Les expressions françaises décortiquées
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promesse de gascon [exp]

promesse excessive qui ne sera sans doute pas tenue

Origine et définition

Nos politiques sont les rois de la promesse de Gascon. Et pourtant, il existe toujours des gens pour croire ce qu'ils disent.
Cette expression nous vient du XVIe siècle, à une époque où, et depuis longtemps, les habitants de la Gascogne[1] étaient réputés faire d'excellents et courageux soldats.
C'est peut-être à cause de ces qualités reconnues, mais aussi trop souvent vantées et exagérées par les Gascons eux-mêmes, que ceux-ci étaient considérés comme des hâbleurs, des beaux parleurs, des menteurs, des gens qui racontaient un peu n'importe quoi et auxquels on ne pouvait pas vraiment faire confiance.
Un autre exemple qui justifie les qualificatifs qui sont associés à ces pauvres Gascons est cité par Véronique Larcade dans son "Les cadets de Gascogne". Elle évoque en effet ce régiment qui servit sous Louis XIII comme composé "de gens pauvres qui ont émigré à Paris pour s'enrichir. Par fierté, ils refusaient d'avouer leur misère et cherchaient à faire croire qu'ils valaient mieux que ce qu'ils étaient réellement".
C'est de cette réputation que l'expression est née, ainsi que la locution "parler en gascon" qu'on pourrait aujourd'hui traduire par "raconter des craques" ou le mot "gasconnade" que Maître Capello () aurait pu remplacer par un "fanfaronnade" placé à bon escient et de bon aloi.
[1] Zone du sud-ouest de la France, couvrant principalement l'actuel Gers, les Landes et les Hautes-Pyrénées, mais qui a disparu en tant que département ou région, même si le mot existe toujours dans de nombreuses appellations, comme le "Floc de Gascogne" (), par exemple.

Exemples

« - Bon, on arrête là, Robin, sur un bon verre de cidre, d'accord ?
- D'accord, à condition que nous le buvions !
- Que veux-tu dire là ?
- Que tu ne me fasses pas une proposition alléchante pour me faire taire, sans concrétisation. Une offre de Gascon, quoi ! »
Robert Patte - Le nid de l'aigle - Tome 3 - 2009
« La promesse de vous apprendre le russe en 90 heures [...] est, on le voit, une promesse de Gascon. »
Claude Piron - Le défi des langues - 1994

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand leere Versprechungen des promesses vides
Anglais an empty promise une promesse vide
Arabe mawaeed Arqoob des promesses Vides
Espagnol (Argentine) una promesa al aire une promesse dans l'air
Espagnol (Espagne) Prometer la Luna Promettre la Lune
Français (Canada) promesse d'élection faire une fausse promesse, par allusion aux promesses des politiciens durant leur campagne électorale
Français (Canada) promesse d'ivrogne promesse qui risque d'être oubliée rapidement
Gaélique écossais gealladh gun dùil cho-gheallaidh une promesse sans espoir d'être tenue
Hongrois üres ígéretek des promesses vides
Italien promessa da marinaio promesse de marin
Néerlandais (Belgique) een loze belofte une promesse vide
Néerlandais een holle frase un vain mot
Néerlandais een ijdel woord un vain mot
Polonais obiecanki - cacanki promesses sans valeur
Portugais (Brésil) papo caô bavardage
Portugais (Brésil) papo-furado verbiage
Portugais (Brésil) promessa vã vaine promesse
Roumain deşteptul promite şi prostul trage nădejde le malin promet et l'idiot espère
Roumain palavre palabres
Roumain vorbe-n vânt des paroles au vent
Russe пустые слова, пустые обещания paroles vides, promesses vides
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Commentaires sur l'expression « promesse de gascon » Commentaires

  • #21
    momolala
    04/08/2009 à 09:04
    L’Histoire retient quand même qu’un Gascon a dû tenir sa promesse pour devenir, d’Henri III de Navarre qu’il était, Henri IV de France en assistant à une messe.
  • #22
    PHILO_LOGIS
    04/08/2009 à 09:05
    • En réponse à HoubaHOBBES #5 le 04/08/2009 à 06:08 :
    • « Ben oui, comme les 15 kilos perdus dans le bandeau de droite, ce sont des kilos gascons sans aucun doute ....
      Qui a parlé de gascon Lagaffe... »
    Chez moi, le bandeau de droite est désespérément vide depuis quelques temps. J’avais cru que notre petit Godemichou adoré avait mis ses menaces à exécution...
  • #23
    PHILO_LOGIS
    04/08/2009 à 09:06
    • En réponse à momolala #21 le 04/08/2009 à 09:04 :
    • « L’Histoire retient quand même qu’un Gascon a dû tenir sa promesse pour devenir, d’Henri III de Navarre qu’il était, Henri IV de France en as... »
    Parjurer sa religion, est-ce tenir sa promesse? La dernière en date, alors...
  • #24
    momolala
    04/08/2009 à 09:11
    C’est peut-être à cause de ces qualités reconnues, mais aussi trop souvent vantées et exagérées par les Gascons eux-mêmes, que ceux-ci étaient considérés comme des hâbleurs, des beaux parleurs, des menteurs, des gens qui racontaient un peu n’importe quoi et auxquels on ne pouvait pas vraiment faire confiance.

