Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

danser devant le buffet [v]

n'avoir rien à manger ; ne pas avoir de nourriture

Origine et définition

Dans les soirées dansantes où les victuailles sont présentées sur un buffet, tout le monde danse devant lui ou à proximité immédiate.
Et quand le signal du repas est donné et que les fauves sont lâchés, c'est du chacun pour soi où, en général et sauf sous-estimation manifeste des quantités, tout le monde arrive quand même à glaner et avaler au moins un petit quelque chose (même si c'est les mains en sang pour avoir pris deux ou trois coups de fourchette ou de couteau au passage).
Si, devant ce buffet-là, tout le monde mange quand même un morceau, d'où ailleurs peut bien venir cette expression ?
Il s'agit en fait ici du buffet qu'on peut trouver dans une cuisine qui, lorsqu'il est malheureusement vide et quelle qu'en soit la cause, ne permet pas de manger.
Mais, alors que le moral devrait être plutôt bas devant une telle situation, qu'est-ce qui justifie de danser devant ce buffet ?
Eh bien cela vient simplement d'un calembour datant probablement de la fin du XVIIIe siècle.
En effet, au XVIe siècle et encore longtemps après[1], le verbe 'fringaler' signifiait 'danser'. Il était une combinaison de 'fringuer' pour 'sauter' ou 'gambader' et de 'galer' pour 'se réjouir'. Et chacun sait que la 'fringale', ce n'est pas une nouvelle danse, mais la faim ou l'appétit.
Alors "d'avoir faim devant le buffet vide" à 'fringaler' donc 'danser' devant lui, il n'y eut qu'un pas (de deux).
[1] Au XIXe siècle, il avait pris le sens de 'marcher ou aller de travers'. Il n'est plus vraiment utilisé de nos jours.

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand kohldampf schieben pousser la vapeur du chou
Anglais (Australie) to have a dingo's breakfast avoir un petit déjeuner de dingo
Catalan amb les mans al cap avec les mains sur la tête
Catalan amb una mà al davant i una altra al darrere avec une main devant et une autre derrière
Catalan menjar-se els colzes se manger les coudes
Espagnol (Espagne) Estar a dieta Être au régime
Espagnol (Espagne) Estar esmayado Avoir très faim
Espagnol (Espagne) Estar muerto de hambre Être mort de faim / Être affamé
Espagnol (Espagne) No tener nada que llevarse a la boca N’avoir rien à porter à la bouche
Hébreu רעב ככלב affamé comme un chien
Italien tirar la cinghia (tirer la sangle) tirar la cinghia
Italien Star morto di fame Être mort de faim
Latin saliens ante armarium sautiller devant le placard
Néerlandais (Belgique) op de kin kloppen se tapper sur le menton
Néerlandais de muizen liggen dood voor de kast les souris se trouvent mortes devant le garde-manger
Néerlandais niks te bikken hebben rien à manger
Néerlandais op een houtje bijten mordre un bout de bois
Néerlandais verrekken van de honger crever de faim
Portugais (Brésil) fazer cruz na boca faire la croix dans la bouche
Portugais (Brésil) não ter nada pra comer n'avoir rien à manger
Roumain a i se lipi burta de spate lui coller le ventre au dos
Roumain a sta cu dinţii la stele rester les dents aux étoiles
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Commentaires sur l'expression « danser devant le buffet » Commentaires

  • atheofv
    02/11/2022 à 13:33*
    bander devant le fessu ©
  • deLassus
    02/11/2022 à 15:41*
    God nous dit :
    "le verbe 'fringaler' signifiait 'danser'. Il était une combinaison de 'fringuer' pour 'sauter' ou 'gambader' et de 'galer' pour 'se réjouir'."
    J'ai sans doute à la fois très longtemps et très mal cherché, mais je n'ai trouvé nulle part trace écrite de cette étymologie godienne.
    Ce que j'ai trouvé pour "fringale" :

    1. Une étymologie construite à partir de deux mots : faim valle et fringuer

    Fringale dans le TLFi : Cette page, résumant Sainéan.
    Texte de Sainéan : Cette page, bas de page.

