Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

des querelles intestines [n]

des dissensions ; des conflits à l'intérieur d'un groupe ; luttes intestines ; conflits internes ; querelles internes ; conflit civil ; guerre civile ; troubles civils

Origine et définition

Quand on vous parle d'intestin, vous pensez immédiatement à cette longue chose, grosse ou grêle mais toujours peu ragoûtante (sauf à la mode de Caen) qui déborde du ventre quand on se fait seppuku ()
Et quand on évoque les querelles intestines, vous vous dites peut-être que, compte tenu de la foultitude de bactéries diverses qui grouillent là-dedans, il n'est absolument pas possible qu'elles puissent être d'accord sur tout et que, du coup, les bagarres ou simples querelles bactériennes doivent être fréquentes ; jusqu'à ce qu'un bon antibiotique mette tout ce petit monde d'accord.
Mais c'est oublier que l'adjectif intestin vient du latin 'intestinus' qui signifiait 'intérieur'.
C'est ainsi qu'au XIVe siècle, cet adjectif voulait déjà dire "qui se passe à l'intérieur de quelque chose".
Dans notre expression, qui date de la fin du XVIIe siècle, ce "quelque chose" désigne un groupe social comme une entreprise, une association ou un parti politique, par exemple.
Et c'est vrai que les partis politiques sont des endroits où la soif de pouvoir des uns et des autres, alors qu'il n'y pas de place pour tout le monde au sommet, fait que les querelles intestines y sont monnaie courante.

Exemples

« (…) nous étions divisés par nos querelles intestines : les ouvriers conduits par des agitateurs cyniques, en étaient venus à détester leurs patrons; les patrons aveuglés par l'égoïsme se souciaient peu de satisfaire aux revendications les plus légitimes; les commerçants jalousaient les fonctionnaires (…) »
Jean-Paul Sartre - La mort dans l'âme

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand der Knatsch le grabuge
Allemand interne Streitereien (des querelles intestines) des querelles internes
Anglais (USA) infighting des combats au-dedans
Anglais (USA) internecine quarrels querelles intestines
Anglais (USA) internecine strife dissensions intestines
Espagnol (Argentine) peleas intestinas querelles intestines
Espagnol (Espagne) luchas intestinas des querelles intestines
Hongrois vihar a biliben tempête dans le pot de chambre (dispute d’une foutaise)
Hongrois belső civakodás des querelles internes
Hébreu פולמוסיות עקרה (poulmousiyout akara) discussion stérile
Hébreu ויכוחי סרק (vikouhé srak) vaines discussions
Italien delle lotte intestine des luttes intestines
Néerlandais (Belgique) interne strubbelingen frottements, frictions internes
Néerlandais een paleisrevolutie une révolution du palais
Néerlandais ruzie in de tent querelle dans la tente
Portugais (Brésil) conflitos internos des conflits internes
Roumain conflicte interne conflits internes
Roumain lupte intestine luttes intestines
Turc ortalık kaynıyor ça bout dans le milieu
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Commentaires sur l'expression « des querelles intestines » Commentaires

  • SyntaxTerror
    24/04/2024 à 15:38
    • En réponse à lalibellule #180 le 24/04/2024 à 15:16* :
    • « Les habitudes ont changé… les Français mangent moins de tripes qu’avant donc il y a moins de triperies à Paris ?? Il me semble avoir vu pas... »
    En effet, les boutiques qui ne vendent que des abats disparaissent, les boucheries et les charcuteries leur volent la matière première. Par ailleurs, l'industrie recycle ces morceaux moins nobles pour en faire des produits "transformés en France" comme dit la publicité.
  • SyntaxTerror
    24/04/2024 à 15:42
    • En réponse à deLassus #179 le 24/04/2024 à 15:14 :
    • « Mais je crois qu'on peut dire que les intestins de ruminants sont des tripes.
      En fait, je n'y connais pas grand chose : les tripes, c'est p... »
    Peut-être peut-on le dire par abus de langage. Les tripes qui se mangent sont constituées de panse, de bonnets, de feuillets et de caillettes et jamais d'iléon, de cæcum ou de côlon.
  • Ratanak
    24/04/2024 à 17:51*
    • En réponse à lalibellule #180 le 24/04/2024 à 15:16* :
    • « Les habitudes ont changé… les Français mangent moins de tripes qu’avant donc il y a moins de triperies à Paris ?? Il me semble avoir vu pas... »
    Comme le dit Syntax, les triperies ont disparu des paysages français et les autres commerces de viandes ont "fusionné".

