Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

le denier de la veuve [exp]

l'obole donnée par un pauvre ; les maigres ressources d'un pauvre ; l'aumône modeste donnée par un pauvre

Origine et définition

Le mot denier nous vient du latin denarius qui désignait une « pièce d'argent valant dix as ». S'appliquant à une monnaie française précise au XIe siècle, il a ensuite servi à nommer des monnaies de valeurs diverses, et ce jusqu'au XIXe siècle. À partir du XIIe siècle, au pluriel, il désignait « une somme d'argent » de valeur indéterminée.
Ce mot a également d'autres acceptions en liaison avec les textiles ou la finance.
Quant à la veuve, elle nous vient, vers la fin du XVIIe siècle, d'un texte des Évangiles, qu'on trouve aussi bien chez Marc que chez Luc :
« Jésus était assis face au Trésor, il regardait la foule mettre de la petite monnaie dans le Trésor, et beaucoup de riches en mettaient abondamment. Survint une pauvre veuve qui y mit deux piécettes, soit un quart d'as. Alors il appela ses disciples et leur dit : "En vérité, je vous le dis, cette pauvre veuve a mis plus que tous ceux qui ont mis dans le Trésor. Car tous ceux-là ont mis de leur superflu mais elle, de son indigence, a mis tout ce qu'elle possédait, tout ce qu'elle avait pour vivre." »
Voilà qui explique l'origine du premier sens de l'expression.
Puis, cette signification a glissé de ce qu'offre le pauvre vers ce qu'il possède, c'est-à-dire pas grand-chose.
Il ne faut pas confondre notre locution avec le denier de Saint-Pierre ou le denier du culte (anciennement denier du clergé) qui sont des contributions volontaires offertes par les catholiques à la papauté ou à la paroisse, respectivement. Si le premier aide les finances du Vatican, le second sert normalement à payer les prêtres, ainsi que les laïcs travaillant pour l'Église.

Exemples

Quant au Mexique, ce fut [le denier de la veuve], quatre-vingt-six piastres fortes; mais les empires qui se fondent sont toujours un peu gênés.

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand das Scherflein der Witwe le denier de la veuve
Anglais the widow's mite le denier de la veuve
Espagnol (Espagne) Dar lo que no se tiene Donner ce qu'on n'a pas
Français (France) cei doi bani ai vaduvei les deux sous de la veuve
Néerlandais het penningske van de weduwe le denier de la veuve
Polonais Wdowi grosz sous de la veuve
Portugais O óbolo da viúva L'obole de la veuve
Portugais (Brésil) dar tudo de si tout donner de lui-même
Roumain bănuțul văduvei le denier de la veuve
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Variantes

  • Le dentier de la veuve
  • Le dernier de la veuve poignet

Commentaires sur l'expression « le denier de la veuve » Commentaires

  • #1
    <inconnu>
    27/11/2012 à 01:41
    Le denier de la veuve;
    Ce qu’on donne pour les besoins d’autrui en le prenant sur son propre nécessaire. Je vous offre peu, c’est le denier de la veuve.
  • #2
    DiwanC
    27/11/2012 à 02:30*
    Message personnel :
    Boubacar ! Je te laisse le « denier » et la « veuve ». Profites-en bien... parce que je ne ferai pas ça tous les jours !
    À tout bientôt. 🙂
  • #3
    Paracas
    27/11/2012 à 05:53
    • En réponse à DiwanC #2 le 27/11/2012 à 02:30* :
    • « Message personnel :
      Boubacar ! Je te laisse le « denier » et la « veuve ». Profites-en bien... parce que je ne ferai pas ça tous les jours... »
    Merci très chère, je vous sais gré de ce geste d’amitié Brassenssologique.
    Tonton Georges n’employa le mot "denier" que dans "Tempête dans un bénitier" chanson fort irrévérencieuse au demeurant bien dans la veine de l’artiste.
    Quant à la veuve elle n’apparaît que dans "la fessée" oeuvre plutôt grivoise tout en restant assez édulcorée, "le testament" mélange de mélancolie et de clins d’oeil humoristiques, et enfin la chanson posthume interprétée par Jean Bertola "l’orphelin"
    Tout ceci n’a rien a voir avec l’expression qui nous intéresse ce jour d’hui c’est pourquoi je cède la place à mes petits camarades.....
    Bizôôôôôôô........😉
  • #4
    Paracas
    27/11/2012 à 06:12
    ....Et je reviens aussitôt pour vous conter une anecdote vieille de quatre decennies mais qui me fait encore monter les larmes aux yeux.
    Alors que je débutais ma vie professionnelle, je travaillais dans une entreprise où le travail était très dur.
    Un mécontentement se fit jour, les anciens revendiquèrent des améliorations, refus de la direction, blocage, grève, occupation des locaux........jusque là rien de bien original.
    Et moi,plus tout à fait ado mais pas encore adulte qui découvrais le monde du travail, je suivais le mouvement, un peu perdu dans ce maëlstrom revendicatif.
    Après plusieurs jours d’occupation nous vîmes arriver une vielle dame qui nous apporta son soutien en nous offrant une tablette de chocolat.
    Cette petite veuve s’excusa de la modicité de son denier, nous expliquant qu’elle faisait çà en souvenir de son défunt époux qui se battit en 1936 pendant le front populaire et consacra sa vie à la cause syndicale.
    Nous la remerciâmes chaleureusement et c’est avec les larmes aux yeux que nous la ragardâmes s’éloigner......
    C’est sans doute ce jour là que naquit l’engagement syndical qui m’accompagna toute ma carrière.......Mais ceci est une autre histoire.....
  • #5
    joseta
    27/11/2012 à 07:11*
    Moi, quand je donne un denier, je le fais au hasard: je donne un denier au bol.
    (même si c’est à des niais...je ne vais pas le dénier.)
  • #6
    PHILO_LOGIS
    27/11/2012 à 07:15
    • En réponse à Paracas #3 le 27/11/2012 à 05:53 :
    • « Merci très chère, je vous sais gré de ce geste d’amitié Brassenssologique.
      Tonton Georges n’employa le mot "denier" que dans "Tempête dans u... »
    Ton apport brassensologique fait preuve d’un beau coup de poignet...
    Sans dénier pour autant les apports germaniques...
  • #7
    joseta
    27/11/2012 à 07:44
    S’appliquant à une monnaie française

