Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

friser le ridicule [v]

n'être pas loin de susciter des moqueries

Origine et définition

Certes, à l'époque des précieuses ridicules de Molière, les hommes portaient souvent des perruques frisées qui, de nos jours, donneraient l'air complètement ridicule. Mais vous n'allez pas m'en faire une salade () si je vous dis qu'il n'y a strictement aucun lien entre ces frisures-ci et ces ridicules-là.
Car s'il n'y a aucun doute sur le sens de ridicule, le verbe friser, lui, n'a rien à voir les bigoudis.
En effet, vous avez sûrement déjà entendu, à propos de quelqu'un ayant failli mourir dans un accident de voiture, par exemple, qu'il avait « frisé la mort ». Or, vous n'en douterez certainement pas, si la mort s'inquiète du tranchant de sa faux, elle n'a que faire de l'état de son inexistante chevelure.
Ici, le verbe friser a le même sens que frôler ou effleurer, soit « passer très près, à proximité immédiate ». Cette acception particulière de ce verbe nous vient du début du XVIe siècle sans que l'étymologie en soit claire.
Partant, quelqu'un qui frise le ridicule, c'est simplement quelqu'un qui s'en approche très près, mais réussit tout juste à l'éviter, volontairement ou pas.
Et ce ridicule, lorsqu'on a fait plus que le friser ou le frôler, on y donne ou on s'en couvre, mais il ne faut surtout pas en avoir peur, car il ne tue pas.

Exemples

« Le couturier italien Valentino, 73 ans, a reçu hier la Légion d'honneur des mains de Renaud Donnedieu de Vabres. Le ministre de la Culture et de la Communication a rendu hommage à cette "figure de la mode et du luxe transalpins" avant de friser le ridicule en lisant un vers de Baudelaire. »
Libération - Article du 7 juillet 2006
« Entre deux visites dans les vergers, des cours d'initiation aux danses bretonnes permettent de ne pas friser le ridicule lors du fest-noz où se produisent de nombreux groupes, mais où sont aussi élues les fleurs de pommier, les jeunes filles arborant le plus beau costume traditionnel. »
Le Parisien - Article du 14 juillet 2000

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand ans Lächerliche grenzen être à la limite du ridicule
Anglais to be on the verge of ridiculous être au bord du ridicule
Anglais to border ridiculous être à la frontière du ridicule
Anglais (USA) to border on the ridiculous avoisiner le ridicule
Anglais to be nearly a laughing stock être presque un objet de ridicule
Espagnol (Espagne) ponerse en ridiculo se mettre dans une situation ridicule / Se ridiculiser
Espagnol (Espagne) rozar el ridículo friser le ridicule
Espagnol (Espagne) Ponerse en evidencia Se mettre en évidence (= Prêter le flanc à la critique)
Espagnol (Espagne) hacer el ridiculo se rendre ridicule
Espagnol (Espagne) hacer el indio faire l'indien
Hongrois bohócot csinál magából faire clown de soi-même
Hongrois kész röhej! c'est près de railler
Hongrois nevetségessé teszi magát! se rendre ridicule
Italien sfiorare il ridicolo frôler le ridicule
Néerlandais nou jààààà ....... belachelijk ! eh bien .............ri-di-cule !
Néerlandais om je te bescheuren pour te déchirer en pièces
Néerlandais op het belachelijke af être au bord du ridicule
Portugais (Brésil) beirar o ridículo être presque ridicule
Roumain a friza ridicolul friser le ridicule
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Variantes

