Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

un foudre de guerre [n]

une personne forte ; quelqu'un de très compétent ; un objet puissant

Origine et définition

Vous lisez ceci ? Alors c'est que vous n'avez encore jamais été frappé par la foudre ! Parce que lorsqu'on reçoit une décharge de quelques millions de volts, ça fait suffisamment chaud à l'arrière-train pour qu'à côté, les flammes de l'enfer où on arrive ensuite passent pour des petites douceurs.
Il est certain que la puissance de la foudre aurait parfaitement pu donner naissance à notre expression et justifier cette notion de puissance, de force qu'elle donne à l'objet ou à la personne désignée.
Mais ceux qui suivent auront remarqué qu'on a parlé jusqu'à maintenant de la foudre et qu'ici, il ne s'agit pas d'une foudre mais d'un foudre.
Diantre ! Il ne s'agit pourtant pas d'une erreur.
Le mot foudre au masculin existe bel et bien : pour commencer, il désigne l'arme de Jupiter (forgée par les Cyclopes, cela va de soi) qui en emportait quelques-uns avec lui au cas où quelqu'un lui chercherait des noises.
Mais par comparaison avec les effets de la foudre, ce mot s'utilisait aussi pour une personne rapide (comme la foudre) ou crainte (comme la foudre).
Et, par extension, au XVIIe siècle, un foudre de guerre était un homme au génie militaire extraordinaire ou un guerrier très redoutable, donc quelqu'un susceptible d'engendrer la crainte chez ses ennemis.
A part dans quelques rares locutions, le foudre n'est plus utilisé, l'ancien sens du foudre de guerre est complètement tombé en désuétude.

Compléments

De nos jours, pour une personne, cette expression s'emploie plutôt ironiquement et au négatif : "ce n'est pas un foudre de guerre".
Mais on peut très bien dire d'un ordinateur très puissant que c'est un foudre de guerre. Tout comme on pourra dire du moteur d'une voiture sous-motorisée que ce n'est pas un foudre de guerre.
On dit aussi "un foudre d'éloquence" pour parler d'un orateur habile, qui subjugue son auditoire ou "un foudre de travail" pour quelqu'un qui travaille beaucoup.

Exemples

Athéna est une drôle de fille, un chevalier, un foudre de guerre.
Le premier constat est que ce modèle est vraiment très rapide: son poids plume donne l'impression que le valeureux Mabuchi540 est un foudre de guerre.
Si votre machine n'est pas un foudre de guerre, choisissez plutôt la seconde option.
Un mot à propos du moteur : le GT-Tuned 25T "special Avante" n'est pas un foudre de guerre, meilleur qu'un Mabuchi 540 de base bien entendu, mais globalement équivalent à un Sport Tuned avec un peu plus de couple.
Performances générales Sans être un foudre de guerre aux performances dopées à la testostérone, ce Nokia 7 Plus s'en sort très bien pour un modèle à ce prix.

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand ein Haudegen un foudre de guerre
Anglais (USA) a force of nature la force de la nature
Chinois 女汉子 (Nǚ hànzi) Fille dure (comme un homme)
Espagnol (Argentine) ser una fiera être une bête sauvage
Espagnol (Espagne) Un crack / Un super crack Un crack / Un super crack
Espagnol (Espagne) Un hacha Une hache (= Un crack / Un foudre de guerre)
Hongrois öreg harcos un vieux guerrier
Italien un folgore di guerra un foudre de guerre
Néerlandais een manwijf une gouine, une virago
Néerlandais een zwaargewicht un poids lourd
Néerlandais een veteraan zijn être un vétéran .....
Néerlandais een kenau une femme forte, courageuse très masculine de caractère
Néerlandais een haaibaai une femme forte, une avec un caractère puissant
Néerlandais een oude rot in 't vak zijn être un vieux rat dans le métier, être un vieux professionnel chevronné
Roumain sculă pe basculă outil sur bascule
Roumain un barosan un grand marteau
Roumain un baştan un chef
Tchèque slavný válečník vénérable guerrier
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Commentaires sur l'expression « un foudre de guerre » Commentaires

