Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

un maître queux [exp]

un maître coq ; un cuisinier ; un cuisinier à bord d'un bateau

Origine et définition

Le maître queux n'est pas un mot d'argot et il ne désigne pas un amant hors du commun : il n'y a pas de faute d'orthographe, c'est bien un 'x' à la fin du mot !
Ce 'queux'-là vient du latin 'coquus' lui-même lié à 'coquere' (cuire).
D'abord 'cous' au XIe siècle, au XIIe on l'écrivait 'queu', la forme avec le 'x' datant du début du XVIe, époque où le terme désignait une charge de cuisinier de cour, alors que, selon Furetière, les rôles dans les cuisines étaient clairement définis, le maître queux s'occupant des ragoûts, mets et entremets, les hâteurs cuisant les rôtis et, bien sûr, les potagers fournissant les potages (entre autres nombreux rôles en cuisine).
Aujourd'hui, on n'utilise plus cette dénomination que rarement, pour désigner un simple cuisinier.
Le 'coq' lui, nous vient exactement de la même racine latine, mais par emprunt au XVIIe siècle au 'kok' néerlandais, qui désignait un cuisinier à l'époque de la suprématie de la navigation hollandaise, ce qui explique la limitation de son usage au monde maritime.

Exemples

« En fait de sanglier, j'en ai savouré d'excellent chez le conseiller aulique… Axël, je recommande la recette à ton maître-queux : un gentilhomme ne saurait trop prendre souci de sa table. »
Auguste Villiers de L'Isle-Adam - Axël

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand ein Meisterkoch un maître-cuisinier
Allemand smutje / Schiffskoch cuisinier à bord d'un bateau
Anglais a chef un maître queux
Catalan cap de cuina chef de cuisine
Catalan mestre cuiner maître cuisinier
Espagnol (Espagne) un chef / Un jefe de cocina un chef / Un chef cuisinier
Espéranto ĉefkuiristo chef-cuisinier
Français (Belgique) chef coq sic
Italien cuciniere cusinier
Italien cuoco coq
Néerlandais (Belgique) chef kok maître coq
Néerlandais een scheepskok un cuisinier à bord d'un bateau
Néerlandais keukenmeester maître de cuisine
Néerlandais meesterkok maître-cuisinier
Roumain bucătar șef chef-cuisinier
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Commentaires sur l'expression « un maître queux » Commentaires

  • #1
    <inconnu>
    29/02/2008 à 00:08*
    Le maître queux n’est pas un mot d’argot et il ne désigne pas un amant hors du commun

    Là, je sens que ç’a va déraper quand mëme.
    Bonne nuit mesdames, aujourdh’ui je crois que vous allez en voir des vertes et des pas mûres, tant pis pour les puritains😉
  • #2
    Elpepe
    29/02/2008 à 00:10
    la limitation de son usage au monde maritime

    ...qui fait tout de même près de deux fois et demie l’espace terrestre, moussaillon ! 😄
  • #3
    Elpepe
    29/02/2008 à 00:40*
    - Tunique maure X.
    - Maux : une trique.
    - Trimax nu-queue.
    - Un axer mutique.
    - X : un mari queute.
    - Rex meut un quai.
    - Rut n’aime qu’eux.
    - Un miteux arqué.
    - Manu qui tue Rex !
    - Un max eut quéri*.
    Anna Gramme
    * et alors ? Si j’ai envie de conjuguer ce verbe, qui n’est usité qu’à l’infinitif après envoyer, aller et venir ? Ça va ça vient, la langue, hmmm ?
  • #4
    <inconnu>
    29/02/2008 à 02:39
    • En réponse à <inconnu> #1 le 29/02/2008 à 00:08* :
    • « Le maître queux n’est pas un mot d’argot et il ne désigne pas un amant hors du commun
      Là, je sens que ç’a va déraper quand mëme.
      Bonne nuit... »
    tu penses que ça va déraper à fesses queue veux-tu ? bonne nuit !
  • #5
    <inconnu>
    29/02/2008 à 03:56
    On confond cœur et estomac tandis que le queux apprête l’un pour l’autre. Et on traite parfois ce maître des queues de casseroles comme un coq en pâte en lui disant « toé mon coeu » pour qu’il ne se fasse pas de bile.
    Et pour l’amateur de vieux françois qui nous a souvent cité Rabelais (†1553) :
    « Je ne suis rien qu’ une ombre, et veux bien le connoistre ; c’ est de quoy mon coeu ayme à vous entretenir, abysmé devant vous dans le rien de mon estre je n’ ay plus rien en moy qu’ il vous faille punir »
    Entretiens solitaires. Georges de BRÉBEUF (1660)

