Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

les tenants et les aboutissants [exp]

la totalité des informations liées à un dossier ; tous les détails d'une affaire

Origine et définition

Il semble que « tenir et aboutir » n'a jamais été la devise d'un quelconque seigneur. Alors d'où peut nous venir cette expression qui date du XVIe siècle ?
Il faut savoir que, dans son sens initial, au début de ce même siècle, les tenants et aboutissants désignaient les terrains accolés à un domaine, le Grand Robert nous précisant que les tenants désignaient ceux des terrains accolés aux côtés longs du domaine, et les aboutissants, ceux accolés aux côtés courts.
Pour ces derniers, peut-être parce que, dans un domaine qui serait beaucoup plus long que large, en le parcourant dans la plus grande longueur, on finit par y aboutir.
Toutefois, pris séparément, un tenant désignait « ce qui n'était pas séparé » (pensez, aujourd'hui, au garage attenant à votre maison, ou aux objets d'un seul tenant, donc d'une seule pièce) et un aboutissant, « une limite ».
C'est plus tard au XVIe siècle également que, de ce sens de « tout ce qui entoure » le domaine, est né la signification figurée moderne où on évoque tout ce qui est autour d'une affaire.
Par extension, on utilise aussi depuis le XXe siècle cette expression pour désigner ce qui a été à l'origine de quelque chose ; on doit alors l'entendre comme « l'ensemble des informations qui permettent de comprendre pourquoi l'action a été entreprise ou la décision prise ».

Exemples

« Le gouvernement suisse "souhaite tirer les leçons de ce qui s'est déroulé au Japon" mais "il faudra cependant attendre de connaître tous les tenants et aboutissants des événements en cours avant cette discussion" a indiqué la Présidente. »
Le Figaro Magazine - Article du 26 mars 2011
« Stéphane Lathion est président du Groupe de recherche sur l’islam en Suisse auprès de l’Observatoire des religions de l’université de Lausanne. Il décrypte pour Libération les tenants et aboutissants de la votation proposée par l’extrême droite. »
Libération - Article du 28 novembre 2009

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand die näheren Umstände les circonstances plus proches
Anglais the ins and outs les entrées et les sorties
Anglais the long and the short of it le long et le court de ca
Anglais the whys and wherefores le pourquoi et le pourquoi
Espagnol (Espagne) Los pormenores Les particularités
Hébreu הקטנה) (kol apratime aktanime) tous les petits détails
Italien i pro e i contro les pour et les contre
Néerlandais de ins en outs les intérieurs et les extérieurs
Néerlandais de ins en outs les tenants et aboutissants
Néerlandais iets op zijn duimpje kennen connaitre quelque chose sur son petit pouce
Portugais (Brésil) os meandros les méandres
Portugais (Brésil) os pormenores les détails
Portugais (Brésil) os prós e os contras le pour et le contre
Roumain a cunoaste toate detaliile,toate amanuntele connaitre tous les details,toutes les petites choses
Roumain din fir a par du fil jusqu'aux cheveux
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Commentaires sur l'expression « les tenants et les aboutissants » Commentaires

