Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

des économies de bouts de chandelle [n]

des économies dérisoires ; des économies sordides

Origine et définition

Afin de lever l'ambiguïté possible sur le bout de la chandelle dont il est question ici (le haut avec la mèche ou bien la partie basse), voici la définition officielle donnée par le TLFI () pour "bout de chabdelle" : "Menus morceaux de chandelles subsistant une fois qu'elles ont fini de servir".
Si on se réfère à l'expression "le jeu n'en vaut pas la chandelle", on se rappelle qu'il fut un temps où les chandelles qui éclairaient les endroits sombres avaient une valeur certaine.
C'est pourquoi, dans les maisons bourgeoises, le personnel de maison avait l'habitude de rassembler les restes des chandelles, le suif non brûlé, et de les revendre à un cirier pour qu'il en refasse de nouvelles.
Vu par les riches, cette récupération semblait mesquine, ridicule et l'économie correspondante insignifiante, ce qui suffit à expliquer le sens de l'expression, mais aussi à comprendre pourquoi elle comporte la plupart du temps une connotation de mesquinerie.

Exemples

« Si la fédération [FCPE], classée à gauche, exprime dans un communiqué "sa solidarité à l'équipe éducative de l'établissement qui s'était mobilisée dès la rentrée pour réclamer des moyens d'encadrement supplémentaires", elle "refuse que la sécurité des enfants soit sacrifiée par des économies de 'bout de chandelle'". "Aucune cellule psychologique ne remplacera une politique responsable et un budget à la hauteur des enjeux", affirme l'association. »
Le Monde - Article du 22/12/2006

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand am falschen Ende sparen économiser au mauvais bout
Anglais (UK) Penny wise, pound foolish Penny judicieux, livre folle
Anglais to be penny wise and pound thrift être économe pour les petites pièces et dépensier pour les grosses sommes
Anglais to make cheeseparing economies faire des économies de rognures de fromage
Espagnol (Espagne) ahorros de chicha y nabo des économies de chair et de navet
Espagnol (Espagne) el chocolate del loro le chocolat du perroquet
Espagnol (Espagne) estalvis de no-res épargnes de rien
Espagnol (Espagne) Racanerias Des radineries
Gallois blingo'r gath hyd at ei chynffon écorcher le chat jusqu'à la queue
Gallois rhoi'r dorth a gofyn y dafell donner le pain et demander la tranche
Néerlandais krenterige bezuinigingen des économies pingre
Néerlandais verkeerde zuinigheid des économies dérisoires
Portugais (Brésil) economia porca économie méprisable
Roumain scump la tarate si ieftin la faina cher au son et bon marché à la farine
Ajouter une traduction

Si vous souhaitez savoir comment on dit « des économies de bouts de chandelle » en anglais, en espagnol, en portugais, en italien ou en allemand, cliquez ici.

Ci-dessus vous trouverez des propositions de traduction soumises par notre communauté d'utilisateurs et non vérifiées par notre équipe. En étant enregistré, vous pourrez également en ajouter vous-même. En cas d'erreur, signalez-les nous dans le formulaire de contact.


Commentaires sur l'expression « des économies de bouts de chandelle » Commentaires

