Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

faire en perruque [v]

faire de la perruque ; travailler pour son propre compte dans son entreprise ; faire une tâche personnelle avec le matériel de l'entreprise, pendant les heures de travail

Origine et définition

À quoi sert généralement une perruque ? N'est-ce pas à dissimuler une calvitie ou bien ses cheveux naturels (quand on veut passer incognito, par exemple) ?
Si vous avez bien lu l'interrogation précédente, vous avez pu y localiser le verbe 'dissimuler'. J'y reviendrai un peu plus loin...
Gaston Esnault relève l'usage de cette expression à partir de 1856 chez les ouvriers des arsenaux, du bâtiment et des arts à Angers.
Il cite également une expression antérieure qui date de 1807, "être le perruquier dans l'affaire" qui voulait dire "être celui qui se fait duper" à prendre comme "être celui aux dépens de qui se fait la perruque".
Même si ce n'est pas clairement dit, on peut imaginer que cette 'perruque' est devenue un symbole de tromperie, parce qu'elle dissimule l'apparence réelle, ainsi qu'évoqué précédemment.
Ensuite, le lien avec le travail personnel effectué avec les ressources de l'entreprise, travail forcément dissimulé, est facile à comprendre, puisque celui qui le pratique trompe son employeur.
Il paraît aussi que, à l'époque où les perruques ne se fabriquaient qu'avec des cheveux naturels, les ouvriers coiffeurs ramassaient les cheveux coupés et les vendaient aux perruquiers (), pour leur propre compte. Cela aurait pu aussi contribuer à la naissance de l'expression.

Exemples

« Le patron croit qu'il ne paie pas pour les outils que nous avons, mais les trois quarts sont faits en perruque dans la boîte; ils lui reviennent plus cher que s'il les fournissait »
Denis Poulot - Le sublime

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand in die eigene Tasche wirtschaften / arbeiten travailer dans sa propre poche
Anglais on the side sur le côté
Anglais (USA) on company time sur les heures de la société
Autre en hores de treball faire qqch pendant la journée de travail
Autre fer d'amagatotis a la feina faire qqch en cachette
Français (Belgique) travailler pour sa besace travailler pour sa besace
Gallois gwneud rhywbeth yn ddistaw bach faire quelque chose au petit silence
Hongrois saját szakállára dolgozik il travaille pour sa propre barbe
Hongrois saját zsebére dolgozik travailler pour sa propre poche
Néerlandais (Belgique) op kosten van de zaak werken travailler aux frais de l'entreprise
Néerlandais schnabbelen, snaaien rabioter, se faire des à-côtés
Néerlandais werken in de baas z'n tijd travailler au temps du patron
Roumain a face un ciubuc faire une houka
Ajouter une traduction

Si vous souhaitez savoir comment on dit « faire en perruque » en anglais, en espagnol, en portugais, en italien ou en allemand, cliquez ici.

Ci-dessus vous trouverez des propositions de traduction soumises par notre communauté d'utilisateurs et non vérifiées par notre équipe. En étant enregistré, vous pourrez également en ajouter vous-même. En cas d'erreur, signalez-les nous dans le formulaire de contact.


