Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

La mouche du coche

Désigne quelqu'un qui s'agite beaucoup sans rendre de réels services ou qui est empressé inutilement.

Origine

Cette expression est en général précédée du verbe 'faire' ou 'jouer'.
Un coche était autrefois un véhicule de transport public tiré par les cheveux des chevaux. Il transportait surtout les gens pauvres, les riches ayant leur carrosse personnel[1].
Notre expression vient d'une fable de Jean de la Fontaine "le coche et la mouche" () dans laquelle la morale est claire :
« Ainsi certaines gens, faisant les empressés,
S'introduisent dans les affaires :
Ils font partout les nécessaires,
Et, partout importuns, devraient être chassés.
»
Dans cette fable, donc, le fabuliste raconte l'histoire d'un coche dont les six chevaux qui le tirent n'arrivent pas à le sortir d'une situation difficile.
C'est alors qu'intervient une mouche qui s'affaire de façon très désordonnée et qui, une fois que le véhicule est sorti de son mauvais pas, s'en attribue tout le mérite.
On peut noter que l'anglais coach vient du français coche. De là à imaginer que nos coaches modernes, avec le sens d'entraîneur ou d'accompagnateur personnel et dont on nous rebat les oreilles actuellement, sont des gens « qui s'affairent de façon très désordonnée et qui, une fois la tâche terminée, s'en attribuent tout le mérite », il n'y qu'un pas que je m'abstiendrais de franchir, mais uniquement parce qu'on me retient.
[1] Et si jamais quelqu'un loupait l'heure de départ du coche, il "ratait le coche", ce qui a donné naissance à l'expression qui signifie maintenant "manquer une occasion".

Exemple

« ... l'irrévérencieux courtisan et photographe zélé, soudain impatient et affairé plus que la mouche du coche, nous poussant, se répandant, saluant à la ronde avec importance, faisant mille et mille courbettes pour ne pas passer inaperçu... »
Blaise Cendrars - Bourlinguer - 1948

Ailleurs

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Pays Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemagne Allemand Sich aufspielen Se mettre en avant
Allemagne Allemand Sich wichtig machen Faire l'important
Angleterre Anglais Empty vessels make most noise Les récipients les plus vides sont les plus bruyants
Angleterre Anglais Running around like a headless chicken Courir comme une poule sans tete
Argentine Espagnol Mucho ruido pero pocas nueces Beaucoup de bruit mais pas de noix
Espagne Espagnol Colgarse el medallón S'adjuger soi même la grosse médaille
Espagne Espagnol El perejil de la salsa Le persil de la sauce
Espagne Espagnol Hacer aspavientos Brasser beaucoup d'air
Espagne Espagnol Mosca cojonera Mouche casse-couilles
Espagne Espagnol Mucho ruido, y pocas nueces Beaucoup de bruit, et peu de noix (= Beaucoup de bruit pour rien)
Hongrie Hongrois Okostojàs Être un oeuf intelligent
Belgique Néerlandais Veel geblaat weinig wol Beaucoup de bêlement peu de laine
Pays-Bas Néerlandais Een druktemaker Un chahuteur, un pertubateur névrosé
Pays-Bas Néerlandais Rondrennen als een kip zonder kop Courir comme une poule sans tête (agir comme un inorganisé dingue)
Pays-Bas Néerlandais Veel geschreeuw, weinig wol Beaucoup de cris, peu de laine
Pays-Bas Néerlandais Zich op de borst slaan Se frapper sur la poitrine
Brésil Portugais Fazer espuma / marola Faire de la mousse / la houle
Roumanie Roumain À isi baga nasul unde nu-i fierbe oala Fourrer son nez là où sa marmite ne bout pas
Roumanie Roumain A se invarti ca un coi intr-o caldare Tourner comme une couille dans un seau
Roumanie Roumain Ca musca la arat Comme la mouche à labourer le champ
Belgique Wallon C'est on fricasseu d' féves C'est un fricasseur de fèves
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Voir aussi

