Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

payer en monnaie de singe [v]

payer en fausse monnaie au lieu de payer réellement ; escroquer ; ne pas payer réellement ; arnaquer ; payer par de belles paroles ; payer par des promesses creuses

Origine et définition

Au XIIIe siècle, Saint-Louis décida qu'il faudrait payer une taxe pour emprunter le pont qui, à Paris, reliait l'île de la Cité à la rue Saint-Jacques.
Il y avait toutefois une exception à cette règle : les forains, bateleurs ou jongleurs qui possédaient un singe pouvaient, en guise de paiement, faire faire son numéro à leur animal.
C'est cette forme de paiement particulier qui a donné naissance à notre monnaie de singe.

Exemples

Te fais pas payer en monnaie de singe.

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Anglais to let someone whistle for his money laisser quelqu'un siffler pour son argent
Anglais to pay in monkey's money payer en monnaie de singe
Espagnol (Argentine) pagar con chapitas payer en capsules de bouteilles
Espagnol (Espagne) pagar con promesas vanas payer avec des promesses vides
Espagnol (Espagne) papel mojado papier mouillé
Français (Canada) payer en nature payer en nature
Grec θα πάρεις τα τέτοια μου payer en nature
Hongrois természetben fizetni payer en nature
Hébreu התחמק מתשלום (hatakhmok mitachloum) éviter la paix
Néerlandais fluiten naar je geld dire adieu à ton argent
Néerlandais met apenmunt betalen payer en monnaie de singe
Portugais (Brésil) pagar com palavras vazias payer avec des mots crux
Portugais (Portugal) dar uma banana donner une banane
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Commentaires sur l'expression « payer en monnaie de singe » Commentaires

