Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

Avoir pignon sur rue

Avoir une maison (ou un commerce) à soi.
Par extension : avoir une notoriété certaine (pour un commerce ou une entreprise).

Origine

Du XVe au XVIIe siècle, la façade des maisons en ville, souvent étroites et construites en bois et torchis, comportait en haut un pignon, généralement triangulaire, destiné à supporter l'extrémité de la poutre principale (faîtière) de la charpente.
Avoir pignon sur rue, c'était donc posséder une maison ou un commerce en ville.
La façade sur la rue et son pignon étant les parties les plus visibles de la maison, les gens aisés ne se privaient pas de la décorer, en fonction de leurs moyens, pour afficher leur niveau de richesse.
Au XVIe siècle, le sens de l'expression a alors évolué pour désigner des gens qui possédaient des immeubles et des biens, ou des riches commerçants.
A partir de 1667 et pendant longtemps, les façades à pignon (et les charpentes associées) ont été interdites suite à l'incendie de Londres dans lequel les flammes s'étaient propagées de proche en proche via les charpentes.
Mais l'expression est restée et son sens a encore évolué pour désigner toute personne, entreprise ou commerce qui a une forte notoriété, avec une connotation d'honnêteté ou de solvabilité.

Compléments

Ce pignon-là n'a aucun lien avec François Pignon, le personnage récurrent naïf et/ou encombrant qu'on trouve dans les principales comédies de Francis Veber, comme "L'emmerdeur" ou "Le diner de cons", par exemple.

Ailleurs

Si vous souhaitez savoir comment on dit « Avoir pignon sur rue » en anglais, en espagnol, en portugais, en italien ou en allemand, cliquez ici.

Ci-dessous vous trouverez des propositions de traduction soumises par notre communauté d'utilisateurs et non vérifiées par notre équipe. En étant enregistré, vous pourrez également en ajouter vous-même. En cas d'erreur, signalez-les nous dans le formulaire de contact.

Pays Langue Expression équivalente Traduction littérale
Liban Arabe Ahwelo bel loge Sa situation est aux loges (comme à l'opéra)
Allemagne Allemand Ein gutgehendes Geschäft haben Avoir une affaire qui marche bien
États-Unis Anglais To be well off Être confortable (financièrement)
États-Unis Anglais To have an established footprint Avoir une empreinte de pas [bien] établie
Espagne Espagnol Tener fama / Tener mucha fama Être renommé / Être très renommé
Israël Hébreu יצא לו שם טוב S'être fait un nom
Israël Hébreu שמו הולך לפניו Son nom le précède
Italie Italien Èssiri piazzàtu bbònu Être bien placé
Pays-Bas Néerlandais Te goeder naam en faam bekendstaan Etre connu à bon nom et réputation
Ajouter une traduction

Commentaires sur l'expression « Avoir pignon sur rue » Commentaires

  • #1
    • poupoule
    • 07/03/2006 à 09:20
    Cette expression m’en rappelle une autre : "j’suis dans le bottin !" Qui, dans un tout autre genre, exprime aussi l’idée qu’une personne a une notoritété certaine... ("j’suis dans le bottin", chanté par Yvette Guilbert, texte d’Aristide Bruant)
  • #2
    • jolivi
    • 07/03/2006 à 09:27
    On dit aussi cette expression quand une personne fait double commerce
    des affaires malsaine en arrière boutique et un commerce en façade
    "et pourtant elle avait pignon sur rue"
  • #3
    • chirstian
    • 07/03/2006 à 09:32
    et comment oublier le nez de Cyrano :
    "Ce monument, quand le visite-t-on ?" Respectueux : "Souffrez, monsieur, qu’on vous salue, C’est là ce qui s’appelle avoir pignon sur rue !"
  • #4
    • tytoalba
    • 01/12/2007 à 00:29*
    et voilà comment on fait pour dire bonne nuit hier et bonjour d’aujourd’hui.
    Non, mossieur God, il n’y a pas pignon sur rue, je les ai ramassés en même temps que les feuilles et les pommes (de pin).
    Bon samedi à tous et à tantôt.
  • #5
    • <inconnu>
    • 01/12/2007 à 00:56*
    • En réponse à tytoalba #4 le 01/12/2007 à 00:29* :
    • « et voilà comment on fait pour dire bonne nuit hier et bonjour d’aujourd’hui.
      Non, mossieur God, il n’y a pas pignon sur rue, je les ai ramas... »
    Et c’est bon les pignons (rotis) cette page
    Bonsse waere et boujou aussi 😉
  • #6
    • OSCARELLI
    • 01/12/2007 à 07:27*
    A partir de 1667 et pendant longtemps, les façades à pignon (et les charpentes associées) ont été interdites suite à l’incendie de Londres dans lequel les flammes s’étaient propagées de proche en proche via les charpentes.

