Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

L'Arlésienne

Celle / celui / l'action qu'on attend et qui ne vient jamais.
Une chose dont on parle mais qui n'arrive ou ne se produit jamais.

Origine

On sait qu'une Arlésienne est une habitante de la ville d'Arles, dans les Bouches-du-Rhône, en Provence. Mais les Arlésiennes ont-elles l'habitude de poser des lapins à ceux qui les attendent, au point que c'en est devenu une expression ?
Eh bien on ne peut pas vraiment généraliser, car ici c'est d'une Arlésienne bien particulière qu'il est question.
On la doit à Alphonse Daudet qui la fait apparaître dans un conte en 1866 (), avant qu'il soit mis en musique six ans plus tard par Georges Bizet dans un opéra où le personnage qui lui donne son titre n'apparaît jamais sur scène.
Dans cette histoire, un jeune homme, Jan, veut épouser une jeune Arlésienne dont il est tombé amoureux après l'avoir rencontrée une seule fois. Des fiancailles, une grande fête, sont même organisées, mais en l'absence de la 'fiancée'.
Puis, au cours de la soirée, un homme arrive qui lui indique ainsi qu'à son père que la fille était sa promise et n'était qu'une 'coquine'.
Désespéré Jan devient longtemps taciturne puis, pour donner le change à sa famille, fait la fête mais sans oublier pour autant sa belle. Il finit par se suicider sous les yeux de sa mère.
C'est de cette personne attendue sans cesse et qui ne vient pas que, par extension, l'Arlésienne a fini par désigner toute personne ou chose qu'on attend et qui ne se présente ou n'arrive jamais.

Exemple

« Un ministre qui joue l'Arlésienne en banlieue. Attendu à Argenteuil, Sarkozy s'inquiète des conditions de son retour sur la dalle. »
Titre et sous-titre d'un article de Libération - 26 février 2007

Ailleurs

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Pays Langue Expression équivalente Traduction littérale
Arabe Arabe موعد عرقوب Rendez-vous de Ourkoub
Pays de Galles Gallois Y mab darogan Le fils prophétisé
Allemagne Allemand Warten, bis man schwarz wird Attendre jusqu’à devenir noir
Angleterre Anglais A pipe dream Un rêve de pipe
Angleterre Anglais Waiting for Godot En attendant Godot
Espagne Espagnol Dar las uvas Donner les raisins
Espagne Espagnol El cuento de la buena Pipa Le conte de la bonne Pipa
Belgique Néerlandais De paashaas Le lapin de Pâques
Pays-Bas Néerlandais Luchtbespiegeling Mirage
Pays-Bas Néerlandais Onzichtbaar personage Personnage invisible
Pays-Bas Néerlandais Wachten tot je een ons weegt Attendre jusqu'à ce qu'on pèse une once
Pays-Bas Néerlandais Wachten tot Sint Juttemis Attendre jusqu'à la Saint Juttemis (Saint qui n'existe pas)
Brésil Portugais O dia de São Nunca ! La journée de Saint-Jamais !
Roumanie Roumain La pastile cailor Aux Pâques des chevaux
Roumanie Roumain La Sfântul A?teapt? Au Saint Attends
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Commentaires sur l'expression « L'Arlésienne » Commentaires