  • #1
    DiwanC
    19/08/2011 à 01:35*
    Je résume l’origine de l’expression : c’est parti d’un garage qui aboutisait à la maison bordant les terrains attenants au domaine du Sieur Robert, lequel donnait des leçons de japonais aux écoliers du XVIe (élèves au collège Lathion situé près de Lausanne).
    Euh... j’ai peut-être lu un peu vite...
  • #2
    PHILO_LOGIS
    19/08/2011 à 07:58*
    • En réponse à DiwanC #1 le 19/08/2011 à 01:35* :
    • « Je résume l’origine de l’expression : c’est parti d’un garage qui aboutisait à la maison bordant les terrains attenants au domaine du Sieur... »
    D’un seul tenant, je vais essayer de t’expliquer que les mines à raies suisses ne poussent que dans la plaine, sur ton terrain attenant à une mosse, qu’est déguisée en garage avec plateau élévateur installé dans la crypte, du haut duquel le Sieur Robert hareng gai ses troupes pour leur expliquer la votation sur les vocations innées narrables. Une quelconque saigneur, comme le dit si justement note petit Godemichou adoré, n’est cependant pas à confondre avec une petit baigneur, celui qui se fait racoller Delon en large sur ton terrain.
    J’espère que tu as compris mainant.
    On se retrouve tout à l’heure au bar? Je t’offre un Lagon Bleu (dans un grand vere)...
  • #3
    joseta
    19/08/2011 à 09:44*
    Selon Homère, qui en est le père:
    Pénélope: l’étonnant est à bouts tissant (n’aboutissant jamais d’ailleurs)
  • #4
    DiwanC
    19/08/2011 à 10:50*
    • En réponse à PHILO_LOGIS #2 le 19/08/2011 à 07:58* :
    • « D’un seul tenant, je vais essayer de t’expliquer que les mines à raies suisses ne poussent que dans la plaine, sur ton terrain attenant à un... »
    Tenant compte du long développement visant à m’expliquer le « pourquoi du comment » qui nous amènera, tout au long de la journée, à lire - et sans nul doute à relire - l’exposé proposé dès potron-minet par Sa divinité, développement aboutissant selon toi à une parfaite et totale compréhension de ma part, tenant compte de tout cela donc et pour faire court : d’accord !
    On s’retrouve chez Marcel qui sait si bien bleuir les lagons que c’en est un bonheur à partager absolument avec les Expresionnautes que tu auras le plus grand des plaisirs à inviter également, s’pas ?
    A tout bientôt ! 😄
  • #5
    deLassus
    19/08/2011 à 10:50
    • En réponse à DiwanC #1 le 19/08/2011 à 01:35* :
    • « Je résume l’origine de l’expression : c’est parti d’un garage qui aboutisait à la maison bordant les terrains attenants au domaine du Sieur... »
    j’ai peut-être lu un peu vite...

    Peut-être en effet, mais à ta manière tu rends hommage au travail de God qui doit Se décarcasser pour trouver des exemples pertinents, souvent récents. Je n’ai toujours pas compris comment Il peut faire... Il m’épate, Il m’épate !
  • #6
    PHILO_LOGIS
    19/08/2011 à 11:15
    • En réponse à deLassus #5 le 19/08/2011 à 10:50 :
    • « j’ai peut-être lu un peu vite...
      Peut-être en effet, mais à ta manière tu rends hommage au travail de God qui doit Se décarcasser pour trou... »
    C’est pourtant simple: Sa Divinité gouguélise...
  • #7
    Rikske
    19/08/2011 à 11:19
    • En réponse à PHILO_LOGIS #6 le 19/08/2011 à 11:15 :
    • « C’est pourtant simple: Sa Divinité gouguélise... »
    Nan, nan ! Je crois putôt que le grand Wacondah puise ses exemples dans ses sources... 😉
  • #8
    deLassus
    19/08/2011 à 11:22*
    • En réponse à PHILO_LOGIS #6 le 19/08/2011 à 11:15 :
    • « C’est pourtant simple: Sa Divinité gouguélise... »
    Tu penses bien que j’ai essayé, et parfois pendant des heures !
    Il faut, pour trouver des exemples aussi pertinents que ceux qu’Il nous donne, soit une chance extra-terrestre, soit une patience d’ange... Bref, des qualités inaccessibles aux pauvres humains que nous sommes.
    PS Mais tu m’as donné une idée, et j’ai assez rapidement retrouvé les deux articles (Le Figaro cette page et Libé cette page) d’où sont extraits les deux exemples de ce matin. Mais même avec ce "truc", il faut à notre God bien de la patience.
  • #9
    DiwanC
    19/08/2011 à 12:12
    • En réponse à PHILO_LOGIS #6 le 19/08/2011 à 11:15 :
    • « C’est pourtant simple: Sa Divinité gouguélise... »
    Sa Divinité gouguélise...

