Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

blanchir sous le harnais [v]

exercer longtemps le même métier ; acquérir une expérience reconnue dans un domaine

Origine et définition

De nos jours, un harnais, c'est soit une partie de l'équipement d'un animal de travail, dont le cheval, soit un système de sangles porté par certains sportifs comme les alpinistes ou les parachutistes, ou bien servant à retenir une personne dans un véhicule (voiture de course, voilier...)[1].
Mais il y a longtemps, dès le XIIe siècle, le harnais désignait l'armure ou l'équipement d'un homme d'arme.
Comme, à ces époques lointaines, il était fréquent que les gens pauvres s'engagent dans l'armée pour de très longues périodes afin de bénéficier d'une solde régulière, ils avaient largement le temps, s'ils échappaient à la mort sur les champs de bataille[2], d'acquérir une grande expérience de la vie militaire.
Mais pourquoi 'blanchir', me direz-vous ? La première explication qui pourrait venir à l'esprit serait que, sous une armure, on ne peut pas bronzer.
Même si c'est vrai, cela vient surtout du fait que ce verbe a également signifié "passer un long moment de sa vie dans une même occupation". Si les dictionnaires étymologiques ne nous donnent pas d'explication sur cette signification, on peut imaginer qu'elle vient du fait qu'un "long moment" peut être si long que les cheveux de la personne concernée ont le temps de blanchir.
Le premier sens de l'expression était simplement "vieillir dans le métier des armes" puisqu'elle signifiait, mot à mot, "passer un long moment sous l'armure". Par extension, le métier est devenu quelconque et le vieillissement a été assimilé à l'acquisition d'expérience.
[1] Hélas, l'histoire ne dit pas de quel type était le beau harnais de Joséphine... ()
[2] En réalité, les décès dans une armée étaient aussi à mettre sur le compte de la malnutrition, des maladies vénériennes ou des soins médicaux sommaires, entre autres.

Exemples

« On annonce par exception, dans la grand'ville, une œuvre nouvelle d'un vieux maître blanchi sous le harnais (...) Hélas! la musique de l'œuvre nouvelle est incolore... »
Hector Berlioz - Les grotesques de la musique

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand im Dienst ergrauen grisonner au service
Anglais to be an old pro être un vieux pro
Anglais to grow grey in the service grisonner sous le service
Anglais (USA) to be a grizzled veteran [of something, e.g., the trade] être vétéran grisonnant [de quelque chose, p.e., du métier]
Anglais to be an old hand être une vieille main
Espagnol (Espagne) tener el culo pelado avoir le cul pelé
Hébreu כל ימיו משך בעול ses jours sont sur le joug
Hébreu משך בעול כל החיים (machakh baol kol hakhayim) durée de vie
Italien invecchiare nel mestiere vieillir dans le métier
Néerlandais gepokt en gemazeld avec la variole et la rougeole
Néerlandais in de dienst vergrijsd grisonné pendant le service
Néerlandais (Belgique) een oude rot un vieux loup
Néerlandais een ouwe rot in het vak un vieux rat du métier / un vieux routier
Néerlandais door de wol geverfd paint par la laine
Portugais (Brésil) adquirir experiência acquérir de l'expérience
Portugais (Brésil) ser calejado acquérir des cors
Portugais (Brésil) ser macaco velho adquirir experiência
Roumain a avea vechime avoir de l'ancienneté
Roumain a îmbatrâni în meserie vieillir dans le métier
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Commentaires sur l'expression « blanchir sous le harnais » Commentaires

