Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

se laisser manger [v]

se laisser tondre la laine sur le dos ; se laisser faire à ses dépens ; être exploité ; être volé

Origine et définition

Comme le mammouth, le mouton est un animal à poils laineux...
Contrairement au mammouth, disparu depuis des lustres, on le tond régulièrement et c'est grâce à lui que, depuis longtemps, l'Homme a pu se fabriquer des vêtements chauds pour l'hiver.
Cette expression, relevée en 1585 ou en 1640 selon les sources, et toujours avec le verbe 'manger', symbolise à la fois la passivité et la niaiserie (il faut être bien bête pour se laisser tondre la laine sur le dos sans réagir).
Si elle est née, c'est aussi parce que le mouton est un animal généralement considéré comme docile, qu'il est facile de tondre.
Mais pourquoi 'manger' a-t-il été employé dans cette expression avant 'tondre', beaucoup plus naturel ?
C'est Pierre Marie Quitard qui lève le voile en 1842 dans son "Dictionnaire étymologique, historique, et anecdotique des proverbes et des locutions" où il écrit, pour cette expression : "Souffrir tout, ne pas savoir se défendre, comme les brebis qui souffrent patiemment que les corbeaux se fixent sur leur dos et leur arrachent la laine".
Car effectivement, de nombreux oiseaux se servent de touffes de poils ou de laine pour tapisser leur nid. Et quoi de plus pratique que d'aller se servir directement sur le dos du fournisseur ?

Exemples

« D'ailleurs, il n'avait pas un centime, personne à présent ne le payait, on lui mangeait la laine sur le dos, un pauvre boutiquier comme lui ne pouvait faire d'avances. »
Gustave Flaubert - Madame Bovary

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand sich die Haare vom Kopf fressen lassen se faire manger les cheveux de la tête
Anglais to be had être eu
Anglais (USA) to get fleeced se faire tondre
Espagnol (Espagne) bajarse los pantalones baisser son froc
Espagnol (Espagne) dejar que se te suban a las barbas permettre qu'on te monte aux barbes
Espagnol (Espagne) dejarse ensillar se laisser enseller
Italien farsi spennare se faire plumer
Italien farsi rivoltare dentro e fuori se faire retourner à l’intérieur et à l’extérieur
Italien farsi mangiare la pappa in capo se lasser manger la soupe sur sa tete
Italien farsi mangiare in testa se faire manger sur la tête
Italien fàrisi rrivutàri d'ìntra e di fòra le faire retourner à l'intérieur et à l'extérieur
Italien essere sfruttato être exploité
Italien essere fesso être stupide
Néerlandais (Belgique) de kaas van zijn brood laten eten se laisser manger le fromage du pain
Néerlandais (Belgique) het gras voor z'n voeten gemaaid zien se voir tondre l'herbe devant les pieds
Néerlandais (Belgique) kaal geplukt zijn - gepluimd zijn être chauve - déplumé
Néerlandais geplukt worden se faire déplumer
Néerlandais zich de kaas van het brood laten eten se laisser manger le fromage du pain
Néerlandais zich over de rug laten kruipen permettre que l'on se déplace à quatre pattes sur le dos
Roumain a se l?sa jumulit se laisser déplumer
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Commentaires sur l'expression « se laisser manger » Commentaires