    2. Une thèse faim-valle sans "jeu de mots"

    Fringale chez Littré : Cette page et son renvoi vers la page faim-valle.
    Développement antérieur : Faim valle chez Noël (Philologie française, 1831) : Cette page.
  • atheofv
    02/11/2022 à 15:53
    • En réponse à deLassus #202 le 02/11/2022 à 15:41* :
    • « God nous dit :
      "le verbe 'fringaler' signifiait 'danser'. Il était une combinaison de 'fringuer' pour 'sauter' ou 'gambader' et de 'galer'... »
    Fringaler existe dans le Godefroy

    Mais sans donner l'origine du mot...
  • deLassus
    02/11/2022 à 16:04
    • En réponse à atheofv #203 le 02/11/2022 à 15:53 :
    • « Fringaler existe dans le Godefroy

      Mais sans donner l'origine du mot... »
    Tout à fait, et il est curieux que le TLFi ne le mentionne pas comme origine étymologique du verbe Fringuer...
  • lalibellule
    02/11/2022 à 16:18*
    un poème ... food for thought ?

    Comme dirait DiwanC, vous n’êtes pas obligés de lire ce qui suit ... je ne saurais traduire ce poème, je l’admire tel quel, pour moi il est un voyage à travers un paysage varié de mots, d’images un peu brinquebalants
    
    Inversion. by Michael McGriff

    There’s no suffering among dandelions,
    in the way the corral gate swings open
    or how the gears stay up late
    to keep the wrists of the dead company.
    And there’s no suffering in silt or the word marsh
    or in the quadratic equation, which scurries
    beneath the floorboards of my thought
    like a mouse drunk on plum wine.
    There’s no suffering in the steam backlit
    and seared into the world at an early hour
    with the horse as its guide. And there’s no suffering
    in lag bolts or u-joints, nor in the sexed-up shadows
    of grain elevators. There’s no suffering
    in the verb itself—to suffer—which, in my kin’s tongue
    means charged by the sight of an owl,
    let loose from a barbed hook, returned
    to the reservoir of the mind.
    Today, I’m a chemical emulsion
    that burns light onto paper, a three-cent stamp
    honoring a woman whose name
    is cloth spread throughout a meadow,
    mortar setting up in a constant breeze.
    The mountain air takes a handful of memories
    from my chest, spreads them before me
    like pewter figurines until I feel
    like a tube of lipstick with an erotic name
    or the long vowels in a wave’s trough,
    all hum and echo. Friend, I’m both
    a keyhole in a star and the key chained
    to a young boy’s neck. I’m the thistle and its bloom,
    father rack and pinion son, gravel and its dust.
    And here, before you now, I’m on a measure
    of consonants gnawing the green roots
    from a blinded moon, where I say to hell with kings
    and jeweled blood, for in this kingdom
    suffering shall be, but never be invented.

    Voilà ce qu’en dit Michael ...

    “With some distance, I can see that ‘Inversion’ wants to know who causes suffering in the world. Of course, we’re all vectors for suffering. We’re human, after all; we fight each other for careers, sparkly zip codes, healthcare, social media status, and all the rest of the stuff that makes us good capitalists. But maybe there are moments when we mindfully refuse to add additional suffering into the world. I’d like to think I’m a person like that. In this poem, I’m trying to find meaning in that desire through the images that haunt me.”

    Michael McGriff

    Image externe
  • Ratanak
    02/11/2022 à 16:40
    • En réponse à deLassus #202 le 02/11/2022 à 15:41* :
    • « God nous dit :
      "le verbe 'fringaler' signifiait 'danser'. Il était une combinaison de 'fringuer' pour 'sauter' ou 'gambader' et de 'galer'... »
    Tout cela est fort convaincant, même si l'étymologie de God s'en trouve mise à très mal !
  • Ratanak
    02/11/2022 à 16:47
    • En réponse à lalibellule #205 le 02/11/2022 à 16:18* :
    • « un poème ... food for thought ?

      Comme dirait DiwanC, vous n’êtes pas obligés de lire ce qui suit ... je ne saurais traduire ce poème, je... »
    Peste ! 😲 Pas évident à saisir, il y a plein de mots dont j'ignore le sens. 😬 J'y reviendrai avec un dictionnaire. 😉 L'auteur a une bonne bouille, en tous cas !
  • atheofv
    02/11/2022 à 17:59
    Danser devant le Buffet...

