Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

Etre Gros-Jean comme devant

Ne pas être plus avancé.
Avoir eu un espoir important (de réussite, de progression sociale, de gains...) et se retrouver comme avant du fait de l'espérance déçue.

Origine

Autrefois, un Gros-Jean était un rustre ou un niais. Et devant était compris comme avant.
Un Gros-Jean qui n'arrivait pas à comprendre quelque chose, même après qu'on lui eut donné des informations susceptibles de l'aider, était donc aussi stupide après qu'avant.
C'est Jean de la Fontaine qui a popularisé cette expression dans La Laitière et le Pot au lait ()

Compléments

Le Gros-Jean était aussi présent dans l'expression inutilisée aujourd'hui : "Gros-Jean en remontre à son curé" pour parler de celui qui ne sait rien mais prétend apprendre des choses à celui qui détient le savoir.

Ailleurs

Si vous souhaitez savoir comment on dit « Etre Gros-Jean comme devant » en anglais, en espagnol, en portugais, en italien ou en allemand, cliquez ici.

Ci-dessous vous trouverez des propositions de traduction soumises par notre communauté d'utilisateurs et non vérifiées par notre équipe. En étant enregistré, vous pourrez également en ajouter vous-même. En cas d'erreur, signalez-les nous dans le formulaire de contact.

Pays Langue Expression équivalente Traduction littérale
Tunisie Arabe Bouzid mekssi, Bouzid éeriâne Bouzid habillé, Bouzid nu
Pays de Galles Gallois Boddi wrth y lan Se noyer au large de la côte
Allemagne Allemand …Da steh ich nun, ich armer Tor, und bin so klug als wie zuvor… … et maintenant me voici là, pauvre fou, tout aussi sage que devant … (monologue de Faust, de Goethe, 1808, traduction Gérard de Nerval)
Autriche Allemand Er ist wie die Kuh vorm neuen Tor Il se retrouve comme la vache devant un nouveau portail
Angleterre Anglais Back to square one Retour à la case départ
Argentine Espagnol Mucho ruido y pocas nueces Beaucoup de bruit et peu de noix
Espagne Espagnol Mi gozo, en un pozo Ma jouissance est tombée dans un puits
Espagne Espagnol Quedarse con las ganas Rester avec ses envies (= Rester frustré)
Espagne Espagnol Seguir sin entender (algo) Continuer à ne pas comprendre (quelque chose)
Belgique Français Etre kikke biche (orth. appr.) Etre désemparé. "Après avoir sorti ses derniers liards et quelques frouchellements (caresses insidieuses), elle s'en fut avec un autre. Il se retrouva kikke biche" (patois de Bruxelles)
Canada Français Se retrouver le bec à l’eau Ne pas obtenir ce que l’on désire
Italie Italien Chì asino nasce, asino muorei Qui nait âne, âne meurt
Italie Italien Restare il Bertoldin di prima Rester le Bertoldin d'avant
Pays-Bas Néerlandais Terug naar af De retour vers la case de départ
Pays-Bas Néerlandais Twaalf ambachten, dertien ongelukken Douze métiers, treize accidents
Pays-Bas Néerlandais Wie voor een dubbeltje geboren is wordt nooit een kwartje (celui/celle) qui est né(e) comme une pièce (de monnaie) de 10 centimes, n'en sera jamais une de 25 centimes
Roumanie Roumain A se intoarce de unde a plecat Revenir d'où on est parti
Roumanie Roumain S-a dus (la Paris) bou ?i s-a-ntors vac? Il est allé (à Paris) bœuf et est rentré vache
Ajouter une traduction

