Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

les boeuf-carottes [n]

la police des polices ; inspection générale

Origine et définition

Il existe deux origines à cette expression argotique datant de la deuxième moitié du XXe siècle.
La première, donnée par André Larue (dans 'Les flics' en 1969) viendrait du fait qu'une fois qu'un policier est passé à la moulinette de la police des polices et a été mis à pied, voire 'démissionné', il ne lui reste plus que la possibilité d'avoir du boeuf aux carottes à son menu, plat supposé peu cher donc au coût adapté à son nouveau budget.
La seconde est proposée en 1984 dans le film "Les Ripoux" de Claude Zidi, selon lequel l'IGS laisse longuement mitonner ou mijoter le présumé coupable[1], comme on le ferait d'un bon boeuf aux carottes.
[1] Sans s'adresser à lui, en l'ignorant, pour qu'il puisse bien gamberger et soit mûr pour passer à table au moment de son interrogatoire, mais certainement pas pour y manger du boeuf aux carottes.

Compléments

La gendarmerie dispose aussi de ses boeuf-carottes, le BEC ou Bureau des Enquêtes et Contrôles.
En clair, chez eux, il ne fait pas bon tomber sur un BEC.

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand generalinspektion der Dienststellen ; aufsichtsbehörde inspection générale des services ; inspection
Anglais (USA) IA [Internal Affairs] / II [Internal Investigations] AI [Affaires internes] / EI [Enquêtes internes] [selon la municipalité, "IA" étant de loin le plus commun]
Anglais (USA) the Rat Squad la Brigade des rats
Portugais (Brésil) corregedor de polícia contrôleur de police
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Commentaires sur l'expression « les boeuf-carottes » Commentaires

  • #1
    borikito
    04/09/2006 à 08:05
    Turpinic ! houhou, petite puce !
    Navait fait un gros nono, hier soir ? navait pas attendu son petit expressio (décaféiné) ?
    Peut-être navait mangé un peu trop de bœuf aux carottes et navait comme des ballonnements ?
    Fais encore gros nono ce matin avec tes petits neneuils bien fermés.
    On te tire les rideaux !
  • #2
    chirstian
    04/09/2006 à 08:46
    Bon, je vais vous donner la recette , parce que sinon les femmes vont encore monopoliser la cuisine :
    a) Toutes les recettes le disent , il faut d’abord faire revenir le boeuf. (fallait pas le laisser partir, he patate!)
    b) Ensuite il faut retourner régulièrement ses morceaux, jusqu’à ce qu’ils soient tous dorés. Un conseil : c’est plus facile lorsque le bœuf est mort et que les morceaux sont découpés, parce que jouer au RubiCube avec un bœuf vivant, j’ai essayé , c’est pas d’la tarte !
    c) Ensuite vous coupez les carottes et vous les donnez à bouffer au boeuf. Logiquement il n’est plus en état d’y toucher. Ne lésinez pas : je suggère au moins 2 carottes pour 1 boeuf.
    d) Après il ne reste plus qu’à attendre entre 2H et 3 jours. ( J’ai remarqué qu’on attend moins si on allume le gaz sous la casserole, mais je ne veux pas vous influencer : les recettes sont muettes sur ce point.
    e) Vous pouvez servir dès que le bœuf est tendre. (il exprime sa tendresse en lisant des poèmes, ou par des petits mots doux, comme vous et moi)
    Si c’est trop difficile, vous pouvez commencer par un œuf-carottes : c’est la même recette mais vous pouvez prendre une casserole plus petite. Ou bien faire comme moi : cliquer sur j’mefaisd’lacuisineaumicroondeetj’temmerde.com (4 trous dans le plastique, et 3 min de cuisson!)
  • #3
    mirlou
    04/09/2006 à 08:48
    Chirstian et Louisann, on savait..mais Borikito et Turpinic ...!
    Y a du nouveau tous les jours sur expressio !
  • #4
    cotentine
    04/09/2006 à 08:49
    • En réponse à borikito #1 le 04/09/2006 à 08:05 :
    • « Turpinic ! houhou, petite puce !
      Navait fait un gros nono, hier soir ? navait pas attendu son petit expressio (décaféiné) ?
      Peut-être navait... »
    Si, si, j’étais bien réveillée, mais modestement, j’ai laissé la 1ère place à la star du jour ! quoique ... dans la recette du "boeuf-carottes", on n’y met pas de navets !
    God n’a pas tout trouvé ... il y a aussi des "boeuf-carottes" chez les métallurgistes : ce sont les employés chargés du contrôle de qualité et de production ... voilà, c’était le supplémént du jour !
  • #5
    zulunation
    04/09/2006 à 08:55
    Ne doit-on pas fouiller du côté de l’origine de l’appellation "vaches" ("Mort aux vaches" par exemple pour exprimer sa haine de la police) pour comprendre l’emploi de l’animal mâle dans cette expression ...? Quand aux "carottes", n’est-ce pas du verbe "carotter" (ôter, subtiliser, faire disparaitre) dont il s’agit ?
  • #6
    God
    04/09/2006 à 09:07
    • En réponse à zulunation #5 le 04/09/2006 à 08:55 :
    • « Ne doit-on pas fouiller du côté de l’origine de l’appellation "vaches" ("Mort aux vaches" par exemple pour exprimer sa haine de la police) p... »
    Pour toute expression, on est en droit d’imaginer plein de choses et de divaguer complètement. C’est assez facile a posteriori. Voir, entre autres, les oeuvres de chirstian en de multiples tomes, encore inachevées à ce jour.
    Mais pour être un peu crédible, je me dois de ne m’attacher qu’aux propositions émises par des lexicographes dont les travaux supposent qu’ils ont à peu près fait le tour de la question, même s’il y a plusieurs tours et plusieurs questions.
    Tout le reste n’est que supputations.
  • #7
    borikito
    04/09/2006 à 09:24
    • En réponse à chirstian #2 le 04/09/2006 à 08:46 :
    • « Bon, je vais vous donner la recette , parce que sinon les femmes vont encore monopoliser la cuisine :
      a) Toutes les recettes le disent , il... »
    je suggère au moins 2 carottes pour 1 boeuf.