Déformée

  • La couche du moche

Commentaires sur l'expression « La mouche du coche » Commentaires

  • #1
    • OSCARELLI
    • 13/11/2006 à 06:45
    Un grand bonjour du moche de la couche, bande de fainéants.
  • #2
    • momolala
    • 13/11/2006 à 08:13
    • En réponse à OSCARELLI #1 le 13/11/2006 à 06:45 :
    • « Un grand bonjour du moche de la couche, bande de fainéants. »
    Bonjour du jour !
    J’en connais des mouches du coche, et j’en ai connu quelques autres avant : elles ont toutes la même chanson : yaka, fokon, izorèdu, falaikil, fokil.... Elles plastronnent et parlent fort de vous à d’autres, en vous regardant d’un air sentencieux ou avec un sourire engageant, c’est selon. Ou bien elles étalent habilement quelques mots de la science des autres.
    La Fontaine avait bien choisi son modèle transcendantal à l’occasion : inutile, importune, souvent sale, bruyante, collante jusqu’à l’obsession. Elles accaparent l’attention mais il me semble que, lorsque la raison peut respirer, elles cessent d’exister.
    Pas de noms, nous sommes ici entre personnes de qualité, mais il doit y avoir des oreilles qui bourdonnent, chez les mouches...
    A l’époque de La Fontaine, et même au-delà, les mouches étaient les espions de la police : c’était un emploi à temps plein qui nécessitait des qualités de discrétion et d’écoute. Les délateurs officiels n’ayant sans doute pas meilleure presse que les autres surtout avec lettre de cachet à la clé, les mouches sont devenues les mouchards que l’on sait. Aujourd’hui, la police a donc des "indicateurs" comme le Chemin de fer autrefois.
  • #3
    • SyntaxTerror
    • 13/11/2006 à 09:56*
    Allez, je vais jouer la mouche du coche.
    Je ne sais pas s’il existe encore, il ya quelques années, le syndicat des chauffeurs de taxis (salariés) s’appelait le syndicat des cochers.
    Chez les Anglo-américains (les maudits anglais), la diligence s’appelait "stagecoach".
    Aaah, la scène ou le joueur de cartes va abattre la femme pour lui éviter d’être violée par les indiens et reçoit une flèche au moment où sonne le clairon de la cavalerie !
    Le sens de véhicule pour pauvres est resté lui aussi : quand vous ne prenez pas l’avion en "first class", vous voyagez en "coach".
    J’en connais aussi (c’est statistiquement bien réparti) des collègues qui passent leur temps à hurler dans les couloirs qu’ils sont débordé(e)s et qui l’emploieraient mieux (leur temps) à bosser plutôt qu’à fayoter.
  • #4
    • chirstian
    • 13/11/2006 à 09:59
    Ppourquoi l’expression ne remonterait-elle qu’à La Fontaine ? Comme la majorité de ses thèmes, celui-ci est emprunté à Esope :
    "Un cocher poussait sur une plaine sablonneuse*, un chariot que deux forts chevaux tiraient avec vîtesse : une mouche s’en apperçut et vint en bourdonnant se poser sur le timon du char, et là s’imaginant qu’elle seule le faisait mouvoir : Voyez, s’écriait-elle, quelle poussière je fais lever !"
    Or toutes les sources attribuent bien l’expression à La Fontaine, et aucune à Esope : on ne prête bien qu’aux riches!
    Esope parle d’un terrain plat. Le jeune Jean de La Fontaine venait passer l’été au château de Montanglaust , sur les hauteurs de Coulommiers, chez sa grand-mère maternelle. Selon la tradition locale, la "vieille côte", cette montée très rude qui menait au domaine familial, l’aurait inspiré pour sa fable "Le coche et la mouche".
  • #5
    • eureka
    • 13/11/2006 à 10:07
    Allez les mouches hors de la couche !!!
    Contrairement à notre mouche du jour qui s’agite à tout va, ici c’est homo-ça-pionce à tout va
  • #6
    • HoubaHOBBES
    • 13/11/2006 à 10:09
    • En réponse à OSCARELLI #1 le 13/11/2006 à 06:45 :
    • « Un grand bonjour du moche de la couche, bande de fainéants. »
    Ne confondons pas :
    "la mouche du coche"
    et
    "la couche du moche"
    Répét-Hobbes
  • #7
    • HoubaHOBBES
    • 13/11/2006 à 10:12*
    • En réponse à chirstian #4 le 13/11/2006 à 09:59 :
    • « Ppourquoi l’expression ne remonterait-elle qu’à La Fontaine ? Comme la majorité de ses thèmes, celui-ci est emprunté à Esope :
      "Un cocher po... »
    Et comme ça, il revient sans un mot d’excuse signé des parents !
