Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

Il y a (il n'y a pas) péril en la demeure

Il y a (il n'y a pas) des risques à rester sans agir, à ne pas trouver une solution à un problème.

Origine

Voilà une expression souvent mal comprise et mal utilisée.
Avec notre vocabulaire d'aujourd'hui, on peut croire que la maison (la demeure) est devenue dangereuse, peut-être à cause des esprits maléfiques qui y rôdent (pour ceux qui y croient) ou du tremblement de terre qui l'a fragilisée...
Mais notre demeure ici est en réalité le substantif du verbe demeurer, rester.
Avec ce sens ancien de demeure, l'expression indique bien que l'inaction peut devenir (ou pas) source de danger, et ce, depuis le XVIIe siècle.

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Pays Langue Expression équivalente Traduction littérale
Angleterre Anglais It's not a matter of life or death Ce n'est pas une question de vie ou de mort
Canada Français Il n'y a pas le feu !
Canada Français Il n’y a pas de quoi s'en faire Il n'y a pas à s'inquiéter
France Français On est pas au feu !
Pays-Bas Néerlandais De zaak gedoogt geen uitstel L'affaire ne tolère pas du retard
Pays-Bas Néerlandais Haastige spoed is zelden goed Urgence exagérée est rarement bonne
Pays-Bas Néerlandais Ik moet (niet) gaan hooien Je (ne) dois (pas) aller faire les foins
Belgique Wallon I gn'a co dè timps d'vant qu'i fasse nute Il y a encore du temps avant qu'il fasse nuit
Belgique Wallon Il n'y a rin qui broûle Il n'y a rien qui brûle
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Commentaires sur l'expression « Il y a (il n'y a pas) péril en la demeure » Commentaires