  • #1
    Elpepe
    19/07/2007 à 01:01
    - Si de salir le ton leurre nos salades.
    - Drôle de salut, à nier les sailors-nés !
    - Solers, tordu, lira "l’année des asiles".
    - Torero sur l’Inde se lasse dans la lie.
    - Rani, sur le dos, le laisse se la tondre.
    - SOS : l’Arlésienne, si drôle, sur la date. 😄
    Anna Gramme
  • #2
    Elpepe
    19/07/2007 à 01:03
    Se laisser brouter l’haleine, sur le dos ? Ah que ouiiiiiiiiiiiiiiiiii !
  • #3
    <inconnu>
    19/07/2007 à 02:00
    C’est regrettable comme situation mais le mou thon, c’est pourtant bon.
    S’il y a un coupable, il ne peut s’appeler que Tom car Tom mate le mou thon même en boîte, hummm… Et elle laine, la mère, laisse filer… sans rien dire.
    Dans la famille : « Bouffe moi » : la fille : Mylène mi-raisin > corps beau, faire offre au poil.
  • #4
    <inconnu>
    19/07/2007 à 07:23
    • En réponse à Elpepe #1 le 19/07/2007 à 01:01 :
    • « - Si de salir le ton leurre nos salades.
      - Drôle de salut, à nier les sailors-nés !
      - Solers, tordu, lira "l’année des asiles".
      - Torero sur... »
    Oh mais tu files déjà un drôle de coton, à c’heure matinale !
  • #5
    <inconnu>
    19/07/2007 à 07:30
    • En réponse à <inconnu> #3 le 19/07/2007 à 02:00 :
    • « C’est regrettable comme situation mais le mou thon, c’est pourtant bon.
      S’il y a un coupable, il ne peut s’appeler que Tom car Tom mate le m... »
    ... et les méninges turbinent déjà à fond la caisse ! Va falloir que je rôde les miennes à de tels exercices : vais-je savoir ? Tond tond tontaine dit la mâtine.
  • #6
    tytoalba
    19/07/2007 à 07:40
    "Se laisser faire à ses dépens."
    Et comme disait un certain cycliste célèbre : "à l’insu, de mon plein gré "
    @Dzovig : tu nous laisses le choix dans la date (de naissance) entre 1903 et 1999.
    Aurais-tu une chance de battre l’arlésienne (Jeanne) puisque tu as 104 ans.
    Ou alors à vos calculettes, enlever chaque fois 12 à 104. Calcul du matin, chagrin. 😏
  • #7
    <inconnu>
    19/07/2007 à 08:03
    • En réponse à tytoalba #6 le 19/07/2007 à 07:40 :
    • « "Se laisser faire à ses dépens."
      Et comme disait un certain cycliste célèbre : "à l’insu, de mon plein gré "
      @Dzovig : tu nous laisses le... »
    Mais je ne veux battre personne ! Sauf mon matelas (de laine évidemment).
  • #8
    momolala
    19/07/2007 à 08:04
    Les Berbères portent une gandoura en laine sur leur corps nu (on me l’a dit et je n’irai pas faire comme Saint Thomas pour le vérifier) pour supporter la chaleur. Personnellement, je préfère m’être fait tondre la laine sur le dos et ailleurs par 24° à 7 h 30 du matin pour mieux apprécier la caresse de l’air (pas lourd d’odeurs) brassé par mon "énorme" ventilateur. Eeeh oui, on a les caresses qu’on peut. 🙁
  • #9
    <inconnu>
    19/07/2007 à 08:40
    • En réponse à momolala #8 le 19/07/2007 à 08:04 :
    • « Les Berbères portent une gandoura en laine sur leur corps nu (on me l’a dit et je n’irai pas faire comme Saint Thomas pour le vérifier) pour... »
    Pouvrette ! (disent les Catalans). Pas le moindre petit vermisseau ?
  • #10
    chirstian
    19/07/2007 à 09:28
    Souffrir tout, ne pas savoir se défendre, comme les brebis qui souffrent patiemment que les corbeaux se fixent sur leur dos et leur arrachent la laine".
