Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

se ranger des voitures [v]

passer à une vie plus sage ; passer à une vie plus honnête ; s'assagir

Origine et définition

"Une vie plus sage ou plus honnête" s'applique aux personnes ayant mené une vie dissolue ou aventureuse, ou bien aux voleurs et autres truands
L'origine de cette expression de l'argot parisien de la seconde moitié du XIXe siècle n'est pas clairement explicitée.
S'il y a certainement un croisement avec le sens de 'se ranger' qui date du milieu du XVIIIe et qui désigne quelqu'un qui adopte une vie régulière, sans excès, celui qui a une bonne conduite, l'ajout des voitures, probablement par plaisanterie, est moins clair.
Certains évoquent celui qui abandonne le vol de voitures, activité répandue chez les truands, mais compte tenu de la date d'apparition de la locution, on peut exclure une origine liée aux véhicules automobiles modernes.
Loredan Larchey, dans son Dictionnaire Historique de l'Argot, évoque celui qui, pour changer de vie, quitte Paris et les dangers de sa circulation de l'époque dus aux véhicules hippomobiles[1] dont les cochers n'étaient, paraît-il, pas plus civilisés que certains conducteurs d'aujourd'hui.
Mais on peut aussi y voir une plaisanterie sur "changer de conduite".
[1] Je rappelle que 'hippomobile' ne veut pas dire "tracté par un ou des hippopotames", mais "tracté par un ou des chevaux" (avez-vous déjà vu des courses d'hippopotames sur un hippodrome ?)

Compléments

On constate que cette expression est souvent détournée pour désigner des personnes ayant acquis une certaine célébrité dans le monde des voitures et ayant abandonné cette activité, comme les anciens champions automobiles, par exemple.

Exemples

« J'ai licencié mon employé en lui conseillant plus d'assiduité à son école commerciale. Tu vois si je m'amollissais ; j'en venais moi aussi au prêchi-prêcha, puis je me suis rangé des voitures pour quelque temps. »
Alain Sergent - Je suivis ce mauvais garçon

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Anglais to lie low for a while in the country se tenir à carreau un certain temps à la campagne
Espagnol (Argentine) sentar cabeza redresser la tete
Espagnol (Espagne) sentar la cabeza asseoir la tête
Hébreu קצר תהילה (katsar tehila) raccourcir la gloire
Italien mettere la testa a posto mettre la tête à sa place
Néerlandais de bladzijde omdraaien // het blad omslaan tourner la page (et recommencer à partir de zéro)
Néerlandais weer op het rechte pad komen revenir sur le chemin droit
Néerlandais zijn / haar leven beteren réparer / améliorer sa vie
Néerlandais zijn wilde haren verliezen perdre les cheveux fous
Portugais (Brésil) sossegar o facho diminuer l`intensité du feu
Roumain a reveni pe calea cea dreaptă revenir sur le droit chemin
Roumain a-i veni mintea la cap faire venir la raison à sa tête
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Voir aussi

Variantes

  • S'arranger des lois dures.
  • Se ranger des bitures
  • Se venger des toitures
  • Déranger des jointures

Commentaires sur l'expression « se ranger des voitures » Commentaires

  • joseta
    19/11/2016 à 20:51*
    • En réponse à SyntaxTerror #140 le 19/11/2016 à 20:06 :
    • « Raté Lexus, que je ne connaissais pas.
      Renseignements pris, c'est la marque haut de gamme de Toyota, peu de risques que j'en possède une un... »
    Bien joué ! Ci-dessous, ta récompense 🙂
    .-.-.-.-.-.-.-.-.-
    - Où est Lex ?
    - il lèche une glace...dans sa voiture...
    - Lex suce ?
    - non, non, une 2 CV...
  • deLassus
    06/02/2021 à 08:12
    Respect de la Parole de God ?

    Cette expression n'a pas été reprise dans le livre "Les 1001 expressions préférées des français" (2011).

    L'exemple me semble de style tout à fait godesque.

    Bravo Reverso pour n'avoir touché à rien !!!
  • lalibellule
    11/09/2024 à 04:36*
    Dans Les Ailleurs je vois qu’en néerlandais on parle de perdre les cheveux fous … ziln wilde haren verliezen ! Wilde haren est assez proche de l’anglais wild hair.