  • #1
    • <inconnu>
    • 03/04/2006 à 07:06
    Bonjour, Monsieur,
    Je reviens consulter cette expression, après avoir entendu, ce matin, à la RTBF (radio belge), l’émission "Le jeu des dictionnaires" (je vous en ai parlé lors de mon commentaire sur l’expression "Le jeu n’en vaut pas la chandelle").
    Il était question de l’origine de l’expression "mettre (mise) en demeure" signifiant : obliger quelqu’un à faire quelque chose.
    Dans le langage juridique, la "demeure" a le même sens que ci-dessus, le fait de ne rien faire.
    "Mettre quelqu’un en demeure de ..." signifiait donc que le tribunal lui attribuait la responsabilité (et donc les conséquences) de son inaction.
    Plus précis que le Petit Larousse, Le Petit Robert de 2002 mentionne :
    En demeure de : Loc. adj. (XIIIe) (DROIT) : responsable de l’inexécution de son obligation.
    Mise en demeure : (expression courante) : obligation faite au débiteur de se libérer. => commandement, sommation
    Mettre qqn en demeure : => enjoindre, exiger, ordonner, signifier, sommer.
    Une suggestion pour une prochaine expression ?
    Bien à vous.
  • #2
    • mickeylange
    • 19/07/2008 à 01:20
    Bonjour Monsieur God,
    Tout ce que je peux vous dire sur cette expression, c’est qu’elle n’a certainement pas été inventée par un homme marié.
    Je vous prie d’agréer, Monsieur God, l’expression de ma considération distinguée.
    (pleurez pas les filles c’est juste de la provoc) quoique...
  • #3
    • AnimalDan
    • 19/07/2008 à 04:16*
    Il n’y aura plus péril
    En mon ultime demeure
    Admettons qu’un jour je meure
    Je n’me ferai plus de bile
    Y aura plus l’feu au bocal
    Qui renfermait mes idées
    Et mes pauvres vers bancals
    Quand c’est qu’j’aurai décédé
    Quand c’est qu’j’aurai décidé
    De ne plus compter mes heures
    De ne plus être baiseur
    De ne plus jamais bander
    Mais y a pas encore le Feu
    Accolé au patronyme
    Et je jouis tant qu’il se peut
    De cette nuance infime
    Veuillez graver sur ma dalle
    "J’ai terminé ma cavale
    Les jours s’en vont, je demeure...
    et m’emmerde à cent sous d’l’heure"
  • #4
    • tytoalba
    • 19/07/2008 à 07:12*
    Larousse de 1929 donne aussi une définition semblable à celle de Carpe_Diem.
    Demeure = "En droit:
    -retard apporté par le débiteur dans l’exécution de son obligation, constaté par une interpellation du créancier.
    - En droit romain, pour que le débiteur fût in mora (c’est-à-dire mis en demeure), il fallait une interpellation. La mise en demeure du créancier avait pour effet de permettre au débiteur de se débarasser de la chose par un dépôt ou autrement, et de le décharger des risques."
    Les risques étant sans doute la visite du huissier dans un premier temps. 🙁
    Pas amusante cette expression, de quoi foutre le cafard.
    🙂 J’aurais voulu vous mettre un petit soleil, mais le coeur y est. 😄
  • #5
    • subbuteo
    • 19/07/2008 à 08:49
    Aujourd’hui, je sens qu’il va y avoir du puéril dans la demeure Expressio... pour le plus grand plaisir de tous !!! 🙂 Bonne journée !
  • #6
    • OSCARELLI
    • 19/07/2008 à 09:35
    Ici, il y aurait plutôt péril en la demeure: ma meilleure moitié s’impatiente...
    Et pour une fois qu’il y a du soleil, faut que j’y aille.
    A +, les pitchounes...
  • #7
    • chirstian
    • 19/07/2008 à 09:43
    Mais notre demeure ici est en réalité le substantif du verbe demeurer, rester.
    en 1050 "demorer" c’est d’abord : tarder , puis vers 1100 "demurer" : « rester un certain temps là où l’on se trouve ». Au XIV le " demorant" c’est ce qui subsiste , d’où la locution ’adverbiale " au demourant" = « au reste », ou encore : le "demeuré " qui est resté à un stade de développement mental inférieur.
    Quant à la "demeure" au XII c’est d’abord "un certain laps de temps", d’où ensuite un "retard". En 1273 "estre en demore" = « être en retard pour s’acquitter d’une obligation ». Ce n’est qu’à la fin du XIII qu’elle prend le sens de "le lieu où l’on séjourne".
    Mais les deux sens peuvent parfaitement se combiner : il n’y a pas péril en la demeure = il n’y a pas péril à attendre. Attendre où ? Attendre où l’on est, c’est à dire "en sa demeure". Ou se contrarier : pour un SDF il y a péril en la demeure à rester dehors par ce froid.
  • #8
    • <inconnu>
    • 19/07/2008 à 09:48
    Il y a persil en ma demeure...ça tombe bien: au menu, moules et beurre à l’ail..
    bisous à tous...de loin, trèèèèèèèèès loin...! ail, aîe, aîe!
  • #9
    • chirstian
    • 19/07/2008 à 09:52
    • En réponse à <inconnu> #1 le 03/04/2006 à 07:06 :
    • « Bonjour, Monsieur,
      Je reviens consulter cette expression, après avoir entendu, ce matin, à la RTBF (radio belge), l’émission "Le jeu des dic... »
    Mettre qqn en demeure : => enjoindre, exiger, ordonner, signifier, sommer.
    très exactement, je crois : "estre en demore" = « être en retard pour s’acquitter d’une obligation ». De là : "mettre en demore" : faire constater par le tribunal l’état de "demore". C’est le constat du délit qui permet de demander qu’il y soit mis fin.
    Je vous mets en demeure de quitter ma demeure...
  • #10
    • Emeu29
    • 19/07/2008 à 10:10
    Ah ! La beauté de Nicole Garcia dans "Péril en la demeure" !
    Snif !
    Bowie Kane Athos !
  • #11
    • AnimalDan
    • 19/07/2008 à 10:11
    Notre Tonton Georges (pas God, l’autre...), qui pesait ses expressions, a employé celle-ci dans "Mourir pour des Idées", ou son sens était évident, mais aussi dans "Concurrence Déloyale" où elle prend (en tous cas pour mézigue) toute sa justesse (situation d’urgence quasi dépassée...), ainsi éclairée...
  • #12
    • Muscat
    • 19/07/2008 à 10:22*
    Et quand on dit"Il n’y a pas le feu au lac",c’est plus poétique et ça veut dire presque la même chose,non?
    En tout cas chez nous,cette expression ne devrait pas être employée au négatif!Avec tous les problèmes communautaires...qui ne proviennent pas de la population d’ailleurs mais des dirigeants bornés...Ca me grisaille le moral...
  • #13
    • Jonayla
    • 19/07/2008 à 10:22
    • En réponse à subbuteo #5 le 19/07/2008 à 08:49 :
    • « Aujourd’hui, je sens qu’il va y avoir du puéril dans la demeure Expressio... pour le plus grand plaisir de tous !!! 🙂 Bonne journée !... »
    Puéril en la demeure

