Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

en faire un pataquès [v]

parler en faisant une liaison vicieuse ; faire une faute grossière de langage ; en faire toute une histoire pour des choses sans importance ; faire toute une histoire de ; s’énerver pour des choses de petite importance

Origine et définition

A l'origine ce mot pataquès désigne bien ces liaisons pas vraiment dangereuses mais inadaptées que font certaines personnes en parlant[1] comme dans "elle a cédé-r-à la panique" ou bien "il te parlait-z-à l'oreille", qui sont bien des liaisons "mal-t-à propos"..
Et faire un pataquès signifie bien commettre ce genre de bourde (ce qui peut également se dire "faire un cuir").
Mais d'où vient-ce t'il donc ?
C'est le grammairien Domergue (XVIIIe siècle) qui raconte l'histoire :
« Un jeune homme était au spectacle dans un théâtre, à côté de deux dames richement parées mais dont la conversation montrait bien le peu d'éducation qu'elles avaient reçue. Tout à coup, le jeune homme trouve sous sa main un éventail. "Madame, dit-il à la première, cet éventail est-il à vous ? - Il n'est point-z-à moi. - Est-il à vous, reprend-il en le présentant à l'autre ? - Il n'est pas-t-à moi. - Il n'est point-z-à vous, il n'est pas-t-à vous, dit le jeune homme, ma foi, je ne sais pas-t-à qu'est-ce ! ».
Cette raillerie du jeune homme aurait vite couru dans les cercles de l'époque et serait restée.
L'histoire est-elle vraie ? Nul ne le sait, mais elle est amusante.
Par extension, à la fin du XIXe siècle, le pataquès est ensuite devenu une faute grossière de langage, puis une gaffe grossière.
La signification de la forme en faire tout un pataquès n'a pas d'explication connue. Mais on peut imaginer que quelqu'un qui s'était fait réprimander pour cause de liaison vicieuse aurait répliqué cette version de l'expression.
[1] Il ne s'agit aucunement des liaisons "à la Chirac" qui met toujours un temps d'attente entre la liaison et ce qui suit : ainsi, au lieu de dire "il n'est pas à moi" (prononcez 'pasamoi') comme tout le monde, il dit "il n'est paz...amoi". Ces liaisons-là sont bonnes, bien que manquant de fluidité.
Jamais remarqué ? Ecoutez-le bien à la prochaine occasion !

Compléments

Deux pataquès célèbres parmi d'autres :
- Entre quatre-z-yeux
- Malbrough s'en va-t-en guerre

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand eine falsche Bindung machen faire une liaison interdite
Anglais (UK) To make a fuss about nothing Faire des histoires pour rien
Anglais (UK) To make a mountain out of a molehill Faire d'une taupinière une montagne
Espagnol (Espagne) armar la de San Quintin monter celle de Saint Quintin
Espagnol (Espagne) armar la marimoreana provoquer la dispute
Espagnol (Espagne) meter la pata / Armar un lío mettre la patte / Armer un paquet
Gallois camdreiglo faire une fausse mutation consonantique
Néerlandais met een kanon op een mug schieten tirer sur un moustique avec un canon
Néerlandais van een mug/muis een olifant maken transformer une moustique/souris en éléphant
Néerlandais een blunder slaan faire une gaffe
Polonais strzelić / palnąć / zrobić byka faire un taureau
Roumain a face mult zgomot pentru nimic faire beaucoup du bruit pour rien
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Commentaires sur l'expression « en faire un pataquès » Commentaires

  • #21
    PHILO_LOGIS
    22/08/2006 à 21:51
    Une petite pensée tirstpour HoubaHOBBES qui ne peut nous lire aujourd’hui. Il s’est absenté pour quelques jours. Mon Dieu, aurait-il pu en trop pifer avec le pataquès de Bori, qui tôt ou tard en prendra quand même pour son grade...
    Déjà qu’il avait au pré à l’able massacré les rêves et rôts tiques de Louisann et son scooter rose, qu’il s’était mis lâchement et subrepticement en lice sur les listes ...
    Mais je pressens déjà la réaction...
    God, ne te fais pas de mouron ... DieselHOBBES sera tellement occupé avec Bore et Kito qu’il te f... la paix avec ses suggestions congestionnées... pendant au moins quelques heures...
  • #22
    cotentine
    22/08/2006 à 22:00
    • En réponse à PHILO_LOGIS #20 le 22/08/2006 à 21:45 :
    • « "Cela implique les autres femmes qui se dévergondent ici en bas résilles comme Mirlou, Brigitte69, Turpinic et autres qui elles, aiment la d... »
    espèce d’affreux ! pas de liaisons dissonnantes, pas de pataquès, on est clean ! et pas déambulatoires nuitamment ... on attend l’apparition d’expressio ! vers minuit 02 ou 04 !!!!
  • #23
    chirstian
    22/08/2006 à 23:31*
    tiens , ça marche !
    Bon, alors pour terminer sérieusement , avant d’aller me pataquer au lit :
    ma foi, je ne sais pas-t-à qu’est-ce ! ».

