Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

compte d'apothicaire [exp]

une facture exagérée ; un calcul compliqué dont les résultats n’ont aucun intérêt

Origine et définition

Ce n'est qu'au début du XIXe siècle que le terme pharmacien a remplacé celui d'apothicaire et, bizarrement, c'est au moment où ce mot a commencé à tomber en désuétude que notre expression est apparue.
À partir du milieu du XIVe siècle, le mot 'apothicaire' désignait un commerçant qui vendait des produits médicamenteux, mais aussi des produits rares, des épices ou des ingrédients comme le sucre, par exemple[1].
L'apothicaire était un personnage qui préparait, vendait et administrait des médications. Il devait donc avoir des connaissances avancées aussi bien en médecine qu'en ingrédients susceptibles d'entrer dans la composition des drogues qu'il fabriquait ; c'est pourquoi le savoir de cet homme érudit impressionnait très souvent ses clients.
Profitant de l'admiration qu'il suscitait, il se permettait de vendre ses remèdes par petites quantités et très cher, n'hésitant pas à gruger plus ou moins les petites gens dont certains, devenus méfiants, n'hésitaient pas à négocier le compte de l'apothicaire ou le calcul du prix à payer, avant de le régler.
[1] Preuve que l'apothicaire ne vendait pas que des remèdes, la locution du XVIe siècle maintenant disparue "un apothicaire sans sucre" désignait une personne ne disposant même pas du minimum pour pouvoir exercer correctement sa profession.

Exemples

« Les étrangers se plaignent amèrement du manque de probité qui les rend dupes de tous les marchés qu'ils font. Les marchands surfont indignement, et même, après marché fait, rabattent encore. L'on rabat cinquante pour cent sur un compte d'apothicaire, c'est une chose reçue ; mais les Anglais prennent tous les comptes pour des comptes d'apothicaires, vont trop loin et se font appeler ladri, par ceux mêmes qui sont fort aises d'avoir leur pratique. »
Louis Simond - Voyage en Italie et en Sicile
« Cependant, l'apothicaire ayant présenté un compte de 800 livres sterling (19,200 fr.), le malade a trouvé cette somme exorbitante, et l'affaire a été portée devant les tribunaux. [...] Les médecins et les juges n'ont pu s'empêcher de rire en écoutant les détails de ce singulier régime ; cependant justice a été faite et le compte d'apothicaire fut réduit à moitié. »
Adolphe Biquet - Histoire des fous célèbres, extravagants, originaux...

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand apothekenpreise mpl prix d'apothicaire
Anglais careful accounting une comptabilité circonspecte
Anglais (USA) a padded bill une facture rembourrée
Anglais (USA) complicated calculations calculs compliqués
Arabe (Tunisie) sbissariya sbissariya
Espagnol (Argentine) una cuenta / una factura dibujada un compte / une facture dessiné
Espagnol (Espagne) fer comptes minuciosos comptes minutieux
Espagnol (Espagne) las cuentas del Gran Capitán les comptes du Grand Capitaine
Hongrois borsos számla compte poivré
Italien un conto salato un compte salé
Néerlandais een gepeperde rekening une note salée
Néerlandais een opgefokte rekening un compte poussé
Néerlandais een pittige rekening une addition salée
Néerlandais een rekening met de vork schrijven écrire un compte avec une fourchette
Portugais (Brésil) uma conta astronômica un compte astronomique
Roumain o notă piperată un compte poivré
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Variantes

  • Un compte d'urticaire
  • Un comte du petit Caire.

Commentaires sur l'expression « compte d'apothicaire » Commentaires

  • #41
    chirstian
    16/09/2008 à 13:01
    dans les comptes d’apothicaires les dés sont pipés. Les comprendre, c’est plus fort que de jouer au bouchon.
  • #42
    Elpepe
    16/09/2008 à 13:03
    • En réponse à mickeylange #39 le 16/09/2008 à 12:43 :
    • « Tu veux dire ta facture d’Ancre, probablement. »
    Non, là, c’est moi qui facture. Car je ne jette pas l’ancre par les fenêtres (y’en a pas, sur les rafiots), mais par l’écubier, moussaillon. Collé samedi !
    Ceci dit, belle abbesse, ceci dit (qui n’est pas catholique), je sens que la tienne va être assaisonnée à souhait. Prépare ta mornifle, tu vas morfler en grand.
    Cochon de payant ! Tiens, la "taxe pique-nique" à laquelle tu auras droit, dès que tu vas ressortir ton barbecue, c’est une invention belge ! Un beau "concept", vraiment, pour lequel si t’es pas énarque, tu peux pas comprendre. Merci, les aminches... Chez nous, on pique les idées foireuses des autres, et on nique à tout-va. Le tribuable sommateur, s’entend.
  • #43
    mickeylange
    16/09/2008 à 13:16*
    • En réponse à Elpepe #42 le 16/09/2008 à 13:03 :
    • « Non, là, c’est moi qui facture. Car je ne jette pas l’ancre par les fenêtres (y’en a pas, sur les rafiots), mais par l’écubier, moussaillon.... »
    la "taxe pique-nique"

