Les expressions françaises décortiquées
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avec ma bite et mon couteau [adv]

avec le strict minimum ; en me débrouillant tout seul ; malgré l'adversité ; avec les rares moyens dont je dispose ; sans être suffisamment équipé

Origine et définition

Voilà une expression argotique récente qui ne semble dater que de la seconde moitié du XXe siècle : on en trouve une attestation en 1965 dans « La grande marrade » de Claude Néron.
Il va de soi que les possessifs peuvent être variables, de « ma / mon » à « leur » en fonction de qui est concerné.

L'homme dispose souvent artificiellement d'un couteau (ou canif), l'outil minimum pour aider à la survie, et est naturellement équipé de l'autre instrument cité dans l'expression, qui lui aussi sert à diverses choses que l'on n'évoquera pas ici, certaines de nos chères petites têtes blondes pouvant lire ces lignes.
S'il n'a que ces deux outils à sa disposition, c'est qu'il est fort mal pourvu pour accomplir les nombreuses tâches nécessaires à une vie normale, et ce quelle que soit la taille de l'un ou l'autre instrument.

Cette expression symbolise donc un certain dénuement ou la capacité à réaliser des choses avec très peu de moyens.
Lorsque l'individu concerné doit accomplir une tâche « avec sa bite et son couteau », c'est qu'il doit la réaliser avec les seuls moyens dont il dispose, ne pas s'attendre à pouvoir en disposer d'autres.
Lorsqu'on lui dit qu'il arrive « avec sa bite et son couteau », c'est qu'on lui reproche en général de n'avoir pas emporté l'équipement réellement nécessaire pour pouvoir faire ce qui était prévu.
Et lorsqu'on dit admirativement de lui qu'il a réalisé quelque chose « avec sa bite et son couteau », c'est qu'il a réussi à exécuter sa tâche avec très peu de moyens, là où il en aurait probablement fallu beaucoup plus à une autre personne.

Exemples

« Le lieutenant-colonel Benson, ancien d'Algérie, qui se trouvait non loin du théâtre des opérations, semble bien résumer les faits : "Chacun y est allé avec sa bite et son couteau !" Derrière cette expression imagée se devinent aisément les trésors de courage, de détermination et d'improvisation que les militaires durent déployer pour accomplir leur mission. »
Cédric Michalski - L'assaut de la grotte d'Ouvéa: analyse juridique - 2004

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Anglais with just the clothes he's standing up in avec rien d'autre que les habits qu'il porte
Anglais (USA) to MacGyver macGyver
Espagnol (Argentine) como cuando llegamos de España comme quand on est arrivé d'Espagne
Espagnol (Argentine) con lo puesto avec ce qu'on porte
Espagnol (Argentine) con una mano atrás y otra adelante une main en avant et l'autre en arrière
Espagnol (Colombie) sin ni mierda avec même pas de la merde
Espagnol (Espagne) amb no res avec un rien
Espagnol (Espagne) con dos cojones y un palo avec deux couilles et un bâton
Espagnol (Espagne) con pocos medios avec peu de moyens
Néerlandais (Belgique) met blote handen avec les mains nues
Néerlandais met de riemen die ik heb avec les rames dont je dispose
Néerlandais met een knoop en een haakje avec un bouton et un crochet
Néerlandais met twee vingers in de neus avec deux doigts dans le nez
Néerlandais op een slof en een schoen sur une pantoufle et un soulier
Polonais zrobic cos z niczego faire quelque chose de rien
Portugais (Brésil) com a cara e a coragem avec la face et le courage
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Commentaires sur l'expression « avec ma bite et mon couteau » Commentaires

