Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

Un rond-de-cuir

Un employé de bureau

Origine

Un esprit en pleine possession de ses moyens aura facilement détecté que dans rond-de-cuir, il y a rond et cuir. Et cela s'explique aisément.
En effet, vous savez certainement que lorsqu'on est longtemps assis sur une chaise peu confortable, à l'assise en bois, par exemple, on finit par avoir mal au postérieur.
Alors autrefois, lorsque les sièges étaient loin d'avoir le confort dont on peut aujourd'hui bénéficier, les personnes qui devaient rester longtemps assises sur de telles chaises utilisaient souvent, placé entre leur siège et leurs fesses, un coussin en cuir plus ou moins rembourré et généralement de forme circulaire. Ce rond de cuir (sans les traits d'union) leur permettait d'épargner à leur popotin des douleurs vite insupportables.
Et puis en 1893, Georges Courteline, en se basant sur de nombreuses années de souvenirs personnels, a publié le roman Messieurs les ronds-de-cuir où il décrivait la médiocrité des petits fonctionnaires appliquant avec plus ou moins de délectation des règlements stupides ou étant les victimes de ces mêmes règlements.
C'est très vite, suite à la parution et au succès de ce roman, que le terme de rond-de-cuir a désigné de manière péjorative un fonctionnaire peu motivé ou inefficace[1] ou un bureaucrate
[1] Voilà ce que certaines mauvaises langues qualifieraient de pléonasme. Mais l'expérience montre que les gens compétents et efficaces, comme leur inverse, hélas, se rencontrent tout autant dans la fonction publique que dans le privé.

Exemple

« C'était pour lui l'heure vraiment douce de la journée, où se pouvaient gaver, délecter tout à l'aise, de belle prose administrative, ses instincts de rond-de-cuir endurci. »
Courteline - Messieurs les ronds-de-cuir - 1893
« Par l’entremise d’un "député du Diable", Dieter, un SS, l’auteur brosse le portrait du jeune Adolf, rejeton d’amours incestueuses, fils d’un rond-de-cuir arrogant et violent, adolescent obsédé par la place que lui laissera la postérité »
Le Figaro - Article du 19 août 2007 - Critique du roman "Un château en forêt : le fantôme d’Hitler" de Norman Mailer

Ailleurs

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Pays Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemagne Allemand Bürohengst Étalon de bureau
Allemagne Allemand Bürohengst, Bürogummi Un étalon de bureau, un gomme de bureau
États-Unis Anglais Pencil pusher Pousseur de crayon
Argentine Espagnol Un gnocchi! Un gnocchi
Espagne Espagnol Un chupatintas Un suceur d'encres
Espagne Espagnol Un pixa tinters Un pisse encriers
Canada Français Un pousseux de crayon
Hongrie Hongrois Aktakukac Ver de bulletin
Pays-Bas Néerlandais Een kantoorpik / kantoorklerk Un employé de bureau
Pays-Bas Néerlandais Een pennenlikker Un lécheur de plumes
Roumanie Roumain Șoarece de birou Souris de bureau
Suède Suédois Kontorsråtta Rat de bureau
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Commentaires sur l'expression « Un rond-de-cuir » Commentaires

  • #1
    • Bouba
    • 17/01/2011 à 06:24
    NO ! I do’nt beleive it !.........I am the first !..........bon, il existe aussi l’expression "cul de plomb" pour désigner les gratte papier.........
    Je profite de la présente pour féliciter God au sujet du renvoi 1 de l’explication. En effet, bien que n’étant pas concerné de par mon activité professionnelle, je déteste ces amalgames fonctionnaire = fainéant, flic = pourri etc etc
    Il y a du bon et du moins bon de partout........Et pis c’est tout !
  • #2
    • syanne
    • 17/01/2011 à 07:25*
    • En réponse à Bouba #1 le 17/01/2011 à 06:24 :
    • « NO ! I do’nt beleive it !.........I am the first !..........bon, il existe aussi l’expression "cul de plomb" pour désigner les gratte papier... »
    je déteste* ces amalgames fonctionnaire = fainéant, flic = pourri etc etc

