Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

ne pas tarir d'éloges [v]

être très élogieux

Origine et définition

Que sont les éloges ?
On mettra tout de suite au piquet ceux qui ne pensent qu'à évoquer les loges des concierges et des acteurs, même si les uns comme les autres peuvent parfois mériter des éloges.
Des éloges, mot venu du grec 'eulogia', pour 'louange' ou 'belle parole', ce sont ces compliments que tout homme normalement constitué aime recevoir en quantité ; ces félicitations qu'on aime entendre après un acte de bravoure (comme d'arriver à rentrer dans un bar pour y commander sa septième bière de la journée) ou après avoir réussi un véritable défi (comme d'attraper au lasso une limace en pleine fuite), par exemple.
Et quand les éloges arrivent en grande quantité, unanimement prononcés par les individus présents autour de soi, on peut les considérer comme un flot de paroles très agréables dont on aimerait qu'il ne s'arrête pas.
Or, quand un flot arrête de s'écouler, c'est que la source est tarie.
Notre expression n'est donc qu'une simple métaphore qui assimile les éloges nombreux (et parfois mérités) à un flot qui ne tarit pas.

Compléments

Notez que :
- on peut aussi dire "ne pas tarir en éloges"
- au singulier, un éloge est un discours qui célèbre quelqu'un ou quelque chose (un éloge funèbre, faire l'éloge de quelqu'un...).

Exemples

« Il y avait là un triomphe pour le juge d'instruction Denizet, car on ne tarissait pas d'éloges (...) sur la façon dont il venait de mener à bien cette affaire compliquée et obscure : un chef-d'œuvre de fine analyse, disait-on, une reconstitution logique de la vérité, une création véritable, en un mot. »
Émile Zola - La bête humaine

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand jemanden über den grünen Klee loben faire d'éloges de qn. sur le trèfle vert
Anglais to praise to the skies faire des éloges aux cieux
Anglais to rave about someone s'extasier sur quelqu'un
Anglais to shower someone with praise To shower praise on someone arroser quelqu'un d'éloges/ de louanges
Anglais to sound praises of somebody vanter les louanges de quelqu'un
Espagnol (Espagne) desharcerse en elogios se répandre en éloges / Couvrir d'éloges
Espagnol (Espagne) hacerse lenguas se faire des langues
Espagnol (Espagne) no secar elogios ne pas tarir d'éloges
Espagnol (Espagne) poner por las nubes mettre par les nuages
Espagnol (Mexique) cubrir de elogios couvrir d’éloges
Estonien taevani kiitma faire les louanges jusqu'au ciel
Français (Canada) vanter quelqu'un faire des louanges
Gallois canmol i'r cymylau faire des éloges aux nuages
Hébreu רחשי הלב (rakhaché halèv) les sentiments du cœur
Italien colmare di elogi combler d'éloges
Italien coprire di elogi couvrir d'éloges
Italien non avere che parole di lode n'avoir que des mots d'éloge
Italien portare in palmo di mano porter au bout de la main
Néerlandais iemand bewieroken ensencer quelqu'un
Néerlandais iemand de hemel in prijzen exalter quelqu'un aux cieux
Néerlandais iemand ophemelen glorifier quelqu'un, faire l'éloge de quelqu'un
Portugais (Brésil) cobrir de elogios couvrir d’éloges
Portugais (Brésil) desmanchar-se em elogios se répandre en éloges
Roumain a acoperi pe cineva cu laude couvrir quelqu'un avec des louanges
Roumain a nu conteni cu elogiile ne pas cesser aux éloges
Roumain a ridica in slavi soulever dans la gloire
Slovaque vychvalovat do neba faire des éloges aux cieux
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Commentaires sur l'expression « ne pas tarir d'éloges » Commentaires

