Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

jouer des coudes [v]

se frayer un passage ; se frayer un passage dans une foule en bousculant les gens ; manoeuvrer pour parvenir à ses fins aux dépens des autres ; avancer dans sa carrière en écartant ses rivaux ; tenter de parvenir à ses fins en évinçant les importuns par des manœuvres habiles ; tenter d'avancer à travers une foule en écartant ses voisins avec les coudes

Origine et définition

Avez-vous déjà joué aux osselets ? Avec des gros osselets ?
Eh bien ici, la règle est la même.
Prenez une foule quelconque. Parmi les nombreuses personnes présentes, choisissez-en quelques-unes au hasard, découpez leurs coudes à la machette en tranchant net juste au-dessus et au-dessous du coude.
Ensuite, sans tenir compte des quelques hurlements de douleur que vous entendez autour de vous, prenez les morceaux sanguinolents, épongez un peu avec de l'essuie-tout et jouez avec en reprenant la règle des osselets.
Un peu gore non ? C'était peut-être une pratique répandue, un peu après l'homme de Néandertal, à une époque où ni les échecs, ni la belote, ni tétris n'existaient et où il fallait quand même bien s'occuper une fois le bois entassé et le garde-manger bien garni, mais ce n'est plus d'actualité depuis longtemps, heureusement.
Dans cette expression, ce n'est pas seulement le verbe 'jouer' qu'il faut considérer, mais la locution "jouer de" qui signifie "se servir de", comme dans "jouer d'un instrument de musique" ou bien "jouer des mâchoires" pour "manger".
L'image est aisément compréhensible : dans une foule immobile, si on mouline des coudes autour de soi, on peut écarter ceux qui gênent le passage et avancer.
Mais jouer des coudes dans une foule, c'est très souvent pour passer devant les autres, arriver dans les premiers au but. C'est cette connotation qu'on retrouve dans la deuxième signification fréquemment utilisée dans les milieux professionnels lorsque certains n'hésitent pas à piétiner les autres avec l'intention de devenir calife à la place du calife.

Compléments

Bien entendu, il ne faut pas confondre avec 'lever le coude', chose que pratique avec beaucoup d'ardeur un certain nombre d'aficionados d'expressio.

Exemples

« Jacques et ses amis, jouant des coudes, essayèrent de se frayer un chemin à travers cette marée humaine (…) »
Roger Martin du Gard - Les Thibault

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand die/seine Ellbogen gebrauchen jouer des/de ses coudes
Anglais to elbow forward avancer en jouant des coudes
Anglais to elbow one's way couder' son chemin
Bulgare със зъби и с нокти avec les dents et les ongles
Espagnol (Argentine) a los codazos à coup de coudes
Espagnol (Espagne) abrirse paso a codazos se frayer un chemin à coups de coudes
Espagnol (Espagne) abrirse paso con los codos se frayer un passage en jouant des coudes
Espagnol (Espagne) obrir-se pas a cops de colze se frayer un chemin à coups de coude
Espéranto perkubute ensxovigxi se pousser à l'aide des coudes
Hébreu מרפק לו דרך (marpèk lo dèrèkh) frappé sur son chemin
Italien farsi largo a gomitate avancer en jouant des coudes
Néerlandais (Belgique) met de ellebogen werken travailler avec les coudes
Néerlandais ellebogen coudes
Néerlandais met de ellebogen werken travailler des coudes
Néerlandais zijn ellebogen gebruiken utiliser ses coudes
Polonais rozpycha? si?okciami se pousser à l'aide des coudes
Portugais (Brésil) dar cotoveladas donner des coups de coudes
Roumain a da din coate donner des coudes
Slovaque raziť si cestu, pchať sa dopredu se bousculer en avant
Slovaque vyznat sa v tlacenici se débrouiller dans une bousculade
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Commentaires sur l'expression « jouer des coudes » Commentaires