  • #1
    cotentine
    20/05/2006 à 01:02
    évoquerais-tu quelqu’un en particulier, lorsque tu évoques un "foudre d’éloquence" ou "de travail" ? serait-ce une allusion à God lui-même ? lol
    mais comme je ne suis pas "un foudre de subtilité" ... je m’abstiens de tout autre commentaire !
  • #2
    borikito
    20/05/2006 à 07:44
    • En réponse à cotentine #1 le 20/05/2006 à 01:02 :
    • « évoquerais-tu quelqu’un en particulier, lorsque tu évoques un "foudre d’éloquence" ou "de travail" ? serait-ce une allusion à God lui-même ?... »
    J’allais le dire ! Mais Turpinic, ce foudre de précocité m’a oté les mots du clavier.
    Sauf que chez moi ce n’était pas une interrogation mais plutôt une intime conviction : God est un foudre de travail.
    God soualoué !
  • #3
    jamyjames
    20/05/2006 à 10:13*
    Je ne voudrais pas remettre en question la pertinence de ce qui est écrit ci-dessus, mais il existe à ma connaissance une autre origine a cette expression et qui est à mon sens plus probable: un foudre était en effet au moyen-age un récipient de forte contenance que l’on utilisait pour stocker divers liquides (vin, eau,...). Il existait dès lors un foudre "de guerre" dans lequel était stockée l’huile bouillante que l’on répandait allègrement sur les pauvres assaillants chargés de prendre d’assault les murailles protectrices. Imaginant bien l’efficacité d’un tel ustensile et les dégats que cela pouvait causer, on à fini par qualifier de foudre de guerre tout personnage particulièrement performant dans son action
  • #4
    Francis
    20/05/2006 à 10:14
    Foudre, au masculin, signifie aussi "tonneau de grande dimension pouvant contenir de 50 à 300 hectolitres" !!! (dans un chai)
  • #5
    amapola
    20/05/2006 à 10:36
    J’allais ajouter que le foudre est un tonneau de grande capacité - mais c’est fait. Je ne suis pas fille de viticulteur ou de marchand de vin, mais j’ai entendu assez souvent ce mot dans ce sens pour m’en souvenir. Donc ce n’est sûrement pas une acception oubliée.
  • #6
    God
    20/05/2006 à 11:22*
    • En réponse à jamyjames #3 le 20/05/2006 à 10:13* :
    • « Je ne voudrais pas remettre en question la pertinence de ce qui est écrit ci-dessus, mais il existe à ma connaissance une autre origine a ce... »
    Peut-être avez-vous raison, mais toutes mes sources qui citent cette expression, dont le Grand Robert, convergent sur l’origine citée.
    Et comme je ne me permets pas d’inventer...
    Cela dit, si vous me citez des sources dignes de foi reprenant votre explication, ce sera volontiers que je la rajouterai.
    J’ajoute juste après coup que, par curiosité, j’ai fait une recherche sur Google avec "foudre de guerre" et "huile bouillante", "foudre de guerre " et "poix", "foudre" et "huile bouillante", ce qui n’a donné strictement aucun résultat confirmant votre proposition.
  • #7
    God
    20/05/2006 à 11:54
    • En réponse à Francis #4 le 20/05/2006 à 10:14 :
    • « Foudre, au masculin, signifie aussi "tonneau de grande dimension pouvant contenir de 50 à 300 hectolitres" !!! (dans un chai) »
    Merci pour l’info.
    Voilà une belle lacune du (pourtant grand) Robert qui ne cite même pas cette acception, contrairement au Larousse et au TLF, pour ne citer qu’eux.
  • #8
    borikito
    20/05/2006 à 12:49
    • En réponse à jamyjames #3 le 20/05/2006 à 10:13* :
    • « Je ne voudrais pas remettre en question la pertinence de ce qui est écrit ci-dessus, mais il existe à ma connaissance une autre origine a ce... »
    Ce foudre de guerre destiné à contenir de l’huile bouillante me laisse perplexe.
    D’abord parceque cette huile bouillante ne l’était pas naturellement (bouillante). Il fallait la faire chauffer. Il aurait fallu ensuite la transvaser dans le foudre ? Ensuite son stockage dans un foudre ne facilitait pas la conservation de sa forte température.
    J’étais persuadé, par contre, que cette fameuse huile bouillante était préparée directement sur le chemin de ronde des remparts dans de gros chaudrons munis d’épaulements qui permettaient de les faire basculer le moment venu.
    Quelqu’un peut-il confirmer ou infirmer ?