    Ben... à tenir de tels propos, tu risques d’aboutir au déclenchement d’une sainte colère divine ! Conséquence : la colle du samedi !
  • #10
    deLassus
    19/08/2011 à 12:15
    • En réponse à DiwanC #9 le 19/08/2011 à 12:12 :
    • « Sa Divinité gouguélise...
      Ben... à tenir de tels propos, tu risques d’aboutir au déclenchement d’une sainte colère divine ! Conséquence : l... »
    Mais non : Google n’est qu’un vulgaire instrument dans la main de God !
  • #11
    chirstian
    19/08/2011 à 12:28*
    Pour ces derniers, peut-être parce que, dans un domaine qui serait beaucoup plus long que large, en le parcourant dans la plus grande longueur, on finit par y aboutir.
    je suis sans doute bouché mais je capte mal les tenants et aboutissants de cette réflexion !
    Quelle que soit la forme du domaine, et quelle que soit la façon dont on le parcourt, il me semble évident qu’on finit effectivement par aboutir quelque part ! Et à ce titre, les tenants sont tout aussi aboutissants que les aboutissants.
    Et tenants, étonnant, non ? 😐
  • #12
    DiwanC
    19/08/2011 à 12:39
    Et à ce titre, les tenants sont tout aussi aboutissants que les aboutissants.

    Bonne nouvelle ! chirstian a retrouvé ses mouches ! 😛
  • #13
    momolala
    19/08/2011 à 12:40
    • En réponse à chirstian #11 le 19/08/2011 à 12:28* :
    • « Pour ces derniers, peut-être parce que, dans un domaine qui serait beaucoup plus long que large, en le parcourant dans la plus grande longue... »
    Il me semblerait qu’à l’inverse de ce que propose God ou plutôt différemment, une propriété serait "tenante" quand elle est accolée sur un ou deux de ses côtés les plus longs, et aboutissante lorsque elle ne l’est que sur une petite longueur. Et ceci qu’il s’agisse d’un domaine ou d’un cabanon. Après avoir émis des réserves à propos de Brassens, je prends ici tous les risques mais ne faut-il pas vivre (un peu) dangereusement ? 😉
  • #14
    chirstian
    19/08/2011 à 12:48
    le Grand Robert nous précisant que les tenants désignaient ceux des terrains accolés aux côtés longs du domaine, et les aboutissants, ceux accolés aux côtés courts.
    dans le Jean Nicot de 1606 la différence serait plutôt leur situation par rapport au bâtiment : les tenants sur le côté et les aboutissants devant ou derrière : "à la Tantost le limite par flanc, soit d’un champ, soit d’une maison, dont l’opposite est Abboutissant, qui est le limite par front."
  • #15
    syanne
    19/08/2011 à 14:06
    Pour ces derniers, peut-être parce que, dans un domaine qui serait beaucoup plus long que large, en le parcourant dans la plus grande longueur, on finit par y aboutir.

