Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

se réduire comme une peau de chagrin [v]

se réduire progressivement

Origine et définition

Voilà une expression qui, en cette période de crise, pourrait parfaitement s'appliquer à de l'argent placé sur des supports hasardeux, au point de provoquer un très gros chagrin à celui qui voit ainsi ses économies fondre comme neige au soleil.
Certes, on est toujours très triste de voir quelque chose auquel on tient disparaître progressivement et inéluctablement, mais pourtant le 'chagrin' de notre expression n'a strictement rien à voir avec ce chagrin auquel on pense logiquement.
Ce chagrin-là vient en effet du turc 'sagrï' ou 'çâgri' (selon les sources) qui désignait d'abord la croupe d'un animal puis, par métonymie, la peau du même animal.
C'est plus précisément de l'âne ou de la mule, dont la peau est à fois dure et élastique, qu'on tirait la 'peau de sagrin' (au XVIe siècle), devenue la 'peau de chagrin' suite à l'influence du mot usuel 'chagrin', et qui servait à fabriquer des tambours, des chaussures ou des reliures de livres.
Mais pourquoi cette histoire de réduction, me direz-vous ?
Eh bien cela vient du fameux roman « La peau de chagrin » d'Honoré de Balzac dans lequel cette peau est une pièce de cuir magique qui exauce tous les voeux de son possesseur, mais qui, à chaque désir réalisé, voit sa taille diminuer, tout en rongeant progressivement la vie de son propriétaire qui mourra en même temps que la peau disparaîtra suite à un dernier désir satisfait.

Exemples

« Cette bonne tenue des cours [du coton] est particulièrement bienvenue au Bénin, au Burkina Faso et au Mali qui avaient vu leurs recettes d'exportation se réduire comme peau de chagrin ces deux dernières années »
O.C.D.E. - Perspectives économiques en Afrique 2007/2008

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Anglais vanish into thin air disparaître en air raréfié
Arabe (Maroc) ma bqa fih ghir jeld il s'est réduit en peau
Arabe (Tunisie) qmor s'est rétrécie
Espagnol (Argentine) ver evaporarse algo voir quelque chose s´évaporer
Espagnol (Espagne) encoger como piel de zapa rétrécir comme peau de chagrin
Espagnol (Espagne) Esfumarse Disparaître lentement / S'évaporer / Se dissiper
Gaélique écossais tae wear awa' like snaw-wreaths in thaw se réduire comme des fleurs de givre et de neige en cours du dégel
Grec λιώνω σαν το κερί fondre comme la bougie
Italien consumarsi se consumer
Italien esaurirsi s'épuiser
Néerlandais (Belgique) in rook opgaan s'évanouir en fumée
Néerlandais interen réduire jusqu'à ce qu'il n'y reste rien
Néerlandais verdwijnen als sneeuw voor de zon disparaître comme neige au soleil
Portugais (Brésil) virar cinzas, virar pó devenir des cendres
Roumain a scădea ca pielea de sagri se réduire comme la peau de chagrin
Turc mum gibi erimek se fondre comme une bougie
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Commentaires sur l'expression « se réduire comme une peau de chagrin » Commentaires

  • #81
    chirstian
    17/04/2012 à 11:07
    le chagrin rétrécit. Quel manque de peau !
    Mais avec le temps, c’est vrai que les plus grandes douleurs s’estompent, et qu’un jour on se surprend à se demander comment on avait pu souffrir autant de la disparition d’un être dont on n’arrive même plus à se souvenir du nom !
    Alors, oui, c’est évident : le chagrin se réduit.
    Comme il est évident que le chagrin raccourcit la vie, même si, sur le moment, il rend nos heures inter_minables. Parce qu’il faut, pour vivre longtemps, un énorme optimisme et une sérénité à toute épreuve. Pas construits sur l’égoïsme, mais sur la joie. Je n’ai jamais rien lu sur la question, mais je suis certain que les oiseaux qui chantent vivent plus longtemps que les autres. Ou du moins, qu’ils vivent mieux. Ou en tous cas, que nous vivons mieux grâce à eux !
    Il faut plumer le chagrin. 😐
  • #82
    joseta
    17/04/2012 à 11:20
    Les commerçants jibaros font des réductions à la tête du client. 😐
  • #83
    deLassus
    17/04/2012 à 11:39
    • En réponse à joseta #82 le 17/04/2012 à 11:20 :
    • « Les commerçants jibaros font des réductions à la tête du client. 😐 »
    Une de tes meilleures !
  • #84
    mickeylange
    17/04/2012 à 11:52*
    • En réponse à SyntaxTerror #44 le 31/03/2009 à 15:51 :
    • « Il y avait bien dans un coin de mon cerveau que c’était de la peau de chèvre, mais God m’avait presque persuadé que c’était la peau des fess... »
    Il y avait bien dans un coin de mon cerveau que c’était de la peau de chèvre

