Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

une réponse de Normand [n]

une réponse ambigüe ; une réponse qui n'est ni oui ni non ; une opinion qui n'est pas tranchée ; réponse incertaine ; réponse peu précise ; ni oui ni non ; réponse évasive ; réponse ambiguë

Origine et définition

Y a-t-il des Normands dans la salle ?
Si oui, savez-vous que, depuis très longtemps, vous êtes considérés comme des gens rusés (au sens péjoratif du terme) et peu fiables ?
Mais qu'est-ce qui peut bien vous valoir cette sale réputation, presque certainement usurpée[1] ?

D'après l'Allemand Walter Gottschalk, dans son ouvrage sur la langue française publié en 1930, cela viendrait d'une ancienne loi normande qui permettait à quelqu'un ayant signé un marché, de s'en dédire dans les 24 heures. D'où le proverbe "un Normand a son dit et son dédit".
En clair, cela voulait dire qu'on ne pouvait aucunement se fier à la parole et même à la signature d'un Normand puisque, une fois que vous aviez le dos tourné, il pouvait casser votre accord.

Nous disposons d'une grande quantité de vocabulaire très peu châtié pour désigner ce genre de comportement, et même si ce n'est pas ici le sujet, imaginez simplement que, par exemple, le lendemain de la signature du compromis de vente de votre appartement, l'autre partie vous annonce que vous pouvez vous brosser pour qu'elle achète votre bien, et le vocabulaire en question vous reviendra vite.

La réputation des Normands étant ainsi faite, on constate que, plus tard, chez des auteurs comme La Fontaine, Fontenelle ou Madame de Sévigné, un Normand est devenu synonyme de "rusé" ou "madré".

Il existe même plusieurs locutions ou proverbes où le Normand trouve une bonne place :
* Une "réconciliation normande" est simulée
* Garde-toi d'un Gascon ou Normand, l'un hâble, l'autre ment
* Un Manceau vaut un Normand et demi
Ce qui va faire plaisir aux Normands, c'est qu'ils ne sont finalement pas seuls à être mal considérés. Et les Manceaux (de la région du Mans, les spécialistes de la rillette) seraient même pires encore !
Y a-t-il des Manceaux dans la salle ?

[1] Enfin moi j'ajoute ça juste pour ne pas me faire mal voir ; mais je ne connais aucun Normand et ne sais donc pas si cette réputation est si fausse que ça...

Exemples

« À question perfide, répondons en Normand. Oui, il y a rapport entre quotidienneté et inconscient, entre le quotidien et le désir. Et cependant, non. »
Henri Lefebvre - La Vie quotidienne dans le monde moderne

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand eine Antwort von Radio Eriwan une réponse de la Radio Eriwan
Anglais a noncomittal / evasive answer une réponse qui n´engage à rien / évasive
Anglais a politician's reply une réponse d'homme politique
Bulgare византийски отговор une réponse de Bysantin
Espagnol (Espagne) una respuesta a la gallega une réponse à la galicienne
Hongrois lutheránus választ ad donner une réponse luthérienne
Hongrois Jereváni rádió válaszol: La radio de Yerevan répond :
Hébreu תשובה ללא תכלית (techouva lélo takhlite) reponse indéterminée
Hébreu תשובה מעורפלת (techouva méourpélète) réponse vague
Néerlandais een byzantijns antwoord une réponse de bizantin
Roumain a băga în ceață mener dans les brumes
Roumain un răspuns de la Radio Erevan une réponse de la Radio Erevan
Roumain un raspuns in doi peri une réponse en deux cheveux
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Commentaires sur l'expression « une réponse de Normand » Commentaires

  • joseta
    25/10/2020 à 20:56
    • En réponse à Ratanak #357 le 25/10/2020 à 20:18* :
    • « FÉLICITATIONS À MONSIEUR LE DIRECTEUR QUI GAGNE LE GRONAVION !

      https://pbs.twimg.com/media/D9PuJOnW4AA6AoZ.jpg:large »
    Merci Ratanak, mais je suis comme certains religieux nomades pour ce qui est de mes préférences:
    avec les lits, Coptes errent...
  • Psylocybe
    25/10/2020 à 22:34
    • En réponse à joseta #361 le 25/10/2020 à 20:56 :
    • « Merci Ratanak, mais je suis comme certains religieux nomades pour ce qui est de mes préférences:
      avec les lits, Coptes errent... »
    Eh ben si tu es de la jaquette flottante, pas de crainte avec moi. Et je le dirai pas. J'aime la sexualité dans toutes ses manières; pour ma part, aimant surtout les femmes.
  • deLassus
    28/01/2021 à 18:23*
    Respect de la Parole de God ?