Commentaires sur l'expression « faire en perruque » Commentaires

  • #81
    joseta
    04/11/2011 à 08:14
    L’autre jour j’ai vu un monsieur tout vert, c’’etait le père Hulk.
  • #82
    PHILO_LOGIS
    04/11/2011 à 08:19
    "Les voisins du dessus ont fait fort" comme nous dit Germaine. Tiens, je n’ai plus rien sous la perruque: j’ai beu me faire des cheveux, m’arracher les-dits cheveux, je ne trouve plus rien. Je n’en ai plus un poil de sec, y compris celui que j’ai dans la main...
    Un peu che veux, avec mon cheveu sur la langue, à un poil près...
    Comment, je vous rase? Bon, j’arrête alors...
  • #83
    joseta
    04/11/2011 à 09:06
    Le charcutier fait de la perruque à boudins.
  • #84
    chirstian
    04/11/2011 à 09:40
    Faire, pendant les heures de travail, une tâche personnelle avec le matériel de l’entreprise.
    moi j’ai pas l’habitude de cafter, mais je connais un mec qui travaillait à la bonne marche d’un site internet, et qui a mis à profit ses heures de travail pour écrire un bouquin* à partir du matériau du site. 🙂
    *"les 1001 cheveux préférés de ma perruque", par G.P. tirage épuisé. L’auteur aussi.
  • #85
    SyntaxTerror
    04/11/2011 à 09:44
    • En réponse à HoubaHOBBES #76 le 02/04/2008 à 07:12 :
    • « Merci, Dan, mais es-tu certain du "toi" ? J’ai comme l’impression (mais cela s’arrête là) que cela voudrait dire "c’est-y-moi". Quand penses... »
    Ouais, il s’est un peu gouré :
    Ch’ti lal = lui (celui-là)
    Ch’ti mi = moi
  • #86
    chirstian
    04/11/2011 à 09:49
    Même si ce n’est pas clairement dit, on peut imaginer que cette ’perruque’ est devenue un symbole de tromperie, parce qu’elle dissimule l’apparence réelle,
    dans le même sens : sur les fêtes foraines, les comparses qui viennent jouer au bonneteau ou aux tombolas pour montrer qu’on y gagne facilement, sont toujours appelés des "postiches", et le nom est même donné à certains stands qui ne vivent que de cette pratique (des camions qui vendent de la vaisselle, à des prix dingues, en commençant à en offrir gratuitement aux plus rapides, et en poussant ainsi les gogos à sauter sur l’occasion, payant 20 fois la valeur réelle en ayant l’impression d’avoir fait une affaire, parce que d’autres semblaient se battre pour l’emporter.)
  • #87
    SyntaxTerror
    04/11/2011 à 10:29
    • En réponse à chirstian #46 le 01/04/2008 à 15:35 :
    • « plus sérieusement la question du travail pour soi ou pour l’entreprise a posé d’intéressants problèmes juridiques, et notamment dans le doma... »
    Dans la recherche publique, la situation est claire : tu signes un document qui stipule que la découverte ou l’invention t’appartiendra quand ton institut de tutelle estimera qu’il s’est remboursé des frais engagés.
  • #88
    SyntaxTerror
    04/11/2011 à 10:37
    Dans la série "The Simpsons", le personnage "principal" (chargé de la sécurité dans une centrale nucléaire !) se prénomme Homer.
    On peut penser que c’est une référence au poète Grec, auteur, comme on sait de "Liliane est au lycée".
    "homer" désigne aussi un travail fait pour être emporté à la maison. Tout un programme.
  • #89
    joseta
    04/11/2011 à 10:51
    En tant que propriètaire de théâtre, il s’y connait en matière de perruques; il s’agit de Laurent, dit le père cette page
  • #90
    joseta
    04/11/2011 à 11:11*
    Les deux complices travaillaient pour leur compte dans l’entreprise:
    ils étaient de mèche en perruque!
  • #91
    DiwanC
    04/11/2011 à 11:55*
    Si je connaissais l’expression - qui me fit aussitôt me souvenir d’un autre perruquier : celui des zouaves cantonnés à Dache - si les tasses pour droitier et celles plus rares pour gaucher m’étaient familières, en revanche j’ignorais tout des « tasses à moustaches » que voici.
    Pour la perruque du jour, j’ai beau chercher à tous crins, j’trouve rien... et je ne peux même pas crêper le chignon à cette schizophène de Germaine.
    😛
  • #92
    DiwanC
    04/11/2011 à 12:04
    • En réponse à mickeylange #31 le 01/04/2008 à 11:50 :
    • « A l’époque de la mode des perruques, les coiffeurs talquaient les perruques pour qu’elles soient bien blanches.
      Ils étaient recouverts de c... »
    Joliiiii ! Parvenir à glisser un merlan parmi les perruques, fallait du toupet ! Même un premier avril !
  • #93
    PHILO_LOGIS
    04/11/2011 à 12:13
    • En réponse à DiwanC #92 le 04/11/2011 à 12:04 :
    • « Joliiiii ! Parvenir à glisser un merlan parmi les perruques, fallait du toupet ! Même un premier avril ! »
    Il y a le Père Huque, la Mère Luche et leur cousin qui leur rend visite à la nouvelle année: Le Maire l’an.
  • #94
    joseta
    04/11/2011 à 12:41
    • En réponse à DiwanC #92 le 04/11/2011 à 12:04 :
    • « Joliiiii ! Parvenir à glisser un merlan parmi les perruques, fallait du toupet ! Même un premier avril ! »
    Pour ce qui est des tasses:
    Dans les jeux, moi, je me tasse quand j’ai pas de bol.
  • #95
    mickeylange
    04/11/2011 à 13:04
    • En réponse à PHILO_LOGIS #93 le 04/11/2011 à 12:13 :
    • « Il y a le Père Huque, la Mère Luche et leur cousin qui leur rend visite à la nouvelle année: Le Maire l’an. »
    Il y a le Père Huque