    « il commenda à son queux de charpenter moult bien le dit coeur dans un plat . C’ est à dire, qu’ il eust soing de le bien apprester et luy faire une bonne sausse »
    La doctrine curieuse des beaux-esprits de ce temps. François GARASSE Le Père. (1623)
  • #6
    PHILO_LOGIS
    29/02/2008 à 05:17*
    • En réponse à Elpepe #3 le 29/02/2008 à 00:40* :
    • « - Tunique maure X.
      - Maux : une trique.
      - Trimax nu-queue.
      - Un axer mutique. »
    bonour, bonjour ... et big bisou*.
    * et alors ? Si j’ai envie de conjuguer ce verbe, qui n’est usité qu’à l’infinitif après envoyer, aller et venir ? Ça va ça vient, la langue, hmmm ?

    Aller et venir?
    Comme chante (euh ?) le beau (heu, heu, heu!) Serge*:
    [citation]Je vais et je viens,
    Entre tes reins...[citation]
    Te fais pas de bile mon chéri-chéri (merci, Alice*), ce n’est pas de toi, Maître-Queue devant l’Eternelle, qu’il s’agit...
    *: Pour les ignares, il s’agit, dans l’ordre de Carlos (non, pas le terroriste), Pertesbourg Gainsbourg et Sapritch, 3 grandes vedettes qui toutes et tous, un jour, se sont fait du mouron. Enfin, pour Carlos, c’était peut-être plutôt du mou-rond...
  • #7
    ThanhBach
    29/02/2008 à 07:12
    Pourquoi je n’ai reçu l’expressio qu’à 7h05 ? Il était en timbre vert ?
    Un X à queu, c’est eXceptionnel, en général un X c’est plutôt à (bi)corne.
    Ach ! Que c’est môffais !
    C’est tout ce que j’ai trouvé, allez bonne journée à tous ! En attendant de mettre queue ou cock (in english please) ... en sommeil !
    Ach ! C’est te pluss en pluss môffais !
    °
  • #8
    Muscat
    29/02/2008 à 08:02
    A propos de queue...Connaissez-vous la différence entre une queue de vache et une cravate?
    Bon réveil,bonne journée,queue du bon...
  • #9
    momolala
    29/02/2008 à 08:22*
    Bon, la trirème du jour va à God sans doute. Tout de même, ce n’est pas d’aujourd’hui que le mot "queue"* a une connotation sexuelle. Donc, je m’interroge : les marins ne l’auraient-ils pas conservé, puis d’autres adopté, justement pour ça ? Nous les filles savons bien (de Marseille, Filo) combien les hommes, les vrais, les mecs, les tatoués, ont le cerveau centré plus bas que le nombril. Bref, je m’interroge...
    Bonne journée à tous !
    * Oui je sais, c’est "queux" comme le chat qui en a 9 comme autant de vies, mais les marins savaient-ils écrire ?
  • #10
    chirstian
    29/02/2008 à 09:11
    aucune contestation , bien sûr, quant à l’origine de "queux". Mais il me semble que si l’expression existe toujours, c’est parce que le maître queux est devenu au fil des siècles, dans l’esprit de ceux qui entendent l’expression, le maître queues (de casseroles) : celui qui règne sur la cuisine. C’est un des cas où en changeant l’étymologie du mot, on ne change pas le sens de l’expression , et du coup, l’erreur est absoute !
    ( par exemple on pense aujourd’hui que le forain est celui qui a son étal dans une foire , un marché (feria). En réalité c’était le marchand étranger (fors). Mais comme on trouvait des forains dans les foires, il était logique de penser que forain et foire ont la même étymologie ...)
  • #11
    chirstian
    29/02/2008 à 09:12
    ah queux, le maître c’est Johnny ! 🙂
  • #12
    syanne
    29/02/2008 à 09:15
    Le maître queux est au boulot : ça chauffe et ça sent bon, sur le piano. Faut dire qu’il sait en jouer, le chef : c’est pas un demi-queux !
  • #13
    tytoalba
    29/02/2008 à 09:23
    • En réponse à chirstian #10 le 29/02/2008 à 09:11 :
    • « aucune contestation , bien sûr, quant à l’origine de "queux". Mais il me semble que si l’expression existe toujours, c’est parce que le maît... »
    aucune contestation , bien sûr, quant à l’origine de "queux"

