un nom très difficile à prononcer ; un nom difficile à prononcer ou à retenir
Origine et définition
Aujourd'hui, que vous vous appeliez Andreszjw Kraszwieskichigawa ou Hildegarde von Geschwätzschwarzwaldzahnartz, on vous accepte à l'hôtel sans aucune difficulté.
Mais autrefois, au Moyen Âge et bien après, en ces temps reculés où les sirènes des patrouilles de police ne résonnaient pas encore, où il était impossible de mettre deux litres de super dans sa mobylette (à condition d'en avoir inventé une) et où les brigands troussaient la gueuse et détroussaient le gueux, les aubergistes étaient d'un naturel extrêmement méfiant.
Une fois la nuit tombée, pour se faire admettre dans une auberge, il fallait montrer patte blanche, c'est-à-dire d'abord énoncer son patronyme. Et celui qui n'avait pas un nom très 'chrétien' avait de fortes chances de se voir éconduire et de devoir passer son chemin ou coucher à l'écurie.
(Ensuite, une fois admis, la tenue vestimentaire et la noblesse du nom avaient leur importance pour l'affectation des plus belles ou plus inconfortables chambres)
Quand on sait que les auberges étaient nettement moins répandues que les hôtels ou motels aujourd'hui et qu'il y avait de très faibles probabilités de pouvoir se faire prendre en stop pour tenter de se faire accepter au suivant, celui ayant un nom à coucher dehors avait intérêt à avoir de quoi bien se couvrir pour passer la nuit.
Compléments
Il existe la variante "un nom à coucher dehors avec un billet de logement", le billet de logement étant, pendant la guerre, un mode de réquisition imposant à un habitant de loger le soldat porteur du document et frappant à sa porte.
Mais il semble que ce complément ait été rajouté par la suite à l'expression déjà existante.
D'autre part, le billet de logement étant une forme de réquisition, l'hôte désigné volontaire n'avait pas à demander le nom de son 'invité' ni à se soustraire à l'obligation qui lui était faite d'héberger le porteur du billet.
Exemples
« Il ne fallait pas être trop susceptible pour vivre avec elle. Le pire, c'est qu'elle avait raison, qu'on n'avait pas idée de s'appeler comme cela Lohme, que c'était un nom à coucher dehors (d'ailleurs, sapristi, je couchais dehors) mais on n'était pas responsable de son prénom. »
Jean Romain - Le sixième jour - 1993
Comment dit-on ailleurs ?
| Langue |
Expression équivalente |
Traduction littérale |
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Allemand
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Zungenbrecher
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nom difficile à prononcer |
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Anglais
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jaw-breaking word
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nom à casser la machoire |
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Anglais (USA)
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a [real] tongue-twister of a name
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un [sacré] virelangue / casse-langue / trompe-oreilles de nom |
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Anglais (USA)
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a name that's a [real] mouthful
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un nom qui constitue une [grande] bouchée |
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Espagnol (Argentine)
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tener un nombre impronunciable
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avoir un nom impossible à prononcer |
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Espagnol (Espagne)
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Tener un nombre rarisimo
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Avoir un nom très étrange |
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Grec |
Είναι γλωσσοδέτης (ine glossodetis)
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C'est un virelangue |
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Hongrois |
kitörik a nyelve |
paroles à casser la langue |
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Hongrois |
kacifántos neve van |
avoir un nom tarabiscoté |
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Italien
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un nome difficile da pronunciare
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un nom difficile à prononcer |
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Italien
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un nome strano
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un nom étrange |
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Néerlandais |
een naam om je tong over te breken |
avoir un nom pour casser la langue |
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Néerlandais |
een naam om je tong te verzwikken |
un nom pour se fouler la langue |
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Portugais (Brésil)
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palavra de dar um nó na língua |
mot qui noue la langue |
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Portugais (Brésil)
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palavra de torcer a língua
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mot à tordre la langue |
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