  • #1
    cotentine
    26/03/2007 à 03:05
    pour que la source ne se tarisse pas, il faut donc s’adresser à quelqu’un vraiment digne d’éloges ! ... et qui, donc, concentre à lui tout seul quantité de mérites et de qualités : quelqu’un de vertueux, en somme ... d’irréprochable et qui, de surcroît s’est montré capable d’actes de bravoure ou d’actions méritoires (et sans doute fort ennuyeux, s’il est trop vertueux et n’a que des qualités!!!)
    qualités ou défauts ? ...
    On peut, ça, j’en suis sûre faire l’éloge de toutes les tares possibles et imaginables ... comme Erasme fit celui de la folie, et d’autres celui de la paresse (cf. Alexandre le Bienheureux)
    mais c’est celui de la fuite qui a retenu mon attention : Elpepe ne dira pas le contraire (oui, je vais concourir pour la trirème du jour ! 😄
    Eloge de la fuite
    Quand il ne peut plus lutter contre le vent et la mer pour poursuivre sa route, il y a deux allures que peut encore prendre un voilier : la cape (le foc bordé à contre et la barre dessous) le soumet à la dérive du vent et de la mer, et la fuite devant la tempête en épaulant la lame sur l’arrière avec un minimum de toile. La fuite reste souvent, loin des côtes, la seule façon de sauver le bateau et son équipage. Elle permet aussi de découvrir des rivages inconnus qui surgiront à l’horizon des calmes retrouvés. Rivages inconnus qu’ignoreront toujours ceux qui ont la chance apparente de pouvoir suivre la route des cargos, la route sans imprévu et près des côtes, c’est impensable sauf côtes du Rhône, de Blaye, etc ...
  • #2
    momolala
    26/03/2007 à 08:04
    Un flot ininterrompu d’éloges noierait le sujet et son objet ! Je préfère l’acupuncture à la perfusion dans ce domaine. Mais qui dit "éloges" appelle "blâme" et je ne résiste pas à vous renvoyer chez Victor sur cette page. Toute ressemblance avec une personne existante....
    Belle journée à tous !
  • #3
    chirstian
    26/03/2007 à 09:10
    PS: les éléphants ne barrissent pas d’éloges (sur la gazelle).
  • #4
    syanne
    26/03/2007 à 09:17*
    Il arrive qu’on affûte ses lames
    Qu’on regarde sous les jupes des femmes
    Pour trouver une rime parfois on rame
    Mais souvent de rire on se pâme
    Pour l’’expressionaute, point de blâme
    D’ici personne ne vous déloge
    Nul privilège on ne s’arroge
    Au respect jamais on ne déroge
    Quelle que soit l’heure au cadran de l’horloge
    D’Expressio faisons l’éloge
  • #5
    chirstian
    26/03/2007 à 09:18
    - on peut aussi dire "ne pas tarir en éloges"
    tarir ne tarit pas de constructions grammaticales:
    il tarit un puits...
    le puits se tarit...
    il ne tarit pas de plaisanteries...
    il ne tarit pas en plaisanteries...
    il ne tarit pas à plaisanter...
    L’origine de tarir, selon le Nicot de 1606, serait :
    "Tari, de Aridus, en adjoustant ceste lettre t au commencement. Et semble que soit advenu, par ce que en prononçant "Il est ari", le son est tel, comme si le t estoit joinct avecques a."
  • #6
    syanne
    26/03/2007 à 09:29
    • En réponse à chirstian #5 le 26/03/2007 à 09:18 :
    • « - on peut aussi dire "ne pas tarir en éloges"
      tarir ne tarit pas de constructions grammaticales:
      il tarit un puits...
      le puits se tarit...... »
    Et aussi
    T’as ri, Harry, en loge
    Tare le riz et l’orge
    t’ara pas d’sucre d’orge
  • #7
    borikito
    26/03/2007 à 10:07
    Précédemment Djebel Tarik
    Il devint Gibraltar.
  • #8
    syanne
    26/03/2007 à 11:02*
    Et quand l’éloge se fait flagorneur...
    on jette des fleurs, on encense, on passe de la pommade ou la brosse à reluire,on caresse dans le sens du poil, on cire les pompes, on lèche le cul, on passe la main dans le dos...
    Epuisant, non ? Vaut mieux être sincère, c’est meilleur pour la santé (individuelle et collective).
  • #9
    chirstian
    26/03/2007 à 11:29
    un acte de bravoure (comme d’arriver à rentrer dans un bar pour y commander sa septième bière de la journée) ou après avoir réussi un véritable défi (comme d’attraper au lasso une limace en pleine fuite)
