Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

une querelle d'Allemand [n]

une querelle sans sujet sérieux ; une querelle pour des raisons futiles

Origine et définition

Au cours du temps, on a pu lire différentes explications de la naissance de cette expression parmi lesquelles une basée sur une famille dauphinoise, les Alleman, ou une autre qui serait un jeu de mots sur "à la main".
Mais si ces hypothèses fantaisistes ont pu naître c'est parce que leurs auteurs n'avaient pas connaissance de la forme du XVIe siècle qui se disait "une querelle d'Allemagne" (on la trouve chez Montaigne, entre autres).
Soulagé, vous vous dites donc que, comprenant que nous avons affaire à une simple déformation de l'expression d'origine, il va être facile d'expliquer la provenance de cette dernière.
Eh bien que nenni !
Car là aussi, on trouve plusieurs hypothèses. Et en voici quelques-unes :
- Au Moyen Âge, déjà, on disait des Allemands qu'ils étaient le peuple le plus 'ireux' (colèreux), d'où des chamailleries à n'en plus finir ;
- On disait aussi que les soldats allemands, souvent ivres, étaient prompt à chercher querelle (mais n'est-ce pas souvent le cas des personnes ivres, quelles qu'en soient la nationalité et la profession) ;
- Les étudiants allemands étaient, paraît-il, d'humeur batailleuse, dans leurs universités
- Enfin, il se dit aussi que les Allemands proches de la frontière française, trouvaient toujours de bonnes raisons pour faire des excursions armées chez nous pour y pratiquer quelque pillage.
Mais l'hypothèse la plus communément admise, vient du fait que le Saint Empire romain germanique, était constitué d'un ensemble de minuscules états dont les souverains cherchaient toutes les plus ou moins bonnes occasions de batailler avec leurs voisins histoire de tenter de s'emparer de leurs terres et d'agrandir ainsi leur pouvoir et leur zone d'influence.

Exemples

« Comme nous l'apprend une note remarquable que viennent de publier les journaux anglais, nous étions dans l'erreur, et, en ce qui concerne la langue en particulier, les populations flamandes de notre libre Belgique seraient bien heureuses de vivre sous le régime que l'oppression danoise avait établi dans le Schleswig. C'est donc bien une vraie querelle d'allemand que le nationalisme d'Outre-Rhin a faite au Danemark pour avoir l'occasion de lui voler, sous des apparences honnêtes, deux provinces. »
L'économiste belge - 1864

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Anglais much ado about nothing (Ref: Shakespeare !) beaucoup de bruit pour rien
Arabe (Maroc) dabaz ala el khoua khaoui se disputer pour le Vide.vide
Arabe (Tunisie) îta wechhoud âla thbihet qanfoud des cris et des témoins pour avoir égorger un hérisson
Espagnol (Argentine) pelearse por nimiedades / por cualquier cosa se quereller au sujet de choses sans importance, sur n'importe quoi
Espagnol (Espagne) pelear por un quítame allá esas pajas se bagarrer pour un 'mets-moi ailleurs' ces pailles
Espagnol (Espagne) Pelearse por tonterias ! Se disputer pour des bêtises !
Italien questione di lana caprina question de laine de chèvre
Latin proelia tedesca une querelle teutonesque
Néerlandais storm in een glas water une tempête dans un verre d'eau
Néerlandais veel geblaat maar weinig wol beaucoup de bêlement mais peu de laine
Néerlandais (Belgique) twisten om keizers baard quereller pour la barbe de l'empereur
Néerlandais ruzie om niks querelle à cause de rien
Néerlandais veel gedoe om niets beaucoup de bruit pour (un petit) rien
Portugais (Brésil) uma briga por um dá cá aquela palha une querelle pour un 'donne moi ce brin de paille
Roumain a se certa ca chiorii se quereller comme les borgnes
Roumain bate vântul, latră câinii le vent souffle, les chiens aboyent
Roumain cârâială corbinement - querelle pour des choses insignifiantes
Roumain ciorovăială querelle pour des choses insignifiantes
Roumain mult zgomot pentru nimic beaucoup de bruit pour rien
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Commentaires sur l'expression « une querelle d'Allemand » Commentaires