    Cette assertion me surprend quelque peu!
    Tout d’abord, bien le bonjour à tout le monde, en ce premier jour du dernier mois de l’année du calendrier habituellement utilisé, c’est-à-dire le nôtre.
    Oui, disais-je, je suis un tantinet (forme masculine de Tantine) surpris. Que cette forme de construction fut alors interdite à Londres, voire même en Angleterre, d’accord. Mais pas partout, ni en Europe, ni dans le monde! De nombreuses maisons à pignon furent encore construites. N’est-ce-pas que j’ai raison, hein, mon [slurp] petit Godemichou adoré [/slurp]?
  • #7
    • OSCARELLI
    • 01/12/2007 à 07:28
    Aaahhhh, avoir pognon sur rue, le rêve de tout bureau de change!
  • #8
    • OSCARELLI
    • 01/12/2007 à 07:28
    Peut-on dire que ca ne mange pas de pin, d’avoir pignon sur rue?
  • #9
    • hedgehog
    • 01/12/2007 à 07:33*
    Le temps s’annonce calme, le vent est tombé 😉 Les sexagénaires se remettent de leur coup de sang.
    Amusant de voir comme en langue d’oc,d’instrument de prestance, d’affirmation, le pignon est devenu ce petit "fruit" qu’on offre aux amis, pour passer un bon moment.Bonne journée à tous.
  • #10
    • God
    • 01/12/2007 à 08:12*
    • En réponse à OSCARELLI #6 le 01/12/2007 à 07:27* :
    • « A partir de 1667 et pendant longtemps, les façades à pignon (et les charpentes associées) ont été interdites suite à l’incendie de Londres d... »
    J’ai dit "à partir de 1667 et pendant longtemps".
    Ce qui pour ceux qui ne jouent pas aux niais, sous-entend que l’interdiction a été levée plus tard. Mais quand ? Mon histoire ne le dit pas.
    Quand à la généralisation en Europe, je n’en ai aucune idée. Il semble en tous cas que le drame londonien a provoqué cette interdiction en France.
  • #11
    • hedgehog
    • 01/12/2007 à 08:26
    • En réponse à God #10 le 01/12/2007 à 08:12* :
    • « J’ai dit "à partir de 1667 et pendant longtemps".
      Ce qui pour ceux qui ne jouent pas aux niais, sous-entend que l’interdiction a été levée p... »
    Joli le pendant longtemps en rouge, comment fais-tu,ô Grand Architecte? Y-at-il moyen de le faire clignoter , comme les guirlandes de Noël aux pignons ??
  • #12
    • momolala
    • 01/12/2007 à 08:35
    Quand même, dans l’Emmerdeur, Lino Ventura a eu Pignon-Jacques Brel sur rue !
    Bonjour de ce très beau jour !
    @ Tyto :
    Faites escuse, mais avec des pignons, des pommes de pin, on ramasse rarement des feuilles.
    Moi j’ai souvent pignons dans la salade, c’est mon mignon péché.
  • #13
    • momolala
    • 01/12/2007 à 08:42
    Vu poigner un rasoir
    Voir U... raser un poing
    Essai d’Anna Thème
  • #14
    • momolala
    • 01/12/2007 à 08:46*
    Le père Ubu trépigne quand la mère Ubu pigne : lisez donc cette page du grand Alfred pour rappeler vos souvenirs de terminale du temps passé.
  • #15
    • momolala
    • 01/12/2007 à 08:50
    Pour les bricoleurs du ouiquinde, un petit cours de construction de pignon moderne sur cette page et je vous laisse l’encre et la plume. Je vais faire un tour au joli marché de Noël de mon village. A plus tard sans doute !
  • #16
    • chirstian
    • 01/12/2007 à 09:11
    qu’en pense le pignon publique ?
  • #17
    • tytoalba
    • 01/12/2007 à 09:19
    • En réponse à momolala #12 le 01/12/2007 à 08:35 :
    • « Quand même, dans l’Emmerdeur, Lino Ventura a eu Pignon-Jacques Brel sur rue !
      Bonjour de ce très beau jour !
      @ Tyto :
      Faites escuse, mais av... »