  • #21
    deLassus
    14/11/2009 à 10:47*
    Et les montreurs d’ours, ils payaient en monnaie d’ours ?
    Voir pour le début du XXème :
    cette page
    Au Canada, c’est ce qu’il font depuis 1996 :
    cette page
  • #22
    momolala
    14/11/2009 à 11:25
    • En réponse à PHILO_LOGIS #20 le 14/11/2009 à 10:18 :
    • « la photo de Sarkozy avec un seul commentaire : "mon QI est de 161" !
      Ne t’y trompes pas, belle Momo, là, là c’est écrit en langage SMS, ou... »
    Et toi, qu’est-ce que tu veux dire avec "mon c*l" ? J’ai un peu de mal à faire le lien avec les départements. Mais je suis malade, c’est sans doute pour ça. 😉
  • #23
    paperpy
    14/11/2009 à 11:55
    • En réponse à chirstian #6 le 14/11/2009 à 09:09 :
    • « le pont qui, à Paris, reliait l’île de la Cité à la rue Saint-Jacques.
      autrement dit : le Petit Pont. Je vous conseille la lecture de cett... »
    le Petit Pont. Je vous conseille la lecture...
    Ha oui ! le petit pont !! entre le c et le c !!!!
    bon je sort !!!
  • #24
    chirstian
    14/11/2009 à 12:12
    • En réponse à momolala #18 le 14/11/2009 à 10:14 :
    • « J’aime bien l’origine de cette expression. Je la trouve poétique. D’autre part elle témoigne de l’admiration qu’on portait aux bateleurs et... »
    Le public ne se contentait pas d’être spectateur.
    qu’autrefois les spectacles de rue aient été appréciés, j’en suis tout à fait certain, mais qu’est ce qui te fais penser que le public y jouait un rôle plus actif qu’aujourd’hui ? (à moins que tu ne fasses allusion à sa participation financière ?)
  • #25
    momolala
    14/11/2009 à 14:22*
    • En réponse à chirstian #24 le 14/11/2009 à 12:12 :
    • « Le public ne se contentait pas d’être spectateur.
      qu’autrefois les spectacles de rue aient été appréciés, j’en suis tout à fait certain, m... »
    Il me semble que la distance entre les artistes et le public n’était pas la même que dans dans les lieux-clos que sont nos théâtres : les artistes étaient en prise directe avec leur public, sans éclairages ni artifices, souvent au même niveau du sol ou sur quelque marche facile à escalader. Je pense que la présence physique proche changeait les rapports entre eux. Il n’y avait pas non plus de "vedettariat" ni de "star system". Le ventre plein ou non de l’artiste, la sortie sous les saluts et les piécettes ou sous les coups et les quolibets dépendait du ressenti immédiat d’un peuple prompt à s’émerveiller mais fondamentalement méfiant.
  • #26
    chirstian
    14/11/2009 à 14:26
    la monnaie de singe, ça vaut des cacahuètes. Mais elle n’a pas cours partout. Il y a les pays de la zone noix et ceux de la zone banane. Et les parités ne sont pas fixes. Quand le cerneau augmente et que la coquille diminue : c’est l’inflation. L’inverse c’est la déflation. Mais seulement dans la zone noix, parce que le cerneau de banane, de toutes façons !...
    Moi mon cerveau diminue, quand ma coquille enfle : dans ce cas là, je ne paye pas de mine.
    Pas même en monnaie de singe.
  • #27
    chirstian
    14/11/2009 à 14:46
    • En réponse à momolala #25 le 14/11/2009 à 14:22* :
    • « Il me semble que la distance entre les artistes et le public n’était pas la même que dans dans les lieux-clos que sont nos théâtres : les ar... »
    je vois ce que tu veux dire. Mais il ne me semble pas que ce soit une différence passé/présent. Chez les grecs ou les romains il y avait déjà des vedettes, chanteurs, artistes, ou... gladiateurs dont la gloire était immense. Les pièces du Moyen-Age, ou les mystères, étaient jouées sur les parvis, donc sur des scènes.
    Ce que la monnaie de singe évoque c’est le petit monde des bateleurs : le spectacle de rue. A-t-il disparu ? A Avignon, le "off" co-existe à côté de l’officiel et fait preuve de plus de créativité. Epicure pourrait nous en parler. Mais en tous cas, il prend des formes sans cesse renouvelées. As-tu déjà vu un "spectacle" du Royal de Luxe ? Les vedettes ne sont pas les acteurs humains, mais l’émerveillement est au rendez-vous, chez les petits comme les grands. C’est toute la ville qui réagit de façon prodigieuse !
  • #28
    momolala
    14/11/2009 à 17:41
    • En réponse à chirstian #27 le 14/11/2009 à 14:46 :
    • « je vois ce que tu veux dire. Mais il ne me semble pas que ce soit une différence passé/présent. Chez les grecs ou les romains il y avait déj... »
    J’avais oublié l’Antiquité. Tu as raison, ce fut un temps où l’art des spectacles avait toute sa place, à l’identique, média en moins, d’aujourd’hui. La localisation de l’expression dans le temps sur le "Petit Pont" menant à l’île de la Cité m’avait ramenée à la fin du Moyen Âge. C’était précisément aux mystères qui se jouaient pendant les lendits que je pensais : les acteurs étaient de simples gens du cru qui tenaient un rôle. On ne peut rendre plus proches des acteurs et spectateurs. Ces fabliaux à vocation initialement religieuse ont fini par être interdits par l’Eglise elle-même. Les "théâtreux" étaient mal vus puisque condamnés à n’être pas enterrés en terre consacrée. Avant Molière, la comédie Italienne se jouait dans la rue sur des tréteaux improvisés entre les chariots de la troupe. Restaient en effet les bateleurs (de la Cour des Miracles ?), cracheurs de feu, montreurs d’ours, de singe ou de chèvre savants, comme celle qui revenait d’Espagne et parlait l’allemand et Esméralda ...
