Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

ça se bouscule au portillon [exp]

il y a une forte affluence ; j'ai une envie urgente de vomir ; j'ai le cigare au bord des lèvres

Origine et définition

Je vais vous parler d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, contrairement à ceux de plus de cinquante ans qui sont passés par Paris et y ont utilisé son métro.
En effet, à cette époque-là, alors que le fameux poinçonneur des Lilas avait encore du travail, l'accès aux quais du métro se faisait par un portillon qui était bloqué par le poinçonneur au moment où la rame arrivait sur le quai. Alors ceux qui, dans le couloir d'accès, entendaient le bruit de la rame en mouvement, se précipitaient, espérant ne pas la manquer et perdre ainsi de précieuses minutes. D'où les bousculades au portillon aux heures de pointe, pour ceux qui avaient pu passer à temps.
Et, aux mêmes heures, pour ceux qui avaient été bloqués, cela provoquait derrière le portillon, une accumulation de gens trépignant d'impatience qui se déversaient ensuite sur le quai une fois la barrière à nouveau ouverte.
C'est de cette image du métropolitain que nous vient le premier sens de l'expression, utilisée partout où il y a une foule dense qui trépigne pour avoir accès à quelque chose (à l'entrée d'un spectacle, d'un match de foot...) ou, plus généralement, lorsqu'il y a une affluence plus ou moins inattendue quelque part (un grand nombre de candidats à une élection, un flot important de véhicules sur une route, des paroles prononcées trop rapidement avec les mots en partie mangés, des pensées en quantité et mal contrôlées...).
Le deuxième sens, quelque peu vulgaire, est une extension du précédent qui se réfère également à une affluence plutôt inattendue et au flot des gens qui passent le portillon enfin ouvert. Il peut être employé par ceux qui après une nuit de libations alcoolisées, sont brutalement contraints de régurgiter une partie de ce qu'ils ont avalé ou par ceux qui, au cours de la même soirée, croyant avoir avalé des cachets d'aspirine, ont pris des dragées Fuca®. Dans les deux cas, il y a un flot de choses diverses qui doivent impérativement et rapidement sortir par un orifice corporel.

Exemples

« Je me souviens d'ailleurs que mon oncle trouvait que je parlais trop vite, que les mots sortaient de ma bouche comme s'ils étaient superposés les uns par-dessus les autres, "Ça se bouscule au portillon !" disait-il gentiment, (...) »
Pierre-Marie Fenech - Une mémoire en papier - 2010

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Anglais (USA) nature calls il y a la nature qui appelle besoin d'uriner ou de déféquer
Anglais (USA) they're lined up around the block ils font une queue qui fait le tour du pâté de maisons [forte affluence]
Anglais (USA) chock-a-block (il y a forte affluence) (non-sens)
Espagnol (Argentine) recibir un llamado urgente de la naturaleza recevoir un appel urgent de la nature
Espagnol (Argentine) una catarata de palabras une cataracte de mots
Espagnol (Espagne) Hay mucha bulla Il y a une forte affluence
Espagnol (Espagne) Tengo ganas de devolver J'ai envie de rendre/vomir
Français (Canada) il y a du monde à la messe il y a une forte affluence
Français (Canada) le neuf pousse sur le vieux
Gallois mae hi dan ei sang on se trouve sous un piétinement
Néerlandais ik moet schijten als een beer je dois chier comme un ours
Néerlandais t is hier dringen ici ça presse !
Néerlandais (Belgique) het is hoogwater il fait marée haute
Néerlandais hoge nood hebben avoir un besoin imminent
Néerlandais dat wordt dringen aan de poort il y aura une bousculade à la porte
Néerlandais (Belgique) hoogtij! marée haute !
Portugais (Brésil) empurra-empura une bousculade
Portugais (Brésil) está na portinha ! il est à petite porte !
Roumain a avea necesități urgente avoir des nécessités urgentes
Roumain dă năvală la uşă ca se bouscule au portillon
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Commentaires sur l'expression « ça se bouscule au portillon » Commentaires