    cette réponse du jeune homme n’est pas du tout correcte : il aurait du dire "je ne sais pas-t-à qui est-ce ". Le terme ainsi formé eut alors été "pataquiés", qui se fut répandu tout aussi facilement.
    A mon avis, cette histoire est donc probablement exacte , mais je l’imagine plutôt venue après l’usage du mot, ce jeune homme trouvant là, la possibilité de faire un de ces jeux de mots qui nous enchantent sur ce site. Qu’il soit passé à la postérité (et non à la poste, hériter) montre que ses contemporains l’ont apprécié à sa juste valeur, mais le terme devait déjà exister, d’où l’astuce de la réponse.
    Je penche, pour ma part , simplement pour "pata" qui illustrerait la mauvaise liaison pas-t-à : exemple :je ne vais pas t à Paris ! Dire "pas t à " au lieu de" pas z’à" est l’un des cuirs les plus fréquents. Il a donc donné le "pata" . Ensuite on peut imaginer facilement la réflexion "qu’est ce que ce pata ?" contracté en "ce pata, qu’est ce ?" que des générations de maitres d’école ont sans doute utilisé en classe pour reprendre leurs éléves en soulignant de façon drôle leur défaut...
    Voilà mon opinion nocturne mais sérieuse.Et sur ce... z’au pieu !
  • #24
    <inconnu>
    23/08/2006 à 11:37*
    Salut à tous
    comme la cavalerie, j’arrive pile poil le lendemain de la bataille (à quelques minutes près), mais il me semble nécéssaire de rétablir la vérité.
    Chacun sait que l’exotisme était fort à la mode au 18e siècle en France et beaucoup d’artistes aimaient se donner des pseudonymes à consonnance étrangère. Chordelos de Laclos n’échappa pas à cette tendance et signa son fameux roman epistolaire sous le nom gréquisant PATAKES. L’oeuvre fut rééditée plus tard sous le véritable patronyme de l’auteur mais, dans la mémoire collective, PATAKES reste synonyme de "liaisons dangereuses".
    Le cour est terminé, merci de votre attention et sortez en silence, merci.
  • #25
    <inconnu>
    23/08/2006 à 13:40*
    • En réponse à <inconnu> #24 le 23/08/2006 à 11:37* :
    • « Salut à tous
      comme la cavalerie, j’arrive pile poil le lendemain de la bataille (à quelques minutes près), mais il me semble nécéssaire de r... »
    Dès qu’on connaît une femme, on est dans une liaison dangereuse donc au cœur même d’un pataquès. Les amis avez-vous remarqué comment elles nous parlent ?
    « Toi mon p’tit chéri, ne bouge pas, tu ne sortiras pas ce soir ! Quitte pataquès et ronge ton os… ».
    Se réveiller, il faut se réveiller, nous faisons tous un cauchemar…
  • #26
    chirstian
    23/08/2006 à 14:47
    • En réponse à <inconnu> #24 le 23/08/2006 à 11:37* :
    • « Salut à tous
      comme la cavalerie, j’arrive pile poil le lendemain de la bataille (à quelques minutes près), mais il me semble nécéssaire de r... »
    c’est bien trouvé !
    Mâtin quel roman : je me souviens de Cécile Volanges affirmant (page 203) :
    "je n’ai pas dit ’ Mont Valérien’, j’ai dit ’ Valmon et rien’ ..."
  • #27
    <inconnu>
    24/08/2006 à 11:05
    • En réponse à chirstian #23 le 22/08/2006 à 23:31* :
    • « tiens , ça marche !
      Bon, alors pour terminer sérieusement , avant d’aller me pataquer au lit :
      ma foi, je ne sais pas-t-à qu’est-ce ! ».... »
    Cher Chirstian vous avez une fois de plus tapé dans l’Emile. Ce jeune homme a effectivement prononcé cette phrase. Les bavardages oiseux de ses voisines lui ont permis d’inventer la fameuse boule Quies.... à partie de la pate à Quies.
    Le nom de ce fameux inventeur ? Emile Quies ami célèbre de Dan Loreye, bien sur....
  • #28
    HoubaHOBBES
    25/08/2006 à 09:38*
    Il n’y a pas de lien, et pourtant, pataquès me fait toujours penser au "Pacte à quatre" qui unissait quatre nations (je ne sais même pas lesquelles, honte !) entre les 2 guerres (mais là je sais ) . Cette expression était fort utilisée, au point qu’un jour ,Hergé entendit une concierge enguirlander quelqu’un en le traitant d’"espèce de paktakat"(avec l’accent bruxellois et le ton!).
    C’est ce qui lui a donné l’idée d’utiliser des mots "bizarres" du dictionnaire comme injures du capitaine Haddock (Archibald).
    Vous vous souviendrez certainement de "bachi bouzouk, ectoplasme, ....".
    Histor Hobbes
  • #29
    louisann
    25/08/2006 à 09:58
    • En réponse à HoubaHOBBES #28 le 25/08/2006 à 09:38* :
