Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

tuer le ver [v]

boire à jeun un verre d'alcool

Origine et définition

En déambulant dans des rues animées le matin en allant au travail, il n'est pas rare de voir des piliers de bar tuer le ver avec ardeur.
Et si pour les gens peu habitués à lever le coude, boire un p'tit calva à jeun, ça peut avoir des résultats fâcheux sur leur perception du réel, cela n'explique pas vraiment le sens de cette expression.
En fait, il semble qu'au moment de l'apparition de cette expression, en 1828, le verre d'alcool à jeun, fréquemment donné à son enfant au moment du départ à l'école, avait pour réputation d'avoir de très bonnes propriétés vermifuges.
Il n'en a pas fallu beaucoup plus pour que les adultes avides d'écluser une petit ballon de blanc tôt le matin se servent du prétexte de se débarrasser d'hôtes indésirables () pour justifier l'ouverture de la bouteille ou les retrouvailles avec les compagnons de beuverie au troquet du coin (« Gertrude, je reviens dans une heure, faut que j'aille tuer le ver ! »).

Exemples

« (…) il se rappela qu'il possédait dans son armoire un litre d'eau-de-vie presque plein ; car il avait conservé l'habitude militaire de tuer le ver chaque matin. »
Guy de Maupassant - Bel-Ami

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Anglais breakfast of champions le petit déjeuner des champions
Anglais to drink on an empty stomach boire avec un estomac vide
Anglais (USA) ~to have a liquid breakfast / lunch / dinner prendre un petit déjeuner / déjeuner / dîner liquide
Espagnol (Espagne) matar el cuc tuer le ver
Espagnol (Espagne) matar el gÉtats-Unisnillo tuer le petit ver
Néerlandais een pierenverlakker nemen prende un verre pour tromper les vers
Néerlandais een pierenverschrikkertje nemen prendre un verre d'alcool pour effrayer les vers
Polonais zalac robaka noyer le ver
Portugais (Brésil) matar o bicho tuer la bête
Roumain a trage la măsea tirer au molaire
Tchèque utopit červíka noyer le ver
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Commentaires sur l'expression « tuer le ver » Commentaires