  • #1
    Elpepe
    05/03/2008 à 00:21
    - La banane sur Chris Olish.
    - Chabanais, si un roller HS.
    - Hanna, la chibrer sous lis.
    Anna Gramme
  • #2
    Elpepe
    05/03/2008 à 00:25
    Si je blanchis sous mon harnais de gros temps, c’est à cause du sel...
  • #3
    cotentine
    05/03/2008 à 00:33*
    "Avec cette neige foison
    Qui coiffe, coiffe ma toison,
    On peut me croire vue de nez
    Blanchi sous le harnais.
    Eh bien, Mesdames et Messieurs,
    C’est rien que de la poudre aux yeux,
    C’est rien que de la comédie,
    Que de la parodie." ... de tonton Georges !
    et un p’tit extrait de 30 secondes chanté par lui-même à cette page
  • #4
    cotentine
    05/03/2008 à 00:56
    pour les amateurs de poèmes, voici, fort bien conté le dialogue de 3 chevaux éreintés qui philosophent en faisant une pause désaltérante ... à cette page
    l’un d’eux a le col "blanchi par le harnais !
  • #5
    <inconnu>
    05/03/2008 à 01:06
    Et un Bon anniverssaire à Tyto😄
  • #6
    <inconnu>
    05/03/2008 à 03:24*
    L’enrôlement forcé dans la marine de guerre (par rafle prati­quée dans les ports ou enlèvement sur des navires marchands arraisonnés) est aussi connu comme régime de la "presse".
    Pressé de prendre le harnais par les "recruteurs", l’enrôlé pressé de rentrer chez lui devait ronger son frein pendant longtemps... et contenir sa
    blanche ire sous le harnais
  • #7
    Franciscain
    05/03/2008 à 06:35
    Sus le harnais, après l’effort, les chevaux ont souvent une transpiration importante qui, par le frottement du harnais, parait être une mousse blanchâtre. Simple observation physique!
  • #8
    PHILO_LOGIS
    05/03/2008 à 06:52*
    • En réponse à Franciscain #7 le 05/03/2008 à 06:35 :
    • « Sus le harnais, après l’effort, les chevaux ont souvent une transpiration importante qui, par le frottement du harnais, parait être une mous... »
    Bienvenue à toi, ô petit moinillon...
    Si tu veux qu’à toi aussi, nous souhaitions un bon anniversaire, fais-nous donc connaître ta date de naissance (jour et moi; l’année restant ta propritété).
    Tu apparaîtras ainsi sur notre liste et nous ne t’oublierons point, comme Tyto, à qui je souhaite de tout coeur un mêêêêêrveilleux anniversaire!. Qu’il y en ait encore beaucoup comme cela, au milieu de tous tes amis, toutes tes amies, et que tu restes encore très longtemps, heureuse, sereine et en bonne santé!
    Maaaaaaaarceeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeelllllllllllllllllllll !!!! Le champ, eksasot!
    Bernaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaarrrrrrd, les viennoiseries!
    En attendant, vois ci-dessous tes bougies sur un mille-feuilles:
    iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ....................................... iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
    ==================================
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  • #9
    PHILO_LOGIS
    05/03/2008 à 06:55*
    Allez, allons prendre notre harnachement pour continuer à blanchir sous le harnais!
    A voir ma toison, je sais pourquoi. Apparemment, cependant, mes chefs ne s’en seraient pas encore rendu compte...
  • #10
    tytoalba
    05/03/2008 à 07:26
    merci File_au_logis et Machin, cela me va droit au coeur.
    Cela fait quelques temps déjà que j’ai blanchi sous le bonnet (et pas sous le harnais).
    Bienvenue à Franciscain, dont j’ai connu les soeurs pour les avoir fréquentées de 3 à 12 ans. Soeurs à cornettes dont j’ai vu l’évolution tout au long de mes études primaires.
  • #11
    Elpepe
    05/03/2008 à 07:58*
    • En réponse à tytoalba #10 le 05/03/2008 à 07:26 :
    • « merci File_au_logis et Machin, cela me va droit au coeur.
      Cela fait quelques temps déjà que j’ai blanchi sous le bonnet (et pas sous le ha... »
    Chouette, un anniversaire ! Plein de bises à toi, à blanchir de mousse ta coupe autour du buffet. Et bienvenue à Franciscain, pourvu qu’il ne nous sonne pas les cloches !
