Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

avoir le feu sacré [v]

être tout feu tout flamme ; éprouver de l'enthousiasme ; éprouver de la passion ; éprouver un enthousiasme pour une activité qui permet de la continuer malgré ses aspects contraignants ; avoir de l'ardeur au travail

Origine et définition

Un sacré feu, c'est ce qu'on peut observer en été dans le sud de la France, en Grèce ou en Californie, par exemple ; et ce feu-là, il faut l'éteindre au plus vite, contrairement au "feu sacré" que, dans l'Antiquité, les prêtres devaient impérativement entretenir sur l'autel des dieux, comme le faisaient les prêtresses de la déesse Vesta, les vestales, qui, chargées d'entretenir le feu du temple, devaient faire voeu de chasteté et mouraient enterrées vivantes si jamais elles rompaient leur voeu.

Si le terme 'feu' est utilisé depuis le IXe siècle pour désigner l'ardeur des sentiments, c'est chez Voltaire, au XVIIIe siècle, qu'apparaît "le feu sacré" pour évoquer des sentiments nobles et passionnés qui se communiquent entre individus. Le syntagme a ensuite pris le sens plus précis d'enthousiasme et de passion.

Avoir le feu sacré c'est donc effectivement éprouver ces deux sentiments qui peuvent être considérés comme d'autant plus forts et admirables qu'ils sont associés à une activité difficile qui impose un investissement personnel très important, voire des sacrifices, comme le sont par exemple la danse classique ou le chant lyrique.
Au XXe siècle, ils se sont transformés en ardeur pour donner le troisième sens proposé (mais ne faut-il pas avoir un enthousiasme certain pour avoir de l'ardeur au travail ?).

Dans être tout feu tout flamme, on retrouve le même 'feu' qui symbolise également la passion, renforcé par le dédoublement feu / flamme.

Exemples

« (Talleyrand) encourageait des dispositions précieuses, prisant l'allant de ce "gamin" (Thiers), son "feu sacré" et pensant les utiliser. »
Louis Madelin - Talleyrand - 1944
« C'est vrai, tu sais, que ça me révolte plus que tu ne le crois. Vois-tu, moi aussi, voilà dix ans lorsque j'ai débuté, j'étais tout feu tout flamme. »
Yanny Hureaux - la prof - 1972

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand feuer und Flamme sein être feu et flamme
Anglais to burn with enthusiasm brûler d'enthousiasme
Anglais (USA) a fire in the belly un feu dans le ventre
Espagnol (Espagne) ser incombustible être incombustible
Gallois brathu'r enfa mordre le mors
Hongrois lelkesedni vmért éprouver de l'enthousiasme pour qqch
Italien avere il sacro fuoco avoir le feu sacré
Italien metterci anima e corpo/ Fare fuoco e fiamme y mettre tout son âme et son corps / Faire feu et flamme
Néerlandais het heilige vuur hebben / In vuur en vlam staan avoir le feu sacré / Être en feu et flamme
Roumain a avea focul sacru avoir le feu sacré
Slovène biti zagret être chauffé
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Commentaires sur l'expression « avoir le feu sacré » Commentaires

  • #21
    <inconnu>
    15/09/2009 à 11:56
    • En réponse à Rikske #20 le 15/09/2009 à 11:33 :
    • « A mon avis, Chirstian, le matin, il a plutôt une verge magnifique... 😉 »
    Ne n’ai pas osé la faire celle-ci.
  • #22
    chirstian
    15/09/2009 à 12:00
    • En réponse à Rikske #20 le 15/09/2009 à 11:33 :
    • « A mon avis, Chirstian, le matin, il a plutôt une verge magnifique... 😉 »
    quand je pense à Louisann,
    je flamme, je flamme,
    quand j’pense à félicie
    je brûle aussi ...
  • #23
    chirstian
    15/09/2009 à 12:10
    la sorcière fut condamnée au bûcher pour y être toute feue toute flamme : il ne faut pas jouer avec les amulettes !
  • #24
    chirstian
    15/09/2009 à 12:24*
    • En réponse à tytoalba #6 le 15/09/2009 à 08:13 :
    • « les vestales, qui, chargées d’entretenir le feu du temple, devaient faire voeu de chasteté et mourraient enterrées vivantes si jamais elles... »
    les vestales, qui, chargées d’entretenir le feu du temple, devaient faire voeu de chasteté et mourraient enterrées vivantes si jamais elles rompaient leur voeu.
    bon, je me réveille et vais même me permettre de contredire Syanne sur ce coup !
    Le conditionnel serait imaginable en regardant seulement la fin de la phrase : si jamais elles rompaient leur voeu, les vestales mourraient ... La concordance de temps n’est pas évidente, mais bon !...
    Oui mais ... Dans le cas présent il y a un "et" qui vient tout fausser parce qu’il rattache "mourraient" à "devaient faire". Je vois mal dans ces conditions comment les deux verbes ainsi coordonnés pourraient être, l’un à l’indicatif et l’autre au conditionnel.
    Outre "et mouraient" on aurait pu avoir " devaient faire... et mourir..."
    Merci ma petite mouche, tu peux t’envoler !
  • #25
    God
    15/09/2009 à 12:51*
    • En réponse à chirstian #24 le 15/09/2009 à 12:24* :
    • « les vestales, qui, chargées d’entretenir le feu du temple, devaient faire voeu de chasteté et mourraient enterrées vivantes si jamais elles... »
    Merci ma petite mouche, tu peux t’envoler !