  • #21
    chirstian
    14/09/2007 à 09:34
    s’évertuer = c’est tuer le ver avec obstination ?
  • #22
    <inconnu>
    14/09/2007 à 09:38
    CETTE EXPRESSION VIENT DE LA MARINE
    N’est-il pas mon amiral?
  • #23
    <inconnu>
    14/09/2007 à 09:39
    alors dis nous pourquoi 🙂
  • #24
    eureka
    14/09/2007 à 09:46
    • En réponse à chirstian #21 le 14/09/2007 à 09:34 :
    • « s’évertuer = c’est tuer le ver avec obstination ? »
    Ou tout simplement, c’est ver tuer...
  • #25
    momolala
    14/09/2007 à 10:03
    • En réponse à God #16 le 14/09/2007 à 09:08 :
    • « il y a bien longtemps que l’on ne te voit plus sur le site
      C’est normal, il n’est plus abonné. Il n’est donc pas dit qu’il vous lise...... »
    Si, si, il lit de temps à autre en envoie ses amitiés à tout le monde.
  • #26
    eureka
    14/09/2007 à 10:03
    On peut attaquer le ver... sans le tuer, c’est du kif-kif au même
  • #27
    syanne
    14/09/2007 à 10:04
    Ah ! quels braves héros ces buveurs du matin
    Qui commandaient au zinc un « p’tit mêlé-cass’rhum »
    Ou s’envoyaient cul-sec leur ballon de vin blanc.
    C’en était, ça, Madam’, du beau, du bon bonhomme !
    Ah ! quels fiers compagnons ces biturins de l’aube :
    C’étaient pas des mauviett’, ou des fumeurs de joints !
    Peu importe du vin la couleur de la robe,
    Bibine ou bien picrat’, fallait s’en jeter un.
    Ainsi commençaient-ils tous les jours que Dieu fait,
    Tuant d’un verr’ le ver, de deux le goût d’ trop peu,
    Pour la route après tout, le troisième s’il vous plaît,
    Et pis un quatrièm’ pour oublier qu’il pleut.
    Ainsi de verre en verr’ passait la matinée :
    Bientôt arrivait l’heur’ du 421.
    Ils avaient tous, bien sûr, un petit coup dans le nez,
    Mais ça n’empêchait pas Marcel d’en remettre un.
    Ainsi passait le jour : d’abord on tuait le ver
    Puis on plaignait le verr’, enfin on tuait l’ temps.
    C’est alors qu’arrivait l’heure des réverbères
    Celle où, à la maison, y a Bobonn’ qui attend.
    Alors pour oublier que demain y f’rait jour,
    Qu’ sur le crâne ils auraient ce fichu casque à pointe,
    En jurant leurs grands dieux que c’était l’dernier tour,
    Ils ouvraient la soirée avec la première pinte.
  • #28
    tytoalba
    14/09/2007 à 10:08
    boire un p’tit calva à jeun
    assez normal quand on sait que Ver est une commune du Calvados. C’est donc un retour aux sources.
    Evitons quand même de tuer le ver à soie. Sans oublier le lampire, qui n’a rien à voir avec le vampire sinon qu’il brille la nuit. Je devrais même dire elle, puisque seule la femelle luit.
  • #29
    <inconnu>
    14/09/2007 à 10:12*
    @ 27. Le 14/09/2007 à 10:04:17 par syanne
    que tu aies bu ou pas (comme tous les grands poètes) chapeau !
    Maaaaaaaarceeeeeeeeel
  • #30
    Elpepe
    14/09/2007 à 10:33*
    • En réponse à <inconnu> #22 le 14/09/2007 à 09:38 :
    • « CETTE EXPRESSION VIENT DE LA MARINE
      N’est-il pas mon amiral? »
    Obstinément ! Euh... absolument !
    En effet, en navigation, lorsque deux embarcations motorisées se dirigent l’une vers l’autre, chacune doit en principe abattre sur tribord (le vert) pour croiser l’autre sur son bâbord (le rouge). Ainsi, de nuit, cette manœuvre fait disparaître le feu tribord (vert) aux yeux de l’autre, pour ne laisser voir que le feu bâbord (rouge) et le feu blanc de tête de mât.
    En manœuvrant selon la règle internationale établie, les navigateurs tuent donc le vert. Quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit, d’ailleurs...
    Hic !
  • #31
    syanne
    14/09/2007 à 10:36
    • En réponse à <inconnu> #29 le 14/09/2007 à 10:12* :
    • « @ 27. Le 14/09/2007 à 10:04:17 par syanne
      que tu aies bu ou pas (comme tous les grands poètes) chapeau !
      Maaaaaaaarceeeeeeeeel »
    Merci pour la comparaison, aussi généreuse qu’imméritée, mais qui me rosit les joues de plaisir immodeste autant que le ferait un délicat nectar...
    (Je n’ai encore bu que du thé, de l’eau et un p’tit noir).
    A ce propos, je voudrais revenir sur une idée communément admise : si beaucoup de grands poètes, c’est vrai, ont plus que goûté aux "paradis artificiels", il est sans doute faux de croire qu’ils écrivaient sous influence. Qu’on relise quelques poèmes de Baudelaire sur le vin, par exemple, pour se convaincre qu’une si belle langue ne pouvait être chargée d’alcool, et que son irréprochable syntaxe était bien celle d’un homme à jeun. Ce qui n’empêche pas, bien sûr, que l’expérience vécue pouvait stimuler l’inspiration.
    PS Si le p’tit verre tue le ver, le Ver- laine essaie parfois de tuer le Rimbaud...
  • #32
    Elpepe
    14/09/2007 à 10:38
    • En réponse à syanne #27 le 14/09/2007 à 10:04 :
    • « Ah ! quels braves héros ces buveurs du matin
      Qui commandaient au zinc un « p’tit mêlé-cass’rhum »
      Ou s’envoyaient cul-sec leur ballon de vin... »
    Que c’est beau ! Mais que c’est beau ! Tiens, je m’en vais retrouver ma gent, Syanne...
  • #33
    Elpepe
    14/09/2007 à 10:42*
    • En réponse à syanne #31 le 14/09/2007 à 10:36 :
    • « Merci pour la comparaison, aussi généreuse qu’imméritée, mais qui me rosit les joues de plaisir immodeste autant que le ferait un délicat ne... »
    le Ver- laine essaie parfois de tuer le Rimbaud