  • <inconnu>
    27/10/2006 à 18:43
    • En réponse à chirstian #100 le 27/10/2006 à 18:32* :
    • « " un poteau mal en point ", "une perche grosse comme ma cuisse", "j’aurais développé bien plus mieux le sujet" ... du calme !
      elles affir... »
    La taille des haies est une action importante avant l’hiver.
    En profitant d’une libre expression artistique, vous pouvez reproduire sur vos haies et autres arbustes, des figures, des formes aux styles improbables mais pouvant fort bien se fondre dans tout milieu ambiant.
    C’est que le jardinier inspiré a le droit chez lui de donner vie à ce qui lui appartient et si femme n’est pas très d’accord, il lui sera impitoyablement répondu :
    « Taille toi ou je te refais un style ! ».
    Argument massif généralement convaincant et dissuasif à l’adresse de ronchonnes voulant tuer dans l’œuf tout talent certes improvisé chez leurs admirables maris, concubins ou autre chose dans le genre.
    Mais enfin, qui commande à la maison ? Hummm ?
  • Elpepe
    27/10/2006 à 18:48
    • En réponse à chirstian #100 le 27/10/2006 à 18:32* :
    • « " un poteau mal en point ", "une perche grosse comme ma cuisse", "j’aurais développé bien plus mieux le sujet" ... du calme !
      elles affir... »
    Hé, l’X (en grec; ça fait des 8, symbole de l’infini...), une question pour finir : un plumeau en casoar, est-ce que ça ramasse bien la poussière ? 😄
  • <inconnu>
    27/10/2006 à 18:50
    • En réponse à Elpepe #102 le 27/10/2006 à 18:48 :
    • « Hé, l’X (en grec; ça fait des 8, symbole de l’infini...), une question pour finir : un plumeau en casoar, est-ce que ça ramasse bien la pous... »
    C’est pour offrir ou lui mettre où j’pense ?
    J’me mêle de...........pas, je sais.
  • borikito
    27/10/2006 à 19:05
    • En réponse à <inconnu> #101 le 27/10/2006 à 18:43 :
    • « La taille des haies est une action importante avant l’hiver.
      En profitant d’une libre expression artistique, vous pouvez reproduire sur vos... »
    « Taille toi ou je te refais un style ! ».

    Ou l’art topiaire appliqué à sa vieille taupe ?
  • Elpepe
    27/10/2006 à 19:06*
    • En réponse à <inconnu> #103 le 27/10/2006 à 18:50 :
    • « C’est pour offrir ou lui mettre où j’pense ?
      J’me mêle de...........pas, je sais. »
    Les gars* de l’X, quand tu les vois défiler, le 14 juillet, ils ont un plumeau en casoar sur la coiffe.
    Vachement chère, d’ailleurs, la confection du truc... Mais on s’en bat les poils, c’est avec TES impôts...
    Non, ma question du plumeau est trictement pratique, honni soit qui mal y pense : si Chirstian me répond par l’affirmative, je lui demanderai de se débrouiller pour m’en fournir un, c’est dingue ce que la poussière a tendance à se déposer là où ça se voit le plus, chez moi...
    * rajout suite à une omission coupable (je plaide coupable, Claudine) : et les nanas.
  • chirstian
    27/10/2006 à 19:13
    • En réponse à <inconnu> #101 le 27/10/2006 à 18:43 :
    • « La taille des haies est une action importante avant l’hiver.
      En profitant d’une libre expression artistique, vous pouvez reproduire sur vos... »
    Mais enfin, qui commande à la maison ? Hummm ?
    suis pas certain d’avoir tout compris, Yannou : veux tu dire que c’est celui -ou celle- qui taille qui commande ? Dans l’affirmative peux tu préciser : s’agit-il de la taille en général ,ou d’une taille en particulier ? Dans ce second cas, en quel bois doit-elle être, non, je veux dire, de quel bois me chauffe-je ? Non, sais plus quelle était la question!
    Mais subsidiairement : il y avait autrefois un impôt qui s’appelait "la taille" . Qui le payait et sous quelle forme ? Est-il toujours question de haies ?
    Haie! Tu m’entends ?
  • Elpepe
    27/10/2006 à 19:20
    • En réponse à chirstian #106 le 27/10/2006 à 19:13 :
    • « Mais enfin, qui commande à la maison ? Hummm ?
      suis pas certain d’avoir tout compris, Yannou : veux tu dire que c’est celui -ou celle- qui... »
    HIST. Évaluation et répartition de l’impôt; p. méton. ,,imposition levée sur les personnes ou sur les biens, longtemps perçue par les seigneurs sur leurs serfs et censitaires, levée aussi parfois par eux pour le compte du roi, et qui, au XVe siècle devint uniquement royale, permanente, et désormais fut toujours une des principales ressources du budget`` (MARION Instit. 1923). Taille personnelle, réelle, mixte, seigneuriale, royale; payer la taille; receveur, collecteur, sergent des tailles. On se représente aussi le mouvement de la montagne en ce temps: les cris, les disputes sur l’abolition de la taille, de la gabelle (ERCKM.-CHATR., Hist. paysan, t. 1, 1870, p. 145). Il était aussi chargé de la collecte des tailles, rentes et redevances, office des plus pénibles à remplir dans un pays ruiné (A. FRANCE, J. d’Arc, t. 1, 1908, p. 28).
    in TLFI

