Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

une solution de continuité [n]

une interruption de la continuité ; une séparation ; une rupture ; discontinuité ; brusque variation

Origine et définition

Voilà une de ces expressions bien étranges dont le sens apparent est contraire au sens réel pour ceux qui ne connaissent pas le dictionnaire sur le bout des doigts.
Car, en effet, on peut facilement penser qu'une solution de continuité, c'est une solution, un moyen pour rétablir la continuité de quelque chose qui s'est cassé (comme, par exemple, une bonne soudure sur un tuyau rompu).
Mais, au vu du sens de l'expression, c'est bien de l'inverse qu'il s'agit. Pourquoi cela ?
Si je vous dis 'soluble', à quoi pensez-vous ? Les matheux se pencheront peut-être vers le problème de baignoire et de robinet (s'il est soluble, c'est qu'on peut le résoudre ou le solutionner[1]), mais la plupart penseront plutôt à quelque chose qui fond, qui se dissout dans un liquide (du sucre, un comprim&ecute; d'aspirine...).
Et c'est effectivement là qu'il faut creuser.
Car 'solution' vient du latin classique 'solutio' dont une des significations était 'dissolution' ou 'désagrégation'. Et si la continuité de quelque chose se désagrège, c'est bien qu'il y a rupture de cette chose.
C'est dès le début du XIVe siècle qu'on a commencé à parler de solution de continuité en médecine et chirurgie (ou ce qui en tenait lieu) pour désigner des plaies ou des fractures.
Puis, l'usage de cette expression s'est élargi à tout ce qui correspond à une séparation ou une rupture.
[1] Ce verbe, bien que présent dans les dictionnaires, car fréquemment utilisé dans la langue moderne, est fortement critiqué par les puristes de notre langue.

Exemples

« L'habit, démesurément plissé par devant et par derrière, forma comme une bosse au milieu du dos, et produisit entre le gilet et le pantalon une solution de continuité par laquelle se montra la chemise. »
Honoré de Balzac - L'interdiction

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand unterbrechung interruption
Anglais a solution of continuity une solution de continuité
Espagnol (Argentine) discontinuidad discontinuité
Espagnol (Argentine) una solución de continuidad une solution de continuité
Espéranto kontinuorompo rupture de continuité
Italien soluzione di continuitá solution de continuité
Néerlandais er steekt een addertje onder het gras il y a (une) anguille sous roche
Néerlandais een kink in de kabel un noeud dans le câble
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Commentaires sur l'expression « une solution de continuité » Commentaires

  • #61
    mitzi50
    12/12/2011 à 09:25
    "Certains considèrent la discontinuité comme l’ application à l’ espace de la notion de crise" (J.C. François). La "crise", nous savons tous ce que c’ est. Et la discontinuité est l’ inverse de la continuité. La question que je me pose est de savoir pourquoi la crise n’ est pas soluble dans l’ espace, apparemment ce serait plutôt le contraire. Je dis des âneries ? Fort bien, c’ est normal. Mon cerveau fonctionne en morse....
  • #62
    chirstian
    12/12/2011 à 09:33*
    • En réponse à pfloche #57 le 12/12/2011 à 08:39 :
    • « pour expliquer cette expression, il y a très simple:
      la solution d’un problème, c’est la fin de celui-ci, donc la solution de continuité, c’... »
    la solution d’un problème, c’est la fin de celui-ci, donc la solution de continuité, c’est la fin de celle-ci.
    oui, mais le proverbe Shadock nous rappelle que : "s’il n’y a pas de solution il n’y a pas de problème". On peut donc en conclure que : quand il n’y a pas de solution il n’y a pas de continuité " ? cette page
  • #63
    <inconnu>
    12/12/2011 à 09:34
    • En réponse à joseta #60 le 12/12/2011 à 09:10* :
    • « On a vu Conti nu à Sion. Solution de continuité?
      Info. cette page »
    Les sionistes qu’on tord, ce sont les contorsionnistes ?
  • #64
    <inconnu>
    12/12/2011 à 09:37
    • En réponse à mitzi50 #61 le 12/12/2011 à 09:25 :
    • « "Certains considèrent la discontinuité comme l’ application à l’ espace de la notion de crise" (J.C. François). La "crise", nous savons tous... »
    Un cerveau qui fonctionne en binaire ? Tiens, tiens...
  • #65
    Paracas
    12/12/2011 à 09:53
    Depuis 25 ans qu’on parle de Tchernobyl on peut dire qu’il s’agit d’une pollution de continuité.......
  • #66
    joseta
    12/12/2011 à 10:13
    • En réponse à <inconnu> #63 le 12/12/2011 à 09:34 :
    • « Les sionistes qu’on tord, ce sont les contorsionnistes ? »
    Les sionistes qu’ont tort, c’est les juifs errants.
  • #67
    <inconnu>
    12/12/2011 à 10:37
    • En réponse à joseta #66 le 12/12/2011 à 10:13 :
    • « Les sionistes qu’ont tort, c’est les juifs errants. »
    Quand même pas la solution finale de continuité !?
  • #68
    LeboDan_Ubbleu
    12/12/2011 à 11:24
    ...une bonne soudure sur un tuyau rompu.