    huque
    1. (Histoire) Robe courte portée par les hommes au Moyen Âge, et qui diffère peu du hoqueton primitif.
    ▪ Et il était reconnaissable à son bonnet de laine rouge, à sa huque fourrée, à son visage noyé de graisse jaune et à ses petits yeux vifs. — (Anatole France, Le Pain Noir)
    (wiktionnaire)
  • #96
    PHILO_LOGIS
    04/11/2011 à 14:38
    • En réponse à mickeylange #95 le 04/11/2011 à 13:04 :
    • « Il y a le Père Huque
      huque
      1. (Histoire) Robe courte portée par les hommes au Moyen Âge, et qui diffère peu du hoqueton primitif. »
    Nan, nan, ici, il s’agit du Père Huque qu’a paix...
  • #97
    SyntaxTerror
    04/11/2011 à 15:48
    • En réponse à chirstian #86 le 04/11/2011 à 09:49 :
    • « Même si ce n’est pas clairement dit, on peut imaginer que cette ’perruque’ est devenue un symbole de tromperie, parce qu’elle dissimule l’ap... »
    Ha ha, on le tient, le gang des postiches !
  • #98
    SyntaxTerror
    04/11/2011 à 15:56
    Je viens de revoir "Il Caimano" et surprise, Berlusconi à 75 ans a plus de cheveux que sur les images d’archive d’un film tourné en 2005.
    Alors, il perruque ou la pilule bleue fait pousser les cheveux ?
  • #99
    deLassus
    04/11/2011 à 16:44
    • En réponse à SyntaxTerror #98 le 04/11/2011 à 15:56 :
    • « Je viens de revoir "Il Caimano" et surprise, Berlusconi à 75 ans a plus de cheveux que sur les images d’archive d’un film tourné en 2005.
      Al... »
    Ni l’une ni l’autre : des implants. Voir cette page
  • lebahire
    04/11/2011 à 18:14
    En 1971, dans une unité de recherche et développement sur des produits de télé-informatique, les techniciens m’ont expliqué que l"expression "en perruque" voulant dire "hors budget prévu par un "Ordre de Travaux" venait du fait qu’il s’agissait le plus souvent d’une tentative de câblage, bricolé sans plan pré-défini, pour chercher une astuce permettant de pallier une défaillance du dossier du bureau d’études; et un tel câblage assemblait, sans se soucier de l’allure du résultat, des faisceaux de fils qui par conséquent faisaient penser à une perruque plus qu’à un produit industrialisable . Les techniciens en télé-informatiques ne sont pas des linguistes. mais leur explication en vaut bien une autre, non ?