    Et pour ma question, Chirstian ? Tu m’envoies chez Plumeau ?
  • chirstian
    27/10/2006 à 19:23
    • En réponse à borikito #104 le 27/10/2006 à 19:05 :
    • « « Taille toi ou je te refais un style ! ».
      Ou l’art topiaire appliqué à sa vieille taupe ? »
    Ou l’art topiaire appliqué à sa vieille taupe ?
    on peut voir ça sous cet angle, mais moi je pense qu’il souhaitait plutôt l’estropier. Est-ce trop piaire ?
    Reponse codée souhaitée : il y a une taupe parmi nous ...
  • cotentine
    27/10/2006 à 19:45
    • En réponse à Elpepe #96 le 27/10/2006 à 17:56 :
    • « Ben voilà... comme je voulais tirer ma flemme, j’ai tendu une perche grosse comme ma cuisse, et Chirstian fait le boulot à ma place... 😄
      Bon... »
    j’ai tendu une perche grosse comme ma cuisse,

    quelle perche évoques-tu ? ... Chez nous en Normandie, ce terme est encore utilisé. C’est une "mesure agraire d’environ 50 mètres carrés".
    Le Mot perche vient du latin pertica, = gaule, tige pour prendre des mesures (qui s’imposent !)
    Il est à comparer avec le mot vergée* qui vient du latin virgata, dérivé de virga, = verge, baguette (avec laquelle on pouvait prendre des mesures ... encore !!! 😉 )
    * vergée = mesure agraire valant quarante perches, soit 2 000 m2 (voir détails donnés par le Sieur de Gouberville en 1550) ... soit 1/5 ème d’hectare actuels ...
    Je sais tout ça car je suis née en Perche !!!
    Hé oui, je suis une Cotentine Percheronne !
    ... comme quoi, derrière des mots anodins et sages, on peut entr’apercevoir d’autres sens plus coquins ...
  • Elpepe
    27/10/2006 à 20:14*
    • En réponse à cotentine #109 le 27/10/2006 à 19:45 :
    • « j’ai tendu une perche grosse comme ma cuisse,
      quelle perche évoques-tu ? ... Chez nous en Normandie, ce terme est encore utilisé. C’est une... »
    derrière des mots anodins et sages, on peut entr’apercevoir d’autres sens plus coquins ...

    Qu’ouïs-je ? Qu’aspers-je ? Ah, mais pas de ça ici, Lisette -non, Cotentine !
    Allez, courage, plus que quatre heures à attendre avant de pouvoir en placer une dans l’expression à venir, en déflorant une page vierge de toute allusion grivoise... ce qui ne saurait perdurer très longtemps, je prédis.
    Allez, bises à toutes, je pars aussi : il faut bien consacrer un peu de temps à la lecture d’autres auteurs que ceux -talentueux, certes- d’Expressio, que diable !
    Note pour God : il vient de m’arriver la même mésaventure qu’à Cotentine : ligne de commentaire vide... J’ai dû m’y reprendre à plusieurs fois, via Word, pour rétablir la situation.
  • chirstian
    27/10/2006 à 20:18*
    • En réponse à cotentine #109 le 27/10/2006 à 19:45 :
    • « j’ai tendu une perche grosse comme ma cuisse,
      quelle perche évoques-tu ? ... Chez nous en Normandie, ce terme est encore utilisé. C’est une... »
    eh, je ne te savais pas experte en verges !
    Pour ramener la mienne, j’ajoute qu’il y avait :
    la verge : Unité de mesure agraire valant le quart d’un arpent.
    et la vergée : 2000m2 comme tu l’indiques
    Je lis dans le TLFI que "le champ du paysan s’évalue en acres, arpents, journaux, perches, toises, verges et vergées (GOURMONT, Esthét. lang. fr., 1899, p. 53). "
    Bon, donc, sachant que tu as du mal à t’endormir, voici un petit problème :
    un paysan a un champ de 6 acres et 7 arpents. Il décide d’en consacrer 2 journaux (?) + 3 perches à du blé dur, et 1 toise + 10 verges à du blé tendre, tout en se réservant 5 vergées pour y faire paître deux vaches.
    a) quelle est la surface du champ ?
    b) Quel est le montant de subventions agricoles qui lui sera versé par Bruxelles en écus ?
    c) quel est l’âge du paysan ?
  • cotentine
    27/10/2006 à 20:23
    • En réponse à Elpepe #110 le 27/10/2006 à 20:14* :
    • « derrière des mots anodins et sages, on peut entr’apercevoir d’autres sens plus coquins ...
      Qu’ouïs-je ? Qu’aspers-je ? Ah, mais pas de ça i... »
    je suis "flonnée" comme on dit dans certaines contrées normandes !
    Ben pisque ç ça ! je m’abstiendrai de toute intervention !
    koi ? on peut même pas donner son avis sur une "grande Perche" (c’était mon surnom au collège !) ... Bien le bonsoir ! et pas besoin de me le dire 2 fois, hé, le Pépé !
  • borikito
    27/10/2006 à 20:33
    • En réponse à cotentine #109 le 27/10/2006 à 19:45 :
    • « j’ai tendu une perche grosse comme ma cuisse,
      quelle perche évoques-tu ? ... Chez nous en Normandie, ce terme est encore utilisé. C’est une... »
    Hé oui, je suis une Cotentine Percheronne !