  • Priser le radis cool.
  • Peigner le réticule
  • friser la girafe

Commentaires sur l'expression « friser le ridicule » Commentaires

  • #81
    momolala
    12/11/2013 à 08:41
    Le ridicule, qu’on le frise, qu’on y tombe etc... n’est que dans l’oeil de l’autre, dans ses attentes, dans son incompréhension de ce qui n’est pas "la règle commune". D’aucuns ont trouvé ridicule que la messe puisse être désormais dite dans la langue compréhensible du pays où l’on prie plutôt qu’en latin incantatoire comme d’autres ont ainsi jugé la peinture de Picasso ou les premières voitures électriques. L’humoriste qui grossit le trait à dessein déplace de fait la limite de ce qui nous paraît acceptable, "normal" : c’est ce que fit Molière avec les Précieuses de son époque, comme Canteloup ou les marionnettes du Grand Journal aujourd’hui. Le problème étant qu’on devrait savoir y voir autant le doigt que ce qu’il veut montrer. Pour moi, le ridicule est de prendre cette réalité frisante pour une vérité.
  • #82
    joseta
    12/11/2013 à 08:43*
    Comme il avait les cheveux qui frisaient, ce type, de plus de deux mètres, était surnommé: le big Houdi !
  • #83
    SyntaxTerror
    12/11/2013 à 09:20
    • En réponse à <inconnu> #76 le 12/11/2013 à 07:09 :
    • « C’est la même chose en Belgique. Les politiciens européens sont fous, ils n’ont d’autre valeur que leur place et l’argent. »
    Pour une fois qu’il ne s’agit pas de politiciens ...
    La Rose de Mai me rappelle ce que nous faisions pendant les cours à l’école communale. Il suffit d’un compas et de crayons de couleur. Le génie tient-il au fait d’avoir convaincu sa mère de ne pas tout jeter ?
  • #84
    SyntaxTerror
    12/11/2013 à 09:24
    • En réponse à ThanhBach #77 le 12/11/2013 à 07:30 :
    • « Ach !
      Vite un expresso, sans "i" ni sucre svp, aujourd’hui 80% d’arabica de Pacsé et 20% de robusta de Vuelta Arriba. Hum, quel parfum !
      De... »
    80% d’arabica de Pacsé

    Pour moi, ce sera 100% d’arabica de célibataire.
  • #85
    belteigneuse
    12/11/2013 à 09:29*
    UN DRÔLE DE COIFFEUR
    Frisettes de nonnettes
    Ou frisons de nonnains,
    Que vous êtes coquettes,
    Que vous êtes coquins !
    J’ai frisé bien des têtes,
    Mais, quand j’y réfléchis,
    C’est celle de Ginette
    Qui m’a le plus séduit.
    J’ai frisé l’inconscience
    Et la témérité
    Quand j’ai frisé Hortense,
    J’en suis tout défrisé.
    Frisé la catastrophe
    Quand, de terreur saisi,
    J’ai cru friser Adolphe,
    Mais c’était son sosie.
    Quand j’ai frisé Ursule,
    - Dieux quelle riche idée !-,
    J’ai frisé l’ridicule,
    Sûr que c’était fadé.
    Friser la soixantaine,
    C’est tout ce qu’ell’ pouvait,
    Courir la prétentaine,
    C’est tout ce qu’ell’ voulait.
    Elle en chia un’ pendule
    Avec son balancier,
    Et de ses tentacules
    Ell’ voulut m’asphyxier.
    J’ai rasé les bouclettes
    À la tête à Toto,
    S’il veut me fair’ ma fête,
    Je le coiffe au poteau !
  • #86
    belteigneuse
    12/11/2013 à 09:31
    • En réponse à momolala #81 le 12/11/2013 à 08:41 :
    • « Le ridicule, qu’on le frise, qu’on y tombe etc... n’est que dans l’oeil de l’autre, dans ses attentes, dans son incompréhension de ce qui n’... »
    Bien senti, bien dit. Rien à redire.
    Tout est dit du doigt qu’il faut parfois regarder avant de regarder la lune.
  • #87
    SyntaxTerror
    12/11/2013 à 09:35*
    • En réponse à joseta #82 le 12/11/2013 à 08:43* :
    • « Comme il avait les cheveux qui frisaient, ce type, de plus de deux mètres, était surnommé: le big Houdi ! »
    Du temps où la France était occupée par les armées allemandes, il était interdit de jouer sur scène quoi qui ce soit dont l’auteur était juif.
    C’est ainsi que le morceau de jazz "Lady be good", écrit par les frères Gershwin, fut "baptisé" par Boris Vian, grand joueur de trompinette "Les bigoudis".
  • #88
    God
    12/11/2013 à 09:43
    • En réponse à momolala #79 le 12/11/2013 à 08:20 :
    • « Je trouve ses oeuvres très émouvantes. Le ridicule, si elles le frisent, ne serait que pour nous, frères humains. Il ne m’apparaît pas : jus... »
    J’aime beaucoup également.
    Suitété cet été voir l’expo à la Fondation Cartier. Mon seul regret : trop peu d’oeuvres exposées (une dizaine). Alors on a beau s’extasier sur le résultat et la manière d’y arriver (un film), on en faisait trop vite le tour.
  • #89
    joseta
    12/11/2013 à 10:04
    DEVINETTE
    Pourquoi le grillon frise-t-il le ridicule ?
    - parce que, aussi appelé cri-cri, il est sujet à répétition de ’mot cri’.
    Pfffffffff...
  • #90
    mickeylange
    12/11/2013 à 10:41
    les hommes portaient souvent des perruques frisées qui, de nos jours, donneraient l’air complètement ridicule.

