Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

jeter sa gourme [v]

faire ses premières frasques ; papillonner ; réaliser ses premières folies ; faire des folies de jeune homme

Origine et définition

Gourme, voilà un mot peu courant de nos jours. Certains l'ont peut-être entendu chez le pédiatre à propos de leur bambin faisant ce qu'on appelle souvent des croûtes de lait sur le cuir chevelu et le visage, mais pour ce genre de manifestations, la plupart du temps, le praticien leur aura plutôt parlé d'impétigo.
Et, quand on ne sait pas ce qu'est la gourme, on ne peut s'empêcher de faire le rapprochement avec gourmette qui, s'il y a bien un lien, n'est pas le petit de la gourme, tout comme la belette n'est pas le petit du castor.
En effet, la gourmette, d'abord appelée gourme au début du XVe siècle, était autrefois une chaînette qui servait à maintenir le mors du cheval ; le nom de cette chaînette s'est ensuite déplacé à la fin du XIXe siècle vers celle qu'on reliait à une montre de gousset ou celle qu'on portait au poignet.
Mais revenons à la gourme qui nous concerne.
C'est à partir du milieu du XIVe siècle que le mot désigne une maladie de la bouche ou de la gorge du cheval, affection provoquant, entre autres, la sécrétion d'une morve particulière ayant le même nom (gourme pourrait venir du francique worm qui signifiait « pus »). Il semble que pratiquement tous les poulains soient victimes de cette maladie bénigne, point de passage quasiment obligé. Au XVIe siècle, on disait alors de l'animal qu'il jetait sa gourme, le verbe jeter ayant ici le sens d' « émettre des sécrétions ».
Parallèlement, mais au figuré, cette fois, jeter sa gourme a pris le sens qu'il a toujours aujourd'hui.
La raison de la naissance de cette métaphore est assez simple : si le poulain passera obligatoirement par la maladie, le jeune humain passera tout aussi inévitablement par un moment où il commettra ses premières frasques, passage considéré ici, comme pour le poulain avec sa morve, comme une maladie de jeunesse incontournable (puisqu'il faut que jeunesse se passe).

Exemples

« À rebours de son cadet, Philippe, en ces matières, professait les théories des pères bourgeois du temps, qui étaient qu'un jeune homme doit jeter sa gourme et que le plus tôt est le mieux. »
Abel Hermant - L'aube ardente - 1919

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand sich die Hörner abstoßen se cogner les cornes
Anglais sow one's wild oats semer ses avoines sauvages
Anglais (USA) to sow one's wild oats semer de l'avoine sauvage
Espagnol (Espagne) echar una cana al aire jeter un cheveu blanc en l'air
Espagnol (Espagne) irse de cachondeo partir pour la rigolade
Espagnol (Espagne) salir de juerga sortir de bringue
Français (Canada) faire sa jeunesse
Hébreu נהל חיי הוללות (nihèl khayé holelott) gérer la vie en liberté
Italien darsi alla bella vita se donner à la belle vie
Néerlandais wilde haren krijgen se faire des cheveux sauvages
Suédois så sin vildhavre semer sa folle avoine
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Commentaires sur l'expression « jeter sa gourme » Commentaires

  • #21
    mickeylange
    24/01/2011 à 18:18
    • En réponse à DiwanC #20 le 24/01/2011 à 16:30* :
    • « Jeter sa gourme... c’est comme qui dirait "jeter son bonnet par dessus les moulins", "jeter l’enfant qui n’est même pas dans l’eau du bain".... »
    "jeter son bonnet par dessus les moulins"