  • #9
    jamyjames
    20/05/2006 à 15:19
    • En réponse à borikito #8 le 20/05/2006 à 12:49 :
    • « Ce foudre de guerre destiné à contenir de l’huile bouillante me laisse perplexe.
      D’abord parceque cette huile bouillante ne l’était pas natu... »
    Ce sont justement ces gros chaudrons qui portaient le nom de foudre de guerre. L’utilisation du terme "stockée" en parlant de l’huile n’était en effet pas judicieuse puisqu’on la chauffait directement dedans. Quant à mes sources, il s’agit de mon cours d’histoire du moyen-âge suivi à l’université de Liège en 1989. ça ne date pas d’hier mais ça n’a pas du changer depuis...😉
  • #10
    God
    20/05/2006 à 15:46*
    • En réponse à jamyjames #9 le 20/05/2006 à 15:19 :
    • « Ce sont justement ces gros chaudrons qui portaient le nom de foudre de guerre. L’utilisation du terme "stockée" en parlant de l’huile n’étai... »
    Ah ! L’université de Belgique ! C’est donc de l’Histoire de Belgique et non de l’Histoire de France.
    Ceci explique probablement pourquoi les livres d’Histoire de France n’évoquent pas cette particularité belge car l’huile bouillante était en fait celle qui avait servi à faire les frites. Non ? 😉
  • #11
    borikito
    20/05/2006 à 16:17
    • En réponse à jamyjames #9 le 20/05/2006 à 15:19 :
    • « Ce sont justement ces gros chaudrons qui portaient le nom de foudre de guerre. L’utilisation du terme "stockée" en parlant de l’huile n’étai... »
    En France en tout cas, non : l’histoire du moyen-âge n’a pas varié nonobstant les révisionnistes de tous poils.
  • #12
    <inconnu>
    20/05/2006 à 17:20*
    • En réponse à God #10 le 20/05/2006 à 15:46* :
    • « Ah ! L’université de Belgique ! C’est donc de l’Histoire de Belgique et non de l’Histoire de France.
      Ceci explique probablement pourquoi les... »
    Oué mais non, hein, fieu ! Tout mangeur de frites qui se respecte te dira que les bonnes frites sont cuites (ou frites) dans de l’"ossevet", c’est à dire de la graisse de boeuf !
    Allez voir sur le site www.frites.be une fois, vous m’en direz des nouvelles !
    C’est vrai ôssi que je suis un "kéékefretter"...
  • #13
    chirstian
    21/05/2006 à 11:50
    bon, j’ai compris. Résumons : durant les sièges, les français se défendaient en envoyant de l’huile bouillante sur l’ennemi.
    Un touriste belge avait trouvé l’idée originale, et l’avait ramenée au pays en l’adaptant : on leur lançait donc des frites, des moules etc...
    L’ennemi ramassait tout et faisait une grande fête aux pieds des remparts. Le vin coulait à flots (l’histoire ne dit pas si les belges en remplissaient les douves ?), les filles accourraient : 9 mois après, les naissances venaient à bon escient, remplacer les morts au combat. On disait que ces enfants étaient issus du "foutre de guerre". (pardon God, j’ai conscience de frôler (?) les limites. Le f’rais plus!)
    christian, une fois !
  • #14
    God
    21/05/2006 à 11:52
    • En réponse à chirstian #13 le 21/05/2006 à 11:50 :
    • « bon, j’ai compris. Résumons : durant les sièges, les français se défendaient en envoyant de l’huile bouillante sur l’ennemi.
      Un touriste be... »
    Le f’rais plus !
    Merci de ne pas faire de promesses inconsidérées que vous savez parfaitement ne pas pouvoir tenir...
  • #15
    <inconnu>
    21/05/2006 à 16:39
    • En réponse à chirstian #13 le 21/05/2006 à 11:50 :
    • « bon, j’ai compris. Résumons : durant les sièges, les français se défendaient en envoyant de l’huile bouillante sur l’ennemi.
      Un touriste be... »
    chirstian : "foutre de guerre" --> J’ai failli la sortir celle-ci, mais je n’ai pas osé... Peut-être parce que je ne suis pas depuis très longtemps sur ce magnifique site expressio.fr ? Et que je ne connais pas très bien les personnages principales de cette superbe comédie humaine ? 😉
  • #16
    borikito
    21/05/2006 à 17:53
    • En réponse à chirstian #13 le 21/05/2006 à 11:50 :
    • « bon, j’ai compris. Résumons : durant les sièges, les français se défendaient en envoyant de l’huile bouillante sur l’ennemi.
      Un touriste be... »
    Frôlé les limites ? Pas tant que ça !