  • #61
    charmagnac
    20/04/2012 à 16:36
    • En réponse à chirstian #60 le 20/04/2012 à 16:25 :
    • « le couteau de l’amiral (version simplifié) est sur cette page »
    Nom de God ! Ça remplace tout un camion-atelier !
  • #62
    chirstian
    20/04/2012 à 16:36
    la bite et le couteau ?
    ah mesdames ... je m’interroge : pourquoi, depuis des millénaires*, avons nous cherché à perfectionner seulement notre couteau ?
    *le premier couteau s’appelait le "canthrope". C’est lui qui a permis à l’homme de dominer l’animal. D’où le nom de bite et canthrope donné à nos ancêtres.
  • #63
    charmagnac
    20/04/2012 à 16:39
    • En réponse à charmagnac #33 le 20/04/2012 à 11:49 :
    • « Cette expression est pleine de bon sens pratique : l’homme qui n’a que sa bite et son couteau dispose d’un couteau pour se défendre et d’une... »
    Un rémouleur n’a iren à voir avec le mytiliculteur qui, comme chacun sait, s’occupe des moules.
  • #64
    charmagnac
    20/04/2012 à 16:45
    Qui se souvient de Raoul Bitembois?
    cette page (laissez passer la première page de pub).
  • #65
    ergosum
    20/04/2012 à 16:52
    • En réponse à charmagnac #59 le 20/04/2012 à 15:25 :
    • « Celle-là ne vaut pas le couteau de l’Amiral (# 2) mais elle mérite notre admiration
      cette page »
    Je me disais bien, ce matin, en voyant l’expression dont au sujet de laquelle on disserte, qu’on allait partir vers des envolées lyriques...
    Évidemment, on pouvait compter sur le répertoire d’un Vieillard Lubrique autant que Libidineux (VLL) pour donner le tempo 😄
  • #66
    SyntaxTerror
    20/04/2012 à 16:54
    • En réponse à charmagnac #64 le 20/04/2012 à 16:45 :
    • « Qui se souvient de Raoul Bitembois?
      cette page (laissez passer la première page de pub). »
    Zut, j’avais oublié celui-là.
    Pourtant j’ai les DVD, mais j’ai surtout été marqué par Gérard Languedepute et Cindy Tropforte ...
  • #67
    charmagnac
    20/04/2012 à 17:17
    • En réponse à ergosum #65 le 20/04/2012 à 16:52 :
    • « Je me disais bien, ce matin, en voyant l’expression dont au sujet de laquelle on disserte, qu’on allait partir vers des envolées lyriques...... »
    Avoue quand même que l’Expression du jour est plus motivante que "la peau de chagrin", "se serrer la ceinture", "de mal en pis" et autres tuyaux crevés quand les dés sont pipés.
    Gauloiserie et grivoiserie sont deux mamelles qui nourrissent les fins de banquet, les histoires de mecs et... Expressio (mâtin ! quel site !), même avec modération.
  • #68
    <inconnu>
    20/04/2012 à 17:32*
    • En réponse à <inconnu> #58 le 20/04/2012 à 14:50 :
    • « ...et un raton-laveur. (pour faire bonne mesure) 🙂 »
    Ce n’est pas la première fois que tu parles de raton-laveur.
    Moi, c’est les gentils popotames.
    Chacun son truc !
    P.S. : Et ça ne m’empêche pas de continuer à jeter mes dés dans l’eau !
  • #69
    ergosum
    20/04/2012 à 18:17
    • En réponse à <inconnu> #68 le 20/04/2012 à 17:32* :
    • « Ce n’est pas la première fois que tu parles de raton-laveur.
      Moi, c’est les gentils popotames.
      Chacun son truc !
      P.S. : Et ça ne m’empêche... »
    Pourquoi jeter Médée dans l’eau ? Pour qu’elle rejoigne son Argo-Naute ?
  • #70
    DiwanC
    20/04/2012 à 18:22
    • En réponse à charmagnac #63 le 20/04/2012 à 16:39 :
    • « Un rémouleur n’a iren à voir avec le mytiliculteur qui, comme chacun sait, s’occupe des moules. »
    Un rémouleur n’a iren à voir avec le mytiliculteur qui, comme chacun sait, s’occupe des moules.