    Impeccable : le chapitre Origine et définition est, à quelques infimes détails près, conforme à ce qu'on trouve dans le livre "Les 1001 expressions préférées des français" (2011).

    L'exemple est différent.

    Bravo Reverso pour n'avoir touché à rien !!!
  • deLassus
    17/06/2023 à 07:00
    • En réponse à deLassus #363 le 28/01/2021 à 18:23* :
    • « Respect de la Parole de God ?

      Impeccable : le chapitre Origine et définition est, à quelques infimes détails près, conforme à ce qu'on tr... »
    J'ajoute, pour être complet, que dans le Livre le sous-titre de la page (signification) est :
    "Une réponse ambiguë ou évasive."
  • deLassus
    11/03/2024 à 15:43
    • En réponse à deLassus #363 le 28/01/2021 à 18:23* :
    • « Respect de la Parole de God ?

      Impeccable : le chapitre Origine et définition est, à quelques infimes détails près, conforme à ce qu'on tr... »
    L'exemple est différent.

    Voici l'exemple donné par God dans Son Livre :
    "HILAIRE - Et vous, monsieur, qu'avez-vous à répondre là-dessus ?
    LISIDOR - Que cela peut être vrai, et peut être faux.
    HILAIRE - La réponse est un peu normande.
    "
    Noël LEBRETON De HAUTEROCHE - Le Cocher supposé - 1684
  • joseta
    14/08/2024 à 08:14*
    QUI SUIS-JE ? nº338

    Je suis un écrivain espagnol
    - romancier, poète et essayiste, je me suis adonné à tous les genres littéraires pour ma prose riche et intensive qui, avec une compassion contenue, forme une vision provocante de la vulnérabilité de l’homme
    - je suis brièvement des études de lettres et de philosophie à l’Université complutense de Madrid
    - en 1936, je combats du côté franquiste lors de la Guerre civile espagnole. Postérieurement, je rejette la dictature de Franco, et je maintiens une attitude indépendante envers le régime dont je subis la censure, tout en ayant été moi-même censeur de presse entre 1943 et 1944
    - à partir de 1954, je réside à Majorque, où je fonde la revue littéraire Papeles de Son Armadans, qui fait paraître 276 numéros, et qui joue un rôle très important dans les lettres espagnoles, jusqu’à sa cessation en 1979: 40 000 pages, 1070 auteurs publiés. J’entre à la Real Academia de la Lengua Española en 1957 et je participe en tant que sénateur royal aux Cortes Constituantes, chargées de rédiger la nouvelle constitution de 1978
    - je publie mon premier roman en 1942. Ce roman est le deuxième oeuvre littéraire espagnole la plus traduite au monde, après Don Quichotte. Le style de ce roman, d’un réalisme sec et rugueux, et d’une grande âpreté, est qualifié de «tremendiste». Ce roman est considéré comme le miroir littéraire espagnol de l’Étranger, le premier roman d’Albert Camus, paru la même année
    - de nombreux écrivains, artistes et intellectuels pendant la guerre civile, ont été tués ou se sont exilés et la situation économique désastreuse du pays, ainsi que la censure franquiste, entravent l’apparition de nouveaux talents
    - dans un roman de 1943, j’évoque à plusieurs reprises la vie au sanatorium où j’ai résidé dans ma jeunesse, atteint de tuberculose
    - j’ai un goût prononcé pour l’horrible et les personnages mutilés ou atrophiés (oeil de verre, jambe de bois...) se retrouvent dans beaucoup de mes nouvelles
    - mon autre oeuvre la plus notable date de 1951; elle est censurée par le régime franquiste et publiée en Argentine
    - tenté par l’avant-garde et les techniques littéraires expérimentales, j’évoque la guerre d’Espagne dans un roman de 1969, qui reflète l’influence de James Joyce et de William Faulkner par l’utilisation du monologue intérieur
    - auteur de plusieurs romans, poèmes. récits de voyages, ouvrages autobiographiques, articles et nouvelles, je multiplie les recherches d’écriture novatrices tant sur le plan narratif que formel
    - les années 1980 m’offrent un nouveau souffle littéraire, grâce à des oeuvres de fiction (1981, 1983 et 1988, roman constitué d’une seule et unique phrase de 230 pages)
    - distinctions: prix national de Narration; Creu de Sant Jordi, prix Princesse des Asturies; prix Nobel de littérature, et prix Cervantes
    - je suis anobli par le roi Juan Carlos I avec le titre héréditaire de 1er marquis d’Iria Flavia
  • atheofv
    14/08/2024 à 08:48
    • En réponse à joseta #366 le 14/08/2024 à 08:14* :
    • « QUI SUIS-JE ? nº338