    J’en rêve de voir un "spectacle" du Royal de Luxe ! Mais maintenant qu’il s’exporte je ne suis pas près de le voir passer entre Menton et Toulon !
  • #29
    PHILO_LOGIS
    14/11/2009 à 18:58
    • En réponse à momolala #28 le 14/11/2009 à 17:41 :
    • « J’avais oublié l’Antiquité. Tu as raison, ce fut un temps où l’art des spectacles avait toute sa place, à l’identique, média en moins, d’auj... »
    Je crois quand même que tu circonscris encore de trop. Il n’y avait pas que la France. Il y a aussi eu l’Angleterre, où, bien sûr, la majorité des pièces étaient également souvent jouées par des jambons crus gens du cru, mais il y a eu également - et tu n’en parles pas - des troupes et itinérantes, ainsi - encore mieux! - des troupes attachées à des théâtres fixes! Et Shakespeare (1564-1616) est quand même né à peu près 60 ans avant Molière (1622). Quand le bon William - le vrai, celui de l’époque - écrivait ses pièces, les théâtres existaient déjà... (voir Strattford upon Avon, par exemple)
  • #30
    patchouli
    14/11/2009 à 19:14
    • En réponse à PHILO_LOGIS #5 le 14/11/2009 à 07:54 :
    • « Si tu travailles pour le roi de Prusse, ne t’étonnes pas d’être payé en monnaie de singe... »
    «Ne t’étonnes pas.» Est-ce impératif ?? Si oui, sans s.
    Bonne soirée.
    P.
  • #31
    renoir2
    14/11/2009 à 20:48
    • En réponse à chirstian #6 le 14/11/2009 à 09:09 :
    • « le pont qui, à Paris, reliait l’île de la Cité à la rue Saint-Jacques.
      autrement dit : le Petit Pont. Je vous conseille la lecture de cett... »
    Merci pour cette page, vraiment très interessante !
  • #32
    renoir2
    14/11/2009 à 20:51
    • En réponse à chirstian #26 le 14/11/2009 à 14:26 :
    • « la monnaie de singe, ça vaut des cacahuètes. Mais elle n’a pas cours partout. Il y a les pays de la zone noix et ceux de la zone banane. Et... »
    Et une république bananière, elle paye en monnaie de singe ? gaffe à l’emprunt national (lancé, pas lancé ? je ne suis pas toujours l’actualité), souscrit en euros, il sera peut-être remboursé en zlotys chers à Elpp ou alors en grimaces !
  • #33
    <inconnu>
    14/11/2009 à 21:32*
    Payer en monnaie de singe? la bonobo-le!
    oui désolée, ce sont les dernières vapeurs de mon anniversaire!
    Un tout grand merci pour tous vos bons voeux les amis!
    Et quelques mots mis à la date d’hier,( en "prime-ate"z vous!!!) pour ,entre autres, Horizondelle, Momolala,Claudine, Le bob dan ubbleu, sagessefolie,Chirstian...
  • #34
    <inconnu>
    14/11/2009 à 23:50
    • En réponse à deLassus #21 le 14/11/2009 à 10:47* :
    • « Et les montreurs d’ours, ils payaient en monnaie d’ours ?
      Voir pour le début du XXème :
      cette page
      Au Canada, c’est ce qu’il font depuis 199... »
    Le castor circule bien plus que l’ours, et ce depuis 1937. Peut-être parce que les canayiens ont les dents longues...
    Mon nez de singe : cette page
  • #35
    momolala
    15/11/2009 à 08:15
    • En réponse à PHILO_LOGIS #29 le 14/11/2009 à 18:58 :
    • « Je crois quand même que tu circonscris encore de trop. Il n’y avait pas que la France. Il y a aussi eu l’Angleterre, où, bien sûr, la majori... »
    Impossible d’être exhaustive Filo ! De plus ma culture franco-française ne m’a fait approcher Shakespeare que par le petit bout de la lorgnette.
  • #36
    <inconnu>
    15/11/2009 à 11:06
    • En réponse à momolala #18 le 14/11/2009 à 10:14 :
    • « J’aime bien l’origine de cette expression. Je la trouve poétique. D’autre part elle témoigne de l’admiration qu’on portait aux bateleurs et... »
    Et pour nos (sic...) "modernes péages", est-ce que faire le singe permettrait de passer gratos ?
    Surtout valable pour ceux qui ont de jeunes enfants: faire le sing, ça ils le font très, très bien !
  • #37
    <inconnu>
    20/11/2009 à 13:22
    bonjour...
    et dire que je pensais que "payer en monnaie de singe" voulait dire : payer en fausse monnaie (monnaie imitée, monnaie singée.....)
    j’ai dû m’inventer l’étymologie qui me convenait !
    peut-être aussi qu’une expression n’a de succès, et de durée dans la langue française, que quand elle résonne bien dans tous les sens du terme.....
    merci, je me coucherai moins bête !
  • #38
    Oclick
    20/11/2009 à 17:14
    Et les gorilles qui bossent dans les services de sécurité ? Sont-ils aussi payés en monnaie de singe ? Je pense qu’ils feraient la grimace, même s’ils ne sont pas forcément jeunes ! Je vous salue bien !
    Pour en revenir au singe qui se bouffe, dont l’appelation officielle des services de l’intendance (à oui, maintenant, c’est le commissariat, ça a bougé chez les Riz-Pain-Sel), l’appellation officielle, écrivais-je est "boeuf assaisoné", son équivalent dans l’armée américaine n’est pas forcément du boeuf mais aussi du porc. Spice pork and meat, appellent-ils cette gâterie. Ca ne vous rappelle rien ?
  • #39
    DiwanC
    15/04/2018 à 04:42
    Première diffusion : novembre 2005... Expressio n'avait que quelques mois !
  • #40
    DiwanC
    15/04/2018 à 04:48
    Les croissants du dimanche... entre autres petites viennoiseries. 😄)