    A mon avis, aboutir (aboter en vieux françois) doit être pris dans les sens qu’il avait à l’origine : "toucher par un bout, confiner", "s’étendre (jusqu’à)", "se terminer par". Par ailleurs (et même par ici), en un tenant, d’un tenant signifie, en moyen français "sans solution de continuité, sans interruption".
    Ai-je fait avancer le machin ? Pas sûre... Ou bien alors il faut envisager que des quatre côtés du domaine, deux sont considérés comme les bouts. Sur ce, je les mets (les bouts), avant de piquer trop de mouches à Chirstian.
  • #16
    <inconnu>
    19/08/2011 à 15:02
    • En réponse à DiwanC #12 le 19/08/2011 à 12:39 :
    • « Et à ce titre, les tenants sont tout aussi aboutissants que les aboutissants.
      Bonne nouvelle ! chirstian a retrouvé ses mouches ! 😛 »
    La définition me semble parfaitement claire:
    Lieu tenant signifie bien occuper une position précise
    A bouts tissants nous fait comprendre qu’il s’agit d’une toile,
    Tout devient clair ,il s’agit d’une araignée,une aragne,les mouches de Chirstian en témoiignent quelle était l’aragne la plus célèbre de l’Hitoire e France,au XVIème siècle?
    Louis Xi.
    Cette démonstration est sans doute légèrement téméraire comme disait Charles mais ne prenez pas la mouche pour autant (en emporte le vent).
    Attention ,je n’ai pas dit que Louis XI avait vécu au XVIème siècle mais à u siècle de distance on se souvenait encore bien de lui et la souvenance de l’aragne était encore vivace .
  • #17
    God
    19/08/2011 à 15:10
    • En réponse à chirstian #11 le 19/08/2011 à 12:28* :
    • « Pour ces derniers, peut-être parce que, dans un domaine qui serait beaucoup plus long que large, en le parcourant dans la plus grande longue... »
    Bon alors pose les restes explosés de ta mouche (je t’avais pourtant dit de l’entourer d’abord de scotch !) et imagine un terrain de 10 mètres de large et 5 kilomètres de long. Pas bien pratique à exploiter, mais c’est juste pour l’image.
    Tu te mets au milieu (dans la largeur) et au kilomètre 0 de ton très long terrain.
    Sur ta droite et sur ta gauche, à cinq mètres de chaque côté, tu as les tenants qui ’tiennent’ ta longue bande. Dire que, si tu te diriges vers eux, tu vas y aboutir, est un peu abusif, car l’aboutissement sous-entend en général que quelque chose de long a précédé. Or, là il ne te faudrait que 5 ou 6 pas.
    Ensuite tu commences à te déplacer vers l’autre extrême mitée à laquelle, environ une heure plus tard si tu es à pied, tu vas ’aboutir’, cinq kilomètres plus loin.
    Voilà.
    C’était pas pour faire avancer le schmilblick, simplement pour justifier la différence entre les terrains accolés à la longueur et ceux accolés à la largeur qu’évoque le Robert.
    Cela dit, les 14 et 15 sont intéressantes.
  • #18
    chirstian
    19/08/2011 à 15:20
    • En réponse à syanne #15 le 19/08/2011 à 14:06 :
    • « Pour ces derniers, peut-être parce que, dans un domaine qui serait beaucoup plus long que large, en le parcourant dans la plus grande longue... »
    aboutir (aboter en vieux françois) doit être pris dans les sens qu’il avait à l’origine : "toucher par un bout, confiner", "s’étendre (jusqu’à)", "se terminer par"
    j’abote dans ton sens, mais "se terminer par" quoi ? L’expression qui abote abotera semble dénier toute fin à l’abotage. Mais il faut s’aboter sous peine de sabotage* ! Je n’en vois plus le bout...
    C’est décidé : après l’apero, Charles, je relis le s’aboté d’un seul tenant.
    * alexandrin, "Alexandra, Alexandrie où tout commence et tout finit ..." (Claude, qui abotait aussi en françois)
  • #19
    chirstian
    19/08/2011 à 15:34
    • En réponse à God #17 le 19/08/2011 à 15:10 :
    • « Bon alors pose les restes explosés de ta mouche (je t’avais pourtant dit de l’entourer d’abord de scotch !) et imagine un terrain de 10 mètr... »
    brillante démonstration, qui me laisse confondu d’admiration.
    Mais le doute ma bite toujours. Car elle repose sur ce présupposé :
    car l’aboutissement sous-entend en général que quelque chose de long a précédé.
    qui est formellement démenti par la définition d’aboutir. Voir TLFI : "Toucher un bout, trouver un terme, avec ou sans nuance d’effort."
    Aboutir évoquait-il autrefois cette idée ? Que nenni : 1319 aboutir a « confiner à (d’une terre, d’un immeuble) » terme jur. (Arch. Nat. MM 129, fol. 10, contrat de vente ds Mém. soc. hist. Paris, XLVI, 181 d’apr. Barb. Misc. XVIII, 1 (TLFI)
    Et quel est le sens de "confiner à " dans lequel on trouve con et fin, (mais gardons nous d’en tirer une conclusion non aboutie!) ? C’est être voisin, très proche, contigu.
    Collé stérile ! 🙂
  • #20
    chirstian
    19/08/2011 à 15:50
    et pour ajouter une dernière mouche couche au sens actuel de "totalité des informations, circonstances ou détails liés à une affaire ou à un dossier" je soulignerai que les tenants sont tous les faits "tenant" à l’affaire ( au sens de "avoir un lien avec", lui être attaché ) ,
    tandis que les aboutissants sont les résultats, la situation à laquelle on va aboutir (au sens d’arriver), au terme de cette affaire.
    L’expression balaye donc très large.