Voir aussi


Commentaires sur l'expression « Etre Gros-Jean comme devant » Commentaires

  • #1
    • OSCARELLI
    • 28/07/2006 à 08:38
    moi qui croyais déjà lire des tas de commentaires piquants, relevés (comme les compteurs), spirituels, voire même savants, et bien je le suis.
  • #2
    • louisann
    • 28/07/2006 à 09:06
    • En réponse à OSCARELLI #1 le 28/07/2006 à 08:38 :
    • « moi qui croyais déjà lire des tas de commentaires piquants, relevés (comme les compteurs), spirituels, voire même savants, et bien je le sui... »
    Déjà levé!! t’es pas en vacances toi ?
  • #3
    • <inconnu>
    • 28/07/2006 à 09:19
    On dit aussi "être de la revue", mais il y manque l’idée du gas niais... c’est plutot seulement passer à coté d’un truc sympa sans avoir le droit d’y participer, avoir père dû en somme !
  • #4
    • <inconnu>
    • 28/07/2006 à 09:21
    • En réponse à OSCARELLI #1 le 28/07/2006 à 08:38 :
    • « moi qui croyais déjà lire des tas de commentaires piquants, relevés (comme les compteurs), spirituels, voire même savants, et bien je le sui... »
    Je ne me fais pas de soucis, filo, les comme en terre y vont venir, je les sens gros comme une maison (celle du gros Jean)...
  • #5
    • Rikske
    • 28/07/2006 à 09:32*
    • En réponse à <inconnu> #3 le 28/07/2006 à 09:19 :
    • « On dit aussi "être de la revue", mais il y manque l’idée du gas niais... c’est plutot seulement passer à coté d’un truc sympa sans avoir le... »
    Je pensais plutôt que l’expression "être de la revue" signifiait être couillonné, pris au piège, attrappé. Je pense qu’elle tire son origine de la revue des troupes, qui, pour beaucoup de militaires (déguisés en soldats), était une corvée pénible (surtout par 40° à l’ombre !). Notre God peut-il confirmer (ou infirmer) cette allégation ?
  • #6
    • chirstian
    • 28/07/2006 à 09:35
    Le verbe grojer (dont le participe présent : je suis grojeant est devenu "je suis gros-Jean" fin 18° ) s’employait beaucoup :
    Grojes-tu ? Vous grojâtes, mes amis ! J’eus aimé que vous grojatassiez davantage etc...
    Il n’était, certes, pas interdit de grojer par derrière , mais la morale chrétienne préconisait la grojation par devant. Je ne voudrais pas vous choquer par des détails scabreux...
    Rappel : on disait , quand on grojeait beaucoup : grojer comme deux vents à décorner les boeufs. (voir l’expression du 10 juillet)
    Gros-Christian
  • #7
    • OSCARELLI
    • 28/07/2006 à 09:36
    • En réponse à Rikske #5 le 28/07/2006 à 09:32* :
    • « Je pensais plutôt que l’expression "être de la revue" signifiait être couillonné, pris au piège, attrappé. Je pense qu’elle tire son origine... »
    Question pour militaires (déguisés en soldats): pourquoi rester à l’ombre quand il y fait aussi chaud? Faut êt c.. quand même.
  • #8
    • OSCARELLI
    • 28/07/2006 à 09:37
    • En réponse à louisann #2 le 28/07/2006 à 09:06 :
    • « Déjà levé!! t’es pas en vacances toi ? »
    oui, madame, donc: j’en profiteQ!
  • #9
    • OSCARELLI
    • 28/07/2006 à 09:38
    • En réponse à OSCARELLI #1 le 28/07/2006 à 08:38 :
    • « moi qui croyais déjà lire des tas de commentaires piquants, relevés (comme les compteurs), spirituels, voire même savants, et bien je le sui... »
    j’ai fait ici une bête faute, et personne n’a relevé (ouf!): un commentaire spirituel, des commentaires spiritueux, non? Alei, santei!
  • #10
    • chirstian
    • 28/07/2006 à 09:58*
    • En réponse à OSCARELLI #9 le 28/07/2006 à 09:38 :
    • « j’ai fait ici une bête faute, et personne n’a relevé (ouf!): un commentaire spirituel, des commentaires spiritueux, non? Alei, santei! »
    comment taire "spiritueux " ? En ne le disant pas , tout simplement !
    Ainsi taisu , le spiritueux est donc caché dans le pot aux roses (cf hier) , d’où commentaire à l’eau de rose (Delly, Arlequin...)
  • #11
    • Condorcet
    • 28/07/2006 à 10:11
    • En réponse à chirstian #6 le 28/07/2006 à 09:35 :
    • « Le verbe grojer (dont le participe présent : je suis grojeant est devenu "je suis gros-Jean" fin 18° ) s’employait beaucoup :
      Grojes-tu ? V... »
    L’acad sort de l’ombre :
    ne confondons pas le passé antérieur « j’eus aimé » et le conditionnel passé 2ème forme « j’eusse aimé »…
    Tonnerre de God !
  • #12
    • borikito
    • 28/07/2006 à 10:17
    • En réponse à OSCARELLI #7 le 28/07/2006 à 09:36 :
    • « Question pour militaires (déguisés en soldats): pourquoi rester à l’ombre quand il y fait aussi chaud? Faut êt c.. quand même. »
    Au Sahara, le militaire disait : "Il fait 45° à l’ombre !... heureusement, qu’il n’y a pas d’ombre !"
  • #13
    • HoubaHOBBES
    • 28/07/2006 à 10:28*
    Au début des origines (c’est vous dire si il y a longtemps !), il y avait deux expressions parfaitement connues et utilisées par tous: "Gros-Jean comme devant" et "Maigre-Louis comme derrière" dont la signification était absolument la même.