    ah l’éternel féminin : la brebis ne se trouve pas assez belle, et pour avoir le corps-beau elle lui demande de la tondre. Résultat, quand le mouton vient la prendre en levrette (les moutons ont peu d’imagination dans leurs rapports) il peut lui lécher le dos en lui bêlant des mots doux.
    Et c’est idiot, car la brebis aurait du succès même avec sa laine! Ce sont de grandes amoureuses et quand on a essayé une fois, on ne les oublie pas : on a toutes les peines du monde à revenir à une chamelle ,à une vache, ou aux mouches.( mesdames, tous les hommes vous le diront !)
    Mais je m’égare : revenons à nos moutons ! Quand Quitard dit que la brebis souffre pas-sciemment , il s’égare donc : c’est tout à fait sciemment que la brebis se paye sa cure de t’as l’assaut -thérapie.
  • #11
    <inconnu>
    19/07/2007 à 10:15
    • En réponse à chirstian #10 le 19/07/2007 à 09:28 :
    • « Souffrir tout, ne pas savoir se défendre, comme les brebis qui souffrent patiemment que les corbeaux se fixent sur leur dos et leur arrachen... »
    Bon.
    Alors ne laissons pas les brebis galeuses se glisser sous nos édredons !
    Attrappons-les par la peau des fesses, par les côtelettes, ou par les nichons,
    pour les virer, foi d’animal, sans tambour ni trompettes, hors de vos cal’çons ! 😄
  • #12
    Elpepe
    19/07/2007 à 10:30
    • En réponse à <inconnu> #4 le 19/07/2007 à 07:23 :
    • « Oh mais tu files déjà un drôle de coton, à c’heure matinale ! »
    Bonjour bonjour, les gosses. Bon, c’est entendu, Dzovig, on note aussi Perpignan pour une Convention.Grenat, par exemple. Car tu dois savoir que le grenat extrait de ta région pyréréenne est réputé être le plus beau du monde, hein ? Malheureusement, les mines y sont quasiment épuisées aujourd’hui, et la plupart des pierres commercialisées proviennent d’autres coins du globe, mais sans avoir la profondeur de couleur et l’éclat du grenat de Perpignan. Mesdames, si vous voulez vous en faire offrir une, exigez le certificat officiel délivré par Dzovig, ou alors, envoyez votre amant sur place pour l’acquérir (pas Dzovig ! Le grenat...), chez Paulignan, rue des Augustins, par exemple. De retour d’une navigation à Minorque puis Majorque en août 2003, via Barcelone où BB m’avait rejoint, et atterrissage à Argelès sur Mer, nous étions ensuite remontés par Perpignan, où j’en avais trouvé un très beau, monté sur une voile d’or, que je lui avais offert en guise de trirème (Médaille du Mérite Maritime) du jour, pour la maestria avec laquelle elle avait appris à barrer le bateau, entre Barcelone et le Cap Creus.
    En cette année de canicule, nous avions notre piscine à 31°, et il fallait deux heures de nage, au mouillage, pour nous rafraîchir, mais on souffrait beaucoup moins que les terriens... Sauf dans le métro de Barcelone, qui est climatisé.
    Ah, cette année-là, on se laissait volontiers tondre la laine sur le dos, les gosses ! On se baignait à poil, car même le maillot tenait chaud.
  • #13
    Elpepe
    19/07/2007 à 10:32
    • En réponse à tytoalba #6 le 19/07/2007 à 07:40 :
    • « "Se laisser faire à ses dépens."
      Et comme disait un certain cycliste célèbre : "à l’insu, de mon plein gré "
      @Dzovig : tu nous laisses le... »
    comme disait un certain cycliste célèbre