  • #1
    cotentine
    25/01/2008 à 00:40
    en 1734, "Frauduleuse économie de bouts de chandelle" pour l’éclairage public ! et si la police doit intervenir, c’est que ce devait être lucratif pour quelques pingres ! cette page
  • #2
    Elpepe
    25/01/2008 à 00:41
    Ah, mais que nenni, God, que nenni ! Tu sais bien que les liens vers le TLFi ne marchent pas ! Tu as cru faire là une économie de bouts de chandelles, alors qu’un copier/coller de sa citation in extenso était, comme tu l’as fait, inévitable. Résultat : le lien ne sert à rien, et ton économie de bouts de chandelles se traduit en définitive par une perte d’encre... 😄
    Bon, en ce qui concerne ta levée d’ambiguïté, elle ne lève rien du tout non plus : quand on économise des bouts de chandelles, doit-on garder le bout avec la mèche ? la partie basse ?
    Comment ? Les deux, mon adjudant ? Ben ça alors ! Si je m’attendais à pareille réponse de ta part !
  • #3
    Elpepe
    25/01/2008 à 00:48
    Et que dire, à tout bout de champ, d’elle ? Hmmm ?
  • #4
    Elpepe
    25/01/2008 à 00:52
    Lio, je vais faire l’économie, debout, de chants d’elle.
  • #5
    Elpepe
    25/01/2008 à 01:42
    Et tiens, dans mon bandeau Google, j’ai une pub à cette page qui va sûrement intéresser Filou : on y trouve la très rare pièce de 2 € slovène sans avoir besoin d’aller à Bled, pour un prix d’ami de 89 € les 34 € de valeur faciale totale... Mais, surprenant pour l’Eglise dont les serviteurs font, comme chacun sait et nul ne l’ignore, vœu de pauvreté, la pièce de 2 € 2007 des quatre-vingts piges de Benoît XVI, frappée par l’Etat du Vatican, est à seulement 79 €. C’est donné...
  • #6
    God
    25/01/2008 à 07:02*
    • En réponse à Elpepe #2 le 25/01/2008 à 00:41 :
    • « Ah, mais que nenni, God, que nenni ! Tu sais bien que les liens vers le TLFi ne marchent pas ! Tu as cru faire là une économie de bouts de c... »
    L’as-tu essayé, au moins, ce lien ? Il aiguille simplement sur la page d’accueil du TLFI pour ceux qui ne connaîtraient pas cette chose, à charge pour eux de rechercher par le bout ou la chandelle.
    En clair, il marche farpaitement !
    Et puis tu es mes dix ans.
    Y marche pas, le lien qui te mène à cette page, des fois peut-être là dis donc une fois ?
  • #7
    <inconnu>
    25/01/2008 à 08:25
    • En réponse à Elpepe #2 le 25/01/2008 à 00:41 :
    • « Ah, mais que nenni, God, que nenni ! Tu sais bien que les liens vers le TLFi ne marchent pas ! Tu as cru faire là une économie de bouts de c... »
    tu cherches des poux dans la tonsure de notre vénéré God ! le lien fonctionne
    pile poil ! Bnne journée
  • #8
    pierrem
    25/01/2008 à 08:30
    Bonjour et merci pour vos textes !
    On raconte aussi (et je conviens que le "on" n’est pas suffisant) que cette expression vient de l’époque où les marchands à Paris, juste après la construction du Pont neuf, avaient pour obligation, jugée par eux un peu abusive, d’éclairer le pont la nuit. Certains mettaient, semble-t’il, une goutte d’eau au coeur de la cire, près de la mêche, ce qui éteignait la chose en cours de nuit, et permettait de réutiliser la chandelle la nuit suivante.
    J’ignore ce que cette hypothèse vaut, mais elle est précise et colorée, et me plait bien.
    Pierre.
  • #9
    PHILO_LOGIS
    25/01/2008 à 08:53
    • En réponse à pierrem #8 le 25/01/2008 à 08:30 :
    • « Bonjour et merci pour vos textes !
      On raconte aussi (et je conviens que le "on" n’est pas suffisant) que cette expression vient de l’époque... »
    Bonjour, Pierre, digne fils de Monsieur et Madame Kiroul-Namasspamousse...
    J’aime ton histoire, sans savoir si elle est vraie ou pas. Mais la n’est pas la question, n’est-ce-pas?
    @5_Elpepe: apres avoir brule la chandelle par les deux bouts, je ne vois dans l’etat de ne plus pouvoir faire des economies, n’ayant (presque) plus rien. Alors, a Bled ou je me trouve encore presentement, je ramasse des pieces slovenes sans payer plus. Tu peux d’ailleurs prevenir ta copine te ton QG de la LPP, j’ai quelques pieces pour elle...
  • #10
    tytoalba
    25/01/2008 à 08:58*
    • En réponse à <inconnu> #7 le 25/01/2008 à 08:25 :
    • « tu cherches des poux dans la tonsure de notre vénéré God ! le lien fonctionne
      pile poil ! Bnne journée »
    tu cherches des poux
    Normal, hier à 22 h 45 LPP nous rappelait la règle orthographique du pluriel des mots en "ou" . Hou, hou, houhou. 😉
    Bienvenue à Pierremusson, ainsi qu’à Batman venu "casser la graine" avec nous.
  • #11
    syanne
    25/01/2008 à 09:10
    L’origine du mot « chandelle » est intéressante : l’étymon latin candēla vient en effet du verbe candĕo, qui a plusieurs sens : être d’une blancheur éclatante ; brûler, être embrasé ; être brillant, éclatant. Je lis aussi dans mon Gaffiot que la candēla était une « chandelle de suif, de cire ou de poix ». Alors, « chandelle » à cause de la couleur ou de l’incandescence ?
    Ma chandelle est morte, je n’ai plus de feu : qui pourra m’éclairer sur ce coup-là ? Un des brillants Pierrots de ce forum, peut-être ?
