Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

porter sur les fonts baptismaux [v]

lancer quelque chose qui existait déjà mais était inconnu du grand public ; mettre en oeuvre quelque chose qui existait déjà mais était inconnu du grand public ; faire connaître quelque chose qui existait déjà mais était inconnu du grand public ; être à l'origine de ; provoquer l'avènement de

Origine et définition

Si, poussé par une saine curiosité, vous feuilletez des dictionnaires français récents, vous ne trouverez rien à font (mot qui vient du latin fons pour « fontaine » ou « source »).
Et, très bizarrement, vous trouverez l'entrée fonts qui, étant toujours associée à baptismaux, indique bien un syntagme au pluriel pour lequel vous aurez une définition au singulier du genre « cuve qui sert à recevoir l'eau du baptême ». Voilà qui est fort singulier, non ?
C'est au IIe siècle que Quintus Septimus Florens Tertullianus, dit Tertullien, a écrit : « On ne naît pas chrétien, on le devient ».
Et, effectivement, ce n'est qu'après avoir été présenté aux fonts baptismaux, donc après avoir été baptisé, pour les confessions qui pratiquent le baptême par aspersion et non par immersion, qu'un individu devient officiellement chrétien, à un âge variable selon l'église (pour les catholiques, c'est généralement le jeune enfant qui est baptisé, mais dans d'autres confessions, le baptême doit être volontaire, décidé par la personne ; il intervient donc beaucoup plus tard).
Si la version avec son sens propre existe depuis le début du XIXe siècle (le parrain ou la marraine porte son filleul sur les fonts baptismaux pour le faire baptiser), c'est cette « naissance chrétienne » d'une personne pourtant déjà bel et bien née depuis un moment qui, au figuré, a donné notre expression avec le sens indiqué qui s'applique à la naissance publique de quelque chose qui a été préparé dans l'ombre ou qui existait déjà, mais n'était pas largement connu.

Exemples

« L'épopée de Jeanne a ainsi contribué non seulement à "bouter" les Anglais hors de France, mais aussi à faire naître la toute jeune nation française et à la porter sur les fonts baptismaux de l'Histoire. »
Christian Amalvi - Les héros de l'histoire de France - 1979

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand aus der Taufe heben
Allemand etw. ans Licht bringen mettre qc.à la lumière
Anglais to make a household name faire de un nom connu dans les foyers
Anglais to put on the map placer sur la carte
Anglais to sponsor parrainer
Anglais (USA) to bring to light porter à la lumière
Danois kaste lys over noget mettre qc. à la lumiére
Espagnol (Espagne) sacar a la luz faire la lumière sur quelque chose
Espagnol (Espagne) Poner en el candelero Mettre sur le chandelier
Espagnol (Espagne) Poner a la vista / Poner a la vista de todos Mettre en vue / Mettre en évidence
Hongrois fényt deríteni valamire mettre qc. à la lumière
Italien portare alla luce del sole porter à la lumière du soleil
Néerlandais (Belgique) boven het doopvont houden tenir au-dessus des fonts baptismaux
Néerlandais iets wereldkundig maken faire connaître quelque chose au monde
Portugais (Brésil) trazer à baila apporter à propos
Roumain A aduce în luminile rampei Porter aux lumières de la rampe
Roumain A aduce la lumină Porter à la lumière
Turc açığa çıkarmak dévoiler
Ajouter une traduction

Si vous souhaitez savoir comment on dit « porter sur les fonts baptismaux » en anglais, en espagnol, en portugais, en italien ou en allemand, cliquez ici.

Ci-dessus vous trouverez des propositions de traduction soumises par notre communauté d'utilisateurs et non vérifiées par notre équipe. En étant enregistré, vous pourrez également en ajouter vous-même. En cas d'erreur, signalez-les nous dans le formulaire de contact.