    Arthuuuuuuuuuuuur !*
    Euh... Marceeeeeeeeeeeeel !
    * Notez qu’Arthur rime riche, avec bitture - l’Amiral.
  • #34
    syanne
    14/09/2007 à 10:43
    • En réponse à Elpepe #32 le 14/09/2007 à 10:38 :
    • « Que c’est beau ! Mais que c’est beau ! Tiens, je m’en vais retrouver ma gent, Syanne... »
    N’en voilà des bien plus beaux, à cette page
    Oups... faut que je retourne m’enivrer des joies du travail, moi ! A ce soir, ne buvez pas trop !
  • #35
    cotentine
    14/09/2007 à 10:53
    • En réponse à tytoalba #28 le 14/09/2007 à 10:08 :
    • « boire un p’tit calva à jeun
      assez normal quand on sait que Ver est une commune du Calvados. C’est donc un retour aux sources.
      Evitons quan... »
    après ta 1ère lampée, "tu es en ver"-ve ...
    Ainsi chez toi le ver luisant se nomme le "lampyre" ? par d’ché nous on l’appelle "luciole" mais c’est un nom dont l’anagramme ne concerne que les mâles ... et pas de lumière au bout de la queue ... de ce coléoptère mâle ! 😄
    moi, ce qui me tue c’est le ver-tige !
  • #36
    Elpepe
    14/09/2007 à 10:58
    • En réponse à cotentine #35 le 14/09/2007 à 10:53 :
    • « après ta 1ère lampée, "tu es en ver"-ve ...
      Ainsi chez toi le ver luisant se nomme le "lampyre" ? par d’ché nous on l’appelle "luciole" mais... »
    Ben moi, ce sont les entrechats qui me donnent le vertige.
  • #37
    <inconnu>
    14/09/2007 à 10:59*
    • En réponse à Elpepe #30 le 14/09/2007 à 10:33* :
    • « Obstinément ! Euh... absolument !
      En effet, en navigation, lorsque deux embarcations motorisées se dirigent l’une vers l’autre, chacune doit... »
    tu t’en est bien sorti bravo. il y avait aussi de possible "bas si rouge et tricots vert" babord cylindres rouges etc.
  • #38
    Elpepe
    14/09/2007 à 11:21
    • En réponse à <inconnu> #37 le 14/09/2007 à 10:59* :
    • « tu t’en est bien sorti bravo. il y avait aussi de possible "bas si rouge et tricots vert" babord cylindres rouges etc. »
    UN tricot vert et DEUX bas si rouge, garnement ! Tribord impair, bâbord pair, pour la numérotation des bouées de chenal, dans le sens conventionnel, c’est-à-dire en ENTRANT au port, valable pour la zone A de navigation.
    Mais on n’est pas là pour faire passer le permis côtier, hein ? Déjà qu’hier, on a passé la journée sur nos claviers...
    Bon, c’est quoi, déjà, l’expression du jour ?
    Ah, oui :
    - Vertu : réel !
    - Tel verrue...
    - Le vu terré.
    - Le rut rêvé.
    - Rut révélé.
    Anna Gramme et l’Amiral
  • #39
    cotentine
    14/09/2007 à 11:52
    faut-il vraiment "tuer le ver" ? y’a parfois un drôle de ver sous le pis ! 😉
  • #40
    tytoalba
    14/09/2007 à 11:52
    • En réponse à cotentine #35 le 14/09/2007 à 10:53 :
    • « après ta 1ère lampée, "tu es en ver"-ve ...
      Ainsi chez toi le ver luisant se nomme le "lampyre" ? par d’ché nous on l’appelle "luciole" mais... »
    La luciole et le lampyre font partie de la même famille. Chez la luciole, les deux sexes sont ailés et lumineux. Chez le lampyre, les mâles seuls sont ailés. La femelle est aptère et luit. J’ai déjà vu ces vers luisants le long du canal, au pied d’une écluse où j’ai habité. Pour les curieux, voir cette page. En ce qui concerne la luciole, beaucoup de sites ne font pas la différence entre celle-ci et le lampyre et me semblent donc bien incomplets. Même wikipédia ne fait pas cette différence. Y-a-t-il un entomologiste dans l’assistance ?