    Pourquoi cette expression n’est pas défriser le ridicule ?
  • #91
    mitzi50
    12/11/2013 à 11:11
    • En réponse à LeboDan_Ubbleu #32 le 22/09/2011 à 12:40 :
    • « Lorsque je dis "Sam défrise", je ne parle pas de l’Oncle Sam qui serait passé chez le coiffeur, mais plutôt que "ça me dérange" ou "ça m’éne... »
    Oui... "être défrisé" est être dérangé, parfois même se sentir outragé. Friser le ridicule, est, en fin de compte, proboquer les quolibets, qui dérangent, eux aussi. Alors friser ou défriser, c’ est là la question... puisqu’ en fin de compte les deux expressions ont à peu de chose près le même résultat !
  • #92
    joseta
    12/11/2013 à 11:26
    DEVINETTE
    Pourquoi, étant gosse, Laurent Ruquier avait toutes sortes de perruques pour ses déguisements ?
    - parce que son papa, c’était le père Ruquier !
  • #93
    mitzi50
    12/11/2013 à 11:32
    • En réponse à SyntaxTerror #87 le 12/11/2013 à 09:35* :
    • « Du temps où la France était occupée par les armées allemandes, il était interdit de jouer sur scène quoi qui ce soit dont l’auteur était jui... »
    Que ce soit Gershwin (sans "c"...)), le jazz, ou même Mendelssohn, dont la famille était pourtant protestante depuis des générations, peu de musiciens trouvaient grâce auprès d’ Adolf, qui n’ y comprenait du reste pas grand-chose. Mendelssohn avait pourtant tout fait pour réhabiliter le plus grand génie musical allemand, J.S. Bach, en donnant, avec les moyens du bord (les instruments d’ origine étant difficiles à trouver et de plus peu de musiciens savaient s’ en servir) la "Passion selon St Matthieu". S’ il admirait Wagner, c’ est plutôt parce que ce dernier mettait en scène des extraits chosis de la mythologie germanique et scandinave (dont il écrivait lui-même les livrets, s’ écartant du reste quelque peu du Nibelungenlied, par exemple), et, dans les Maitres Chanteurs de Nuremberg, les concours de trouvères fort en vogue au Moyen-Age. Même une innocente chanson comme "Lily Marleen" était accusée de ramollir les troupes ! Il laissa faire, cependant, parceque cette chanson fut un succès, et que tous les hommes avaient laissé une petite amie, une fiancée, une femme... Sauf les homosexuels, qui étaient pourchassés. Même Röhm, qui l’ aida lors de sa conquête du pouvoir, fut sacrifié ainsi ! Mais il s’ en fallut de peu que Lily Marleen soit interdite....
  • #94
    Paracas
    12/11/2013 à 11:44
    • En réponse à <inconnu> #75 le 12/11/2013 à 07:05 :
    • « Comme le coiffeur avait honte de friser le ridicule, il s’est mis à raser les murs. »
    Et comme disaient deux de ses clientes:
    -"En est on sures ?"
  • #95
    Paracas
    12/11/2013 à 11:50*
    • En réponse à momolala #80 le 12/11/2013 à 08:28 :
    • « Je suis moins chère ! 😄 J’espère que ce ridicule-là n’a pas tué par incurie. »
    Mais tu nous es chère !..........😉
    Malheureusement, dans un hôpital, cette incurie comme tu dis provoquera peu ou prou ce qu’il est convenu d’appeler pudiquement "des dommages colorectaux collatéraux"........🙁
  • #96
    Paracas
    12/11/2013 à 11:55
    • En réponse à momolala #81 le 12/11/2013 à 08:41 :
    • « Le ridicule, qu’on le frise, qu’on y tombe etc... n’est que dans l’oeil de l’autre, dans ses attentes, dans son incompréhension de ce qui n’... »
    Le problème étant qu’on devrait savoir y voir autant le doigt que ce qu’il veut montrer