    Et quand un corps est rompu, (et c’est souvent le cas en politique, les cor-rompus ne manque pas dans certains milieux...) il passe à la caisse pour réparation*. Là, il n’y a pas de solution de continuité, mais solution de facilité.
    *Réparation dans le sens de "toucher de la monnaie sonnante et trébuchante".
    Tout ceci est un peu capillotracté, mais je ne trouve pas mieux pour l’instant, je suis dans une phase de solution de continuité dans le calembour ! 😄
  • #69
    joseta
    12/12/2011 à 11:37*
    Si je vous dis ’soluble’, à quoi pensez-vous ?

    À un morceau de sucre. Le cas du solide qui fond: le ’cas fait’ soluble.
  • #70
    Paracas
    12/12/2011 à 11:55
    • En réponse à LeboDan_Ubbleu #68 le 12/12/2011 à 11:24 :
    • « ...une bonne soudure sur un tuyau rompu.
      Et quand un corps est rompu, (et c’est souvent le cas en politique, les cor-rompus ne manque pas d... »
    Moi j’aime bien...........
  • #71
    Paracas
    12/12/2011 à 11:56
    • En réponse à joseta #69 le 12/12/2011 à 11:37* :
    • « Si je vous dis ’soluble’, à quoi pensez-vous ?
      À un morceau de sucre. Le cas du solide qui fond: le ’cas fait’ soluble. »
    ......Et si c’est un déca il faut qu’il soit bon.....en effet le déca potable c’est meilleur.......
  • #72
    LeboDan_Ubbleu
    12/12/2011 à 12:01*
    Je ne suis pas complètement sûr de moi, mais je me sens dans une phase de solution de continuité avec mon amie ! 😢
  • #73
    LeboDan_Ubbleu
    12/12/2011 à 12:16
    • En réponse à Paracas #52 le 12/12/2011 à 05:46 :
    • « Non mais sans rire, je plains les estrangers qui doivent apprendre notre langue........Boudiou !....Tiens, prends un autre exemple: Tous les... »
    je plains les estrangers qui doivent apprendre notre langue........Boudiou !

    Ben pourquoi que les "estrangers", comme tu dis, pour nous aussi ce n’est pas simple ! C’est vrai que c’est encore pire pour eux, souvent habitués à des règles bien plus simples.
    En fait il y a plein de solution de continuité dans notre belle grammaire de la langue française 😉
  • #74
    DiwanC
    12/12/2011 à 13:17
    • En réponse à LeboDan_Ubbleu #73 le 12/12/2011 à 12:16 :
    • « je plains les estrangers qui doivent apprendre notre langue........Boudiou !
      Ben pourquoi que les "estrangers", comme tu dis, pour nous aus... »
    ...belle grammaire de la langue française