    Hé ben si. Selon Larousse la queux (ou queurse) vient du latin cos, cotis. C’est une sorte de pierre à aiguiser. Voir cette page. Bien sûr, on peut penser que dans la cuisine seul le chef pouvait se servir de cette pierre pour aiguiser les couteaux, d’où l’expression "maître queux". A l’eau ou à l’huile cette queux est donc bien utile en cuisine.
  • #14
    chirstian
    29/02/2008 à 09:47
    • En réponse à tytoalba #13 le 29/02/2008 à 09:23 :
    • « aucune contestation , bien sûr, quant à l’origine de "queux"
      Hé ben si. Selon Larousse la queux (ou queurse) vient du latin cos, cotis. C’e... »
    si tu parles de la queux (pierre à aiguiser) il s’agit simplement d’un homonyme de la queux du maître... je ne pense pas qu’il faille chercher un rapport quelconque entre les deux.
    Mais c’est vrai que cette dernière n’apparaît même plus dans de nombreux dictionnaires , puisqu’elle n’a plus d’usage hors cette expression. Déjà en 1694 l’Académie signalait :
    "QUEUX. s. m. Cuisinier. Terme qui n’est plus maintenant en usage que dans cette phrase, Maistre Queux, qui est le titre de la Charge du premier Escuyer de cuisine de chez le Roy. Il y avoit autrefois en France un grand Queux. "
  • #15
    syanne
    29/02/2008 à 09:48*
    • En réponse à tytoalba #13 le 29/02/2008 à 09:23 :
    • « aucune contestation , bien sûr, quant à l’origine de "queux"
      Hé ben si. Selon Larousse la queux (ou queurse) vient du latin cos, cotis. C’e... »
    Attention, homonymes ! Ta « queux », si je puis me permettre, est féminine, Tyto, alors que celui de God est masculin.
    Deux mots différents, et donc deux étymologies : God nous a donné l’origine du mot du jour : cŏquus (qui d’ailleurs s’écrivait aussi cŏcus !). Quant à la cōs, cōtis, en latin, c’est en effet une « pierre dure, pierre à polir, surtout à aiguiser », mot qui a donné la « queux » dont tu nous parles.
    Merci pour cette info : j’ignorais l’existence de ce mot et je te jure bien que je vais m’empresser de demander à mon homme aujourd’hui même : « Tu veux bien prendre ta queux, s’il te plaît, et aiguiser les couteaux… ».
    @Chirstian : Oups, tu as été plus rapide, mais nous sommes d’accord sur les queux !
  • #16
    memphis
    29/02/2008 à 10:30
    cette page Spécial maître queux :;)
  • #17
    tytoalba
    29/02/2008 à 10:37
    Nous sommes pour l’instant dans la période des poissons, volà pourquoi nous sommes quelques un(e)s à nous sentir à l’aise dans ce milieu à queux. 😄 Quoi, il y a une faute ? 😉
  • #18
    Emeu29
    29/02/2008 à 10:43*
    À mettre queux, à poêle, mais pas n’importe où !
    Sinon gare aux maladies !
    Sortez (les) couverts!
  • #19
    <inconnu>
    29/02/2008 à 10:58
    Il n’empêche, maitre-queux posera toujours la question : l’aile ou la cuisse ?
    L’Ours préfère la cuisse légère… avec quelques grosses patates... 🙂
    A ne certes pas avaler de traviole !
  • #20
    Emeu29
    29/02/2008 à 11:01*
    Il eut fallut voir le coq
    Et sa cuisine et son croc
    Il s’est mis dans la chaudière
    Comme un vilain pot au feu
    Il est parti vent arrière
    a atterri au feu de Dieu.
    Allons les gars gai, gai
    Allons les gars gaiement!
    le grand coureur
    Avec une petite erreur, me semble-t-il, dans le dernier couplet. Au lieu de rack, lire raki, qui se prononce en turc rak (le i final ne se prononce pas, comme dans Topkapi)