    Un caprin chagrin en quelque sorte !
    Tonton Cristobal
  • #85
    charmagnac
    17/04/2012 à 14:14
    • En réponse à chirstian #15 le 31/03/2009 à 09:01 :
    • « Se réduire progressivement (jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien)
      se réduire progressivement, oui, mais jusqu’où ? C’est le paradoxe de Z... »
    Heureux l’étudiant qui, comme la rivière, peut suivre son cours sans sortir de son lit.
  • #86
    <inconnu>
    17/04/2012 à 14:20
    • En réponse à <inconnu> #76 le 17/04/2012 à 09:17 :
    • « cela vient du roman éponyme d’Honoré de Balzac
      "Éponyme" est effectivement celui qui donne son nom, pas celui qui reçoit ce nom, comme on... »
    Et alors, ça ne bouillonne plus de culture, personne ne m’aide dans ma recherche sur "éponyme" ?
    Le seul deLassus me renseigne le Larousse qui reconnaît les deux sens, mais c’est le seul dico à le faire. Est-ce correct ?
    J’aimerais bien avoir l’avis de Rey et du Robert. (rien que pour savoir si, lorsqu’on se surnomme soi-même, on est deux fois éponyme).
  • #87
    charmagnac
    17/04/2012 à 14:30*
    Eh ben ! Y z’étaient pas gais en 2009 !
  • #88
    charmagnac
    17/04/2012 à 14:33
    Eh ben ! Y z’étaient pas gais en 2009 ! Et 2012 en prend le chemin avec cette succession d’Expressions que cite DiwanC. Eh God ! une ou deux Expressions optimistes, sympathiques, hilarantes, bidonnantes, grivoises, égrillardes, lestes, poilantes, gauloises, abracadabrantesques...steplè !
    Pour la détente : il n’y a pas que la peau de chagrin qui se réduit.
    Un jeune africain a été doté par la nature d’un sexe de 50 cm de long. Très fier, il découvre bientôt que c’est plutôt un handicap qu’un avantage. Il va voir le sorcier du village qui lui dit d’aller près de la mare et de demander à la grenouille si elle veiut l’épouser. Si elle répond : "NON" son sexe diminuera.
    Le jeune homme se rend donc près de la mare, fait sa demande et la grenouille lui répond : "NON". De rerour à la maison. il mesure son sexe qui a perdu 10 cm. mais 40 cm c’est encore trop et il retourne vers la grenouille. A sa demande, elle répond encore : "NON". Et le jeune homme perd encore 10 cm.
    30 cm étant encore un tout petit peu trop, il va une troisième fois vers la grenouille et réitère sa demande, mais la grenouille, excédée lui dit : "Ben quoi ! T’es bouché ? je t’ai déjà dit NON, NON et NON".