    Alors que le rémouleur (le préfixe exprimant là le renouvellement de l’action) s’occupe du second moulage des mythes lorsque le premier a été perdu, souvent dans la nuit des temps, ou récupéré en très mauvais état, notamment au cours de fouilles proches de l’Ohio*. Il s’agit alors de mythes mités dont il faut prendre grand soin et dont les mytiliculteurs – non sans raison – se foutent moquent éperdument.
    Après avoir ébarbée de son couteau pointu et grâce à son regard affuté (ou le contraire... sais plus...) le nouveau mythe, le rémouleur se met son couteau sous le bras (ou aut’ chose... sais plus... mais sûr, c’est sous le bras) et – gardien des traditions – traverse les paisibles villages de France en hurlant qu’il est le dernier des rémouleurs, ce dont personne ne doute, surtout pas Eponime qui prend le soleil assise sur seuil de sa chaumine.
    Euh... c’était quoi la question ? 😛
    *Il faudra bien qu’un jour quelqu’un cherche pourquoi certains s’obstinent à fouiller près de l’Ohio alors qu’on trouve la même chose sur les bords de la Meuse.
  • #71
    <inconnu>
    20/04/2012 à 18:42
    Un copain sort de chez moi à l’instant. Quand j’ai voulu lui expliquer que "Expressio" était un site à vocation culturelle, il s’est foutu à rire !
  • #72
    chirstian
    20/04/2012 à 18:46
    • En réponse à DiwanC #70 le 20/04/2012 à 18:22 :
    • « Un rémouleur n’a iren à voir avec le mytiliculteur qui, comme chacun sait, s’occupe des moules.
      Alors que le rémouleur (le préfixe expriman... »
    il va de soi que je n’aurais jamais pu satisfaire les mouches si je n’avais pas eu de couteau pour la tailler ! L’inconvénient c’est que cela spécialise un pieu peu 🙂
  • #73
    charmagnac
    20/04/2012 à 19:31
    • En réponse à DiwanC #70 le 20/04/2012 à 18:22 :
    • « Un rémouleur n’a iren à voir avec le mytiliculteur qui, comme chacun sait, s’occupe des moules.
      Alors que le rémouleur (le préfixe expriman... »
    Dis donc, t’es pas un peu en manque de sommeil ? Les mythes pleins de trous sentent la naphtaline et, totalement démotivé, le rémouleur s’est embarqué pour une croisière sur la Meuse, au clair de lune, avec sa bite et son couteau, et quand même sa meule, pour affûter là où il s’arrête les couteaux des gens qui y habitent.
  • #74
    ergosum
    20/04/2012 à 20:33*
    • En réponse à charmagnac #73 le 20/04/2012 à 19:31 :
    • « Dis donc, t’es pas un peu en manque de sommeil ? Les mythes pleins de trous sentent la naphtaline et, totalement démotivé, le rémouleur s’es... »
    Vous ne me ferez jamais accroire que l’habitat Rural a plus besoin de se faire remouler que l’habitat Urbain ! Serait-ce parce que les villageois habitent des gites ignobles ?
  • #75
    <inconnu>
    20/04/2012 à 23:06*
    Nouvelle info concernant le couteau d’Elpépé:
    Le(s) couteau(x) d’Elpépé :’-))
  • #76
    aumagne
    21/04/2012 à 11:02
    ça s’rait-y pas un canadien, des fois, qu’aurait chanté "avec ma pipe et mon couteau" ?
  • #77
    Rikske
    23/04/2012 à 15:22
    • En réponse à paperpy #13 le 20/04/2012 à 10:14* :
    • « de là a se que le couteau coupe la bite il n’y a qu’un geste maladroit ! !
      je pensai ,en ecrivant, que c’aurait ete fait (dit ,ecrit) avant... »
    Ben oui, cela a été écrit par San-A. La mémoire me fait défaut pour retrouver le titre de l’oeuvre, mais, lors d’un voyage en Laponie finlandaise, dans le but de retrouver un foutu minerai avant les Russes, y’a Berthe qui entaille le sesque de m’sieur Félisque avec un couteau, en voulant dégager sa braguette bloquée (la braguette de m’sieur Félisque, pas celle de Berthe, hein !)
  • #78
    Jonayla
    23/04/2012 à 22:22
    La bite je ne sais pas, mais pour l’usage du couteau, c’est certain que celui-là s’y connaît cette page
  • #79
    Rampelaire
    19/05/2012 à 19:07
    Je suis né en 1950 à Marseille, donc, la guerre d’Algérie, même si je n’y ai pas participé, j’en ai beaucoup entendu parler. Cette expression, que j’ai souvent entendu sous la forme "travailler avec la bite et le couteau" me semble dériver de l’expression "y aller avec la bite et le couteau". J’ai entendu des anciens d’Algérie (pas très anciens à l’époque) parler en ces termes des expéditions punitives dans les mechtas après, par exemple, une embuscade meurtrière. Cela signifiait qu’il s’agissait de violer les femmes (avec la bite) et de tenir en respect les hommes, voire pire (avec le couteau). Je n’ai compris que plus tard ce que mes chastes oreilles entendaient, d’autant que ces récits, qui n’étaient pas toujours de première main, n’étaient pas très détaillés, leurs protagonistes n’en étant quand même pas très fiers. La date d’apparition de l’expression en littérature (1965) me semble corroborer mon hypothèse. Je suis désolé de dévoiler l’origine peu reluisante de cette expression que beaucoup de monde doit employer innocemment. Je suis peut être spécialisé dans les expressions triviales, c’est moi qui ai amené l’origine de l’expression "avoir le cul bordé de nouilles".
  • #80
    DiwanC
    20/08/2014 à 01:36*
    Belle continuité Ta Divinité !
    Hier, nous avions comme la petite vérole sur le bas clergé ; aujourd’hui, nous avons... l’instrument qui permet la transmission de ladite vérole avec, en prime, un couteau. Ça peut toujours servir...
    Chez Georges (l’autre !), il y a quelques couteaux. Ici par exemple :
    Va, comme hier ! comme hier ! comme hier !
    Si tu ne m’aimes point, c’est moi qui t’aim’rons
    L’un tient le couteau, l’autre la cuiller
    La vie, c’est toujours les mêmes chansons

    Et l’on peut imaginer que dans cette si belle chanson aux allures de complainte, où la mort et l’amour se mêlent, un couteau arme la main de "celle de vingt ans" :
    Et pendant qu’il le lui tenait
    Elle l’assassinait
    On dit que, quand il expira
    La langue ell’ lui montra

    Reste du texte à cette page
    Et la première partie (si j’ose dire...) de l’expression du jour est elle pudiquement citée :
    Dois-je, pour défrayer la chroniqu’ des scandales,
    Battre l’ tambour avec mes parties génitales,
    Dois-je les arborer plus ostensiblement,
    Comme un enfant de chœur porte un saint sacrement ?

    Tout est écrit à cette page
    Allez, à tout bientôt !