    expressionaute = vieillard lubrique et désoeuvré...( Liste non exhaustive)
    Assise pour quelques minutes encore sur mon beau fauteuil de cuir qui tourne en rond, j’ai juste le temps de vous donner le bonjour à tous !
    • moi aussi !
  • #3
    • Bouba
    • 17/01/2011 à 07:28
    • En réponse à syanne #2 le 17/01/2011 à 07:25* :
    • « je déteste* ces amalgames fonctionnaire = fainéant, flic = pourri etc etc
      expressionaute = vieillard lubrique et désoeuvré...( Liste non ex... »
    ..........Pourquoi désoeuvré ?
  • #4
    • momolala
    • 17/01/2011 à 07:36
    • En réponse à Bouba #3 le 17/01/2011 à 07:28 :
    • « ..........Pourquoi désoeuvré ? »
    Ah ça, il te faut remonter dans l’histoire d’Expressio ! C’est une citation exhaustive d’une ex-expressionaute à notre sujet. Mais comme ce sont les plus gênés qui s’en vont, la dame est partie avec sa prétention et son mauvais caractère et nous sommes restés, sans elle, parce qu’où ya d’la gêne, ya pas d’plaisir !
  • #5
    • momolala
    • 17/01/2011 à 07:45*
    Je pense que, plus que le "fonctionnaire peu motivé ou inefficace" l’expression marque l’immobilisme, le manque d’ambition supposés dudit bureaucrate, et la rancœur réciproque entre lui et celui qui dans la "vraie vie" s’activait du matin au soir pour gagner son bifteck. Certains épiciers aussi sont devenus des ronds de cuir quand ils ont transformé leur boutique en "supérette". J’en ai connu. Aujourd’hui, la rentabilité étant le maître-mot, l’expression doit être tombée en totale désuétude, sauf pour le malheureux qui souffrirait d’hémorroïdes.
  • #6
    • OSCARELLI
    • 17/01/2011 à 08:20
    • En réponse à momolala #5 le 17/01/2011 à 07:45* :
    • « Je pense que, plus que le "fonctionnaire peu motivé ou inefficace" l’expression marque l’immobilisme, le manque d’ambition supposés dudit bu... »
    Aujourd’hui, la rentabilité étant le maître-mot, l’expression doit être tombée en totale désuétude,

    Bonjour, jolie Madame ... pardon, jolies Mesdames, bien sûr. Et les mecs aussi, bien sûr!
    Dis-donc, Momo, tu sais qui est le Père Noel, quand même? Alors, reste donc les pieds sur terre. Il y en a encore. Et comme les autres disent plus haut, pas que parmi les ponctionnaires, pardon... fonctionnaires... 😐
  • #7
    • OSCARELLI
    • 17/01/2011 à 08:23
    • En réponse à momolala #4 le 17/01/2011 à 07:36 :
    • « Ah ça, il te faut remonter dans l’histoire d’Expressio ! C’est une citation exhaustive d’une ex-expressionaute à notre sujet. Mais comme ce... »
    C’est une citation exhaustive d’une ex-expressionaute à notre sujet.