    Comme un clown triste ?
  • Ratanak
    02/11/2022 à 18:05
    • En réponse à atheofv #208 le 02/11/2022 à 17:59 :
    • « Danser devant le Buffet...

      Comme un clown triste ? »
    Image externe
  • Utilisateur supprimé
    02/11/2022 à 19:57
    • En réponse à lalibellule #205 le 02/11/2022 à 16:18* :
    • « un poème ... food for thought ?

      Comme dirait DiwanC, vous n’êtes pas obligés de lire ce qui suit ... je ne saurais traduire ce poème, je... »
    Il n'y a pas de souffrance parmi les pissenlits, dans la façon dont la porte du corral s'ouvre ou dont les engrenages restent en place tard pour tenir compagnie aux poignets des morts. Et il n'y a pas de souffrance dans le limon ou le mot marais ou dans l'équation quadratique, qui se précipite sous le plancher de ma pensée comme une souris ivre de vin de prune. Il n'y a pas de souffrance dans la vapeur rétro-éclairée et gravée dans le monde à une heure matinale avec le cheval comme guide. Et il n'y a pas de souffrance dans les tire-fonds ou les joints en U, ni dans les ombres sexuées des élévateurs à grains. Il n'y a pas de souffrance dans le verbe lui-même - souffrir - qui, dans la langue de mon parent, signifie chargé par la vue d'un hibou, lâché d'un crochet barbelé, retourné au réservoir de l'esprit. Aujourd'hui, je suis une émulsion chimique qui brûle de la lumière sur du papier, un timbre à trois cents honorant une femme dont le nom est un tissu étalé dans une prairie, un mortier qui s'installe dans une brise constante. L'air de la montagne prend une poignée de souvenirs de ma poitrine, les étale devant moi comme des figurines en étain jusqu'à ce que je me sente comme un tube de rouge à lèvres avec un nom érotique ou les longues voyelles dans le creux d'une vague, tout bourdonnement et écho. Ami, je suis à la fois un trou de serrure dans une étoile et la clé enchaînée au cou d'un jeune garçon. Je suis le chardon et sa fleur, père crémaillère fils, gravier et sa poussière. Et ici, devant vous maintenant, je suis sur une mesure de consonnes rongeant les racines vertes d'une lune aveuglée, où je dis à l'enfer avec des rois et du sang de joyaux, car dans ce royaume la souffrance sera, mais ne sera jamais inventée.
  • Utilisateur supprimé
    02/11/2022 à 20:00
    • En réponse à Ratanak #209 le 02/11/2022 à 18:05 :
    • « https://i.etsystatic.com/10337275/r/il/8c7ea9/3267186484/il_794xN.3267186484_jz0m.jpg »
    Le clown est triste, mais je trouve les couleurs gaies.
  • Utilisateur supprimé
    02/11/2022 à 20:01
    • En réponse à lalibellule #205 le 02/11/2022 à 16:18* :
    • « un poème ... food for thought ?

      Comme dirait DiwanC, vous n’êtes pas obligés de lire ce qui suit ... je ne saurais traduire ce poème, je... »
    Voilà ce qu'en dit Michael... "Avec un peu de recul, je peux voir que 'Inversion' veut savoir qui cause la souffrance dans le monde. Bien sûr, nous sommes tous des vecteurs de souffrance. Nous sommes humains, après tout; nous nous battons pour des carrières, des codes postaux étincelants, des soins de santé, le statut des médias sociaux et tout le reste qui fait de nous de bons capitalistes. Mais peut-être y a-t-il des moments où nous refusons consciemment d'ajouter de la souffrance supplémentaire dans le monde. J'aimerais penser que je suis une personne comme ça. Dans ce poème, j'essaie de trouver un sens à ce désir à travers les images qui me hantent.
  • lalibellule
    02/11/2022 à 20:57
    • En réponse à Utilisateur supprimé #210 le 02/11/2022 à 19:57 :
    • « Il n'y a pas de souffrance parmi les pissenlits, dans la façon dont la porte du corral s'ouvre ou dont les engrenages restent en place tard... »
    Un grand merci à toi ... le poème en français est encore plus beau qu’en anglais ... 🥰
  • deLassus
    12/06/2023 à 17:02*
    • En réponse à deLassus #155 le 10/11/2020 à 22:25 :
    • « Respect de la Parole de God ?

