, la poursuite d'un traitement médical est une affaire délicate qui ne peut être discutée qu'entre un patient et son médecin et non confiée à un laboratoire, juge et partie. »Le Monde - Article du 25 décembre 2006
Comment dit-on ailleurs ?
| Langue |
Expression équivalente |
Traduction littérale |
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Anglais
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we cannot be both judge and jury |
on ne peut être à la fois juge et jury |
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Espagnol (Espagne)
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no se puede ser juez y jurado |
on ne peut pas être juge et juré |
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Espagnol (Espagne)
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no se puede ser juez y parte |
on ne peut être juge et partie |
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Italien
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non si puo essere giudice e parte |
on ne peut être juge et partie |
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Néerlandais (Belgique) |
men kan geen rechter en partij zijn |
on ne peut être juge et partie |
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Néerlandais |
de pot verwijt de ketel dat hij zwart ziet |
le pot reproche le chaudron qu'il est noir |
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Néerlandais |
de slager keurt niet zijn eigen vlees |
le boucher n'inspectera pas sa propre viande |
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