    Tu veux parler de la taxe sur le salon rose ?
  • #44
    Elpepe
    16/09/2008 à 13:18
    • En réponse à mickeylange #40 le 16/09/2008 à 12:50* :
    • « INVITATION
      SagesseFolie vous convie à 13 heures à venir partager les restes du Lion dont il n’a mis que la tête en @ 23, le reste étant au... »
    Boit-sans-soif ! Jouisseur ! Développeur non durable ! Tu n’as pas honte ? Mais tu as bouffé du lion, ou quoi ?
  • #45
    mickeylange
    16/09/2008 à 13:21
    • En réponse à Elpepe #44 le 16/09/2008 à 13:18 :
    • « Boit-sans-soif ! Jouisseur ! Développeur non durable ! Tu n’as pas honte ? Mais tu as bouffé du lion, ou quoi ? »
    Bachi-bouzouk, ectoplasme, tonnerre de brest... marinier !!! et toc
  • #46
    Elpepe
    16/09/2008 à 13:28
    • En réponse à mickeylange #43 le 16/09/2008 à 13:16* :
    • « la "taxe pique-nique"
      Tu veux parler de la taxe sur le salon rose ? »
    Dans ma préparation du budget 2009 d’Expressio, j’ai prévu la création d’une taxe pour l’utilisation du salon rose : 12 Zlotis les 12 minutes. Bercy beaucoup.
  • #47
    <inconnu>
    16/09/2008 à 13:50*
    • En réponse à mickeylange #40 le 16/09/2008 à 12:50* :
    • « INVITATION
      SagesseFolie vous convie à 13 heures à venir partager les restes du Lion dont il n’a mis que la tête en @ 23, le reste étant au... »
    Avec vos histoires de manger et de lion, vous m’avez fait penser à une des histoires préférées de Coluche. Il adorait la raconter et je vais le faire en son hommage (en espérant ne vexer personne : ce n’est qu’une blague et j’en connais plein qui se moquent de mon propre métier*).
    Mes excuses à tous ceux (celles) qui la connaissent déjà.
    Devinette : Quelle est la différence entre un CRS ordinaire et un lion qui n’a pas mangé depuis deux jours ?
    Réponse : Le CRS ordinaire est un vrai con alors que le lion est un fauve à jeun. 😄
    *Devinette : Quelle est la différence entre les profs et les hémorroïdes ?
    Réponse : Il n’y en a pas : les deux sortent du corps en saignant . 😄
  • #48
    <inconnu>
    16/09/2008 à 13:52
    bonjour,
    ce qui constitue les tarifs des carburants relève aussi de cette expression !!!
  • #49
    Elpepe
    16/09/2008 à 13:57
    • En réponse à <inconnu> #48 le 16/09/2008 à 13:52 :
    • « bonjour,
      ce qui constitue les tarifs des carburants relève aussi de cette expression !!! »
    Mais dis voir, Agronome, tu ne roules pas à l’huile de colza, toi ?
  • #50
    AnimalDan
    16/09/2008 à 14:07
    • En réponse à chirstian #17 le 16/09/2008 à 09:19* :
    • « pour moi, les comptes d’apothicaire (parce que je l’utilise surtout au pluriel) sont des comptes compliqués, mais je n’y introduisais pas c... »
    pour moi, les comptes d’apothicaire (parce que je l’utilise surtout au pluriel)