  • #21
    chirstian
    12/04/2011 à 11:09
    quand une fille est jolie, ça se bouscule au bord du cotillon.
    Le Premier Ministre a inauguré les installations du Havre : on se bousculait au Port Fillon.
    Beebee nous envoie ses amitiés et ses rillettes : ça se bouscule au porc rillons.
    N’importe quoi ! Mes neurones ne se bousculent pas au port ! Rions (quand même)
  • #22
    Rikske
    12/04/2011 à 11:28
    • En réponse à joseta #8 le 12/04/2011 à 08:44 :
    • « Ça se bousculait au portillon des Lilas parce que quand la foule s’y rendait, il n’était point son heure. »
    Ce soir, ça se bousculera devant la petite lucarne, en Catalogne... 😉
  • #23
    chirstian
    12/04/2011 à 11:38
    • En réponse à <inconnu> #20 le 12/04/2011 à 11:06 :
    • « Merci pour ce grand moment.
      Le rapport avec l’expression du jour ? on peut dire que cela ne se bouscule pas au portillion pour osez utiliser... »
    cela ne se bouscule pas au portillion pour osez utiliser de cette façon la scène pour faire de la politique...
    peut-être justement parce que ce n’est pas "faire de la politique". Un artiste comme Riccardo Muti n’a aucune légitimité pour proposer un programme politique et fort heureusement il n’y pense pas. Mais sa notoriété lui donne l’occasion de rappeler -et avec quel talent- des valeurs qui devraient transcender la vie politique.
    Cela dit, même dans un autre contexte, les choeurs de Verdi sont magiques...
  • #24
    joseta
    12/04/2011 à 11:43
    • En réponse à Rikske #22 le 12/04/2011 à 11:28 :
    • « Ce soir, ça se bousculera devant la petite lucarne, en Catalogne... 😉 »
    Bousculades avec un 5-1 au match aller? Faut pas...pousser quand même!
  • #25
    chirstian
    12/04/2011 à 11:51*
    et pour continuer avec mes mouches... le sens de se bousculer au portillon, tel que le TLFI le donne est d’ "Utiliser tous les moyens possibles pour atteindre un but" .
    Il dépasse donc le simple fait qu’il y ait une grosse affluence, qui serait rendu par : "il y a du monde au portillon" pour utiliser le verbe "bousculer".
    Or "bousculer" c’est : "Heurter quelqu’un ou quelque chose avec violence et vivacité en le renversant ou non", et c’est "Écarter, par des poussées plus ou moins violentes, les personnes d’une foule afin de se frayer un passage".
    Une affluence, oui, mais avec cette notion de conduite incivile, de chacun pour soi, de piétiner les plus faibles.
    On évoquera ici l’incendie du Bazar de la Charité au cours duquel périrent 129 personnes, presque uniquement des femmes, que les hommes avaient piétinées pour échapper au feu. cette page
  • #26
    patchouli
    12/04/2011 à 12:05
    • En réponse à DiwanC #1 le 12/04/2011 à 04:47* :
    • « Lorsque la rame arrivait dans la station, les battants du portillon s’ouvraient, libérant brutalement la masse des impatients qui, tout en s... »
    (un garçon charmant)
    Ravie de ne pas être la seule à l’avoir trouvé charmant ce garçon lors de mes quelques voyages à Paris. 😉
  • #27
    chirstian
    12/04/2011 à 12:14
    • En réponse à patrickonthenet #5 le 12/04/2011 à 07:30* :
    • « Ah ! les années soixante ! où seuls les urbains parisiens se bousculaient au portillon.
      Depuis tout le monde est pressé.
      Sollicité de toutes... »
    nouveau travail aidant,
    bref, avec Patrick_on_thenet un nouveau membre mais on va le lire moins souvent dans la journée. Vu la raison, nous ne pouvons que nous en réjouir. Bonne chance !
    Le premier jour de classe les petits fayots amenaient une pomme pour la maitresse. As-tu pensé à faire de même pour ta DRH ? 🙂
  • #28
    joseta
    12/04/2011 à 12:40
    S’il y a des bousculades, c’est parce que, de nos jours, tout le monde est pressé. Tenez, l’autre jour, j’ai vu une bonne femme qui portait une orange, et bien toutes deux étaient pressées...
  • #29
    DiwanC
    12/04/2011 à 12:59*
    • En réponse à chirstian #25 le 12/04/2011 à 11:51* :
    • « et pour continuer avec mes mouches... le sens de se bousculer au portillon, tel que le TLFI le donne est d’ "Utiliser tous les moyens possib... »
    et pour continuer avec mes mouches...