    Non j’en ai ras le bol d’aller les récupérer sur mon toit.
    Grimpe tes rideaux autant que tu veux, mais s’il te plaît garde ton bonnet !
    Daudet
  • #22
    chirstian
    24/01/2011 à 18:28
    • En réponse à jurass #14 le 24/01/2011 à 13:44 :
    • « J.B.P. fait dire à Martine, non pas celle de Lille, dans les Femmes Savantes :
      "qu’ils s’accordent entre eux ou se gourment, qu’importe ?"
      e... »
    se gourmer voulait donc dire en ces temps aussi heureux que révolus se battre à coups de poing. Y a -t-il un rapport ?
    on ne peut plus direct ! D’après le TLFI, le sens de "se battre à coups de poings" apparu à partir du XVIeme, s’expliquerait "sans doute en raison des tuméfactions qui résultent de coups de poings, comparables à celles laissées sur la peau par la gourme "
    Et, dans ce sens, le Littré relève une "Gourmade : Terme familier. Coup de poing, particulièrement sur la figure " qui ne semble plus d’usage, sans doute remplacé avantageusement par le coup de pied au cul, qui laisse moins de traces !
  • #23
    momolala
    24/01/2011 à 18:39
    • En réponse à DiwanC #19 le 24/01/2011 à 16:09* :
    • « L’heure est grave...
      God nous a fait présent d’une jolie p’tite expression qui n’avait jamais été décortiquée ; elle nous attend depuis l’au... »
    Franchement, comme je ne sais pas de quoi on parle, je préfère n’en rien dire. C’est un truc de mec : à eux de faire de l’esprit sur ce sujet qui fait des femmes de purs objets sexuels. Il me semble bien en effet que la gourme ne soit jetée que lorsque on en a éclaboussé quelque jupon. Toutes les expériences précédentes de tire-jus à la manière d’Onan ne comptent pas quelle qu’ait été la dépense d’énergie consacrée. Le commentaire précédent de Chirstian confirme mon idée (très personnelle) que la dame/demoiselle-réceptacle peu respecté n’avait pas besoin d’être consentante, le mâle s’affirmant dans la force. Bref, je n’aime pas que les garçons aient jeté leur gourme. Bon, ben, j’l’ai dit !
  • #24
    mickeylange
    24/01/2011 à 18:53
    De là, on est venu aux petites filles du peuple, qu’il [Sainte-Beuve] a fort étudiées, nous dit-il, et qui ont à la puberté deux ou trois ans de folie, de fureur de danse et de vie de garçon, jetant leur gourme* et leurs bonnets par-dessus les moulins, sortant de là rassises, rangées, ouvrières, femmes d’intérieur et de ménage...
GONCOURT, Journal, 1863, p. 1208.
    *Des "gourmandines" en quelque sorte !
    @23 Momo et TOC ! :’-))
  • #25
    <inconnu>
    24/01/2011 à 18:57
    Je pensais que les gourmes c’etait des petits sacs de cuir qu’on portait à le ceinture au temps de je ne sais plus quand et qui etaient pleins de piecettes et que quand on jetait sa gourme et bien on dépensait les sous, on allait festoyer
    d’où le sens que la phrase jeter sa gourme a pris maintenant
    l’imagination ça fait penser à de ces trucs des fois
  • #26
    Utilisateur supprimé
    24/01/2011 à 19:26
    • En réponse à momolala #23 le 24/01/2011 à 18:39 :
    • « Franchement, comme je ne sais pas de quoi on parle, je préfère n’en rien dire. C’est un truc de mec : à eux de faire de l’esprit sur ce suje... »
    Men are from Mars. Women are from Venus. Et je suppose que si on était homme, on ferait pareil.
  • #27
    <inconnu>
    24/01/2011 à 19:45
    • En réponse à momolala #23 le 24/01/2011 à 18:39 :
    • « Franchement, comme je ne sais pas de quoi on parle, je préfère n’en rien dire. C’est un truc de mec : à eux de faire de l’esprit sur ce suje... »
    Mais non ! elles s’éclatent aussi les femmes !
    Faut juste qu’elles tombent pas sur des cons
    A mon avis
  • #28
    BeeBee
    24/01/2011 à 20:02*
    • En réponse à DiwanC #19 le 24/01/2011 à 16:09* :
    • « L’heure est grave...
      God nous a fait présent d’une jolie p’tite expression qui n’avait jamais été décortiquée ; elle nous attend depuis l’au... »
    Comment ça, que le Marcel il a même plus de quoi acheter du Lagon Bleu ? Faut faire une souscription nationale, que dis-je, internationale, illico ! A vôt’bon cœur, msieurs-dames, pensez à la pôvre Germaine qui se dessèche, après avoir grimpé aux rideaux et jeté son bonnet par dessus les moulins !!!!:’-))
  • #29
    DiwanC
    24/01/2011 à 20:07
    • En réponse à momolala #23 le 24/01/2011 à 18:39 :
    • « Franchement, comme je ne sais pas de quoi on parle, je préfère n’en rien dire. C’est un truc de mec : à eux de faire de l’esprit sur ce suje... »