    C’était également une monnaie indienne; z’avez pas entendu parler du denier des mohicans?
  • #8
    <inconnu>
    27/11/2012 à 07:50
    • En réponse à <inconnu> #1 le 27/11/2012 à 01:41 :
    • « Le denier de la veuve;
      Ce qu’on donne pour les besoins d’autrui en le prenant sur son propre nécessaire. Je vous offre peu, c’est le denier... »
    Tu te sous-estimes, ne me dis pas que tu es indigent à ce point !
  • #9
    <inconnu>
    27/11/2012 à 08:00
    • En réponse à joseta #7 le 27/11/2012 à 07:44 :
    • « S’appliquant à une monnaie française
      C’était également une monnaie indienne; z’avez pas entendu parler du denier des mohicans? »
    Can est-hi mo ? Logie !
  • #10
    joseta
    27/11/2012 à 08:20*
    aussi bien chez Marc que chez Luc

    Et aussi chez Jean: - tu me donnes un denier, hein? dis, Jean...
    (inspiré par Mintaka)
  • #11
    joseta
    27/11/2012 à 08:46*
    Jésus était assis face au coffre du Trésor, et il dit:
    - J’enlève à ceux qu’offrent ce que j’ajoute à ce coffre. 😐
  • #12
    <inconnu>
    27/11/2012 à 09:15
    • En réponse à joseta #10 le 27/11/2012 à 08:20* :
    • « aussi bien chez Marc que chez Luc
      Et aussi chez Jean: - tu me donnes un denier, hein? dis, Jean...
      (inspiré par Mintaka) »
    Enrique, comment savais-tu que je me prénomme Jean ? 😄
  • #13
    <inconnu>
    27/11/2012 à 09:30
    • En réponse à joseta #11 le 27/11/2012 à 08:46* :
    • « Jésus était assis face au coffre du Trésor, et il dit:
      - J’enlève à ceux qu’offrent ce que j’ajoute à ce coffre. 😐 »
    C’était pas plutôt le maréchal Joffre ?
  • #14
    God
    27/11/2012 à 09:34
    • En réponse à <inconnu> #13 le 27/11/2012 à 09:30 :
    • « C’était pas plutôt le maréchal Joffre ? »
    Joffre gardait l’oeil sur son coffre, car il craignait que quelqu’un le lui Foch.
  • #15
    joseta
    27/11/2012 à 09:35
    • En réponse à <inconnu> #12 le 27/11/2012 à 09:15 :
    • « Enrique, comment savais-tu que je me prénomme Jean ? 😄 »
    Parce que tu fais partie des braves ’Jeans’...
  • #16
    <inconnu>
    27/11/2012 à 09:43
    • En réponse à joseta #15 le 27/11/2012 à 09:35 :
    • « Parce que tu fais partie des braves ’Jeans’... »
    J’ai joué au poker et j’y ai perdu mes jeans ma culotte.
  • #17
    joseta
    27/11/2012 à 09:46
    • En réponse à God #14 le 27/11/2012 à 09:34 :
    • « Joffre gardait l’oeil sur son coffre, car il craignait que quelqu’un le lui Foch. »
    Joffre gardait l’oeil sur son coffre, car il craignait que quelqu’un le lui Foch, sous son Ney! 😛
  • #18
    <inconnu>
    27/11/2012 à 09:48
    • En réponse à joseta #17 le 27/11/2012 à 09:46 :
    • « Joffre gardait l’oeil sur son coffre, car il craignait que quelqu’un le lui Foch, sous son Ney! 😛 »
    Tout ça Nivelle par le bas !
  • #19
    joseta
    27/11/2012 à 09:53
    • En réponse à <inconnu> #18 le 27/11/2012 à 09:48 :
    • « Tout ça Nivelle par le bas ! »
    Oui, mais c’est pas de ça que je Mangin?
  • #20
    Paracas
    27/11/2012 à 10:07
    • En réponse à joseta #17 le 27/11/2012 à 09:46 :
    • « Joffre gardait l’oeil sur son coffre, car il craignait que quelqu’un le lui Foch, sous son Ney! 😛 »
    Pourtant il quittait peu son napoléon sans bras bon appartement chaud......