    Je viendrai cueillir vos réponses lundi soir…
    Pour l’heure, je m’en vais travailler, il est grand temps !
    Bonne journée et bon week-end.
  • #12
    chirstian
    25/01/2008 à 09:20
    mes parents ont fait des économies de bouts de chandelle pour me payer des études, (sans savoir si le jeu en valait la chandelle), au lieu de brûler la chandelle par les deux bouts. Comment ? Je ne sais pas : je ne tenais pas la chandelle, mais ,je leur dois une fière chandelle.
    PS : je ne sais pas où va l’économie, mais les bouts de chandelle de la Société Générale sont impressionnants ! Les petits porteurs en voient 36 chandelles !
  • #13
    chirstian
    25/01/2008 à 09:25*
    d’après TLFI : "Moucher la chandelle, c’est pratiquer le « coïtus interruptus » "
    Sans doute pour faire des économies, afin qu’il y en ait pour tout le monde ? Moi, ces économies de bouts de chandelle, j’en ai rien à foutre ! 🙂
  • #14
    Elpepe
    25/01/2008 à 09:43
    • En réponse à God #6 le 25/01/2008 à 07:02* :
    • « L’as-tu essayé, au moins, ce lien ? Il aiguille simplement sur la page d’accueil du TLFI pour ceux qui ne connaîtraient pas cette chose, à c... »
    Mais je te taquinais, [slurp]mon petit Godemichou adoré[/slurp]. Juste avant d’aller au lit, c’était ma façon de compter les moutons en illustrant l’expression du jour, mais de nuit, tu mords ? Hein ? Hein ?
    Et ton deuxième lien CNRTL, hop, je l’ai collé dans ma liste de dicos en ligne, histoire de brûler la chandelle par les deux bouts, dont le bout final en a toujours deux... C’est indémerdable ! 😄
    Bonjour bonjour, les gosses. Bien dormi ? Bon, je vous le dis tout net : cette expression vient de la Marine. Il vous reste à m’expliquer pourquoi.
  • #15
    <inconnu>
    25/01/2008 à 09:50
    • En réponse à Elpepe #2 le 25/01/2008 à 00:41 :
    • « Ah, mais que nenni, God, que nenni ! Tu sais bien que les liens vers le TLFi ne marchent pas ! Tu as cru faire là une économie de bouts de c... »
    P. métaph., souvent fam. Ce qui éclaire intellectuellement ou spirituellement. Illustres chandelles humaines, qui vous consumez par la tête (BALZAC, &Oelig;uvres diverses, t. 3, 1850, p. 185) :
    .
    En voilà un copier/coller.
    Il est modeste, God. C’est Lui l’illustre chandelle d’expressio.
  • #16
    Elpepe
    25/01/2008 à 09:58
    • En réponse à PHILO_LOGIS #9 le 25/01/2008 à 08:53 :
    • « Bonjour, Pierre, digne fils de Monsieur et Madame Kiroul-Namasspamousse...
      J’aime ton histoire, sans savoir si elle est vraie ou pas. Mais l... »
    Ah ben ça, c’est chouette, le bar Le Longchamp, siège social de la LPP au QLM (quartier libre des Maillets, de la capitale mondiale d’Expressio : Le Mans) va enfin avoir les 2 € slovènes, et ainsi réhausser la caisse noire de son trésor de guerre... Bientôt plus besoin de faire d’économies de bouts de chandelle...
    Comme quoi, God, Expressio sert à tous les trafics transfrontaliers de l’espace Schengen (!), avec les Conventions comme paravent. Mais que ça reste entre nous, hein ? Si ça sort d’ici, je saurai que c’est vous !
  • #17
    Elpepe
    25/01/2008 à 10:08
    • En réponse à syanne #11 le 25/01/2008 à 09:10 :
    • « L’origine du mot « chandelle » est intéressante : l’étymon latin candēla vient en effet du verbe candĕo, qui a plusieurs sens : être d’une b... »
    Bon, Syanne, le pont d’un voilier est ceint de chandeliers, qui supportent les filières (cette page). De là, il est aisé de comprendre l’origine de l’expression, et ainsi gagner la trirème du jour, avec toutes ses batayoles et sa lisse de bastingage (cette page).
    C’était un message lexicographique de l’Amirauté.
  • #18
    Elpepe
    25/01/2008 à 10:25
    • En réponse à <inconnu> #15 le 25/01/2008 à 09:50 :
    • « P. métaph., souvent fam. Ce qui éclaire intellectuellement ou spirituellement. Illustres chandelles humaines, qui vous consumez par la tête... »
    Tu vois, God : toutes tes groupies se serrent les coudes pour te faire un rempart de leurs corps, dès qu’elles croient qu’on t’attaque ! Les chéries... Hi ! Hi !
    Mais non, Claudine, God n’a pas d’incendie dans ses neurones, bien qu’il nous éclaire chaque matin... Et il n’en pleure pas la cire, de sa chandelle !
    Enfin... là, je m’avance peut-être ?
  • #19
    <inconnu>
    25/01/2008 à 10:47
    capitale mondiale d’Expressio : Le Mans

    Qui en ce moment est également un peu la capitale française du tennis, un manceau brillant de mille feux aux antipodes. JW Tsonga est un habitant de Savigné-l’évêque, et a été formé au club de Coulaines. Tu connais ça toi ? Ca doit pavoiser à d’onf par là. Serpentins et cotillons, pas d’économie de bouts de chandelle.
  • #20
    Emeu29
    25/01/2008 à 11:05
    • En réponse à syanne #11 le 25/01/2008 à 09:10 :
    • « L’origine du mot « chandelle » est intéressante : l’étymon latin candēla vient en effet du verbe candĕo, qui a plusieurs sens : être d’une b... »
    Tu vois que si on parle de ta candeur, ce n’est pas forcément péjoratif (sens qu’il a un peu pris au fil du temps, par rapport à la naïveté)
    Tu etincelles, Syanne , C’est tout !