    Le commentaire précédent de Chirstian confirme mon idée (très personnelle) que la dame/demoiselle-réceptacle peu respecté n’avait pas besoin d’être consentante, le mâle s’affirmant dans la force
    .
    Il me semble que dans l’exemple que donne Chirstian, les coups ne sont pas que pour les demoiselles, la gourmade pouvant résulter des horions échangés entre garçons.
    Mais, bon... Je ne vais pas emprunter au Sélénite la moindre parcelle que sa spécialité, à savoir son goût pour les vertugadins des tsé-tsé et autres diptères !
  • #30
    BeeBee
    24/01/2011 à 20:17
    • En réponse à DiwanC #29 le 24/01/2011 à 20:07 :
    • « Le commentaire précédent de Chirstian confirme mon idée (très personnelle) que la dame/demoiselle-réceptacle peu respecté n’avait pas besoin... »
    P’t’être même que les horions échangés entre les garçons, c’est juste pour attirer l’attention de quelque belle demoiselle, ne leur jetant même pas un cil......😄
  • #31
    DiwanC
    24/01/2011 à 20:21
    • En réponse à BeeBee #28 le 24/01/2011 à 20:02* :
    • « Comment ça, que le Marcel il a même plus de quoi acheter du Lagon Bleu ? Faut faire une souscription nationale, que dis-je, internationale,... »
    Ah ! merci ! Je reconnais bien là ton grand coeur... et ta compréhension pour les assoiffés et /fées ! J’vais aller voir les Desgrands-Lacour : il doit bien leur rester quelques petits glaçons à ajouter... dans un grand peu d’aut’ chose !
  • #32
    chirstian
    24/01/2011 à 21:07
    • En réponse à Utilisateur supprimé #26 le 24/01/2011 à 19:26 :
    • « Men are from Mars. Women are from Venus. Et je suppose que si on était homme, on ferait pareil. »
    Men are from Mars. Women are from Venus.
    I’m from Moon. 🙂
  • #33
    mitzi50
    24/01/2011 à 21:13
    • En réponse à momolala #23 le 24/01/2011 à 18:39 :
    • « Franchement, comme je ne sais pas de quoi on parle, je préfère n’en rien dire. C’est un truc de mec : à eux de faire de l’esprit sur ce suje... »
    Le patron engueule son subordonné, celui-ci engueule sa femme.(laquelle, éventuellement, peut engueuler le chien, si elle en a un). Il est vrai que plus un mec est con, plus il aura tendance à voir en la femme une sous-prolétaire, à mi chemin entre un meuble et un être vivant....C’ était évident il y a 150 ans, c’ est encore parfois vrai aujourd’ hui.
  • #34
    chirstian
    24/01/2011 à 21:22
    • En réponse à momolala #23 le 24/01/2011 à 18:39 :
    • « Franchement, comme je ne sais pas de quoi on parle, je préfère n’en rien dire. C’est un truc de mec : à eux de faire de l’esprit sur ce suje... »
    Bref, je n’aime pas que les garçons aient jeté leur gourme.
    tu veux dire : qu’ils aient jeté leur gourme avant de te rencontrer ? Tu devrais avoir honte : la gourmedise est un vilain défaut !
    Mais si jeter sa gourme signifie "Faire ses premières frasques (pour un jeune)", que signifie-t-elle pour un "comme moi". Je veux dire : un encore très très jeune, mais un tout petit peu moins ? Une maladie ? Comme quand God nous dit : il faut bien que jaunisse se passe, etc... Point du tout ! Cela signifie jeter sur Expressio ses deuxièmes* frasques sémantiques.
    * je dis "deuxièmes" et non "secondes" car je compte bien qu’il y en aura encore bien d’autres et que vous m’y accompagnerez.
    Quand je serai grand je veux être frasqueur. 🙂
  • #35
    chirstian
    24/01/2011 à 21:24
    • En réponse à mitzi50 #33 le 24/01/2011 à 21:13 :
    • « Le patron engueule son subordonné, celui-ci engueule sa femme.(laquelle, éventuellement, peut engueuler le chien, si elle en a un). Il est v... »
    la femme une sous-prolétaire, à mi chemin entre un meuble et un être vivant....C’ était évident il y a 150 ans, c’ est encore parfois vrai aujourd’ hui
    oui, mais c’est plus difficile, parce que, en 150 ans, le mobilier a beaucoup évolué. 😄
  • #36
    HoubaHOBBES
    24/01/2011 à 23:06
    • En réponse à BeeBee #28 le 24/01/2011 à 20:02* :
    • « Comment ça, que le Marcel il a même plus de quoi acheter du Lagon Bleu ? Faut faire une souscription nationale, que dis-je, internationale,... »
    Hess’ke le lagon bleu se prépare comme l’eau bleue ? Hassavoir : 1/3 de curaçao bleu, un bon tiers de gin, un tiers de limonade et un tiers de glace ?
    Comment ça quatre tiers ???
    Tout dépend de la grandeur du verre !
    Pagn-Hobbes
  • #37
    DiwanC
    24/01/2011 à 23:36*
    @27 huppe Faut juste qu’elles tombent pas sur des cons