  • #1
    • Elpepe
    • 18/07/2007 à 00:35*
    Mêêêêê ! On dirait la description de God, là, non ?
    Bon, va falloir qu’on fasse une Convention.l’Arlésienne à Puyricard, une fois ! Qu’on amène un tonnelet de rillettes et un autre de triple Westmalle, le Madiran et les magrets, les guitares, la maquette de l’éditeur de partoche confectionnée avec des boîtes à chapeaux et du ruban adhésif, la clé de 12, les fagots et les bouteilles planquées derrière, un Duneton en cunéiforme, une caisse de trirèmes et une autre de Beaujolpif, des frites au bout de piques pour que les Belges aient des sucettes, la fenêtre d’Expressio donnant sur la mer, le recueil du Contrepet-Amiral, Chirstian pieds et poings liés au fond d’une malle ficelée sur le scooter rose de qui-vous-savez (kif-kif dans "Le Cerveau), Béru et Pinuche pour la sécurité, pas qu’on tombe aux mains d’un commando aux noirs desseins, Momolala, Cotentine et mon Eureka d’amour avec leurs blancs-seings, une autre malle remplie de casquettes pour Rikske, Borikito en éclaireur avec des fusées-parachute éclairantes fournies par l’Amirauté, putaing cong !
    Et là, on va ’oir ça qu’on va ’oir, la purée de lui, dis...
  • #2
    • <inconnu>
    • 18/07/2007 à 00:40
    Je ne comprends pas, pourtant la femme est ficelle… cousue de fils blancs. Pauvre homme victime des caprices de la garce. Cèpes Arles lait pour ne rien dire que de penser qu’une promesse n’engage que ceux qui les écoutent ? Voir ou ne pas voir l’Arlésienne, bah, c’est du figuratif branlant… au moins au niveau du mental. Ensuite, c’est s’étouffer d’orgueil.
  • #3
    • cotentine
    • 18/07/2007 à 03:23
    • En réponse à Elpepe #1 le 18/07/2007 à 00:35* :
    • « Mêêêêê ! On dirait la description de God, là, non ?
      Bon, va falloir qu’on fasse une Convention.l’Arlésienne à Puyricard, une fois ! Qu’on am... »
    Anagramme de l’arlésienne ? = Les Nain réel 😄
    moi, je n’insinue pas que ce pourrait être God ... ce ne sont que des lettres endésordre !
  • #4
    • momolala
    • 18/07/2007 à 06:29
    Ben, Jan aurait mieux fait, comme l’Heureux de Joachim, qui comme Ulysse de faire un long voyage avant de REvenir vivre entre ses parents le reste de son âge. Il aurait voyagé dessus la mer salée avec Pépé, et surtout rencontré la petite Lili de Brest que connut si bien Chirstian. Sachant ce que cachaient les jupons d’une Bretonne, il ne se serait pas suicidé devant sa manman pour une Arlésienne vue une fois. C’est vraiment un conte, cette histoire. Mais c’est tellement empreint de poésie et d’émotion, surtout sur la musique de Bizet qu’on peut s’y laisser attacher.
    Belle journée à tous !
  • #5
    • <inconnu>
    • 18/07/2007 à 07:17
    Ah l’Arlésienne ! Que de rêves on construit sur ton nom ! Te veut-on blonde, brune ou rousse ? Pourquoi non ? à cheveux longs, idées courtes, taille fine, hanches galbées, jambes longues, mollets ronds, te voilà créée ! Gare aux polissons qui voudraient te rencontrer : en rêve tu es belle, mais en réalité ?
  • #6
    • tytoalba
    • 18/07/2007 à 07:27
    • En réponse à <inconnu> #5 le 18/07/2007 à 07:17 :
    • « Ah l’Arlésienne ! Que de rêves on construit sur ton nom ! Te veut-on blonde, brune ou rousse ? Pourquoi non ? à cheveux longs, idées courtes... »
    c’est Barbie que tu nous décris. Celle dont on dit que si elle existait vraiment dans les proportions de la poupée, ce serait un monstre. Bonne journée à tous et toutes.
  • #7
    • flexique
    • 18/07/2007 à 08:00
    Heureusement que contrairement à l’Arlésienne, notre "God Haut" est là tous les matins… Inutile de l’attendre, qu’il en soit remercié.
  • #8
    • chirstian
    • 18/07/2007 à 08:56
    l’Arlésienne a fini par désigner toute chose qu’on attend et qui n’arrive jamais.
    comme par exemple liberté, égalité ou fraternité" ?
  • #9
    • chirstian
    • 18/07/2007 à 09:53