    Excellent ! 😄
    Pour le moment, c’est plutôt le péril jaune en la demeure olympique ...
  • #14
    • Jonayla
    • 19/07/2008 à 10:33
    • En réponse à Muscat #12 le 19/07/2008 à 10:22* :
    • « Et quand on dit"Il n’y a pas le feu au lac",c’est plus poétique et ça veut dire presque la même chose,non?
      En tout cas chez nous,cette expre... »
    Sondage express : le 21 juillet 2008 sera-t-il la dernière fête nationale ?
    La météo n’a même pas prévu de drache nationale pour ce jour-là. Tout fout le camp ... Il reste la zwanze, l’auto-dérision et l’humour des gens "normaux" (= non politisés)
  • #15
    • <inconnu>
    • 19/07/2008 à 11:53*
    L’approche spirituelle de l’expression désigne bien le lieu où réside en nous notre esprit d’entreprise et qui se doit d’aller au contact des autres, du monde, se frotter pour progresser, évoluer. Ne pas le faire, c’est justement le mettre en danger. L’immobilisme voit passer les occasions, en l’occurrence, comme les vaches qui regardent passer les trains, l’homme, à l’identique n’est alors acteur de rien et se niche là le péril, dans cette vue de l’esprit à vouloir se surprotéger. Frilosité d’apparat.
    Péril en la demeure commence par se couper du monde et offre, peu à peu, le terrain propice aux prémices de la douce folie, celle qui fait dire : « faut l’isoler, ou bien lui trouver un asile ».
    Le péril, on l’attire surtout à force de vouloir l’éviter. Le courage, le vrai, c’est encore celui qui consiste à demeurer dans l’esprit des autres afin d’échanger, idées, opinions, Savoir et cela s’appelle le partage, l’échange, actes qui bien réalisés, évitent justement le péril de l’hypothétique pillage intellectuel, spirituel… celui qui laissera votre demeure (esprit) blessée jusqu’au plus profond de son âme.
    Paix-Rires, ferments de l’insouciance qui à l’extrême peuvent s’avérer mortels ! Le maître-mot est bien l’attente, cet optionnel réflexe qui est supposé ne pas prendre en défaut notre libre-arbitre. Et rendre ainsi coupable un fâcheux fichu destin… De quoi ensuite, s’en prendre, a priori, légitimement à Dieu, si on y croit bien évidemment.
  • #16
    • Boniface8
    • 19/07/2008 à 13:28
    Évidemment, tonton Georges avec Y a péril en la demeure, depuis que les femmes de bonnes mœurs, ces trouble-fêtes... avait bien situé d’où venait le danger...
  • #17
    • momolala
    • 19/07/2008 à 13:46*
    • En réponse à <inconnu> #15 le 19/07/2008 à 11:53* :
    • « L’approche spirituelle de l’expression désigne bien le lieu où réside en nous notre esprit d’entreprise et qui se doit d’aller au contact de... »
    Ah, te revoilou le Yannou ! Finie la retraite, tu reprends enfin le collier Expressionaute et avec esprit, bien sûr ! 😉 Voici donc un ami dont on ne se demande plus ce qu’il est devenu, au contraire d’Eureka : ...les jours s’en vont, nous demeurons. (cette page ou cette page pour l’intégrale).
  • #18
    • <inconnu>
    • 19/07/2008 à 14:15
    bonjour à toutezéatous ! Après 3 semaines de vacances, ça fait plaisir de retrouver notre espressio quotidien !
    Il est intéressant de noter qu’en 2006 l’expression du jour n’avait suscité qu’un commentaire !
    Bonne fin de journée à tous !
  • #19
    • momolala
    • 19/07/2008 à 15:10*
    • En réponse à AnimalDan #3 le 19/07/2008 à 04:16* :
    • « Il n’y aura plus péril
      En mon ultime demeure
      Admettons qu’un jour je meure
      Je n’me ferai plus de bile
      Y aura plus l’feu au bocal
      Qui renferm... »
    Mécréant, que fais-tu du Paradis ? et de ceux de l’Enfer ? De l’occupation en perspective dans chaque cas ! Perso, je choisis de partir en cendres que ma fille aura la bonté de répandre au premier Mistral. Avant qu’ils m’attrapent, anges ou démons !
  • #20
    • chirstian
    • 19/07/2008 à 16:14
    • En réponse à <inconnu> #15 le 19/07/2008 à 11:53* :
    • « L’approche spirituelle de l’expression désigne bien le lieu où réside en nous notre esprit d’entreprise et qui se doit d’aller au contact de... »
    L’immobilisme voit passer les occasions, en l’occurrence, comme les vaches qui regardent passer les trains,
    le train est-il une occasion pour les vaches, qu’elles laissent passer au lieu de la saisir ? J’ai peur que vouloir saisir un TGV soit pour elles péril plus grand que la demeure, non ?
    Content de te relire , tu nous as snobé, ou bien tu étais en péril loin de ta demeure ?