    j’aimerais entendre vos louanges : je viens de bouffer au bar, ma septième limace de la journée, et maintenant j’essaye d’attraper au lasso un tonneau de bière qui fuit. Hips !
    On dit : un concert de louanges. Mais pas uniquement à ça !
  • #10
    eureka
    26/03/2007 à 13:48
    • En réponse à syanne #8 le 26/03/2007 à 11:02* :
    • « Et quand l’éloge se fait flagorneur...
      on jette des fleurs, on encense, on passe de la pommade ou la brosse à reluire,on caresse dans le se... »
    Si, si, cela est très fréquent surtout quand on parle (pas forcément de bien) d’une personne absente et qui arrive à l’improviste. Déjà en la voyant de loin pointer son nez on dira :
    Tiens quand on parle du loup on en voit la queue.
    Et dès que la personne approche suffsamment de manière à tout bien entendre on dira : Quand on parle du soleil on en voit les rayons ou encore mieux, pour continuer avec le thème des récentes assises, quand on parle de la rose on en voit le bouton !! Bien entendu cette personne prendra ça pour un très bel éloge ....qui à mon sens est un tantinet hypocrite.
    Donc un éloge n’est pas forcément sincère et si c’est le cas vaut mieux en tarir !
  • #11
    momolala
    26/03/2007 à 14:05
    Je viens de lire ça chez notre ami Jules, le rusé Renard : "On place ses éloges comme on place de l’argent, pour qu’ils nous soient rendus avec les intérêts."
    Comme disait notre bon La Fontaine, "tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute".
    Sages leçons de modération cher God : désormais, un seul compliment (esquisse d’éloge) par mois, et comme tu as reçu celui de ce mois, tu attendras le mois prochain pour le suivant qui risque d’être dithyrambique !
  • #12
    syanne
    26/03/2007 à 14:06*
    • En réponse à eureka #10 le 26/03/2007 à 13:48 :
    • « Si, si, cela est très fréquent surtout quand on parle (pas forcément de bien) d’une personne absente et qui arrive à l’improviste. Déjà en l... »
    Tout à fait d’accord avec toi : et c’est pour ça que je préfère les grandes gueules aux mielleux. Un direct du gauche, ça peut faire mal, mais on sait d’où ça vient. Le beau paquet enrubanné qui cache du verre pilé... c’est beaucoup plus difficile de s’en protéger.
    Mais la vie, heureusement, nous apprend à faire le distinguo.
    Et tiens, je complète ce message avec cette phrase édifiante de Sainte-Beuve, sur laquelle je viens de tomber (à pic !): "Dans mes portraits, le plus souvent la louange est extérieure, et la critique intestine. Pressez l’éponge, l’acide sortira."
    Peut-on donner meilleure définition de l’hypocrisie ?
  • #13
    God
    26/03/2007 à 14:14
    • En réponse à momolala #11 le 26/03/2007 à 14:05 :
    • « Je viens de lire ça chez notre ami Jules, le rusé Renard : "On place ses éloges comme on place de l’argent, pour qu’ils nous soient rendus a... »
    Il n’y a que les légionnaires qui tirent en bique. Mais s’ils sont dix...
  • #14
    eureka
    26/03/2007 à 14:32
    • En réponse à momolala #11 le 26/03/2007 à 14:05 :
    • « Je viens de lire ça chez notre ami Jules, le rusé Renard : "On place ses éloges comme on place de l’argent, pour qu’ils nous soient rendus a... »
    Un petit plus, un proverbe wallon dit : "On préche todi po s’ saint" = On prêche toujours pour son saint, et qui signifie qu’on vante une personne dans des vues d’intérêt personnel. Sinon où est l’intérêt d’en faire des éloges hein ? à moins que ce ne soit pathlogique....
  • #15
    PHILO_LOGIS
    26/03/2007 à 14:33
    • En réponse à God #13 le 26/03/2007 à 14:14 :
    • « Il n’y a que les légionnaires qui tirent en bique. Mais s’ils sont dix... »
    Au théâtre, on parle de l’éloge royale - ou présidentielle...
    Chez les vrais-z-auteurs, on parle de l’éloge de l’abbé Thyse...
    Nous, vendredi dernier - j’ai pas eu l’occasion de revenir depuis - on a fait l’éloge d’Expressio.fr...
    J’ai déjà lu les quelques rares contribs des participant(e)s, c’est un peu maigre... On aurait pu dire - ô God - bien des choses, en Somme (dans la Sarthe aussi, ils ne s’en sont pas privé, d’ailleurs, Elpépé et sa BB à adhésion renforcée). Tiens, où sont-ils donc, nous ne les avons encore point revus... Bien rentrés au bercail? BB va mieux?