    Bernard Tapie a été cycliste ? Je l’ignorais...
  • #14
    Elpepe
    19/07/2007 à 10:35
    • En réponse à momolala #8 le 19/07/2007 à 08:04 :
    • « Les Berbères portent une gandoura en laine sur leur corps nu (on me l’a dit et je n’irai pas faire comme Saint Thomas pour le vérifier) pour... »
    on a les caresses qu’on peut

    Attention, Momolala : caresse de chien donne des puces, et caresse de l’air donne des légionnelles.
    Signé : la main du masseur sous la gandoura du Berbère
  • #15
    Elpepe
    19/07/2007 à 12:07
    Ah, faut vraiment tout faire, ici, hein ? Bon, puisque vous ne voulez pas jouer au quiz pour gagner la trirème du jour, je vous donne la soluce, garnements : cette expression vient de la Marine, où le maître-voilier a toujours appris à ses petites mains à laisser coudre l’alène sur l’extrados.
    Voili voilou, moussaillons.
  • #16
    momolala
    19/07/2007 à 12:18
    • En réponse à <inconnu> #9 le 19/07/2007 à 08:40 :
    • « Pouvrette ! (disent les Catalans). Pas le moindre petit vermisseau ? »
    Je ne m’en contenterais pas 😄
  • #17
    Elpepe
    19/07/2007 à 12:22
    • En réponse à momolala #16 le 19/07/2007 à 12:18 :
    • « Je ne m’en contenterais pas 😄 »
    Gourgandine ! Ne confonds pas le barbier de Séville (qui te tond tout ce que tu veux) et le Berbère de service (qui te tend tout ce que tu veux), hmmm ?
  • #18
    chirstian
    19/07/2007 à 12:43*
    les corbeaux se fixent sur leur dos et leur arrachent la laine".Car effectivement, de nombreux oiseaux se servent de touffes de poils ou de laine pour tapisser leur nid. Et quoi de plus pratique que d’aller se servir directement sur le dos du fournisseur ?
    j’ai poursuivi mon enquête, parce qu’il faut bien que quelqu’un travaille sérieusement sur ce site ! Il semble que si, effectivement, de nombreux oiseaux se servent de touffes de laine pour tapisser leur nid, ils se servent chez des détaillants, et non chez les grossistes. Pas seulement pour des questions de parking, ou de remises, mais parce qu’il est plus simple de prendre des brins accrochés aux buissons, ou tombés, que d’aller tondre une brebis.
    Parce que l’hirondelle (c’est un exemple sans connotation raciste d’aucune sorte) pour tondre, il lui faut des outils : une tondeuse, des ciseaux , des dents ... bref quelque chose ! Or regardez-la : elle a toujours les mains vides ! Je suis catégorique : vous n’avez jamais vu une hirondelle avec une tondeuse dans les mains. Et d’abord : où la brancherait-elle, hein ? Et vous imaginez le bordel avec les fils qui se croisent quand les hirondelles volent bas parce qu’il va pleuvoir et qu’elles vont tondre les canards pour se faire un imperméable ?
    Tout cela pour dire que cette expression est à prendre au sens figuratif seulement. Ou à la rigueur, et pour faire plaisir aux mélomen et melowomen du site , au sens musical : je te tonderai* le do , je te tonderai le do, et le ré, et le ré, et le mi etc... (oui, je sais mais les moutons disent "tonderai" et sinon il manque un pied, enfin un sabot, quoi ! )
  • #19
    momolala
    19/07/2007 à 12:56
    Elle était bien mignarde avec son petit chapeau incliné sur l’oreille et ses pieds menus chaussés de bottines à boutons. Une petite veste d’astrakan bien ajustée soulignait la courbure de ses reins au-dessus de la longue jupe qui, tombant des ses hanches rondes, balançait au rythme de ses pas. Devant lui elle marchait et lui, son sang bouillait. Quand elle entra dans un immeuble bourgeois, il lui emboîta derechef le pas. Elle protesta à peine alors qu’il l’enlaçait, prenait sa bouche pleine tandis qu’elle gémissait : « Ah, Monsieur s’il vous plaît, éteignez cette ardeur qui me point là, au ventre, ou plus bas ! je ne sais plus, voyez, à qui mes seins vouer ! » Il l’empoigna, parant à l’urgence déclarée ; tombant à deux genoux, sous son jupon s’affaire, quand soudain le mari, rentrant de ses affaires frappe à l’huis surpris qu’il est de la trouver fermée. Un peu rouge chacun reprit son quant à soi, Madame ouvrit la porte à Monsieur son mari, qui s’étonna, découvrant alors ce tout nouvel « ami » qu’il ait dessus la bouche quelques frisures brunes accrochées ça et là à sa moustache blonde. « C’est que, mon bon ami, j’avais dessus ma veste, à mon dos suspendue une bien affreuse bête que Monsieur, pour ne pas sur moi porter la main a de ses dents ôtée au péril de lui-même. Remerciez-le donc, d’avoir sauvé ma vie en mangeant, sur mon dos, la laine de ma veste. »
    - Monsieur, dit le mari, je vous sais gré d’un élan généreux mais sachez que la bête toute à son agonie a, des larmes sans doute qu’elle y a déversées, votre barbe ciré. »
    Moralité : avant de manger sa laine, consolez le mouton.
  • #20
    Elpepe
    19/07/2007 à 13:13
    • En réponse à chirstian #18 le 19/07/2007 à 12:43* :
    • « les corbeaux se fixent sur leur dos et leur arrachent la laine".Car effectivement, de nombreux oiseaux se servent de touffes de poils ou de... »
    Demande à God l’accès au local de l’éditeur de partoche, car je ne trouve pas la musique de "Hirondelle, gentille hirondelle" sur le net. Merci beaucoup.
    RÉCLAME :
    Expressio, le site des chansonniers.