    Arghl ! une croupe de percheronne... quel spectacle !
  • God
    27/10/2006 à 20:44*
    • En réponse à Elpepe #110 le 27/10/2006 à 20:14* :
    • « derrière des mots anodins et sages, on peut entr’apercevoir d’autres sens plus coquins ...
      Qu’ouïs-je ? Qu’aspers-je ? Ah, mais pas de ça i... »
    Word et mon système n’ont rien à voir là-dedans !
    Si tu mettais un crochet ouvrant en premier caractère de ta balise de citation et pas une accolade ouvrante, ce problème ne se produirait pas.
    Et ne viens pas me dire que ce n’est pas ce que tu as fait : j’ai des preuves !!
    Faut largement diminuer les doses de Madiran, crois-je...
    (Et c’est aussi ce qu’avait fait cotentine).
  • cotentine
    27/10/2006 à 20:46
    • En réponse à borikito #113 le 27/10/2006 à 20:33 :
    • « Hé oui, je suis une Cotentine Percheronne !
      Arghl ! une croupe de percheronne... quel spectacle ! »
    ben, pour avoir au moins 4 enfants, faut pas un p’tit cul d’anorexique ! il faut un ’bassin’ correct ... et je n’ai jamais eu besoin de payer 2 places pour un billet de train ou d’avion, ... suis Normale ... quoique tu puisses en penser ! et mes coudes pointus peuvent te couper le souffle si je te les envoie dans le ’plexus’
    pis, d’abord, je ne me donne jamais en spectacle, moi, Môssieur !
  • cotentine
    27/10/2006 à 20:48
    • En réponse à God #114 le 27/10/2006 à 20:44* :
    • « Word et mon système n’ont rien à voir là-dedans !
      Si tu mettais un crochet ouvrant en premier caractère de ta balise de citation et pas une... »
    (Et c’est aussi ce qu’avait fait cotentine).
    même pas vrai !
  • God
    27/10/2006 à 20:52
    • En réponse à cotentine #116 le 27/10/2006 à 20:48 :
    • « (Et c’est aussi ce qu’avait fait cotentine).
      même pas vrai ! »
    Si, si, j’ai aussi des preuves !
    (Désolé !)
  • cotentine
    27/10/2006 à 21:06
    • En réponse à God #117 le 27/10/2006 à 20:52 :
    • « Si, si, j’ai aussi des preuves !
      (Désolé !) »
    Si, si, j’ai aussi des preuves !
    Faut largement diminuer les doses de Madiran, crois-je...

    impossible ! je n’ai jamais goûté le "Madiran" !!!
  • God
    27/10/2006 à 21:08
    • En réponse à cotentine #118 le 27/10/2006 à 21:06 :
    • « Si, si, j’ai aussi des preuves !
      Faut largement diminuer les doses de Madiran, crois-je...
      impossible ! je n’ai jamais goûté le "Madiran" !... »
    Ah coco, ne me fais pas écrire ce que je n’ai pas dit.
    Tu es prise en flag*a*t délit de tromperie.
    Le Madiran, c’était pour le pp.
    Toi, je ne sais pas à quoi tu carbures, mais ce jour-là, tu en avais aussi abusé, visiblement.
  • <inconnu>
    27/10/2006 à 21:17
    • En réponse à cotentine #118 le 27/10/2006 à 21:06 :
    • « Si, si, j’ai aussi des preuves !
      Faut largement diminuer les doses de Madiran, crois-je...
      impossible ! je n’ai jamais goûté le "Madiran" !... »
    Ben, c’est dommage pour toi, parce que c’est ben bon...
    Enfin, c’est un vin très tannique quand même (en général)