    Ah !? Parce qu’elle encore en vie après ce que tu viens de lui faire subir ? 😉
    J’opte effectivement pour trop d’air. Et vais en enlever.
  • #26
    momolala
    15/09/2009 à 13:00
    • En réponse à chirstian #24 le 15/09/2009 à 12:24* :
    • « les vestales, qui, chargées d’entretenir le feu du temple, devaient faire voeu de chasteté et mourraient enterrées vivantes si jamais elles... »
    Je ne partage pas ton avis, tant pis pour la mouche. En effet, la concordance des temps ne vaut que dans la seconde relative "et (qui) mourraient... si ". Si la proposition commençant par si avait été mise en apposition dans ce groupe coordonné, cette concordance ne te choquerait pas. Cependant, grammaticalement, rien n’aurait été changé. Donc God, n’enlève pas d’air, surtout par ce temps de H1N1 !
  • #27
    PHILO_LOGIS
    15/09/2009 à 13:37*
    • En réponse à momolala #26 le 15/09/2009 à 13:00 :
    • « Je ne partage pas ton avis, tant pis pour la mouche. En effet, la concordance des temps ne vaut que dans la seconde relative "et (qui) mourr... »
    Et moi, chais pas pourquoi - solidité solidarité masculine sans doute - je pense que Chirstian a raison.
  • #28
    <inconnu>
    15/09/2009 à 13:47
    Ce débat ne manque pas d’air.
    Je ne savais pas que l’on pouvait faire autant de contributions autour d’une tournure de phrase. Décidément ce site est épatant. Et ne m’en demand é pas tant, je ne sais pas qui a raison.
  • #29
    tytoalba
    15/09/2009 à 13:49
    • En réponse à PHILO_LOGIS #27 le 15/09/2009 à 13:37* :
    • « Et moi, chais pas pourquoi - solidité solidarité masculine sans doute - je pense que Chirstian a raison. »
    je pense que Cirstian a raison.
    Tu as raison, après avoir enlevé le R, il faut enterrer la H. 😄
    N’est-il pas étonnant de constater qu’une fois de plus les femmes et les hommes ne sont pas d’accord. 😉
  • #30
    mickeylange
    15/09/2009 à 13:55
    • En réponse à <inconnu> #28 le 15/09/2009 à 13:47 :
    • « Ce débat ne manque pas d’air.
      Je ne savais pas que l’on pouvait faire autant de contributions autour d’une tournure de phrase. Décidément... »
    Ce site devrait avoir pour Saint patron Érasme pour son Éloge de la folie.
    Le problème c’est qu’Érasme et les grammairiens c’étaient pas des copains 😉
  • #31
    God
    15/09/2009 à 14:18
    • En réponse à momolala #26 le 15/09/2009 à 13:00 :
    • « Je ne partage pas ton avis, tant pis pour la mouche. En effet, la concordance des temps ne vaut que dans la seconde relative "et (qui) mourr... »
    T’op ta’d !
  • #32
    momolala
    15/09/2009 à 14:23
    • En réponse à God #31 le 15/09/2009 à 14:18 :
    • « T’op ta’d ! »
    Je p’oteste en tant qu’asthmatique mais je m’incli’e.
  • #33
    Rikske
    15/09/2009 à 14:24*
    • En réponse à momolala #32 le 15/09/2009 à 14:23 :
    • « Je p’oteste en tant qu’asthmatique mais je m’incli’e. »
    Tu ’oules les "n", mainant ? 😉
  • #34
    momolala
    15/09/2009 à 15:24
    • En réponse à Rikske #33 le 15/09/2009 à 14:24* :
    • « Tu ’oules les "n", mainant ? 😉 »
    Je la ’oule dans la fa’i"e la "n" !
  • #35
    SyntaxTerror
    15/09/2009 à 15:35
    • En réponse à chirstian #23 le 15/09/2009 à 12:10 :
    • « la sorcière fut condamnée au bûcher pour y être toute feue toute flamme : il ne faut pas jouer avec les amulettes ! »
    Ah, il y en a bien un qui a pensé à Jeanne d’Arc qui avait le feu sacré et qui a fini tout feu, tout flamme.
    Comme disait Paul, 1ère épitre aux Corinthiens, chapitre 7, verset 9 :
    il vaut mieux se marier que de brûler.
    Voui, me revoici après avoir passé la journée d’hier à comtempler le travail que mes collègues ont bien voulu me laisser ...
  • #36
    SagesseFolie
    15/09/2009 à 15:42*
    • En réponse à PHILO_LOGIS #27 le 15/09/2009 à 13:37* :
    • « Et moi, chais pas pourquoi - solidité solidarité masculine sans doute - je pense que Chirstian a raison. »
    Et moi, chais pas