      Je suis un écrivain espagnol
      - romancier, poète et essayiste, je me suis adonné à tous les genres littéraires pour m... »
    Trouvé.

    Merci Gogol
  • joseta
    14/08/2024 à 16:29
    • En réponse à joseta #366 le 14/08/2024 à 08:14* :
    • « QUI SUIS-JE ? nº338

      Je suis un écrivain espagnol
      - romancier, poète et essayiste, je me suis adonné à tous les genres littéraires pour m... »
    JE SUIS
    Image externe
    Camilo José CELA
    Padrón (Galice),1916/Madrid,2002
  • deLassus
    14/08/2024 à 16:51*
    • En réponse à joseta #368 le 14/08/2024 à 16:29 :
    • « JE SUIS
      https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/9f/Camilo_Jos%C3%A9_Cela_Madrid_1996.jpg
      Camilo José CELA
      Padrón (Galice),1916/M... »
    Je ne connaissais pas.
    À voir sa tête, pas le dernier pour la déconne !
  • atheofv
    14/08/2024 à 17:14
    • En réponse à deLassus #369 le 14/08/2024 à 16:51* :
    • « Je ne connaissais pas.
      À voir sa tête, pas le dernier pour la déconne ! »
    Oui...
    Son entourage ne devait pas rigoler tous les jours !
  • joseta
    14/08/2024 à 17:40
    • En réponse à deLassus #369 le 14/08/2024 à 16:51* :
    • « Je ne connaissais pas.
      À voir sa tête, pas le dernier pour la déconne ! »
    (et atheofv)
    C'est bien 'cela' oui...
  • Clitocybe
    14/08/2024 à 20:29
    Et voilà l'origine psycho-historique de l'expression que j'ai trouvée, en chercnant du côté des ancêtres (qui n'étaient pas des gaulois, mais des Vikings).

    Le moine bénédictin et chroniqueur du XIe siècle Geoffroi Malaterra décrit les Normands comme « un peuple d'une très grande habileté, qui tire vengeance des torts qu'on lui inflige, et qui, dans l'espoir de faire davantage de profit ailleurs, méprise les terres héritées de ses pères ; avide de gain et de domination, il sait tout simuler et dissimuler, et tient un juste milieu entre générosité et avidité ».
  • Bichem
    13/03 à 00:26
    Hello, c'est vendredi !... 😁🤗
  • Mintaka
    13/03 à 03:50*
    • En réponse à Bichem #373 le 13/03 à 00:26 :
    • « Hello, c'est vendredi !... 😁🤗 »
    Ce vendredi 13 commence très bien. Hier tu nous as déclaré la cessation de tes crêpes au profit de salades aux algues que j'ose supposer non mazoutées. On comprend dès lors mieux ton choix de travailler à l'hôpital de Valence pour être en contact avec le service d'algologie. Et n'allez pas croire ceux qui vous racontent, dictionnaires compris, que l'algologie c'est la branche de la médecine qui s'occupe des douleurs. L'algologie est la science culinaire des algues et je ne vous raconte pas des salades.

    Et quand je dis culinaire, je pourrais dire gastronomique ou même astronomique et encore plus même des environs.
  • lalibellule
    13/03 à 04:43
    QUI SUIS-JE ? No 42

    Je suis un peintre, graveur, portraitiste et érudit français. Je quitte la France à la Révolution et je rejoins l’Armée des Princes. Je me réfugie en Suisse avec mes parents où j’apprends la gravure. Avec mes parents, je rejoins le Canada, ensuite Philadelphie où ma mère fonde une école de filles.
    Ce n’est pas moi qui invente le physionotype, mais associé à un autre artiste français à New York, j’introduis le portrait au physionotrace aux États-Unis. J’ai fait plusieurs centaines de portraits par cette méthode dont George Washington, Thomas Jefferson, plusieurs Indiens du tribu des Osages, y compris leur chef, ces derniers lors de leur visite à Washington, DC.