    Ah ! le bonheur du participe passé qui s’accorde avec le C.O.D. si celui-ci est placé avant le verbe conjugué avec l’auxiliaire « avoir »...
    Et cet autre sourire : le foie et la foi !
    Et comment expliquer simplement aux «estrangers» pourquoi dans la phrase « Les poules du couvent couvent », on prononcera le premier « couvent » différemment du second ?
    Doit bien y avoir les mêmes traquenards dans les autres langues... seulement comme je ne suis pas polymachin, je n’ai pas la solution pour continuer !
    🙂
  • #75
    PHILO_LOGIS
    12/12/2011 à 13:49
    Quand les prix hoteliers du quai Conti restent constants pendant de longs mois, on parle de la Solution de Conti-Nuitées.
  • #76
    PHILO_LOGIS
    12/12/2011 à 13:52
    • En réponse à DiwanC #74 le 12/12/2011 à 13:17 :
    • « ...belle grammaire de la langue française

      Ah ! le bonheur du participe passé qui s’accorde avec le C.O.D. si celui-ci est placé avant le v... »
    Et les fils de ton fils?
    Et les viles filles des villes?
    Le foie ou la foi, une fois?
    J’entends des voix sur la voie appienne.
    Pourquoi veux-tu aller chercher chez les autres ce que l’on fait si bien chez nous?
  • #77
    DiwanC
    12/12/2011 à 15:22*
    • En réponse à PHILO_LOGIS #76 le 12/12/2011 à 13:52 :
    • « Et les fils de ton fils?
      Et les viles filles des villes?
      Le foie ou la foi, une fois?
      J’entends des voix sur la voie appienne. »
    J’entends des voix...

    Ah ! c’est donc ça ! Je comprends tout maintenant ! 😛
  • #78
    PHILO_LOGIS
    12/12/2011 à 15:47
    • En réponse à DiwanC #77 le 12/12/2011 à 15:22* :
    • « J’entends des voix...
      Ah ! c’est donc ça ! Je comprends tout maintenant ! 😛 »
    Ben oui, queue veux-tu!
    A ce sujet...
    Les enfant jouèrent au docteur, puis au papa et à la maman, puis à touche pipi, puis le confit d’oie... 😕
  • #79
    chirstian
    12/12/2011 à 15:56
    • En réponse à DiwanC #74 le 12/12/2011 à 13:17 :
    • « ...belle grammaire de la langue française

      Ah ! le bonheur du participe passé qui s’accorde avec le C.O.D. si celui-ci est placé avant le v... »
    Et comment expliquer simplement aux «estrangers» pourquoi dans la phrase « Les poules du couvent couvent », on prononcera le premier « couvent » différemment du second ?
    en expliquant le différence entre un nom (le couvent) et un verbe (elles couvent) : c’est une différence complexe, mais elle existe dans la majorité des langues. Une forme verbale fournit en français de multiples indications, dont le temps de l’action. Si je vois un verbe se terminant par "ent" je sais qu’il s’agit d’un présent, d’une 3° personne du pluriel... et que le "nt" est muet. Parce qu’il ne doit pas être confondu avec la poule "couvant" au couvent... La 1° personne du passé simple meurt de se prononcer comme celle de l’imparfait.
    Mais un substantif n’a pas le même rôle : il n’est chargé que de fournir son sens, éclairé par le contexte. On lit une forme écrite, et on va chercher dans sa base de données personnelle la forme orale dont on connaît le sens. Et cet acquis est international : on a entendu un mot dans une langue et on l’a mémorisé sans se demander pourquoi il se prononce ainsi. (big et sir ?)
    Euh... c’était koi la kestion ? 🙂
  • #80
    Utilisateur supprimé
    12/12/2011 à 16:32*
    Le français, est-il une langue plus riche en voyelles que beaucoup d’autres langues? Le fait d’avoir des conjugaisons des verbes, n’ajoute-il pas à cette richesse? Surtout les participes passés avec ses ées, ses ies, ses ues, n’y a-t-il pas d’oes-tres?
    Au lieu de dire la solution de continuité, ne pourrait-on dire le fondement de continuité? Ah, non, pardon. Si la solution ici veut dire dissolution, le fondement ne veut pas dire effondrement, ’spa? 😉