    Ah, j’ai lu ailleurs une autre proportion :
    Moitié-Moitié : une carotte, un boeuf.
  • #8
    chirstian
    04/09/2006 à 09:37
    • En réponse à zulunation #5 le 04/09/2006 à 08:55 :
    • « Ne doit-on pas fouiller du côté de l’origine de l’appellation "vaches" ("Mort aux vaches" par exemple pour exprimer sa haine de la police) p... »
    réfelechelechissons un peu !
    l’expression est interne à la police : elle désigne des collègues qui ont un statut un peu spécial, et qui ne sont donc pas très populaires. "boeuf" a ,certes, pu être choisi par référence à "vaches", mais les flics revendiquent-ils ce terme pour eux ? Autodérision ou humour policier ? J’ai des doutes...
    Imaginer qu’ils ont choisi le terme "boeuf" en lui même, conduit à s’interroger ensuite sur le terme "carottes" et la disparition de flics , que vous évoquez, suggère des solutions bien draconiennes ! "Et qu’est devenu l’inspecteur Machin ? Les boeufs l’ont carotté : on ne retrouvera jamais le corps !" ... Je le sens pas bien !
    Je crois que l’expression "boeuf-carottes" ne peut désigner que le plat qui mijote à feu doux ... au rythme des enquêtes internes de l’Administration qui ne doivent pas toujours battre des records de vitesse.
    (voici pour le sérieux, mais le Forum se fait un devoir de ne pas toujours l’être, donc si vous le relisez dans la journée, vous trouverez probablement des explications ... surprenantes)
    la météo du jour : "il fait un vent à décorner les boeuf-carottes"
    Meuh non, sot (Gaston)
  • #9
    chirstian
    04/09/2006 à 09:44
    • En réponse à borikito #7 le 04/09/2006 à 09:24 :
    • « je suggère au moins 2 carottes pour 1 boeuf.
      Ah, j’ai lu ailleurs une autre proportion :
      Moitié-Moitié : une carotte, un boeuf. »
    Moitié-Moitié : une carotte, un boeuf.