    tragique destin que celui de cette femme dont on ne sait même pas le nom, que personne n’a jamais vu, et qui fut accusée en son absence, sans que son fiancé prenne la peine de la rencontrer pour avoir une explication. Malheureuse jeune fille, à jamais condamnée par l’opinion publique alors qu’elle avait donc rompue avec un gars fallôt et mauvais joueur, calomniateur de bas étage, pour s’amouracher d’un fils à papa, sans volonté ni personnalité et dont la famille Esteve n’a pas voulu croire un seul instant à un amour qui était sans doute véritable !
    La question reste posée : cette femme était-elle de l’arlésienne ou du cochonlésienne ?
    La même histoire réécrite aujourd’hui : le fils aurait égorgé ses parents, mis le feu au mas, il aurait sauté l’arlésienne (présente dans tous les plans du film) avant, pendant et après l’incendie. Elle aurait fini pute à Brest et lui député de la 5° d’Arles. Et on n’en aurait pas autant parlé !
  • #10
    • lusoko
    • 18/07/2007 à 10:14
    l’Arlesienne est de Frederic Mistral, et non d’Alphonse Daudet.
  • #11
    • cotentine
    • 18/07/2007 à 10:28*
    • En réponse à lusoko #10 le 18/07/2007 à 10:14 :
    • « l’Arlesienne est de Frederic Mistral, et non d’Alphonse Daudet. »
    tu ne confondrais pas avec "Mireille", par hasard ? (mis en musique par Gounod) 😉
    Mistral a crée une école littéraire(le " Félibrige"), en 1854, avec six autres auteurs ardents défenseurs de la langue provençale.
    La signification de Félibrige n’est pas clairement définie. Il pourrait s’agir de celui qui fait des livres, ou de ce qui rend libre. En latin, libra signifie aussi balance symbole de justice. Mistral précise qu’il trouva le terme de félibre au cours de la lecture d’une ancienne poésie dans laquelle la Vierge Marie explique avoir trouvé son fils dans le temple, parmi les sept félibres de la loi (les sept poètes ?).
    Le mot Félibrige fut créé pour désigner à la fois l’oeuvre et l’association.
    En fait, en optant pour le conservatisme linguistique, notre cher Provençal désire créer une sorte d’équilibre ; il tente de trouver le juste milieu entre le modernisme vers lequel on tend inéluctablement, et la qualité de vie qu’il a connue. Le Félibrige doit contribuer à promouvoir et défendre le patrimoine naturel de la Provence ainsi qu’à empêcher l’extinction de la langue occitane qui a déjà disparu des grandes villes.
    En 1859, Mistral monte à Paris présenter ses écrits à Lamartine.
    À la suite de cette visite, Mistral publie « Mireille » (Miréio), un poème épique de douze chants. Son livre est salué par le monde entier, et par certains comme un chef-d’oeuvre. Quelques années plus tard, l’adaptation lyrique de Charles Gounod, fera de Mireille un véritable monument mondial.
    Frédéric Mistral et un de ses amis, Alphonse Daudet, se rencontrent souvent (Mistral était l’aîné de Daudet, de dix ans) et l’admiration de Daudet pour ce grand poète n’a pas de limite. Certains avancent que Daudet et Mistral se fâchent à la suite de L’Arlésienne écrite par Daudet. En effet, le cousin de Mistral se suicide en 1862, en se jetant de la fenêtre du mas du Juge où réside la famille, Mistral évoque cet épisode douloureux avec son ami Alphonse Daudet. Ce dernier s’en inspire largement pour écrire L’Arlésienne, ce qui déplaira à Mistral.
  • #12
    • Elpepe
    • 18/07/2007 à 11:18
    • En réponse à lusoko #10 le 18/07/2007 à 10:14 :
    • « l’Arlesienne est de Frederic Mistral, et non d’Alphonse Daudet. »
    Haro sur le Daudet ? Tartare, hein ! 😄
    Bonjour bonjour, les gosses. Bon, je vois qu’y en a d’autres qui nous jouent l’Arlésienne, aujourd’hui...
  • #13
    • Elpepe
    • 18/07/2007 à 11:22
    • En réponse à chirstian #9 le 18/07/2007 à 09:53 :
    • « tragique destin que celui de cette femme dont on ne sait même pas le nom, que personne n’a jamais vu, et qui fut accusée en son absence, san... »
    on n’en aurait pas autant parlé