    "Quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt"
    Lao Tseu........a moins que ce ne fut Confucius.......sais plus !
  • #97
    Paracas
    12/11/2013 à 12:05
    • En réponse à mitzi50 #93 le 12/11/2013 à 11:32 :
    • « Que ce soit Gershwin (sans "c"...)), le jazz, ou même Mendelssohn, dont la famille était pourtant protestante depuis des générations, peu de... »
    Paraîtrait même qu’il avait fait occire les élans dans les zoos car ils avaient un "profil sioniste".......
    La conn....ie portée à son point culminant.......
    J’ignore si c’est vrai mais de la part d’un barje pareil............ 🙁
  • #98
    SyntaxTerror
    12/11/2013 à 12:24
    • En réponse à mitzi50 #93 le 12/11/2013 à 11:32 :
    • « Que ce soit Gershwin (sans "c"...)), le jazz, ou même Mendelssohn, dont la famille était pourtant protestante depuis des générations, peu de... »
    En ce qui concerne Lili Marleen, il faut reconnaître que ça fait un peu "les pieds en dedans et la crosse qui traîne par terre".
    Dans le "système de pensée" nazi, la juiverie est une race et non une religion, donc peu importe d’être converti de fraiche date (comme les parents de Karl Marx) ou depuis 125 générations, il doit rester des traces dans tes gènes ...
  • #99
    momolala
    12/11/2013 à 12:59
    Deux qui ne connaissaient rien du ridicule ici en d’autres temps et que j’ai retrouvées ailleurs aujourd’hui. Je vous les offre en partage, elles ne changent pas, sauf de nom :
    Eureka :
    Si l’on devait recenser le nombre que "pourquoi" aux questions ou aux choses auxquelles on échoue à trouver des réponses ou des explications, on peut aller se rhabiller, et l’on n’est pas sorti de l’auberge pour atteindre le fond du puits, inexistant à mon avis. A titre d’exemple, aussi con que mon balai, si l’eau de Javel vient de Javel, et que l’eau de Cologne vient de Cologne, alors pourquoi certaines personnes, et moi en premier, persistent à mettre de l’eau de toilette ??? Allez comprendre, c’est pas bête ça ?
    Petulaperot
    Et ceux qui abusent de l’eau-de-vie ne vivent pas plus longtemps que les autres!
    😄 Marrantes elles restent !
  • SyntaxTerror
    12/11/2013 à 13:18
    • En réponse à momolala #99 le 12/11/2013 à 12:59 :
    • « Deux qui ne connaissaient rien du ridicule ici en d’autres temps et que j’ai retrouvées ailleurs aujourd’hui. Je vous les offre en partage,... »
    Celles et ceux qui "mettent" de l’eau de toilette frisent le ridicule quand le couvercle se rabat.