    Sans doute, mais avec panache, selon la définition géologique (cette page) du mot : ils habillaient leur pauvreté de la chaleur et la lumière de leur fierté innée. Ce n’est pas si mal, comme moteur dans la vie.
  • #25
    momolala
    04/08/2009 à 09:12
    • En réponse à PHILO_LOGIS #23 le 04/08/2009 à 09:06 :
    • « Parjurer sa religion, est-ce tenir sa promesse? La dernière en date, alors... »
    Je ne juge pas, Filo : c’est un fait historique, c’est tout.
  • #26
    PHILO_LOGIS
    04/08/2009 à 09:16*
    • En réponse à momolala #25 le 04/08/2009 à 09:12 :
    • « Je ne juge pas, Filo : c’est un fait historique, c’est tout. »
    Moi non plus. Comme tu dis, c’est un fait historique...
    Mais qu’est-ce que l’Histoire, sinon une série de suites de... faits historiques?
    Rapelle-toi - c’est peut-être de la petite histoire, n’empêche:
    1) le petit Mitterand, dans sa campagne présidentielle, a pris le taureau par les cornes et Giscard par les c**illes, lorqu’il tonnait - et ce à moultes reprises: "..... (tel argument utilisé par Giscard) : Mensonge!"
    2) le pacte de non agression signé entre Staline et Hitler, à l’initiative de ce dernier...
    3) les 50 milliards empochés par Madoff,
    ....
    je ne juge pas. Ce ne sont que des faits...
  • #27
    chirstian
    04/08/2009 à 09:20
    • En réponse à cotentine #2 le 04/08/2009 à 00:47 :
    • « promesse de Gascon ? je les ai connus, ces "Cadets de Gascogne", par la tirade de Cyrano de Bergerac cette page
      et leurs chansons et leur b... »
    en précisant toutefois que la ville de Bergerac d’où étaient issus tant de mousquetaires, était en Aquitaine, et non en Gascogne.
    Quant à l’immense Cyrano de Bergerac, il devait son nom à sa seigneurie de Mauvières et Bergerac, située à Saint-Forget (vallée de Chevreuse, actuelles Yvelines) ! Pas très gascon, tout ça, hein !
  • #28
    chirstian
    04/08/2009 à 09:36
    faut-il le rappeler : il y avait "cadets" parce que le droit d’ainesse s’appliquait dans les familles nobles (et d’autres aussi, suivant les régions). Inconnu en droit romain, il s’était répandu en France pour des raisons économiques : éviter de trop morceler le domaine.
    Au nord, il garantissait malgré tout un capital et un revenu aux cadets, puisque l’ainé prélevait un "préciput" (généralement le château, voire la moitié des biens) mais ensuite le reste était réparti entre tous les enfants. Au sud, tout allait à l’aîné, et les cadets étaient mis à la rue une main devant une main derrière. Beaucoup "montaient " donc à Paris pour s’enrôler.
    On peut imaginer que ceux qui recevaient un peu d’argent vivaient largement à crédit, et que leurs rentrées, tributaires de la bonne fortune de la famille, et des dangers de la route, devaient être souvent promises aux créanciers, et les engagements rarement tenus.
  • #29
    chirstian
    04/08/2009 à 10:12
    et ne peut-on pas imaginer aussi des promesses matrimoniales non tenues ? Le cadet ne pouvait rester dans la ferme pour y vivre (en travaillant) aux côtés de son aîné, que s’il s’interdisait de se marier car la ferme, dans ces régions de petites exploitations agricoles, n’aurait pas pu faire vivre deux familles. Ne lui arrivait-il pas de promettre un mariage qu’il ne pouvait tenir ?
    Sans compter que si son frère ainé décédait avant d’avoir eu des enfants, il passait du rang de cadet pauvre à celui de riche ainé. De quoi faire bien des promesses...
    A noter que dans le nord, si un ainé avait voulu céder son droit d’ainesse à son cadet (contre un plat de lentilles, par exemple), cela eut été impossible. Comme eut été impossible à un père de déshériter son ainé, même avec son consentement. Celui ci devait hériter d’abord, puis transmettre à son cadet s’il voulait renoncer à l’héritage. Les lois privilégiaient la stabilité de l’exploitation, à une époque où elle était fragile. On n’avait pas encore inventé la subvention européenne qu’on donne d’abord, et menace de reprendre ensuite.
  • #30
    PHILO_LOGIS
    04/08/2009 à 10:29
    • En réponse à chirstian #28 le 04/08/2009 à 09:36 :
    • « faut-il le rappeler : il y avait "cadets" parce que le droit d’ainesse s’appliquait dans les familles nobles (et d’autres aussi, suivant les... »
    puisque l’ainé prélevait un "préciput" (généralement le château, voire la moitié des biens)