    Profitons-en donc pour saluer la spécialiste de Voltaire spécialiste de Voltaire. Montrons-lui donc que nous ne lui en voulons pas. On ne peut pas en vouloir à ce genre de personne. Ce n’est pas de leur faute: ils ne savent pas ce qu’ils font...
  • #8
    • deLassus
    • 17/01/2011 à 08:47
    • En réponse à momolala #4 le 17/01/2011 à 07:36 :
    • « Ah ça, il te faut remonter dans l’histoire d’Expressio ! C’est une citation exhaustive d’une ex-expressionaute à notre sujet. Mais comme ce... »
    A propos de la mention des vieillards libidineux, le texte "fondateur" est en # 15, d’une inconnue maintenant, sur cette page
    Elle n’employa pas l’adjectif désoeuvré. La volée de bois libidineux et encore vert qu’elle reçut par la suite dans la journée est un très bon souvenir.
  • #9
    • mitzi50
    • 17/01/2011 à 09:46
    Le rond de cuir n’ existe plus... remplacé, pour les malheureux qui se sont fracturé le coccyx, par un "pneu" de caoutchouc synthétique. Par contre les fonctionnaires en surnombre existent hélàs toujours. Lisez donc "Ab-so-lu-ment débordée ... ou comment faire 35 heures en un mois", de Zoé Shepard. D’ accord, c’ est une charge féroce et exagérée. N’ empêche qu’ elle a été mise à pied du Conseil Régional d’ Aquitaine, certaines personne s’ étant reconnues dans ses caricatures...Le problème initial est qu’ on a beaucoup trop recruté dans les conseils généraux et régionaux. Parfois pour caser des copains (qui avaient, certes, les compétences, le plus souvent), parfois pour ce qui aurait dû être des missions ponctuelles mais qui se sont transformées en "bonne planque", le résultat est qu’ il y a des personnes qui travaillent et ne comptent pas leur temps, mais d’ autres... qui n’ ont pas de quoi le remplir, au point de vue charge effective !
  • #10
    • Gilbiere
    • 17/01/2011 à 10:27*
    des petits fonctionnaires appliquant avec plus ou moins de délectation des règlements stupides ou étant les victimes de ces mêmes règlements

    Quand ils en étaient les victimes, ils bavaient des ronds de chapeau ?
  • #11
    • deLassus
    • 17/01/2011 à 10:39
    Messieurs les ronds-de-cuir, Tableau-roman de la vie de bureau, de Courteline, est disponible en ligne aux éditions du Boucher.
    Voir cette page
    Je n’ai jamais lu cette oeuvre, et jusqu’à ce matin (merci God), je pensais que le rond de cuir était la pièce de cuir que les employés (d’autres ou les mêmes) mettaient aux coudes de leurs manches.
  • #12
    • lorraine
    • 17/01/2011 à 11:07
    Issue d’une administration semi-publique ( organisme privé gérant des fonds publics) j’ai connu de nombreux ronds de cuir faisant des ronds de jambe ( souvent des petits chefs ou voulant le devenir) rendant la vie de leurs collègues difficiles et ne rendant pas aux allocataires les services qu’ils devaient rendre.
  • #13
    • Bouba
    • 17/01/2011 à 12:10
    • En réponse à momolala #4 le 17/01/2011 à 07:36 :
    • « Ah ça, il te faut remonter dans l’histoire d’Expressio ! C’est une citation exhaustive d’une ex-expressionaute à notre sujet. Mais comme ce... »
    Ah bon j’ignorais cette anecdote........merci d’avoir éclairé ma lanterne
  • #14
    • LeboDan_Ubbleu
    • 17/01/2011 à 12:51
    • En réponse à mitzi50 #9 le 17/01/2011 à 09:46 :
    • « Le rond de cuir n’ existe plus... remplacé, pour les malheureux qui se sont fracturé le coccyx, par un "pneu" de caoutchouc synthétique. Par... »
    J’ai connu un gars qui évitait de prendre des vacances trop longtemps, car ses patrons auraient pu se rendre compte qu’il ne servait à rien dans sa boite malgré son confortable salaire (d’après ses propres dires), et pourtant il était dans le privé.
    Il y a donc de partout non pas des traine-savates, mais des gens qui essaient de justifier de leur présence. C’est en fait tout un art, et très développé chez certains, que d’arriver à faire croire que l’on travaille quand on ne fait rien. C’est un travail en soit .... et qui prend beaucoup de temps et d’énergie finalement.
    Et pour ces gens qui génèrent du "vent" voici un rond à cette page qui illustre à sa manière comment faire quelque chose que l’on peut assimiler de la poudre aux yeux.
  • #15
    • momolala
    • 17/01/2011 à 15:40
    • En réponse à deLassus #11 le 17/01/2011 à 10:39 :
    • « Messieurs les ronds-de-cuir, Tableau-roman de la vie de bureau, de Courteline, est disponible en ligne aux éditions du Boucher.
      Voir cette p... »
    Ce fut un, et même deux films, l’un de 1936, l’autre plus récent qui réunissait Philippe Clay, Jean Poiret et Michel Serraut, Lucien Bartoux entre autres. Je crois l’avoir vu interpréter au théâtre télévisé avec mise en scène de Roger Hardt et costumes de Donald Cladwell par Robert Hirsh...
  • #16
    • SyntaxTerror
    • 17/01/2011 à 15:45
    On dirait qu’il existe ici une facilité à confondre fonctionnaire et bureaucrate.
    Les employés des "back offices" des banques ou des assurances sont aussi des bureaucrates et la majorité des membres (?) de la fonction publique hospitalière ne travaille pas derrière un bureau.
    Par ailleurs je lis que
    La limite d’âge de 65 ans imposée aux chercheurs français (68 ans pour les professeurs d’université) constitue un obstacle au recrutement de scientifiques de renom retraités, français ou étrangers, par les établissements français du supérieur, et favorise les expatriations de chercheurs français