    Il existe en Allemagne, dans les régions où l’on fête très activement le carnaval, une journée réservée à la liberté totale dans les couples. C’est le Jeudi sale ou schmutziger-Donnerstag.Les enfants qui sont conçus dans ce ... laissez-aller d’une journée sont naturellement appelés les enfants du schmutziger-Donnerstag. N’est-ce pas l’équivalent de "foutre de carnaval" ?.
    Je crains que God ne commence à piaffer.
  • #17
    lorangoutan
    21/05/2006 à 23:52*
    • En réponse à borikito #16 le 21/05/2006 à 17:53 :
    • « Frôlé les limites ? Pas tant que ça !
      Il existe en Allemagne, dans les régions où l’on fête très activement le carnaval, une journée réservé... »
    C’est vrai, quoi! Qu’est-ce qu’on en a à foudre de ces digressions ? Gare aux foutre divin!
    En fin, non... Je voulais dire "Rien à f... de ces c...! Et gare aux foudres divines!"
    Pour en revenir à nos moutons, le terme de "foudre de guerre" m’évoque un guerrier qui frappe à la fois vite et fort et terrasse d’un coup ses ennemis, l’arme fatale, quoi!
  • #18
    HoubaHOBBES
    22/05/2006 à 09:11
    • En réponse à <inconnu> #12 le 20/05/2006 à 17:20* :
    • « Oué mais non, hein, fieu ! Tout mangeur de frites qui se respecte te dira que les bonnes frites sont cuites (ou frites) dans de l’"ossevet",... »
    Comme personne n’ose demander ce qu’est un "kéékefretter", je vais vous libérer de cette envie qui vous démange.
    Kip en néérlandais signifie poule ou poulet, et devient naturellement "kiek" ou "kéék" en bruxellois, et vretten signifie manger (goûlument) qui devient tout aussi naturellement "fretten". Un kéekefretter est donc un "bouffeur de poulets", surnom donné aux bruxellois par les louvanistes lors d’une de ces multiples querelles inter-villes.
    Je suggère de créer un petit frère à expressio, qu’on nommerait expressio-une-fois, et qui donnerait des explications sur le bruxellois. God pourrait-il s’en charger ?? 😉
    Et puis, y a aussi le suisse, et ne perdons pas les québecquois de vue...
    My God, quel boulot ! Dire qu’il pensait abandonner !
  • #19
    lorangoutan
    22/05/2006 à 19:37
    • En réponse à HoubaHOBBES #18 le 22/05/2006 à 09:11 :
    • « Comme personne n’ose demander ce qu’est un "kéékefretter", je vais vous libérer de cette envie qui vous démange.
      Kip en néérlandais signifie... »
    J’avais déjà entendu parler de "bouffeurs de curés" et voilà les "bouffeurs de poulets"!
    Après le clergé, c’est la maréchaussée belge (au fait, est-ce qu’on parle aussi de "poulets" pour désigner les "flics", en Belgique ?) qui passe directement du panier à salade à la casserole!
    Mais que fait la police, une fois?
  • #20
    <inconnu>
    22/05/2006 à 20:34*
    • En réponse à lorangoutan #19 le 22/05/2006 à 19:37 :
    • « J’avais déjà entendu parler de "bouffeurs de curés" et voilà les "bouffeurs de poulets"!
      Après le clergé, c’est la maréchaussée belge (au f... »
    Mais non fieu, une fois ! Nous autres Bruxellois avons en effet cette dénomination de "keekefretters" parce qu’un jour, pour une bataille contre je ne sais plus quel adversaire (on en a eu tant - dont ce cher maréchal de Villeroy, qui détruisit notre grand’place sur ordre de Louis le quatorzième), on était parti en guerre avec beaucoup de ravitaillement de toute sorte (du lambic, de la gueuze, des poulets, des cochons et des boeufs pour les frites, entre autres). Et naturellement, avec notre zwanze habituelle, on a perdu cette bataille (on préférait se goinfrer -"fretten"-)... et on a laissé ce butin au gagnant, qui nous a immédiatement appelé "mangeurs de poulets". Ceci dit, y’avait pas la grippe aviaire en ce temps là, on n’encourait que la peste et le choléra ! Ara !
    Nous autres en belgitude, on parle de flics, ou encore (mais ça tombe tout doucement en désuétude) de "petits cygnes" (zwaantjes") pour désigner les flics en moto. Ou "à moto" ?😉
    Tiens, je rajoute que dans notre (ô combien) petit pays, les habitants de la ville de Malines s’appellent les "maanblussers", ou "éteigneurs de lune". Mais ça, je laisse le soin à mon cher HOBBES de l’expliquer (non Jef, t’es pas tout seul !)