    Le compte-rendu suivra, comme les fois précédentes. Il faudra compter une semaine environ, puisque je ne rentre que mercredi soir au bercail...
  • #16
    PHILO_LOGIS
    26/03/2007 à 14:34
    • En réponse à eureka #14 le 26/03/2007 à 14:32 :
    • « Un petit plus, un proverbe wallon dit : "On préche todi po s’ saint" = On prêche toujours pour son saint, et qui signifie qu’on vante une pe... »
    pas tôt, logique, ... mais presque!
  • #17
    chirstian
    26/03/2007 à 15:07
    • En réponse à eureka #14 le 26/03/2007 à 14:32 :
    • « Un petit plus, un proverbe wallon dit : "On préche todi po s’ saint" = On prêche toujours pour son saint, et qui signifie qu’on vante une pe... »
    Un petit plus, un proverbe wallon dit : "On préche todi po s’ saint" = On prêche toujours pour son saint, et qui signifie qu’on vante une personne dans des vues d’intérêt personnel.
    cela signifierait qu’en Wallonie le verbe "prêcher" aurait le sens de "vanter" ?
    Ce serait alors un sens régional , car en France , quand on dit "prêcher pour son saint " "pour sa paroisse" ,"pour son clocher" le sens est seulement de "parler pour". C’est donc, effectivement, clairement dans un intérêt personnel, mais il n’y a aucune notion d’éloges, de louanges sincères ou non. (bien que cela n’interdise pas d’en inclure, pour être plus efficace)
  • #18
    borikito
    26/03/2007 à 15:13*
    Les loges... Les loges... Ne sont-ce pas les assemblées des maçons ? (réputés francs ?)
  • #19
    Elpepe
    26/03/2007 à 15:43
    • En réponse à cotentine #1 le 26/03/2007 à 03:05 :
    • « pour que la source ne se tarisse pas, il faut donc s’adresser à quelqu’un vraiment digne d’éloges ! ... et qui, donc, concentre à lui tout s... »
    Ah ouais ! La trirème du jour, naturellement ! Evidemment ! Même si l’Amirauté se doit de préciser que Cotentine évoque ici la cape courante (toilée), en passant sous silence la cape sèche (voir cette page...
    Bonjour bonjour, les gosses ! Bien dormi ? Bon, figurez-vous que Pépé est débordé de boulot : presque quatre jours d’absence et la bàl de 100 MO est saturée (merci, Hobbes 😄 !).
    Bon, je pourrais tout vous raconter, là, mais ce serait quasiment hors sujet du jour, quoiqu’en plein sujet d’Expressio. Non, je vous apporterai juste un témoignage : les Belges ont l’eau courante ! Oui oui ! Et aussi, un théâtre avec une loge royale, aousque BB a été prise en photo, avec Momolala et moi, même que c’est vachement fastoche de faire un putsch, ici, pour devenir Roi des Belges à la place du Roi des Belges : pas un flic pour garder la loge ! Idem au Ministère de l’Intérieur : un portillon ouvert sur une cour, et pas un pandore en vue, vous y rentrez comme dans un moulin... Finalement, avant de leur refourguer Johnny, je crois qu’on leur rendrait un fier service, en leur adressant -cadeau- un autre (tout petit, ça ne prend pas de place, et ne boit ni vin, ni bière) fils d’étranger, grand spécialiste du déploiement de bignolons dans nos villes.
    Je digresse... pardon, God : c’est l’émotion de cette Convention.be... On va faire le plus gros des commentaires off, promis. Mais je dois quand même faire un autre commentaire, public, à mon Eureka_d’amour_14 :
    Merci les copines de la Convention : elles ont cafté notre idylle à BB, les chéries... Seulement, comme elles ne connaissent pas bien Elpépé, elles ont fait un flop : BB était déjà au courant, parce que je suis quelqu’un qui dit les choses, plaisantes ou pas d’ailleurs, ce qui fait que j’ai horreur de la langue de bois de nos politiques, par exemple. Comme pour ma Momolala de rêve, et les autres, toutes les autres, Je raconte à BB nos délires... Alors, hmmm ? Vous battez pas, les filles, y’en a pour tout le monde, de l’amour... et de la trirème (entre autre) de l’amiral ! 😄
  • #20
    syanne
    26/03/2007 à 15:53
    • En réponse à Elpepe #19 le 26/03/2007 à 15:43 :
    • « Ah ouais ! La trirème du jour, naturellement ! Evidemment ! Même si l’Amirauté se doit de préciser que Cotentine évoque ici la cape courante... »
    T’as ri des loges, au théâtre belge ?