    Ah ben tiens, je te l’envoie par le canal 16 (le canal de veille -note de l’Amirauté), celle-là, God.
  • #12
    memphis
    05/03/2008 à 08:10
    A moi le gâteau, Tyto, blanc ou presque aujourd’hui. Avec plein de vœux de joie de santé et plein de bisouxxxxxxxxxx cette page
  • #13
    microgruel
    05/03/2008 à 09:49
    Et oui après avoir été poivre on devient poivre et sel puis sel raffiné, voire neige comme le chantait Brassens (merci Cotentine).
    Un léger désaccord avec God : écrire que les soldats mouraient à cause des soins médicaux sommaires n’est pas exact et c’est commettre une grande injustice vis à vis des médecins qui nous ont précédés.
    En effet les décès qu’ils soient par faits de guerre ou autres sont dus, tout d’ abord, aux maladies ou aux accidents. L’efficacité des soins ne peut être que fonction de l’état de la science à une époque donnée…
    Au cas considéré, les décès par arme blanche étaient dus, par conséquent, aux blessures reçues au combat, bien souvent non mortelles mais qui s’infectaient très vite. Or les chirurgiens militaires accomplissaient - et cela depuis les armées Romaines et même bien avant (cf Galien pour les gladiateurs) - des prouesses techniques admirables. Certes leurs moyens étaient limités pour juguler les infections mais on reste admiratif à la lecture des œuvres d’Ambroise Paré, pour ne citer que lui.
    Je comprends très bien ce qu’en fait, God a voulu dire ; mais je crois nécessaire de saluer la mémoire des vaillants prédécesseurs du monde médical d’aujourd’hui, lequel fait moins bien que fera celui de demain. mais qui fait ce qu’il peut !
  • #14
    chirstian
    05/03/2008 à 10:08
    et voici, face à face, deux soldats ennemis. Tous deux blanchis sous les harnais. Ils s’approchent sans peur, jusqu’à pouvoir se regarder dans le blanc des yeux (blanchis sous etc..) . Ils tirent à bout portant...
    Heureusement leurs balles aussi ont été blanchies sous les harnais. Alors, jetant leurs armes inutiles, ils débouchent une bouteille de blanc de blanc et la boivent à la Paix !
  • #15
    Elpepe
    05/03/2008 à 10:10
    • En réponse à microgruel #13 le 05/03/2008 à 09:49 :
    • « Et oui après avoir été poivre on devient poivre et sel puis sel raffiné, voire neige comme le chantait Brassens (merci Cotentine).
      Un léger... »
    La médecine n’a toujours fait que ce qu’elle pouvait, c’est-à-dire jamais de miracle. Etonnant, non ? Il est toutefois bon, de temps en temps, de la démythifier et relativiser un brin, ça évite bien des désillusions... 😄
  • #16
    louisann
    05/03/2008 à 10:14
    Bonjour à tous ,et bon anniversaire Tyto, puisque le champ et le gâteau te sont déjà offerts ,je t’offre un petit tour en scooter rose 🙂.
    bises et bonne journée à tous.
  • #17
    Elpepe
    05/03/2008 à 10:14
    • En réponse à chirstian #14 le 05/03/2008 à 10:08 :
    • « et voici, face à face, deux soldats ennemis. Tous deux blanchis sous les harnais. Ils s’approchent sans peur, jusqu’à pouvoir se regarder da... »
    Ils tirent à bout portant

    Car ils tirent, à bout, les Rouges, c’est bien connu !
    Ah, l’angoisse de la feuille, blanchie sous le carnet...
  • #18
    Elpepe
    05/03/2008 à 10:25
    - Sensas ni Hourrah, ça, Bill...
    Anna et Microsoft®
  • #19
    chirstian
    05/03/2008 à 11:00
    sous l’armure on attrapait surtout des irritations diverses, causées par le frottement du métal , et il fallait donc mettre du coton sous le harnais.
    D’où le juron bien connu d’Henri IV : j’harnais coton !
  • #20
    chirstian
    05/03/2008 à 11:07
    • En réponse à microgruel #13 le 05/03/2008 à 09:49 :
    • « Et oui après avoir été poivre on devient poivre et sel puis sel raffiné, voire neige comme le chantait Brassens (merci Cotentine).
      Un léger... »
    écrire que les soldats mouraient à cause des soins médicaux sommaires n’est pas exact
    il convient donc de lire : les soldats mouraient à cause de soins médicaux minutieux. 🙂