Commentaires sur l'expression « porter sur les fonts baptismaux » Commentaires

  • #1
    deLassus
    15/11/2011 à 04:18
    Lancer

    Puisque je suis le premier ce matin, je lance le débat sur le thème du jour.
    Débat... thème... Allez, soyez indulgents, il est encore tôt !
  • #2
    joseta
    15/11/2011 à 06:01*
    Les brigands, dans leur aire, parlaient de préparer leur prochain coup: c’était le bas thème de l’aire...
  • #3
    GenteGouyat24
    15/11/2011 à 06:58
    Le mot juste pour le baptème chrétien est "baptème par INFUSION".
    Oui, je sais, moi aussi j’ai pensé à la tisane la première fois, mais, après vérification, il se trouve que par "infusion" est le mot approprié.
  • #4
    BeeBee
    15/11/2011 à 07:04
    Notre Godemichou adoré a bien porté sur les fonts baptismaux ce meeeeerveilleux site : 30000 et quelques abonnés et maintenant la version papier ! C’est la gloire interplanétaire, non ? 😄
  • #5
    joseta
    15/11/2011 à 07:23
    Les académiciens, dans le fond, batissent mots. 😐
  • #6
    PHILO_LOGIS
    15/11/2011 à 07:51
    • En réponse à GenteGouyat24 #3 le 15/11/2011 à 06:58 :
    • « Le mot juste pour le baptème chrétien est "baptème par INFUSION".
      Oui, je sais, moi aussi j’ai pensé à la tisane la première fois, mais, apr... »
    Est-ce pour cela que l’on parle de science infuse*?
    Je croyais que c’était par opposition à la science diffuse*...
    Puis, si l’on continue, il y aurait la science senfuse*, puis la science milfuse*...
    *1-fuse, 10-fuse, 100-fuse, 1000-fuse, ...
    Comment, vous ne connaissez pas? C’est normal: c’est purement scientifique! 😄
  • #7
    PHILO_LOGIS
    15/11/2011 à 07:52*
    • En réponse à joseta #5 le 15/11/2011 à 07:23 :
    • « Les académiciens, dans le fond, batissent mots. 😐 »
    Les académiciens, dans le fond, batissent mots

    Et qui ne dix mots qu’on sent!
  • #8
    joseta
    15/11/2011 à 08:32
    « On ne naît pas chrétien, on le devient ».

    Faux!!
    Chrétien de Troyes
  • #9
    joseta
    15/11/2011 à 08:42
    • En réponse à PHILO_LOGIS #6 le 15/11/2011 à 07:51 :
    • « Est-ce pour cela que l’on parle de science infuse*?
      Je croyais que c’était par opposition à la science diffuse*...
      Puis, si l’on continue, i... »
    *1-fuse, 10-fuse, 100-fuse, 1000-fuse, ...

    Et 2000, si on re-fuse...
  • #10
    joseta
    15/11/2011 à 09:01
    • En réponse à GenteGouyat24 #3 le 15/11/2011 à 06:58 :
    • « Le mot juste pour le baptème chrétien est "baptème par INFUSION".
      Oui, je sais, moi aussi j’ai pensé à la tisane la première fois, mais, apr... »
    "baptème par INFUSION".

    Surtout quand le type baptisait sa maìtresse: c’était le baptème à ’l’amante’.
  • #11
    chirstian
    15/11/2011 à 09:34
    vous ne trouverez rien à font (mot qui vient du latin fons pour « fontaine » ou « source »).
    il y a un truc : car à font vous ne trouvez rien, mais carafon vous trouvez. De quoi remplir fons (la source). La mienne ? Cette citation de St Thomas Taquin : "ainsi fonts fonts fonts les petits baptistes mots".(Les pitres 2, chat pitre 3)
    Athées , mes frères d’incroyance, il ne faut jamais dire : fonts baptismaux je ne boirai jamais de tonneau.
  • #12
    chirstian
    15/11/2011 à 09:55
    avec le sens indiqué qui s’applique à la naissance publique de quelque chose qui a été préparé dans l’ombre ou qui existait déjà, mais n’était pas largement connu.
    cette définition m’échappe un peu ! Pour moi "porter sur les fonts baptismaux" , c’est parrainer, et au sens figuré, c’est assurer le lancement.
    Alors, oui, effectivement, quand on présente un enfant à l’Eglise, le jour de son baptême, on peut toujours dire qu’il a été "préparé dans l’ombre" ou "qu’il existait déjà, mais n’était pas largement connu" mais euh... bof !
    Je dirais par exemple que l’éditeur de God* -ou son attaché-presse- a porté son livre sur les fonts baptismaux en assurant son lancement. Il le fait connaître, en assure la première notoriété. Mais cela n’implique pas que le livre "existait déjà sans être connu du grand public" : on parlerait alors, non du parrain, mais de l’inventeur (au sens premier de celui qui découvre)
    * je ne suis pas d’accord avec BeeBee qui attribue ce mérite à God : God en est l’auteur. Le père ne peut pas être le parrain !
  • #13
    mickeylange
    15/11/2011 à 09:58*
    • En réponse à joseta #5 le 15/11/2011 à 07:23 :
    • « Les académiciens, dans le fond, batissent mots. 😐 »
    Les académiciens, dans le fond, batissent mots. 