    tout dépend du moment où on ramasse les feuilles. Comme tu le sais sans doute (depuis le temps que je l’avoue) j’ai la procrastination dans le sang. Donc il me reste même encore à l’heure actuelle des feuilles à ramasser ainsi que des pommes de pin dont les animaux se sont déjà régalés et dont il ne reste plus grand chose. Mais je te concède que les fruits des conifères qui tombent chez moi ne sont pas de pin mais d’une autre variété et donc non-comestibles par l’homme.
    Par ce temps un peu froid et humide, les animaux sont ravis de trouver un tapis de feuilles pour se cacher et quelques fruits naturels à déguster. Mon houx est rouge de baie mais je sais que pour Noël il ne m’en restera plus beaucoup.
    @hedgehog : ne t’inquiète pas pour tes cousins, ils sont toute une famille dans le jardin d’une de mes copines.
    C’était la minute écologique qui ne coûte rien et apporte du bonheur aux animaux.🙂
  • #18
    • hedgehog
    • 01/12/2007 à 09:23
    • En réponse à momolala #15 le 01/12/2007 à 08:50 :
    • « Pour les bricoleurs du ouiquinde, un petit cours de construction de pignon moderne sur cette page et je vous laisse l’encre et la plume. Je... »
    Ah, que te revoilà Momolala, que m’as tu acheté au marché de ton village?
    .." des fleurs, des couleurs de la mer, le chant des oiseaux ou celui des enfants.."...😉
  • #19
    • hedgehog
    • 01/12/2007 à 09:27*
    • En réponse à tytoalba #17 le 01/12/2007 à 09:19 :
    • « tout dépend du moment où on ramasse les feuilles. Comme tu le sais sans doute (depuis le temps que je l’avoue) j’ai la procrastination dans... »
    Chère Tity, on se blottit sous les feuilles, car le froid nous hérissent les piquants, et un peu de chaleur ne nous a jamais fait de mal, sauf celle des grillades de ces grands cons d’humains.🙂 , on m’a raconté que de Montségur à Auschwitz on en trouvait toujours qui faisait pareillement à d’autres humains, est-ce possible ?? My God !!! Suis-je toujours dans ta minute éco qui apporte le bonheur aux animaux?
  • #20
    • chirstian
    • 01/12/2007 à 09:41
    • En réponse à God #10 le 01/12/2007 à 08:12* :
    • « J’ai dit "à partir de 1667 et pendant longtemps".
      Ce qui pour ceux qui ne jouent pas aux niais, sous-entend que l’interdiction a été levée p... »
    La charpente elle-même ne pouvait naturellement pas être interdite! Et, quelle qu’en soit la forme, le feu pouvait s’y développer. Quant au colombage il était en réalité assez résistant, le bois étant intégré dans des matériaux qui le protégeait. Rien à dire non plus quant au pignon, dans son principe (sauf à exiger des maisons en briques, comme à Londres après l’incendie). L’interdiction que tu cites visait donc en fait les pignons en encorbellement : pour des raisons diverses, et notamment fiscales (l’impôt étant perçu sur l’occupation au sol) les habitants des villes prolongeaient l’étage bien au delà du rez de chaussée. De la sorte, si ces derniers étaient séparés par les rues, les étages eux se touchaient pratiquement. En cas d’incendie, l’effet était donc prévisible.
    Chaque incendie remettait en cause cette pratique : en Normandie l’interdiction date du XVI et permet de dater avec précision les vieilles demeures du vieux Rouen. L’ordonnance de Paris semble effectivement avoir été prise des suites de l’incendie de Londres, mais chaque pays avait eu à subir ces désastres et avait réagi. Les ponts étaient les plus vulnérables, puisqu’ils étaient bâtis. Le Pont Neuf de Paris est le premier pont reconstruit sans maisons, après sa destruction par incendie ...
    Il faut rappeler que le pompier n’était pas aussi évolué qu’aujourd’hui. Merci mesdames d’avoir contribué à son développement ... 😄