    Eh ! bien, continuons. Quand je dis que tous les portillons ont disparu, je parle de ceux qui donnaient accès directement sur le quai de la station (là où se trouvait le poinçonneur), le voyageur ayant déjà payé le montant de son trajet. Bien sûr, il reste des barrières, des portes automatiques, des tourniquets, et ces merveilleuses bornes où il faut à la fois introduire le titre de transport, passer la valise, le gros sac, le gamin, tourner le volant et pousser le volet vertical en moins de dix secondes sinon tu restes bloqué derrière ! Et là, ce sont les injures adressées à l’enfoiré de put...n de sa mère qui a inventé cet appareil satanique qui se bousculent au portillon !
  • #30
    DiwanC
    12/04/2011 à 13:01*
    • En réponse à mickeylange #7 le 12/04/2011 à 08:09 :
    • « - j’ai connu le poinçonneur des Lilas (un garçon charmant !)
      Nous savons maintenant qu’avant le plombier il y avait un poinçonneur et des l... »
    Y a plus de plombier* ! L’arnaquera plus le pôv monde, le plombier ! Car Marceeeel te le dira : il est parti sans régler les consommations (prises sur le zinc, ‘videmment !), il a disparu dans le soleil... Et c’est pas moi qui vais bousculer les portillons parisiens ou franciliens pour le retrouver ton plombier !
    *Sauf dans ton imagination incommensurable, mon Lapin !
  • #31
    mitzi50
    12/04/2011 à 13:16*
    • En réponse à chirstian #16 le 12/04/2011 à 10:00 :
    • « et les bornes automatiques ont remplacé les hommes.
      dans les passages à niveaux, il y avait une machine qui prévenait de l’arrivée du trai... »
    Peut-être, mais il fallait que le (ou la) garde-barrière ait le temps d’ intervenir. Or ce n’ est ni à l’ oreille (à moins de plaquer celle-ci en permanence sur un rail ce qui devait être très inconfortable à la longue) ni à la vue (car il était alors trop tard....) que le garde-barrière pouvait remplir sa mission. Il fallait un signal bien plus en amont ! Et qui ne risque pas de s’ endormir ou d’ être en train de ramasser de l’ herbe pour ses lapins....
  • #32
    mitzi50
    12/04/2011 à 13:19
    • En réponse à joseta #28 le 12/04/2011 à 12:40 :
    • « S’il y a des bousculades, c’est parce que, de nos jours, tout le monde est pressé. Tenez, l’autre jour, j’ai vu une bonne femme qui portait... »
    Qui a pressé... l’ orange du marchand ! Bon, on passe de Gainsbourg à Bécaud...
  • #33
    mitzi50
    12/04/2011 à 13:23
    • En réponse à DiwanC #29 le 12/04/2011 à 12:59* :
    • « et pour continuer avec mes mouches...
      Eh ! bien, continuons. Quand je dis que tous les portillons ont disparu, je parle de ceux qui donnaie... »
    C’ est tout à fait ça ! Impossible de prendre le métro lorsqu’ on part en voyage. Encore plus impossible quand on est à plusieurs, sauf si on a la bonne idée de faire passer une personne sans bagage d’ abord, lui faire parvenir tous les bagages par-dessus la borne, et enfin passer soi-même. Mais avant de penser à cette technique, la plupart des voyageurs s’ y sont laissé prendre au moins une fois...
  • #34
    mitzi50
    12/04/2011 à 13:26
    • En réponse à chirstian #25 le 12/04/2011 à 11:51* :
    • « et pour continuer avec mes mouches... le sens de se bousculer au portillon, tel que le TLFI le donne est d’ "Utiliser tous les moyens possib... »
    L’ incendie du Bazar de la Charité ? Quoi de plus normal ? Vous connaissez beaucoup d’ hommes à la fois courageux et généreux ? (Bon, bon, j’ admets que c’ est de la provocation de mauvais goût. Mea culpa ...)