    A part un ou deux exemples célèbres, personne ne se bouscule pour embaucher des chercheurs de cet âge, au contraire ...
  • #17
    • SyntaxTerror
    • 17/01/2011 à 15:51
    • En réponse à LeboDan_Ubbleu #14 le 17/01/2011 à 12:51 :
    • « J’ai connu un gars qui évitait de prendre des vacances trop longtemps, car ses patrons auraient pu se rendre compte qu’il ne servait à rien... »
    J’ai eu une collègue qui passait son temps les bras en l’air dans les couloirs à dire qu’elle était débordée, activité en effet très chronophage. Comme elle n’a pas été remplacée après son départ en retraite, le soufflé a fini par retomber. Heureusement elle n’est plus là pour entendre ce qu’en disent ses anciens collègues mais les oreilles doivent lui siffler.
  • #18
    • SyntaxTerror
    • 17/01/2011 à 16:00
    • En réponse à momolala #15 le 17/01/2011 à 15:40 :
    • « Ce fut un, et même deux films, l’un de 1936, l’autre plus récent qui réunissait Philippe Clay, Jean Poiret et Michel Serraut, Lucien Bartoux... »
    Si on en croit IMDB, il y a aussi eu un téléfilm en 1978. Voir cette page.
    Détail piquant, Lucien Baroux a joué dans celui de 1937 et celui de 1959.
  • #19
    • momolala
    • 17/01/2011 à 16:04
    Il était rond comme une queue de pelle.
    Il était soûl comme un coing.
    Il voulait expliquer à celle
    Qui pleurait derrière ses poings
    Serrés de peine et de colère
    Quel était ce vin de Corbières
    Qui l’avait mis en tel état.
    Il disait « Non, pas Minervois
    Mais à côté, pas loin de là…
    Touttte façon tu ne me crois pas
    Que j’ai pas bu rien que pour boire !
    D’ailleurs j’ai rien bu Victoire :
    C’est l’arôme du vin que j’respire
    Si je suis rond, c’est rond … de cuir !
    Pour trouver ce nectar hallucinogène, allez sur cette page
  • #20
    • lalibellule1946
    • 17/01/2011 à 18:52
    N’avais jamais croisé l’expression du jour, rond-de-cuir. Je l’aurais cru un truc d’équitation. Mais grâce aux commentaires de L’Expressio, le sens est renforcé dans le cerveau sans effort. Voilà, Rhonda Queer.