    Il arrive que je suis en train de lire un roman qui s’inspire d’un tableau de Vermeer, la jeune fille à la perle. Le romancier imagine tout un scénario dans lequel c’est la bonne de la famille de Vermeer qui est le personnage du tableau. Cette femme de chambre insiste pour couvrir ses cheveux de tissus en permanence car elle estime que ses cheveux sont ingouvernables et si elle se mettait à se promener tête nue, elle pourrait devenir une femme aux mœurs légères.
    Vermeer acquiesce aux souhaits de son sujet mais peint une petite mèche de cheveux sur le côté gauche de son visage.
  • joseta
    11/09/2024 à 07:54*
    QUI SUIS-JE ? nº366

    Je suis un poète, romancier et traducteur russe
    - issu d’une famille juive aisée; je suis le fils aîné d’un peintre post-impressionniste et d’une jeune pianiste concertiste renommée.
    - ma famille se croit d’origine espagnole et prétend descendre du commentateur biblique Isaac Abravanel
    - en 1894, dans la maison familiale, ma mère donne un concert de musique de chambre, auquel assiste l’ami de la famille, Léon Tolstoï
    - en 1900, partant pour Odessa, la famille y rencontre le jeune poète autrichien Rainer Maria Rilke et son égérie Lou Andreas-Salomé, qui se rendent à Iasnaïa Poliana pour rencontrer Léon Tolstoï
    - au nombre des habitués de notre maison, figurent également le compositeur Sergueï Rachmaninof, le pianiste Alexandre Scriabine ou le philosophe Léon Chestov
    - en automne 1900, je commence le lycée. Bien qu’ayant réussi brillamment l’examen d’entrée, et malgré le soutien du maire de Moscou, je n’ai pas été admis avant la 2ème année en raison du numerus clausus qui limite le nombre d’élèves juifs à 10 pour 345
    - en 1903, une lourde chute de cheval me coûte la fracture d’un fémur. La fracture se ressoude mal et me laissera avec une jambe plus courte que l’autre (que je compense par une démarche paticulière)
    - la famille fait la connaissance du compositeur Alexandre Scriabine qui occupe une 'datcha' voisine
    - en 1903, je commence des études musicales
    - à Noël 1904, j’effectue mon premier séjour à Saint-Pétersbourg
    - en octobre 1905, une partie de la famille s'ìnstalle à Berlin; elle y restera jusqu’au 11 août 1906
    - j’y découvre Richard Wagner
    - en 1908, je réussis brillamment mon baccalauréat, et je m’inscris à la faculté de droit de l’université de Moscou
    - en 1909, j’abandonne la musique sous prétexte que je n’ai pas ‘l’oreille absolue’. Puis j’étudie la philosophie auprès de Paul Natorp et Hermann Cohen où je réside une année avec ma famille
    - revenu à Moscou en 1914, je publie mon premier recueil de poèsie, sans grand succès du public
    - pendant la première Guerre Mondiale, j’enseigne et je travaille dans une usine chimique de l’Oural (ce qui me donnera la matière de ma célèbre saga, quelques années plus tard)
    - en 1917, mon second recueil n’a pas davantage d’écho. Dans ces 2 oeuvres de jeunesse tentées par ‘l’avant-garde’, je cherche encore ma voie. Cependant, on décèle déjà la force stylistique et le talent «musical» du poète qui s’éloigne du symbolisme pour se rapprocher du futurisme. Je m’affirme avec mon recueil suivant, publié en 1922
    - je reçois la visite de la poétesse uruguayenne Susana Soca, directrice des Cahiers de la Licorne qui récupère des textes et les traduit en espagnol pour leur première publication mondiale. Hélas, elle meurt dans un accident d’avion...
    - j’essaie de faire paraître mon oeuvre que je considère la plus personnelle et la plus intense à des éditeurs européens. Je crains constamment pou ma vie, car les autorités soviétiques sont loin d’apprécier mes écrits et particulièrement cet ouvrage qui se déroule entre la révolution russe de 1905 et la Seconde Guerre mondiale
    - depuis 1947, il était chaque année question que je reçoive le prix Nobel de littérature...Finalement, je le reçois
    - ce fameux roman ne paraît en Union Soviétique qu’en 1985, à la faveur de la perestroïka
  • atheofv
    11/09/2024 à 08:07
    • En réponse à joseta #144 le 11/09/2024 à 07:54* :
    • « QUI SUIS-JE ? nº366

      Je suis un poète, romancier et traducteur russe
      - issu d’une famille juive aisée; je suis le fils aîné d’un peintre... »
    Trouvé
  • deLassus
    11/09/2024 à 10:16
    • En réponse à joseta #144 le 11/09/2024 à 07:54* :
    • « QUI SUIS-JE ? nº366

      Je suis un poète, romancier et traducteur russe
      - issu d’une famille juive aisée; je suis le fils aîné d’un peintre... »
    Trouvé, avec Google.
  • joseta
    11/09/2024 à 16:29
    • En réponse à joseta #144 le 11/09/2024 à 07:54* :
    • « QUI SUIS-JE ? nº366

      Je suis un poète, romancier et traducteur russe
      - issu d’une famille juive aisée; je suis le fils aîné d’un peintre... »
    JE SUIS
    Image externe
    Boris PASTERNAK
    Moscou,1890/Peredelkino,1960