    non, non ! 2/3 - 1/3 : j’insiste ! Toi tu confonds avec les "carotte-boeufs" : la recette est beaucoup plus rapide :
    a) on fait revenir les carottes etc... mais tu connais certainement . L’important c’est de prendre un pot agé (mais quand même pas trop!)
    Meuh si, sot
    (le cri de la carotte je sais moins bien faire)
  • #10
    <inconnu>
    04/09/2006 à 09:58
    Comme souvent dès que l’on parle argot, qu’il s’agisse du monde des voyous ou du monde feutré de la police, on en vient parfois souvent à ce cher Vidocq.
    N’y avait-il pas « Oh Grand God » de pistes de ce côté ?
    J’ai cherché (un peu) : Pour Vidocq, le bœuf, c’était un « fourchu », allusion aux cornes et lorsqu’il parle de carottes, ne parle t’il pas de carottes de tabac ?
    (Quoi est-ce ?)
    Quant on sait que « passer à tabac » signifiait : recevoir une prime en tabac à condition de mettre une raclée au prévenu… Aïe aïe aïe.
    Donc, tentative de traduction : un haut policier vous rentre dedans comme un fourchu, (c’est une image) et s’il obtenait la vérité toute lé vérité, n’y avait t’il pas pour lui ou ses acolytes des carottes de tabac… en récompense ?
    C’est un peu confus certes mais quand je m’adresse au Seigneur du lieu, je bafouille toujours. Je veux croire tout comme Don Camillo que lorsque je parle à Dieu, celui-ci devine mes pensées et je veux croire aussi qu’il me répondra en démêlant le vrai du faux même s’il me renvoie dans mes buts, pas grave, j’ai été gardien non pas du Temple, ni d’un phare Breton, mais de buts.
    Et ma cage avec mon p’tit oiseau voletant autour était souvent inviolée, un comble pour un énergumène comme moi.
  • #11
    <inconnu>
    04/09/2006 à 10:12
    • En réponse à <inconnu> #10 le 04/09/2006 à 09:58 :
    • « Comme souvent dès que l’on parle argot, qu’il s’agisse du monde des voyous ou du monde feutré de la police, on en vient parfois souvent à ce... »
    Vient se rajouter là-dessus l’expression : « Se mettre dans le bœuf » : Tomber dans une situation misérable en allusion au bouilli qui représentait le rôti des indigents.
    Un ou des policiers qui dérapent ne sont-il pas dans la mélasse ?
    Avec toute la difficulté à s’en extraire…
  • #12
    God
    04/09/2006 à 10:39
    • En réponse à <inconnu> #10 le 04/09/2006 à 09:58 :
    • « Comme souvent dès que l’on parle argot, qu’il s’agisse du monde des voyous ou du monde feutré de la police, on en vient parfois souvent à ce... »
    Ah, ces gens naïfs qui croient que dès qu’ils émettent une proposition, quelle qu’en soit la pertinence, le Maître Des Lieux va se précipiter pour, des fois par hasard, voir si la piste est bonne.
    Si le MDL devait vraiment s’y coller, ce n’est plus deux heures par jour qu’il devrait y passer, sur expressio, mais la journée complète. Et c’est comment qu’il ferait pour gagner de quoi bouffer son boeuf aux carottes quotidien ? Hein, je vous l’demande !
    Tout ça pour dire que, même s’il faut exprimer ses idées, j’ai déjà répondu en 6.
  • #13
    <inconnu>
    04/09/2006 à 10:51
    • En réponse à God #12 le 04/09/2006 à 10:39 :
    • « Ah, ces gens naïfs qui croient que dès qu’ils émettent une proposition, quelle qu’en soit la pertinence, le Maître Des Lieux va se précipite... »
    MDL > Maréchal des Logis ! God est pris ailleurs, tourné vers l’avenir, vers d’autres horizons... Expressio, c’est pourtant comme un bon restaurant où le Chef vient vous expliquer ce que vous allez ou avez mangé.
    Donnez un sentiment, un soupçon de pressenti... sinon, j’en parle à Tassaïev ! 🙂
  • #14
    chirstian
    04/09/2006 à 11:00
    • En réponse à <inconnu> #10 le 04/09/2006 à 09:58 :
    • « Comme souvent dès que l’on parle argot, qu’il s’agisse du monde des voyous ou du monde feutré de la police, on en vient parfois souvent à ce... »
    carottes de tabac ? (Quoi est-ce ?)