    Le « mec con » est denrée impérissable : il y eut, il y a, il y aura.
    Généralement, on classe le « mec con » selon son âge et sa taille : jeune ou vieux, petit ou grand... Cependant, méfiez-vous de l’exceptionnel, du redoutable, celui qui n’apparaît pas au premier regard, le « mec con » fourbe, sournois, mielleux, dangereux tellement il est « mec con » . Celui-là n’a pas dû jeter sa gourme avec innocence car il est « mec con » dès la première fois.
    Le « mec con » est doué d’une grande vitalité qui le fait se reproduire sans longue gestation, il semble donc hermaphrodite ou de génération spontanée. Ne vous y fiez pas : tout aussi menaçante, sa femelle existe : c’est la « connasse », avec les mêmes caractéristiques : jeune ou vieille, petite ou grande, fourbe, sournoise, ...
    🙂
  • #38
    Jonayla
    24/01/2011 à 23:40
    • En réponse à mickeylange #11 le 24/01/2011 à 11:08 :
    • « GOURME, subst. fém.
      A. Maladie contagieuse, parfois enzootique chez les jeunes équidés, caractérisée par un catarrhe nasal avec hypertrophi... »
    Avec un catharre marrant, on nage dans l’allégresse ...
  • #39
    Jonayla
    24/01/2011 à 23:57
    ego te jure Mars
    gars remet joue
    Je rase Gourmet
    Mère goûte jars
    Anna mis le temps
  • #40
    BeeBee
    25/01/2011 à 00:01
    • En réponse à Jonayla #39 le 24/01/2011 à 23:57 :
    • « ego te jure Mars
      gars remet joue
      Je rase Gourmet
      Mère goûte jars »
    Salut, ma petite Jon’. Bizzzz à toi et aux kids. 😄