  • joseta
    28/05/2025 à 08:01*
    QUI SUIS-JE ? nº566

    Je suis un poète et dramaturge républicain espagnol, engagé dans la guerre d’Espagne
    - mouvement: Génération de 27
    - genres artistiques: poésie, théâtre
    - je passe mon enfance et mon adolescence entre l’école et le troupeau de chèvres de mon père
    - je lis beaucoup malgré les persécutions d’un père despotique
    - durant la courte période où je suis scolarisé, j’ai l’occasion de rencontrer José Marín Gutiérrez, dit Ramón Sijé, qui jouera plus tard un rôle déterminant dans ma vie
    - à 14 ans, je dois abandonner l’école pour aider mon père. Cependant, mon enthousiasme pour la littérature et la poésie m’incite à passer de longs moments à la bibliothèque, absorbé dans la lecture de l’oeuvre des grands auteurs du Siècle d’or espagnol comme Cervantes, Lope de Vega, Calderón de la Barca ou Góngora
    - je continue à étudier sans maître et je publie, en 1929, mon premier poème dans un hebdomadaire local d’Orihuela. Un quotidien d’Alicante publie aussi mes débuts
    - en 1932, je me rends pour la première fois à Madrid, sans grand succès. Mais lors de mon deuxième séjour dans la capitale, je rencontre Pablo Neruda et Vicente Aleixandre
    - à l’été 1936, quand la Guerre d’Espagne éclate, je m’engage avec l’armée aux côtés des Républicains (cinquième régiment), avec le Parti communiste d’Espagne
    - en 1937, je me marie et, en 1938, j’écris aussi bien pour un fils qui meurt prématurément, comme pour la naissance d’un deuxième
    - en 1937, je compose un poème en hommage à Rosario Sánchez, militante républicaine dévolue à fabrication des explosifs qui perd une main pendant la guerre
    - le 1er avril 1939, Franco annonce la fin de la guerre; j’essaie de fuir l’Espagne et de rejoindre le Portugal, mais je suis arrêté à la frontière er remis à la Garde civile, puis transféré à la prison
    - durant cette période, j’écris mes fameuses Nanas de la cebolla
    - en mars 1940, je suis condamné à mort; la sentance est commuée en 30 ans d’emprisonnement, mais, atteint de tuberculose, je mourrai quelques années plus tard
    - on m’associe traditionnellement à la Génération 36, même si je fus sans doute plus proche -un parfait épigone de la Génération de 27- (dont font partie Luis Cernuda, Garcia Lorca ou Vicente Aleixandre). Ce qui me distinguait de ces poètes, c'est que que je n’étais pas issu de la bourgeoisie et je n’avais reçu aucune formation académique
    - plusieurs de mes poèmes ont été mis en musique par Paco Ibañez et Joan Manuel Serrat
    - un de mes poèmes est devenu un hymne de colère contre les grands propriétaires des oliveraies et l’explotation des journaliers
    . hommages: l’Université d’Elche porte mon nom; un astéroïde est également nommé en mon honneur
    - distinction: Haute distiction de la Généralité valencienne.
  • Bichem
    28/05/2025 à 09:00*
    • En réponse à atheofv #180 le 28/05/2025 à 06:48 :
    • « Roumain cârâială corbinement - querelle pour des choses insignifiantes

      Corbinement. »
    Mais oui ! C'est le cri du corbeau
    Je crooaa.. 🐦
  • atheofv
    28/05/2025 à 10:15
    • En réponse à Bichem #182 le 28/05/2025 à 09:00* :
    • « Mais oui ! C'est le cri du corbeau
      Je crooaa.. 🐦 »
    Ben oui...
    J'ai vu cela sur Gogol.

    Je pensais qu'il croassait, en fait il corbine...
  • atheofv
    28/05/2025 à 10:19
    • En réponse à joseta #181 le 28/05/2025 à 08:01* :
    • « QUI SUIS-JE ? nº566

      Je suis un poète et dramaturge républicain espagnol, engagé dans la guerre d’Espagne
      - mouvement: Génération de 27... »
    Des nanas à l'oignon !