    Idem... mon premier réflexe a été d’aller regarder si l’expression originale était uniquement "singulière", de peur (rétrospective) d’un pataquès parental... ça se dit aussi au pluriel, ouf, l’honneur est sauf. Je ne l’avais jamais entendue que comme ça.
  • #51
    mickeylange
    16/09/2008 à 14:22*
    • En réponse à Elpepe #46 le 16/09/2008 à 13:28 :
    • « Dans ma préparation du budget 2009 d’Expressio, j’ai prévu la création d’une taxe pour l’utilisation du salon rose : 12 Zlotis les 12 minute... »
    Dis moi amiral, le salon "rose" qui est mainant taxé, il est réservé à ceux qui portent à gauche ?
    Si on fait des états généraux, et une consultation de la base, on peut peut être négocier non ?
  • #52
    Elpepe
    16/09/2008 à 14:27
    • En réponse à AnimalDan #50 le 16/09/2008 à 14:07 :
    • « pour moi, les comptes d’apothicaire (parce que je l’utilise surtout au pluriel)
      Idem... mon premier réflexe a été d’aller regarder si l’exp... »
    Ben mon colon, s’ils s’y mettent à plusieurs, on est dans la mouscaille !
    D’ailleurs, on l’est, et pas près d’en décambuter...
  • #53
    Elpepe
    16/09/2008 à 14:27
    • En réponse à mickeylange #51 le 16/09/2008 à 14:22* :
    • « Dis moi amiral, le salon "rose" qui est mainant taxé, il est réservé à ceux qui portent à gauche ?
      Si on fait des états généraux, et une con... »
    Non.
  • #54
    mickeylange
    16/09/2008 à 14:33
    • En réponse à Elpepe #53 le 16/09/2008 à 14:27 :
    • « Non. »
    Tu refuses les états généraux et la discussion, le peuple appréciera !!!
    Ah ça ira, ça ira l’amiral à la lanterne.....
  • #55
    Elpepe
    16/09/2008 à 14:37
    • En réponse à mickeylange #54 le 16/09/2008 à 14:33 :
    • « Tu refuses les états généraux et la discussion, le peuple appréciera !!!
      Ah ça ira, ça ira l’amiral à la lanterne..... »
    Tu n’as donc toujours pas intégré le concept de démocratie participative, toi ! Bon, je peux te donner des cours particuliers là-dessus, à tarif préférentiel, évidemment. Entre disciples de God, hein ?
  • #56
    mickeylange
    16/09/2008 à 14:42*
    • En réponse à Elpepe #55 le 16/09/2008 à 14:37 :
    • « Tu n’as donc toujours pas intégré le concept de démocratie participative, toi ! Bon, je peux te donner des cours particuliers là-dessus, à t... »
    Si, je connais, c’est le contraire de l’exploitation de l’homme par l’homme.
    La dictature c’est ferme ta gueule, la démocratie cause toujours.
  • #57
    mickeylange
    16/09/2008 à 14:46*
    • En réponse à Elpepe #55 le 16/09/2008 à 14:37 :
    • « Tu n’as donc toujours pas intégré le concept de démocratie participative, toi ! Bon, je peux te donner des cours particuliers là-dessus, à t... »
    Entre disciples de God

    Les disciples de God sont des apôtres qui font des contes d’apôtricaires.
  • #58
    SyntaxTerror
    16/09/2008 à 16:03
    À partir du milieu du XIVe siècle, le mot ’apothicaire’ désignait un commerçant qui vendait des produits médicamenteux, mais aussi des produits rares, des épices ou des ingrédients comme le sucre, par exemple

    Le sucre était un ingrédient ... comme le poivre, surnom donné par Pierre Desgraupes à un journaliste connu.
    Le sucre venait de très loin et on utilisait surtout le miel pour adoucir les aliments. Ce n’est qu’après le blocus continental et la transformation de la Picardie en champ de betteraves que le sucre est devenu autochtone et abondant. Son prix ne justifiait plus de prendre la tête à l’apothicaire.
    Salut à JeanLeLion.
    the lions sleeps tonight oh wimoweh.
  • #59
    Elpepe
    16/09/2008 à 16:34
    • En réponse à mickeylange #57 le 16/09/2008 à 14:46* :
    • « Entre disciples de God
      Les disciples de God sont des apôtres qui font des contes d’apôtricaires. »
    Enfin une remarque sensée ! 😄
  • #60
    Elpepe
    16/09/2008 à 16:49
    • En réponse à SyntaxTerror #58 le 16/09/2008 à 16:03 :
    • « À partir du milieu du XIVe siècle, le mot ’apothicaire’ désignait un commerçant qui vendait des produits médicamenteux, mais aussi des produ... »
    Ah, le fameux poivre d’ar goat, qui ne manquait pas de sel d’ar mor ? Ou l’inverse, mais ça fait nettement moins vraisemblable. De toute façon, comme écrivain, il est parfaitement imbuvable. Comme journaliste, il lui arrivait d’être farce. Et il savait se sucrer, le bougre !