    • « Il n’y a pas de lien, et pourtant, pataquès me fait toujours penser au "Pacte à quatre" qui unissait quatre nations (je ne sais même pas le... »
    [entre les deux guerres] nous on sait pas on était pas nés!!!!!
  • #30
    HoubaHOBBES
    25/08/2006 à 10:01
    • En réponse à louisann #29 le 25/08/2006 à 09:58 :
    • « [entre les deux guerres] nous on sait pas on était pas nés!!!!! »
    Comme quoi, on n’est pas tous des escalopes ! (panées)
  • #31
    <inconnu>
    25/08/2006 à 12:15
    • En réponse à louisann #29 le 25/08/2006 à 09:58 :
    • « [entre les deux guerres] nous on sait pas on était pas nés!!!!! »
    Le scooter non plus...
  • #32
    lorangoutan
    25/08/2006 à 21:10*
    • En réponse à louisann #29 le 25/08/2006 à 09:58 :
    • « [entre les deux guerres] nous on sait pas on était pas nés!!!!! »
    Pas grave!
    Voici un extrait de Wikipédia consacré à Edouard Daladier
    (http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89douard_Daladier) :
    Initiateur en 7 juin 1933 du « pacte à quatre » , signé avec le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Italie pour favoriser l’intégration de l’Allemagne au sein de la Société des Nations, il est le signataire des accords de Munich en 1938, comme nouveau président du Conseil. Le 3 septembre 1939, il déclare néanmoins la guerre à l’Allemagne, et engage une politique anticommuniste suite au pacte germano-soviétique (mise hors la loi du Parti communiste français et interdiction de parution de L’Humanité, élus communistes déchus de leurs mandats). Démissionnaire en mars 1940, il fait partie du cabinet Paul Reynaud comme ministre de la Défense nationale et de la Guerre. Il embarqua pour le Maroc en juin 1940, puis revient en France début août où il est arrété et jugé lors du Procès de Riom par le gouvernement de Vichy. Incarcéré par l’Etat français de 1940 à 1943, il est déporté en Allemagne de 1943 à 1945.
  • #33
    <inconnu>
    28/08/2006 à 10:49
    • En réponse à PHILO_LOGIS #4 le 22/08/2006 à 07:49* :
    • « Eh bien, nos amies Melles Turpinic, Mirlou et consoeurs, nos amis Georgieboy et autres Chirstian ne sont point-b-au rendez-vous ce matn?
      Dor... »
    Je dirais même plus: Choisy-le- Roi, Bourg-la-Reine et Jouy-en-Josas ! Et hop !
  • #34
    <inconnu>
    28/08/2006 à 10:54
    • En réponse à borikito #13 le 22/08/2006 à 20:07* :
    • « Mon méat coule pas !
      Mon méat coule pas !
      Mon méat maxima coule quand-même pas !!!!!!
      Mon mouchoir est dégueulasse, ce soir. C’est une loque... »
    Dans le sketch "Tich à l’église", ça devient "Mais ça coule pas, mais ça coule pas, comment ça fait que ça coule paaaaaas ?" Je l’enverrai un jour à notre God, qu’il puisse le répercuter à ceux qui veulent écouter une bonne tranche de rigolade bruxelloise !
  • #35
    deLassus
    28/12/2009 à 00:54
    Coucou !
    A plus tard !
  • #36
    <inconnu>
    28/12/2009 à 05:31*
    J’ai, depuis longtemps, oublié l’auteur, mais notre prof de français nous avait racconté l’historiette suivante:
    - un objet trainait sur une banquette de train (le genre/style d’il y a une bonne quarantaine d’années...) et trois voyageurs dans le compartiment dont l’auteur (écrivain, selon le prof) demanda:
    - "à qui est cet objet ?"
    - première réponse: "ce n’est point-za-moi !"
    - deuxième voyageur: "ce n’est pas-ta moi"
    auteur:
    "Alors si ce n’est pas za l’un ni pas-ta l’autre, je ne sais pas-ta qu’est-ce".
    Et l’on a écrit "pataquès" le dernier morceau de la phrase...
  • #37
    <inconnu>
    28/12/2009 à 06:25
    • En réponse à <inconnu> #2 le 22/08/2006 à 07:15 :
    • « Un pataquès fréquent-z-en Belgique - peut-être aussi-t-ailleurs - concerne le mot "anse". Que ce soit celle d’une tasse ou celles d’un panie... »
    Z comme Zorglub ?
  • #38
    <inconnu>
    28/12/2009 à 06:40
    • En réponse à <inconnu> #15 le 22/08/2006 à 20:11 :
    • « Chacun son truc !
      En Bretagne nord, chez moi donc, dans le Léon, y disent :
      le auvent ! ouaille note ! Et y sont pas Belges, alors.... »
    Autant l’emporte ?
  • #39
    mirlou
    28/12/2009 à 06:48
    Ce n’est guère un innocent que nous fêterons aujourd’hui, mais le divin créateur de ce merveilleux site ! Joyeux anniversaire God !!
  • #40
    Paracas
    28/12/2009 à 07:59
    Langage aussi employé dans les banlieues, exemple:
    " Touch’ pas à c’tte bagnole ! c’est pas ta caiss’........!!"