    C'est surprenant, m'sieur l'directeur...
  • Ratanak
    28/05/2025 à 10:59
    • En réponse à joseta #181 le 28/05/2025 à 08:01* :
    • « QUI SUIS-JE ? nº566

      Je suis un poète et dramaturge républicain espagnol, engagé dans la guerre d’Espagne
      - mouvement: Génération de 27... »
    Enchanté de faire sa connaissance. 😁
  • joseta
    28/05/2025 à 11:08
    • En réponse à atheofv #184 le 28/05/2025 à 10:19 :
    • « Des nanas à l'oignon !

      C'est surprenant, m'sieur l'directeur... »
    Una nana=une berceuse.
  • atheofv
    28/05/2025 à 11:53
    • En réponse à joseta #186 le 28/05/2025 à 11:08 :
    • « Una nana=une berceuse. »
    Même une berceuse à l'oignon ne laisse pas de me surprendre
  • joseta
    28/05/2025 à 12:11
    • En réponse à atheofv #187 le 28/05/2025 à 11:53 :
    • « Même une berceuse à l'oignon ne laisse pas de me surprendre »
    Le titre de cette berceuse transmet la souffrance d’une famille qui vit dans le besoin et la famine, représentée par un oignon.
  • Ratanak
    28/05/2025 à 12:27*
    • En réponse à atheofv #187 le 28/05/2025 à 11:53 :
    • « Même une berceuse à l'oignon ne laisse pas de me surprendre »
    Extrait de Wikipedia espagnol :

    « Miguel Hernández había sido apresado por el bando sublevado por su apoyo a la Segunda República. Moriría poco después de tuberculosis en la cárcel. Sin embargo, antes de eso, había recibido una carta de su esposa, Josefina Manresa, donde le contaba que ella y su hijo sólo tenían pan y cebolla para alimentarse. Hernández se entristeció con la noticia, y decidió escribir las Nanas de la cebolla, además de una carta donde le explicaba que sólo podía mostrarles su apoyo a través de la poesía. »

    Miguel Hernández avait été emprisonné par les rebelles pour son soutien à la Seconde République. Il mourut de tuberculose en prison peu après. Cependant, auparavant, il avait reçu une lettre de sa femme, Josefina Manresa, lui annonçant qu'elle et leur fils n'avaient que du pain et des oignons à manger. Attristé par la nouvelle, Hernández décida d'écrire « Nanas de la cebolla » (Berceuses à l'oignon), accompagnée d'une lettre expliquant qu'il ne pouvait exprimer son soutien que par la poésie.

    (Trad. Google)


    Ouarf ! Joseta a été plus rapide et plus concis que moi. 🤪
  • atheofv
    28/05/2025 à 13:26
    • En réponse à Ratanak #189 le 28/05/2025 à 12:27* :
    • « Extrait de Wikipedia espagnol :

      « Miguel Hernández había sido apresado por el bando sublevado por su apoyo a la Segunda República. Morirí... »
    Tu as de la même secousse fait un clitocybage de force 8 sur l'échelle de Joseta.
  • joseta
    28/05/2025 à 16:23
    • En réponse à Ratanak #189 le 28/05/2025 à 12:27* :
    • « Extrait de Wikipedia espagnol :

      « Miguel Hernández había sido apresado por el bando sublevado por su apoyo a la Segunda República. Morirí... »
    Bravo champion ! Joli travail !
  • joseta
    28/05/2025 à 16:24*
    Ce jeune homme du quartier était vif et malicieux, mais sans méchanceté, et l’espiègle, pour ces raisons futiles, fut Till.
    je m'excuse.
  • joseta
    28/05/2025 à 16:29
    • En réponse à joseta #181 le 28/05/2025 à 08:01* :
    • « QUI SUIS-JE ? nº566

      Je suis un poète et dramaturge républicain espagnol, engagé dans la guerre d’Espagne
      - mouvement: Génération de 27... »
    JE SUIS
    Image externe
    Miguel HERNÁNDEZ
    Orihuela (Alicante),1910/Alicante,1942