    ah, ces jeunes, faut tout leur dire ! Autrefois le tabac était vendu sous forme de rouleau dont on râpait l’extrémité pour rouler sa cigarette : d’où le terme de carotte (qu’on donne au signe rouge qui indique un bureau de tabac)
  • #15
    <inconnu>
    04/09/2006 à 11:05*
    • En réponse à chirstian #14 le 04/09/2006 à 11:00 :
    • « carottes de tabac ? (Quoi est-ce ?)
      ah, ces jeunes, faut tout leur dire ! Autrefois le tabac était vendu sous forme de rouleau dont on râp... »
    Merci car tu parles à un non-fumeur. J’apprends donc et à mon âge (95ans), c’est bien agréable. Merci Mr Chirstian.
  • #16
    louisann
    04/09/2006 à 11:18
    11h15 et toujours pas de nouvelles de HOBBES,vous ne trouvez pas que c’est inquiétant?
    Bonne journée à tous.
  • #17
    chirstian
    04/09/2006 à 11:30*
    • En réponse à God #12 le 04/09/2006 à 10:39 :
    • « Ah, ces gens naïfs qui croient que dès qu’ils émettent une proposition, quelle qu’en soit la pertinence, le Maître Des Lieux va se précipite... »
    Une explication qu’on trouve souvent serait qu’il s’agit, en restauration, de cuisiniers chargés de surveiller la conformité des recettes aux directives sanitaires et aux recettes originales du Chef. Mais :
    1) je ne peux pas me prononcer sur le sérieux de ces sources (nombreuses notamment sur internet)
    2) si c’est bien le cas, ont-ils été appelés comme cela en référence à la police des polices ou vice-versa ? (en d’autres termes :qui est le premier : le boeuf ou le poulet ?)
    à voir aussi une curiosité : le forum de la gendarmerie nationale sur http://www.lessor.org/SiteEssor/Visitor/forum/read.php?f=1&i=6000&t=5992
    on y apprend notamment qu’un "boeuf" c’est un officier. Piste ?
    @15 : eh, Yannou, souviens toi , quand nous chiquions, avant la guerre, on appelait aussi cela des carottes ...
    @16 : pas de panique Louisann : à mon avis il est "dans le coaltar" (cette expression signifie : en être encore à l’expression du dimanche ...
  • #18
    <inconnu>
    04/09/2006 à 11:51
    • En réponse à chirstian #17 le 04/09/2006 à 11:30* :
    • « Une explication qu’on trouve souvent serait qu’il s’agit, en restauration, de cuisiniers chargés de surveiller la conformité des recettes a... »
    La guerre, c’est chique et choc alors...
    Louisann, prend ton scooter volant et vas y voir Hobbes, tu te poses en douceur et tu l’invites à manger le plat du jour... (A ses frais bien entendu)
  • #19
    borikito
    04/09/2006 à 12:39*
    • En réponse à <inconnu> #15 le 04/09/2006 à 11:05* :
    • « Merci car tu parles à un non-fumeur. J’apprends donc et à mon âge (95ans), c’est bien agréable. Merci Mr Chirstian. »
    Il serait quand même bon que ce jeune breton apprenne que les marins, outre qu’ils chiquaient, ’prisaient’ aussi plus souvent qu’ils ne fumaient pour des raisons de commodité : allez donc allumer puis fumer une cigarette sur le pont, dans votre ciré, dans un ’coup de tabac’ !
    Et, pour que ce tabac à priser (en poudre) ne prenne pas l’humidité, ils introduisaient dans leur blague une tranche de carotte qui faisait office de moderne "sachet déshydratant".
    Me trompè-je ?
    P.S. : kèkun a-t-il des nouvelles de HOBBES ? -- passez le mot !
  • #20
    Rikske
    04/09/2006 à 12:47*
    • En réponse à borikito #19 le 04/09/2006 à 12:39* :
    • « Il serait quand même bon que ce jeune breton apprenne que les marins, outre qu’ils chiquaient, ’prisaient’ aussi plus souvent qu’ils ne fuma... »
    Il est vrai que les marins ont, de tous temps et de par leur métier, eu l’occasion d’essayer mille nouveautés toutes plus exotiques les unes que les autres. Je signale tout de même qu’il n’y avait pas qu’eux qui prisaient: le tabac à priser était fort... prisé dans tous les milieux bourgeois, tous sexes confondus, au XIXème siècle entre autres.
    Quant à la rondelle de carotte, je la remplace personnellement, dans mon pot à tabac et dans ma blague, par une épluchure de pomme de terre (je suis un fumeur de pipe invertébré, comme disait ma concierge). Mais là, c’est dans le but de garder au tabac une certaine hydratation...