    Sous Louis XIV Furetière (avant qu’il ne se fasse virer de l’académie) avait un collègue qui s’appelait Ismaux.
    Le roi lui même disait de son académicien il est baht Ismaux.
  • #14
    actuellement
    15/11/2011 à 10:03
    • En réponse à joseta #9 le 15/11/2011 à 08:42 :
    • « *1-fuse, 10-fuse, 100-fuse, 1000-fuse, ...
      Et 2000, si on re-fuse... »
    je ne suis pas loin de portet-sur-garonne ... de là à porter-sur-les fonts baptismaux .... la garonne pourrait faire office ...normal ! dans une église ...
  • #15
    mickeylange
    15/11/2011 à 10:03*
    • En réponse à chirstian #12 le 15/11/2011 à 09:55 :
    • « avec le sens indiqué qui s’applique à la naissance publique de quelque chose qui a été préparé dans l’ombre ou qui existait déjà, mais n’éta... »
    Le père ne peut pas être le parrain !

    God n’est-il pas du milieu ?
  • #16
    actuellement
    15/11/2011 à 10:05
    • En réponse à mickeylange #13 le 15/11/2011 à 09:58* :
    • « Les académiciens, dans le fond, batissent mots. 
      Sous Louis XIV Furetière (avant qu’il ne se fasse virer de l’académie) avait un collègue... »
    ah l’expression exacte pourrait être ... au fond ... il est bath Ismaux !!!
  • #17
    <inconnu>
    15/11/2011 à 10:10
    C’est un certain Jean, vêtu de batiste, d’où son nom de "Baptiste" qui, le premier, trempa Jésus dans l’eau de Monsieur Jourdain. Il fut, depuis, beaucoup imité.
  • #18
    mickeylange
    15/11/2011 à 10:23
    • En réponse à actuellement #16 le 15/11/2011 à 10:05 :
    • « ah l’expression exacte pourrait être ... au fond ... il est bath Ismaux !!! »
    Non baht, il était thaïlandais et Louis XIV aimait les sous.
  • #19
    joseta
    15/11/2011 à 11:14
    Plusieurs parrains s’étant offert pour le baptème, on dut sélectionner un par un. 😐
  • #20
    deLassus
    15/11/2011 à 11:28*
    • En réponse à <inconnu> #17 le 15/11/2011 à 10:10 :
    • « C’est un certain Jean, vêtu de batiste, d’où son nom de "Baptiste" qui, le premier, trempa Jésus dans l’eau de Monsieur Jourdain. Il fut, d... »
    Jean, vêtu de batiste, d’où son nom de "Baptiste"

    Intéressant rapprochement, mais qui semble inexact si j’en crois le TLFi : voir cette page, Etym et Hist. Le prénom Baptiste serait très antérieur au nom du tissu, si j’ai bien tout compris.
    Voir aussi cette page, sens et origine : c’est parce qu’il baptisait, plongeait dans l’eau, que Jean a été appelé Baptiste.
    PS : Il me semble que tu es nouveau(elle). Sois le ou la bienvenu(e) !