    Il faut dire qu’en ce milieu XIXe, ils n’avaient pas TF1, les pauvres !
  • #14
    • Elpepe
    • 18/07/2007 à 12:03*
    - Lis l’âne, René.
    - Lier la senne.
    - Rien en salle.
    - L’Erne lésina.
    - Rêne en lilas.
    - Arsène ! Le Nil !
    - Le sil à renne.
    - Ne lèse l’Iran.
    - Seller Annie...
    - Saler Lénine.
    - René nasille 😄
    Anna Gramme
  • #15
    • Jonayla
    • 18/07/2007 à 12:43
    • En réponse à flexique #7 le 18/07/2007 à 08:00 :
    • « Heureusement que contrairement à l’Arlésienne, notre "God Haut" est là tous les matins… Inutile de l’attendre, qu’il en soit remercié.... »
    Si ça se trouve, Godot et l’Arlésienne sont les parents de l’homme invisible 🙂
  • #16
    • <inconnu>
    • 18/07/2007 à 12:44
    • En réponse à chirstian #9 le 18/07/2007 à 09:53 :
    • « tragique destin que celui de cette femme dont on ne sait même pas le nom, que personne n’a jamais vu, et qui fut accusée en son absence, san... »
    Ton scénario est désopilant !
  • #17
    • <inconnu>
    • 18/07/2007 à 12:46*
    • En réponse à tytoalba #6 le 18/07/2007 à 07:27 :
    • « c’est Barbie que tu nous décris. Celle dont on dit que si elle existait vraiment dans les proportions de la poupée, ce serait un monstre. Bo... »
    oh plutôt une Marilyn Monroe provençale ! Peut-être peut-on dire de Marilyn qu’elle était une poupée barbie ?
  • #18
    • Jonayla
    • 18/07/2007 à 12:49
    • En réponse à Elpepe #14 le 18/07/2007 à 12:03* :
    • « - Lis l’âne, René.
      - Lier la senne.
      - Rien en salle.
      - L’Erne lésina.
      - Rêne en lilas.
      - Arsène ! Le Nil !
      - Le sil à renne.
      - Ne lèse l’Ira... »
    On pourrait presque en faire une histoire 🙂
    Rien en salle, Rêne en lilas, Le sil à renne.
    - Arsène ! Le Nil !
    L’Erne lésina : seller Annie, Saler Lénine, Lier la senne... ?
    - Lis l’âne, René.
    René nasille, Ne lèse l’Iran.
    Bon d’accord, si c’est pour plagier, autant que je retourne voir Arles et les siennes 🙂
  • #19
    • <inconnu>
    • 18/07/2007 à 12:54
    • En réponse à chirstian #8 le 18/07/2007 à 08:56 :
    • « l’Arlésienne a fini par désigner toute chose qu’on attend et qui n’arrive jamais.
      comme par exemple liberté, égalité ou fraternité" ?... »
    Décidément ton humour m’éclate !
  • #20
    • <inconnu>
    • 18/07/2007 à 13:02*
    • En réponse à cotentine #11 le 18/07/2007 à 10:28* :
    • « tu ne confondrais pas avec "Mireille", par hasard ? (mis en musique par Gounod) 😉
      Mistral a crée une école littéraire(le " Félibrige"), en... »
    Puisqu’on évoque "Mireille" (l’Opéra) on peut en dire que c’est un des rôles - Mireille - le plus difficile à chanter : La Soprano est omniprésente, et doit chanter pendant près de 1 h 30, ce qui demande une sacrée énergie ! Ou une énergie d’enfer ! au choye !