    Le physionotype, considéré comme la photographie de l’époque, a remplacé le portrait de profil sans relief. L'invention a mécanisé le dessin par l'usage d'un pantographe équipé d'un œilleton de visée. En déplaçant l'œilleton en suivant les contours du sujet, on faisait bouger un crayon qui dessinait le profil du sujet. Le pantographe formé d’un double parallélogramme articulé servait à tracer un dessin aux dimensions réelles. Le portrait grandeur nature, appelé « grand trait », était réalisé en quelques minutes. Pour certains, peu connaisseurs, il est d'une facture standard, inexpressif et sans grande valeur artistique. D'autres estiment qu'il constitue une source historique majeure car il représente les portraitures d'après nature sans le filtre de l'artiste.

    Pour achever ma carrière je rentre en France et je suis nommé conservateur d’un musée français qui conserve plusieurs de mes portraits.

    Par ailleurs, mon nom étant très long, il ne se prête pas facilement à une anagramme, même par notre maître anagrammeur.
  • lalibellule
    13/03 à 05:00
    • En réponse à Mintaka #374 le 13/03 à 03:50* :
    • « Ce vendredi 13 commence très bien. Hier tu nous as déclaré la cessation de tes crêpes au profit de salades aux algues que j'ose supposer non... »
    Voilà un commentaire qui n’est ni oui ni non ! 🥸
  • joseta
    13/03 à 06:55
    QUI SUIS-JE ? nº806

    Je suis un écrivain italo-britannique de langue anglaise
    - je me suis spécialisé dans le roman d’amour, le récit d’aventures historiques
    - j’ai également publié des nouvelles, dont plusieurs appartenant au genre policier, se déroulant à des moments clés de l’histoire
    - fils de deux chanteurs d’opéra devenus enseignants, je fais des études au Portugal, puis en Suisse, avant que ma famille n’émigre en Angleterre, où je vivrai avec mon grand-père, alors que je suis âgé de 17 ans. De ce fait, dès mon jeune âge, je suis exposé à de nombreuses langues. À mon retour en Angleterre pour y vivre en permanence, je possédais 5 langues avant d’ajouter rapidement l’anglais à mon répertoire. Je choisis l’anglais comme langue d’écriture.
    - employé de commerce pendant quelques années, je travaille, à partir de 1901, au sein de la rédaction d’un journal de Liverpool
    - pendant la Première Guerre mondiale, j’ai travaillé à la Direction du renseignement militaire du Bureau de la Guerre
    - je suis naturalisé citoyen britannique en 1918
    - je suis un écrivain prolifique et ma carrière littéraire s’amorce à la fin des années 1890 par la publication de nouvelles, un genre que je ne délaisserai jamais
    - mon premier roman, un récit sentimental, paraît en 1902. Je donne ensuite une trentaine de romans
    - à partir des années 1920, je rencontre de grands succès grâce à «plusieurs récits d’aventures historiques, dont certains seront adaptés au cinéma. Ces romans font de moi l’un des meilleurs auteurs de cape et d’épée du XX ème siècle».
  • joseta
    13/03 à 06:57
    TROUVEZ LE FILM nº77

    C’est un film sorti en 1935
    - genre; aventure
    - acteurs principaux: Errol Flynn, Olivia de Havilland
    - musique: Erich Wolfgang Korngold
    - photographie: Ernest Haller et Hal Mohr
    - pays de production: États-Unis
    - société de production: Warner Bros Pictures
    - film adapté d’un roman de Rafael Sabatini
  • atheofv
    13/03 à 06:57
    • En réponse à lalibellule #375 le 13/03 à 04:43 :
    • « QUI SUIS-JE ? No 42

      Je suis un peintre, graveur, portraitiste et érudit français. Je quitte la France à la Révolution et je rejoins l’Ar... »
    Je ne m'étonne pas qu'il ait dû émigrer à la Révolution.

    Avec son nom long comme un trombone à coulisse, il était bon à raccourcir.
  • joseta
    13/03 à 07:09*
    • En réponse à lalibellule #375 le 13/03 à 04:43 :
    • « QUI SUIS-JE ? No 42

      Je suis un peintre, graveur, portraitiste et érudit français. Je quitte la France à la Révolution et je rejoins l’Ar... »
    Trouvé (grâce à A.I)