    J’ai dû situer cette histoire en Afrique, car il n’y a que là qu’il y a des sorciers et des grenouilles qui exaucent les voeux.
  • #89
    God
    17/04/2012 à 14:40
    • En réponse à <inconnu> #86 le 17/04/2012 à 14:20 :
    • « Et alors, ça ne bouillonne plus de culture, personne ne m’aide dans ma recherche sur "éponyme" ?
      Le seul deLassus me renseigne le Larousse... »
    Appel au secours entendu. Poil au menton.
    Alors le GRobert en dit ceci :
    éponyme [epCnim] adj.
    ÉTYM. 1751, Encyclopédie; grec epônumos, de epi « sur », et onoma « nom ».
    Didact. (antiq. grecque). Qui donne son nom à. | L’archonte, l’éphore éponyme : le magistrat qui donnait son nom à l’année. | Ancêtre* éponyme. | Le dieu, le héros éponyme d’une cité. | Athéna, déesse éponyme d’Athènes. — N. m. | L’éponyme.
  • #90
    charmagnac
    17/04/2012 à 14:51
    • En réponse à <inconnu> #86 le 17/04/2012 à 14:20 :
    • « Et alors, ça ne bouillonne plus de culture, personne ne m’aide dans ma recherche sur "éponyme" ?
      Le seul deLassus me renseigne le Larousse... »
    A mon avis, c’est le roman de Balzac qui est éponyme de ce qui est décrit dans l’Expression du jour (morceau de peau de l’âne ou de la mule).C’est donc l’objet, l’oeuvre, le lieu ou la personne qui reçoit l’appellation. Mais quant au terme qui peut qualifier l’objet, l’oeuvre, le lieu ou la personne qui donne l’appellation, j’avoue mon ignorance.
    Je possède peu d’ouvrages spécialisés et je n’ai rien trouvé à ce sujet. Existe-t-il un terme pour nommer ce que nous recherchons ? A moins d’une périphrase "qui a donné son nom à..."
  • #91
    deLassus
    17/04/2012 à 14:53*
    • En réponse à God #89 le 17/04/2012 à 14:40 :
    • « Appel au secours entendu. Poil au menton.
      Alors le GRobert en dit ceci :
      éponyme [epCnim] adj.
      ÉTYM. 1751, Encyclopédie; grec epônumos, de... »
    Appel au secours entendu.

    Euh... Pas tout à fait : l’ami Mintaka voulait savoir s’il existe un adjectif pour "qui reçoit son nom de".
    Exemple : Athènes, ville X d’Athéna, où X est le fameux adjectif mystère.
  • #92
    charmagnac
    17/04/2012 à 14:54
    • En réponse à God #89 le 17/04/2012 à 14:40 :
    • « Appel au secours entendu. Poil au menton.
      Alors le GRobert en dit ceci :
      éponyme [epCnim] adj.
      ÉTYM. 1751, Encyclopédie; grec epônumos, de... »
    Ah ! Chouette ! God ne fait pas la sieste ! Nous sommes (peut-être) sauvés. Je crois avoir compris dans mon #90 que le terme recherché par Mintaka est ce qui qualifie celui qui donne son nom, la "source" de l’éponyme en sorte.
  • #93
    charmagnac
    17/04/2012 à 14:57
    • En réponse à deLassus #91 le 17/04/2012 à 14:53* :
    • « Appel au secours entendu.
      Euh... Pas tout à fait : l’ami Mintaka voulait savoir s’il existe un adjectif pour "qui reçoit son nom de".
      Exemp... »
    En quelque sorte Athènes, ville éponyme d’Athéna et Athéna, X d’Athènes
  • #94
    deLassus
    17/04/2012 à 15:07*
    • En réponse à charmagnac #93 le 17/04/2012 à 14:57 :
    • « En quelque sorte Athènes, ville éponyme d’Athéna et Athéna, X d’Athènes »
    C’est ça, sauf que c’est exactement le contraire : le préfet Poubelle est l’éponyme de l’objet poubelle, et nous cherchons : la poubelle est l’objet X du préfet !
    Voir la définition du TLFi pour EPONYME :
    A.− HIST. ANC.
    1. GR. (Divinité, héros) qui donnait son nom à un groupe de personnes, en particulier à une cité, à une tribu. Il y en avait quatre [tribus] qui reconnaissaient chacune pour héros éponyme un des quatre fils d’Ion (Mérimée, Mél. hist. et littér.,1855, p. 155).
    2. GR. ET ROMAINE. (Magistrat) qui donnait son nom à l’année pendant laquelle il exerçait sa charge. Archonte, éphore éponyme. Rois, empereurs et dignitaires éponymes (Hist. et ses méth.,1961, p. 517).
    B.− P. ext. (Celui, celle, ce) qui donne son nom à quelque chose ou à quelqu’un, à qui l’on se réfère, que l’on vénère. Une autre patronne [que moi, l’histoire] sera votre éponyme (Péguy, Clio,1914, p. 201)
    Mais Mintaka a raison : l’usage se répand pour ta version, ce qui n’est pas correct. Il se répand tellement que je crois bien que le même adjectif sera un jour accepté pour les deux sens : ce qui donne et ce qui reçoit.
  • #95
    ergosum
    17/04/2012 à 15:11
    • En réponse à <inconnu> #77 le 17/04/2012 à 09:47 :
    • « Le pseudo du Maître de céans, God, comporte 3 lettres qui symbolisent la Trinité, ce qui ouvre une perspective théologique inopinée pour les... »
    God, pécheur, remue en Sud-Américaine