  • #35
    chirstian
    12/04/2011 à 14:09
    • En réponse à mitzi50 #34 le 12/04/2011 à 13:26 :
    • « L’ incendie du Bazar de la Charité ? Quoi de plus normal ? Vous connaissez beaucoup d’ hommes à la fois courageux et généreux ? (Bon, bon, j... »
    c’était le Bazar de la Charité , or tu le sais, charité bien ordonnée commence par soi-même ! En plus nous savons depuis longtemps que les femmes brulent beaucoup mieux que les hommes, surtout quand elles sont pucelles... 🙂
  • #36
    chirstian
    12/04/2011 à 14:15
    • En réponse à mitzi50 #31 le 12/04/2011 à 13:16* :
    • « Peut-être, mais il fallait que le (ou la) garde-barrière ait le temps d’ intervenir. Or ce n’ est ni à l’ oreille (à moins de plaquer celle-... »
    Il fallait un signal bien plus en amont !
    aussi je ne m’étonne nullement que ce soit la machine qui ait eu le rôle d’avertisseur. Je fais remarquer seulement que le rôle de l’homme se limitant à tourner une manivelle, il pouvait être remplacé par une machine. Cela n’a pas entrainé les catastrophes prédites lors de l’adoption de cette mesure, mais il est vrai qu’un peu de la vie locale et de convivialité a disparu. Mais note que le dialogue entre un conducteur de TGV et une garde barrière aurait été forcément plus limité qu’à l’époque de nos chers tortillards !
  • #37
    chirstian
    12/04/2011 à 14:27
    • En réponse à DiwanC #29 le 12/04/2011 à 12:59* :
    • « et pour continuer avec mes mouches...
      Eh ! bien, continuons. Quand je dis que tous les portillons ont disparu, je parle de ceux qui donnaie... »
    l’enfoiré de put...n de sa mère qui a inventé cet appareil satanique
    il s’agirait de Clarence Saunders, pour sa chaine de magasins automatisés, mais il a fait faillite. cette page
    Après recherche : les portillons automatiques ont été mis en place dans le métro depuis les années 1920 (le premier à la station Jaures). On a commencé à les retirer dans les années 60, et aujourd’hui il semblerait qu’il n’en reste plus qu’à la station Porte d’Orléans.
  • #38
    DiwanC
    12/04/2011 à 15:38
    • En réponse à chirstian #37 le 12/04/2011 à 14:27 :
    • « l’enfoiré de put...n de sa mère qui a inventé cet appareil satanique
      il s’agirait de Clarence Saunders, pour sa chaine de magasins automat... »
    S’cusez-moi Madame Saunders Mère...
    Germaine 😕
  • #39
    <inconnu>
    12/04/2011 à 15:41*
    • En réponse à chirstian #25 le 12/04/2011 à 11:51* :
    • « et pour continuer avec mes mouches... le sens de se bousculer au portillon, tel que le TLFI le donne est d’ "Utiliser tous les moyens possib... »
    D’après ce que mon grand-père me racontait, s’il y avait autant de victimes c’est que les portes s’ouvraient en poussant de l’extérieur vers l’intérieur. Les gens se sont agglutinés devant ces portes, en voulant les pousser, ils ont été pris au piège.
    C’est depuis cet incendie qu’elles doivent s’ouvrir en les poussant dans les lieux publics.
  • #40
    chirstian
    12/04/2011 à 15:51
    • En réponse à <inconnu> #39 le 12/04/2011 à 15:41* :
    • « D’après ce que mon grand-père me racontait, s’il y avait autant de victimes c’est que les portes s’ouvraient en poussant de l’extérieur vers... »
    je confirme :et depuis c’est beaucoup plus difficile de faire bruler des femmes.
    signé : Landru