    C’est pour cela que l’on parle aujourd’hui d’une fuite préciputée des capitaux... 😄
  • #31
    PHILO_LOGIS
    04/08/2009 à 10:30*
    • En réponse à chirstian #28 le 04/08/2009 à 09:36 :
    • « faut-il le rappeler : il y avait "cadets" parce que le droit d’ainesse s’appliquait dans les familles nobles (et d’autres aussi, suivant les... »
    puisque l’ainé prélevait un "préciput" (généralement le château, voire la moitié des biens)

    Il faut toujours, dans la vie, être précis: pute, c’est une vocation, pas un turbin...
  • #32
    Rikske
    04/08/2009 à 10:42
    Foi de Rikske, le Meyboom sera bien planté ce dimanche 9 août, avant 17h00 ! Et ceci n’est pas une promesse de Gascon !
    Bien l’bonjour à toutes et tous !
  • #33
    <inconnu>
    04/08/2009 à 11:19
    • En réponse à PHILO_LOGIS #31 le 04/08/2009 à 10:30* :
    • « puisque l’ainé prélevait un "préciput" (généralement le château, voire la moitié des biens)
      Il faut toujours, dans la vie, être précis: put... »
    Bonjour tu t’appelles comment ?
    Lilliput
    Enchanté, moi c’est Roger, plombier
    eh peuchère, c’est qui ce gars, con !
  • #34
    Rikske
    04/08/2009 à 11:43
    Il y aura 220 ans, cette nuit, en France, c’étaient pas non plus des promesses de Gascon !
  • #35
    momolala
    04/08/2009 à 11:51
    • En réponse à Rikske #34 le 04/08/2009 à 11:43 :
    • « Il y aura 220 ans, cette nuit, en France, c’étaient pas non plus des promesses de Gascon ! »
    Ah ça ira, ça ira, ça ira... (voir cette page). Ben,... si tu y regardes à 1 fois et demi, on peut se poser la question, dans les faits... 🙁
  • #36
    mickeylange
    04/08/2009 à 11:51*
    Tiens je fais me faire un amiral à midi. Si si, je vous assure quand il est frais, il est très bon.
  • #37
    Elpepe
    04/08/2009 à 11:52
    • En réponse à momolala #24 le 04/08/2009 à 09:11 :
    • « C’est peut-être à cause de ces qualités reconnues, mais aussi trop souvent vantées et exagérées par les Gascons eux-mêmes, que ceux-ci étaie... »
    C’est beau... È du Corsù ?
  • #38
    Elpepe
    04/08/2009 à 11:58
    • En réponse à Rikske #32 le 04/08/2009 à 10:42 :
    • « Foi de Rikske, le Meyboom sera bien planté ce dimanche 9 août, avant 17h00 ! Et ceci n’est pas une promesse de Gascon !
      Bien l’bonjour à tou... »
    Encore une promesse de Belge d’un dimanche radieux sous la drache ?
  • #39
    Elpepe
    04/08/2009 à 12:01
    • En réponse à Rikske #34 le 04/08/2009 à 11:43 :
    • « Il y aura 220 ans, cette nuit, en France, c’étaient pas non plus des promesses de Gascon ! »
    A démonter à repeindre, la nuit en question...
  • #40
    Elpepe
    04/08/2009 à 12:02
    • En réponse à mickeylange #36 le 04/08/2009 à 11:51* :
    • « Tiens je fais me faire un amiral à midi. Si si, je vous assure quand il est frais, il est très bon. »
    Bougre de petit ceci-cela ! Mais il est en train de boire le fonds de la Convention, l’animal !