      Dans le livre "Les 1001 expressions préférées des français" (2011), il y a une note [2 ]en fin du chapitre... »
    J'ajoute, pour être précis, que dans le Livre le sous-titre de la page (signification) se limite à
    "N'avoir rien à manger".
  • lalibellule
    12/03 à 02:20*
    À Mintaka …

    Je crois que c’etait toi qui as traduit mon 205 en 210 et 212 … tu ne t’en souviens sans doute pas … je ne vois personne d’autre qui aurait pu le faire … alors merci encore 😘
  • Mintaka
    12/03 à 02:55*
    • En réponse à lalibellule #215 le 12/03 à 02:20* :
    • « À Mintaka …

      Je crois que c’etait toi qui as traduit mon 205 en 210 et 212 … tu ne t’en souviens sans doute pas … je ne vois personne d’au... »
    Eh non, ce n'était pas moi et ça pourrait être DiwanC.
  • Mintaka
    12/03 à 02:55*
    Meuntanent qua j'eu chengé da carvaei, funu da rugylar.
  • Bichem
    12/03 à 05:52*
    • En réponse à Mintaka #217 le 12/03 à 02:55* :
    • « Meuntanent qua j'eu chengé da carvaei, funu da rugylar. »
    Quii !?
    Vini de giroler !?
    A hahaha!, quellle plague!! 🤣😂
  • joseta
    12/03 à 07:00*
    QUI SUIS-JE ? nº805

    Je suis un chanteur, acteur, réalisateur artistique, scénariste et réalisateur mexicain
    - j’ai enregistré 163 albums, vendu plus de 25 millions de disques, joué dans 167 long métrages, et effectué de multiples tournées nationales et internationales
    - je suis reconnu aussi pour ma contribution à la populatité de la musique ranchera, mais aussi pour mon engagement en faveur de la reconnaissance de la valeur culturelle de la Charrería (jeu sportif proche du rodéo) développé au Mexique
    - j’ai l’opportunité de chanter dans une émission de radio méxicaine en 1950 et, à partir de ce moment je commence à être considéré comme une étoile. Au début de la télévision, je fais, pour le Canal 2 le programme Música à bordo
    - jusqu’à présent, j’ai été le seul hispano parlant à remplir la Madison Square Garden pendant 6 nuits consécutives
    - je me laisse convaincre par GustavoDíaz Ordaz, alors Président du Mexique, qui cherche à ranimer l’esprit patriotique pour faire oublier le Massacre de Tlatelolco, de participer à un film biographique consacré à Emiliano Zapata. L’accord proposé par Díaz Ordaz est alléchant. Je me passionne pour le sujet, et je conçois un film dont le budget de 12 millions de Pesos mexicains est astronomique. L’aide d’état se limite à 1,5 million de pesos et la promesse que le reste arrivera. J’emprunte 10 millions de pesos à la société Fiduciaria Aceptaciones, que je garantis grâce à une hypothèque sur mon ranch. J’affronte les dévots et les contestataires du Zapatisme, et je finis par travailler avec un scénariste étranger à leurs polémiques. Le projet suscite l’intérêt de la 20th Century Fox dont le président me propose d’acheter les droits de distribution internationaux pour 1 million de dollars
    - je réalise le montage à Hollywood, et je rentre au Mexique avec 50 copies du film. Le gouvernement mexicain demande à la production de couper 12 scènes et finit par déclarer que même cette version censurée est subversive, et on menace de m’emprisonner si je projette ce film aux États-Unis. Le président de la 20th Century Fox ne veut pas de la version censurée et il rentre au Mexique avec ses dettes sur les bras
    - j’obtiens, des années après, du président José López Portillo la restitution des scènes censurées
    - la ville de Los Angeles me rend hommage en érigeant ma statue sur une Place de la ville
    - j’ai mon étoile sur le Hollywood Walk of Fame.
  • joseta
    12/03 à 07:01
    TROUVEZ LE FILM nº76

    C’est un film sorti en 1960
    - genre: film de cape et d’épée
    - acteurs principaux: Jean Marais, Bourvil, Elsa Martinelli
    - musique: Jean Marion
    - photographie: Marcel Grignon
    - pays de production: France, Italie
    - sociétés de production: DA.MA Films, P.A.C., Pathé Consortium Cinéma
    - film adapté d’un roman de Michel Zévaco