    Moi, je le demande haut et clair : est-ce bien sérieux, monsieur Chistrian, de s’absentier ainsi, sans préviendre et puis reviendre sur ses chaussettes, mine de rien, pine de chien ?
    Je vous le demande ...
    Préfet-Hobbes
  • #8
    • eureka
    • 13/11/2006 à 10:16
    • En réponse à HoubaHOBBES #7 le 13/11/2006 à 10:12* :
    • « Et comme ça, il revient sans un mot d’excuse signé des parents !
      Moi, je le demande haut et clair : est-ce bien sérieux, monsieur Chistrian,... »
    Ne le blâmez pas trop ce cher Christian, il a peut-etre loupé le ......coche ou pris.......la mouche !! Allez savoir
  • #9
    • OliverrTwist
    • 13/11/2006 à 10:22
    Pour ceusses qui auraient la flemme de suivre le lien, il aurait peut-être fallu ajouter dans l’explication que la mouche s’attribue tout le mérite de faire avancer le coche en stimulant les chevaux de son bourdonnement.
    [remarque faite au nom de la ligue des fainéants]
  • #10
    • God
    • 13/11/2006 à 10:27
    • En réponse à OliverrTwist #9 le 13/11/2006 à 10:22 :
    • « Pour ceusses qui auraient la flemme de suivre le lien, il aurait peut-être fallu ajouter dans l’explication que la mouche s’attribue tout le... »
    Pour ceux-là, il n’y a aucune excuse : si je mets des liens, c’est pour qu’ils soient suivis, non mais des fois !
    @chirstian : Tu fais comme Terminator, tu reviens toujours ("I’ll be back").
  • #11
    • God
    • 13/11/2006 à 10:29
    • En réponse à chirstian #4 le 13/11/2006 à 09:59 :
    • « Ppourquoi l’expression ne remonterait-elle qu’à La Fontaine ? Comme la majorité de ses thèmes, celui-ci est emprunté à Esope :
      "Un cocher po... »
    Effectivement, même Rey donne La Fontaine comme origine. Pourquoi tous ces gens ne rendent-ils donc pas à Esope ce qui appartient à La Fontaine ?
  • #12
    • eureka
    • 13/11/2006 à 10:50
    • En réponse à God #11 le 13/11/2006 à 10:29 :
    • « Effectivement, même Rey donne La Fontaine comme origine. Pourquoi tous ces gens ne rendent-ils donc pas à Esope ce qui appartient à La Fonta... »
    Ésope a beau leur raconter ses fables, rien n’y fait, il crèvera quand même ... Et puis La Fontaine lui-même en tête de ses Fables, présente Ésope comme " difforme, laid de visage, ayant à peine figure ... et condamné à mort.
    Forcément avec cette pub on lui attribuera que dalle et La Fontaiine fait bien sa petite mouche du coche
  • #13
    • SyntaxTerror
    • 13/11/2006 à 10:52
    • En réponse à God #10 le 13/11/2006 à 10:27 :
    • « Pour ceux-là, il n’y a aucune excuse : si je mets des liens, c’est pour qu’ils soient suivis, non mais des fois !
      @chirstian : Tu fais comme... »
    Si on suit le lien, la morale est encore plus cinglante en ajoutant le vers précédent :
    Ca, Messieurs les Chevaux, payez-moi de ma peine.
    Ainsi certaines gens, faisant les empressés,
    S’introduisent dans les affaires :
    Ils font partout les nécessaires,
    Et, partout importuns, devraient être chassés.
    On devrait renvoyer les mouches à la merde qu’elles n’auraient jamais dû quitter.
  • #14
    • Jonayla
    • 13/11/2006 à 10:52
    Bonjour à tous, je viens de lire les expressions de ces 3 derniers jours - et leurs commentaires.
    @ Elpepe : quel panache !
    @ file-o-logis : je ne travaille pas le week-end (à part le ménage, la cuisine, et m’occuper des enfants, bien sûr 🙂 ), et, comme déjà dit, j’ai la place à côté du radiateur, ce qui fait que je n’ai pas encore réfléchi à comment me connecter sur le site depuis la maison. Faut-il un autre mot nickname ou peut-on se connecter avec le même ?
    @ Christian : welcome back !
    @ HoubaHobbes : c’est ok pour le dvd Wallace et Gromit
  • #15
    • Jonayla
    • 13/11/2006 à 10:55
    La mouche est aussi cette jolie petite tache noire (pas le steak !) qu’on voyait sur le visage des élégantes, ... et aussi sur celui de Lord Brett Sinclair 🙂
  • #16
    • momolala
    • 13/11/2006 à 10:57
    • En réponse à God #11 le 13/11/2006 à 10:29 :
    • « Effectivement, même Rey donne La Fontaine comme origine. Pourquoi tous ces gens ne rendent-ils donc pas à Esope ce qui appartient à La Fonta... »