    Comme sur la Côte d’Azur il fait un sale temps pour les mouches, je vais, d’un coup de filo folie, continuer sur la lancée de Chirstian.
    Notre Filou international est bien connu pour son amour des contractions. Spa Filo ? En général j’aime bien : la contraction, c’est cool, ça donne l’air décontracté.
    Pourtant quand on y pense "spa" c’est pas ce n’est pas évident à prononcer !
    Il y a deux consonnes S et P, une fricative et une occlusive, ce qui fait une affriquée qui, et c’est bien connu, demande beaucoup plus d’énergie.
    C’est comme "qu’tu", très dur à dire "qu’tu".
    Pas étonnant qu’il ait souvent l’air énervé le filo. 🙂
    Revenons à la citation du début. Pourquoi la contraction "moi chais pas" me choque-t-elle ?
    Je vais essayer de me répondre, car pour l’instant je n’en sais rien. Ce n’est pas du tout l’association "chais pas" de la fricative chuintée "ch" avec l’occlusive bilabiale "p". Remarquez que "p" est une occlusive bilabiale sourde : "Tu m’entends Pépé ?"
    Au contraire les bilabiales c’est plutôt amusant, les deux lèvres qui applaudissent, comme quand je dis "ma chérie", comme "chemin", on ne peut pas se faire de mal en "cheminant".
    Même un "chenapan" ça ne fait rien de vraiment mal, même un "chenapan mal mouché".
    Et voilà la mouche m’a donné la réponse ! C’est l’association "moi chais" que je trouve moche. 😐
    Quel est le rapport avec l’expression du jour ? Me demandez-vous.
    Mais il est évident. Le rapport c’est le chenapan ! Car avoir un chenapan c’est avoir un sacré fils. Ce qui demande, en plus de sacrifices, d’avoir le feu sacré. 😉
  • #37
    SyntaxTerror
    15/09/2009 à 15:43
    • En réponse à PHILO_LOGIS #4 le 15/09/2009 à 06:51 :
    • « Bien le bonjour à notre Louisann nationale, qui chevauce quotidiennement sa petite Vestale rose... Comment? Ce n’est pas une Vestale?... A... »
    Ah, non, les Anglais n’ont jamais été foutus de constuire de scooters !
    Leurs motos sont admirables, bien qu’on passe plus de temps à rajouter de l’huile et à changer les pièces qu’ à rouler, mais la (le ?) Vespa, c’est italien sinon ça serait appelé Wasp (protestant blanc anglo-saxon)
  • #38
    SyntaxTerror
    15/09/2009 à 15:45
    • En réponse à SagesseFolie #36 le 15/09/2009 à 15:42* :
    • « Et moi, chais pas
      Comme sur la Côte d’Azur il fait un sale temps pour les mouches, je vais, d’un coup de filo folie, continuer sur la lancé... »
    Allez, j’t’invite à dèj’ner !
  • #39
    SyntaxTerror
    15/09/2009 à 15:54
    • En réponse à momolala #34 le 15/09/2009 à 15:24 :
    • « Je la ’oule dans la fa’i"e la "n" ! »
    Pou’quoi tant de "n" ?
  • #40
    <inconnu>
    15/09/2009 à 16:07
    • En réponse à momolala #34 le 15/09/2009 à 15:24 :
    • « Je la ’oule dans la fa’i"e la "n" ! »
    Air et haine et hache so’t trois lettres i’dispe’sables à la compré’e’sio’ de ‘os co’tributio’s.