    Jusque dans les années 1960, on trouvait sur le Boulevard Ornano (Paris XVIIIe), à proximité du métro Simplon, une série de boutiques bien distinctes les unes des autres : une boucherie (viandes de bœuf, veau, mouton), une charcuterie (viande et produits du porc), une triperie (tripes et abats) et une boucherie chevaline (viande de cheval exclusivement) ; je ne me souviens plus de qui faisait la volaille. Pour compléter il y avait aussi une crémerie (beurre, lait, fromage), une poissonnerie, une boulangerie et une pâtisserie, un marchand de fruits et légumes et même un marchand de "gâteaux secs" (petits biscuits).

    Aujourd'hui au même endroit, on trouve une collection de pizzerias et restaurants "exotiques", de friperies bas de gamme, d'agences Western Union, de "bijouteries", de "supérettes", etc. Seul le Bar-Tabac-PMU à l'angle de la rue Baudelique survit contre vents et marées.
  • Ratanak
    24/04/2024 à 17:57
    • En réponse à SyntaxTerror #182 le 24/04/2024 à 15:42 :
    • « Peut-être peut-on le dire par abus de langage. Les tripes qui se mangent sont constituées de panse, de bonnets, de feuillets et de caillette... »
    On mange quand même une partie des boyaux, surtout de porc, qui servent d'enveloppes aux saucisses, saucissons et autres produits sauciformes, lorsqu'ils sont de qualité.
  • lalibellule
    24/04/2024 à 19:44*
    • En réponse à Ratanak #183 le 24/04/2024 à 17:51* :
    • « Comme le dit Syntax, les triperies ont disparu des paysages français et les autres commerces de viandes ont "fusionné".

      Jusque dans les a... »
    Aussi à Paris XVIIIe il y a la rue Lepic où j’ai fait quelques achats mais c’était il y a une décennie…on y trouvait une belle épicerie bien stockée avec rien que des épices et je me souviens d’une pâtisserie je crois et il y avait des volailles qui avaient toujours leur têtes (qu’on ne voit pas aux States)… et d’autres commerçants, la rue Lepic débute au boulevard de Clichy … il y avait du monde…
  • SyntaxTerror
    24/04/2024 à 20:00
    • En réponse à Ratanak #184 le 24/04/2024 à 17:57 :
    • « On mange quand même une partie des boyaux, surtout de porc, qui servent d'enveloppes aux saucisses, saucissons et autres produits sauciforme... »
    C'est vrai mais on ne peut pas dire qu'on appelle ça des tripes.
    surtout de porc
    J'ai le souvenir d'une boyauderie de l'Est parisien, à court de boyaux de mouton, qui avait fourni des boyaux de porc à un fabricant de merguez. Un des employés s'est rendu compte de la supercherie, la boyauderie a fermé ses portes.
  • deLassus
    24/04/2024 à 23:01
    • En réponse à lalibellule #185 le 24/04/2024 à 19:44* :
    • « Aussi à Paris XVIIIe il y a la rue Lepic où j’ai fait quelques achats mais c’était il y a une décennie…on y trouvait une belle épicerie bien... »
    Aussi à Paris XVIIIe il y a la rue Lepic (…) on y trouvait une belle épicerie bien stockée avec rien que des épices

    Ce ne serait pas "Le Comptoir colonial" ?
    Je ne connais pas ce quartier, mais il semblerait que "ta" boutique d'épices existe encore.
  • lalibellule
    24/04/2024 à 23:26*
    • En réponse à deLassus #187 le 24/04/2024 à 23:01 :
    • « Aussi à Paris XVIIIe il y a la rue Lepic (…) on y trouvait une belle épicerie bien stockée avec rien que des épices

      Ce ne serait pas "Le C... »
    Oui, même si je ne me souviens pas du nom du magasin c’est sans aucun doute le même. D’ailleurs je me souviens du plan ou comment dirais-je… enfin c’était un endroit assez petit mais bien organisé et charmant. Je ne suis pas certaine d’approuver tous les changements faits ! Mais l’article par « Le monde de l’épicerie fine » a fait une erreur sur l’adresse, c’est pas 75008 mais 75018. Voilà et merci ! 😊