    Q"entendez-vous exactement par là ? Devrait-on y voir une connotation sexuelle ?
  • #96
    charmagnac
    17/04/2012 à 15:40
    • En réponse à deLassus #94 le 17/04/2012 à 15:07* :
    • « C’est ça, sauf que c’est exactement le contraire : le préfet Poubelle est l’éponyme de l’objet poubelle, et nous cherchons : la poubelle est... »
    Je suis tout-à-fait d’accord avec ta remarque. Etymologiquement, éponyme donne son nom mais l’usage en a interverti le sens. S’il n’y a pas d’autre terme créé pour désigner le terme qui donne son nom, il faudra accepter queéponyme serve aux deux termes : le "donneur" et le "receveur" ce qui ne va pas faciliter la compréhension des choses, le français étant une langue où on attache beaucoup d’importance aux nuances et à la précision du sens des mots.
  • #97
    deLassus
    17/04/2012 à 15:46
    • En réponse à charmagnac #96 le 17/04/2012 à 15:40 :
    • « Je suis tout-à-fait d’accord avec ta remarque. Etymologiquement, éponyme donne son nom mais l’usage en a interverti le sens. S’il n’y a pas... »
    Là, nous sommes d’accord.
    C’est à dire que je suis d’accord avec toi...
  • #98
    chirstian
    17/04/2012 à 15:49
    • En réponse à deLassus #91 le 17/04/2012 à 14:53* :
    • « Appel au secours entendu.
      Euh... Pas tout à fait : l’ami Mintaka voulait savoir s’il existe un adjectif pour "qui reçoit son nom de".
      Exemp... »
    je retrouve les deux sens dans le Dictionnaire culturel en langue française (Rey) :" éponyme : 1: qui donne son nom 2: qui porte le nom (en général d’une personne)"
    mais dans aucune autre source. Notamment pas dans l’édition en cours d’achèvement du Dictionnaire de l’Académie Française qui devrait quand même faire autorité.
    Ce double sens -majoritairement considéré comme incorrect- viendrait de l’anglais, où l’adjectif eponymous peut qualifier indifféremment la personne qui donne son nom ou la chose qui le reçoit.
    Par exemple : "les 1001 expression préférées des français" est le dictionnaire de l’éponyme Georges Les1001expressionspréféréesdesfrançais (qui, jugeant son nom un peu compliqué, a obtenu de se faire planelliser en Clooney. Ou cloner en Planelles ,j’ai un doute. Quelqu’un peut vérifier ?
  • #99
    chirstian
    17/04/2012 à 15:58
    • En réponse à charmagnac #96 le 17/04/2012 à 15:40 :
    • « Je suis tout-à-fait d’accord avec ta remarque. Etymologiquement, éponyme donne son nom mais l’usage en a interverti le sens. S’il n’y a pas... »
    S’il n’y a pas d’autre terme créé pour désigner le terme qui donne son nom
    eh ! on ne peut pas espérer qu’un autre terme soit créé pour désigner celui qui donne son nom, puisque étymologiquement et historiquement il s’agit bien d’éponyme. Ce serait quand même un comble que l’on ait à lui trouver un terme de remplacement !
  • DiwanC
    17/04/2012 à 16:00
    • En réponse à ergosum #95 le 17/04/2012 à 15:11 :
    • « God, pécheur, remue en Sud-Américaine
      Q"entendez-vous exactement par là ? Devrait-on y voir une connotation sexuelle ? »
    Q"entendez-vous exactement par là ?

    Pas grand’chose ! t’auraient répondu Pierre Blanche ou Francis Dac ! 😄