    C’est assez surprenant en effet. Voici ce que j’ai glané ce matin sur le sujet : René Radouant (Docteur es lettres, Professeur au Lycée Henri IV et à l’Ecole Normale Supérieure de Fontenay aux Roses), dans son ouvrage sur les fables de La Fontaine, édition de 1929 écrit (Lafontaine.net) : « En ce qui concerne le texte même de la source, pour les auteurs grecs, Esope, Babrius, Aphtonius, c’est à la traduction latine que La Fontaine, ne lisant pas le grec, a dû s’adresser. en ce qui concerne les fabulistes latins, leur texte latin.../... doit faire foi.»
    Par ailleurs ce site cite Nevelet comme source de La Fontaine ysopet.free.fr citant Faërne et Abstémius pour cette fable particulière. Il ne s’est donc pas trop cassé la tête, le pépère : il a plagié ceux qui avaient traduit avant lui, eux ! 🙂
  • #17
    • momolala
    • 13/11/2006 à 11:05
    • En réponse à chirstian #4 le 13/11/2006 à 09:59 :
    • « Ppourquoi l’expression ne remonterait-elle qu’à La Fontaine ? Comme la majorité de ses thèmes, celui-ci est emprunté à Esope :
      "Un cocher po... »
    Chirstian, tu nous a manqué. Contente de te retrouver.
    Le site Ysopet.free.fr cite également Phèdre dans sa page "Analyse", mais il ne s’agit pas de l’héroïne tragique. De toutes façons La Fontaine n’a travaillé que sur les traductions de ces auteurs antiques.
    J’ai écrit "travaillé" et puis, qui connaîtrait ces fables s’il ne s’était employé à les moderniser ? Qui s’y colle pour le XXIème siècle ?
  • #18
    • SyntaxTerror
    • 13/11/2006 à 11:06
    • En réponse à momolala #16 le 13/11/2006 à 10:57 :
    • « C’est assez surprenant en effet. Voici ce que j’ai glané ce matin sur le sujet : René Radouant (Docteur es lettres, Professeur au Lycée Henr... »
    Ben oui,
    quand j’ai étudié La Fontaine en primaire, le livre qu’on m’avait acheté s’intitulait à peu près "Fables d’Esope mises en vers par monsieur de La Fontaine".
    C’est peut-être nous qui les appelons ’fables de La Fontaine’ par facilité.
  • #19
    • momolala
    • 13/11/2006 à 11:38*
    • En réponse à SyntaxTerror #18 le 13/11/2006 à 11:06 :
    • « Ben oui,
      quand j’ai étudié La Fontaine en primaire, le livre qu’on m’avait acheté s’intitulait à peu près "Fables d’Esope mises en vers par... »
    et par commodité ! qui serait capable de lire Esope ou Phèdre dans le texte ?
    La langue française nous est plus accessible : c’est au moins un des points que nous avons en commun ici.
    Sartre a baptisé les Erénies tourmentant Oreste "Les mouches" dans une pièce que vous avez sans doute lue dans vos classes de philo. De quoi reprendre le débat sur le regret et le remords !
  • #20
    • chirstian
    • 13/11/2006 à 11:53*
    • En réponse à SyntaxTerror #3 le 13/11/2006 à 09:56* :
    • « Allez, je vais jouer la mouche du coche.
      Je ne sais pas s’il existe encore, il ya quelques années, le syndicat des chauffeurs de taxis (sala... »
    Le sens de véhicule pour pauvres est resté lui aussi : quand vous ne prenez pas l’avion en "first class", vous voyagez en "coach".
    cette incursion (en coche) outre atlantique est intéressante!
    La notion de coach nous est revenue avec la mode du "coaching" qui supplante celle de tutorat .
    La définition de coche était effectivement : "Espece de chariot couvert, dont le corps n’est pas suspendu, & qui sert à mener, à voiturer des personnes." (1694).
    Bien modeste à côté de la carroche) : « voiture suspendue à quatre roues » (1574) qui donnera la carosse. D’après une anedocte connue dont je ne connais plus la source, c’est Louis XIV qui aurait un jour commis l’impair : "j’attends mon carrosse", que tous ses courtisans se seraient empressés d’imiter, changeant ainsi le genre du mot.
    Il faut rappeler que les 3 genres latins se trouvant ramenés à 2 en français , les mots neutres ne se sont pas rattachés de façon systématique à l’un des deux, et le changement ne choquait pas spécialement.
    @ borikito : je note que les expressions allemandes que tu cites ne rendent pas tout à fait le sens d’importun.
    @ God : même remarque dans ta définitoin : "Désigne quelqu’un qui s’agite beaucoup sans rendre de réels services ou qui est empressé inutilement."
    Or il me semble que : oui, la mouche du coche s’agite effectivement beaucoup , non, elle ne rend pas de réels services. Mais j’y ajouterais l’idée de gêne, donc de résultat négatif , présente dans le dernier vers de la fable :
    "Et, partout importuns, devraient être chassés." ...