    La nature faisant merveilleusement les choses a décidé - après la fable de monsieur Jacob Delafontaine - déconomiser les choses suite à cet infime déséquilibre causé par le fabuliste.
    La deuxième version s’est perdue, tant que même notre God adoré l’ignorait, et nous sommes restés GJCD (c’est long à écrire).
    Pour ceux qui auraient un doute sur mon explication véridique, je rappelle qu’au début des origines, il y avait de la matière et de l’antimatière en quantités égales, seule condition pour que l’Univers aie pu naître du néant, et vous savez tous très bien ce qu’il nous reste : la matière.
    Mais où donc est passée l’antimatière? Je vous le demande !
  • #14
    • Rikske
    • 28/07/2006 à 10:47*
    • En réponse à HoubaHOBBES #13 le 28/07/2006 à 10:28* :
    • « Au début des origines (c’est vous dire si il y a longtemps !), il y avait deux expressions parfaitement connues et utilisées par tous: "Gros... »
    C’est vrai, ça ! Nous exigeons le retour de l’anti-matière ! Et plus vite que ça ! Au besoin, nous ferons circuler une pétition sur la toile !
  • #15
    • OSCARELLI
    • 28/07/2006 à 11:48
    • En réponse à Rikske #14 le 28/07/2006 à 10:47* :
    • « C’est vrai, ça ! Nous exigeons le retour de l’anti-matière ! Et plus vite que ça ! Au besoin, nous ferons circuler une pétition sur la toile... »
    mais vite, alors, pour que je puisse pétitionner avec vous avant mes vacances, petain de m... alors
  • #16
    • chirstian
    • 28/07/2006 à 12:05*
    • En réponse à Condorcet #11 le 28/07/2006 à 10:11 :
    • « L’acad sort de l’ombre :
      ne confondons pas le passé antérieur « j’eus aimé » et le conditionnel passé 2ème forme « j’eusse aimé »…
      Tonnerre... »
    tiens, il existe donc des règles en français ?
    Blague à part, avec toutes ces c... j’en perds mon français : Pourquoi un conditionnel passé 2° forme ?
    Proposition principale au passé antérieur de l’indicatif (oui, je sais , mais enfin ...) , simulatannéité : subordonnée au subjonctif imparfait , non ? Sais plus !
  • #17
    • chirstian
    • 28/07/2006 à 12:16
    • En réponse à HoubaHOBBES #13 le 28/07/2006 à 10:28* :
    • « Au début des origines (c’est vous dire si il y a longtemps !), il y avait deux expressions parfaitement connues et utilisées par tous: "Gros... »
    une pensée pour Ferdinand Lope, candidat perpétuel aux législatives du Quartier Latin, sous la 4°. Ses partisans étaient les lopettes , et ses adversaires les antilope. Hélas jamais élu !
    L’anti GOD a existé , c’était le DOG de Venise . Rappelons toutefois que
    "Un doge doit dissimuler ses armoiries, il ne peut accepter de présents, ni quitter son palais sans motif officiel. Le café, le théâtre lui sont défendus. S’il désire se retirer hors de Venise, ce n’est qu’avec la permission de ses Conseillers.
    Sur sa bourse personnelle, il est tenu d’offrir cinq fois l’an, un fastueux banquet."
    Est-ce que cela va tenter God ?
  • #18
    • OSCARELLI
    • 28/07/2006 à 13:04
    • En réponse à chirstian #17 le 28/07/2006 à 12:16 :
    • « une pensée pour Ferdinand Lope, candidat perpétuel aux législatives du Quartier Latin, sous la 4°. Ses partisans étaient les lopettes , et s... »
    attention qu’il ne se retourne aussi comme une vieille chaussette contre toi, ... et nous par la même occase, et ne dise: bon, je montrerai donc mes armoiries (ca, on s’en tape encore), mais alors, il doit accepter tous les présents de ses admirateurs (ca, c’est nous!), qu’il puisse toujours quitter son palais (il l’a fait, le bougre) avec ou sans motif officiel. Non, môssieu, les vacances, c’est pas une excuse!
    Ensuite, il sera tous les jours au bistrot, au théâtre et dans tous les autres lieux de père dission que la morale réprouve...
    Et enfin, que sur notre bourse personnelle, qu’il ne se fasse offrir au moins cinq fois l’an de fastueux banquets.
    Ca va pas, la tête, non? Pourquoi tu vas lui mettre des idées pareilles dans le ciboulot, à notre God, le seuk, l’unique, celui qu’il nous faut?
    Non, God, t’as pas tout lu... L’intervention de Hobbes n’est qu’un leurre... C’est comme qui dirait un mirage d’un esprit ayant beaucoup souffert de la canicule...
  • #19
    • OSCARELLI
    • 28/07/2006 à 13:04*
    • En réponse à OSCARELLI #18 le 28/07/2006 à 13:04 :
    • « attention qu’il ne se retourne aussi comme une vieille chaussette contre toi, ... et nous par la même occase, et ne dise: bon, je montrerai... »
    Comment disait-il encore à propos de sa compagne, le Ferdinand? Ne parlait-il pas de sa Lope?
  • #20
    • borikito
    • 28/07/2006 à 14:37
    • En réponse à chirstian #16 le 28/07/2006 à 12:05* :
    • « tiens, il existe donc des règles en français ?
      Blague à part, avec toutes ces c... j’en perds mon français : Pourquoi un conditionnel pass... »
    Pour coller à l’actualité de la conjugaison française, une seule adresse :
    http://www.yatahonga.com/details.php?image_id=32999&src=mail