Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

une vieille baderne [exp]

quelqu'un qui n'est plus bon à rien ; un homme usé ; un homme gâteux ; un militaire âgé et borné ; barbon

Origine et définition

Dans la marine, au cours de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, la 'baderne' désignait une tresse épaisse fabriquée à l'aide de vieux cordages, tresse qui était appliquée autour des mâts, des vergues, du cabestan..., pour les protéger de l'humidité et du frottement avec d'autres objets.
On s'en servait aussi comme paillassons sur le pont des navires transportant des animaux pour protéger le bois.
C'est à partir du milieu du XIXe siècle, que le mot, venu de l'argot des marins, a désigné péjorativement un individu bon à rien ou hors d'état de faire quoi que ce soit ("hors d'usage", comme les cordages servant à tresser une baderne).
Chez les militaires, d'abord utilisé chez les matelots pour désigner un vieux marin plus capable de grand chose, il s'est généralisé dans toutes les armes, à l'intention de vieux militaires bornés.

Exemples

« Repose-toi, mais ne t'encroûte pas. Tu n'as pas encore l'âge de devenir une vieille baderne aigrie. »
Vladimir Volkoff - Les humeurs de la mer - 1980

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand ein alter Sack un vieux sac
Anglais an old fart un vieux pet
Anglais (USA) a stick in the mud un bâton dans la bourbe
Anglais (USA) an old fogey un vieux fougueux
Espagnol (Espagne) sargento chusquero sergent quignonnier
Espagnol (Espagne) un vejestorio un vieillard
Espagnol (Espagne) una carronya une charogne
Espagnol (Espagne) viejo chocho vieux gâteux
Français (Canada) vieux schnock vieux schnock
Italien un vecchio rammollito un vieux ramolli
Néerlandais een ouwe lul - een ouwe zak une vieille bite - un vieux sac
Néerlandais ouwe hap vieille bouchée
Néerlandais ouwe rot vieux briscard
Polonais stary ramol vieux schnock
Roumain cătană bătrână vieux soldat
Roumain un moș Teacă un père Teacă
Roumain zdreanta/carpa chiffon
Slovaque stary kram vieux schnock
Ajouter une traduction

Si vous souhaitez savoir comment on dit « une vieille baderne » en anglais, en espagnol, en portugais, en italien ou en allemand, cliquez ici.

Ci-dessus vous trouverez des propositions de traduction soumises par notre communauté d'utilisateurs et non vérifiées par notre équipe. En étant enregistré, vous pourrez également en ajouter vous-même. En cas d'erreur, signalez-les nous dans le formulaire de contact.


Commentaires sur l'expression « une vieille baderne » Commentaires

  • #41
    Elpepe
    24/11/2009 à 17:51
    • En réponse à deLassus #28 le 24/11/2009 à 15:59 :
    • « Oui. Pourtant je lui avais servi en # 14 une tonne de mouron pour les petits oiseaux... »
    T’inquiète, j’ai lu avec attention, émotion et lotion capillaire ! 😄
  • #42
    <inconnu>
    24/11/2009 à 19:59
    Et notre bon vieux capitaine Haddock, amis moussaillons, qui traitait le professeur Tournesol de vieillle baderne...
  • #43
    Elpepe
    24/11/2009 à 20:27
    • En réponse à <inconnu> #42 le 24/11/2009 à 19:59 :
    • « Et notre bon vieux capitaine Haddock, amis moussaillons, qui traitait le professeur Tournesol de vieillle baderne... »
    Et le commissaire San-Antonio servait le même à l’inspecteur principal Pinaud...
  • #44
    renoir2
    24/11/2009 à 23:44
    • En réponse à deLassus #32 le 24/11/2009 à 16:49* :
    • « Et voici une très vieille baderne :
      Lien rompu en 2018, désolé ! »
    Rien compris à tout ça mais ça m’a rappelé l’émission de France Inter dimanche soir le "masque et la plume" pendant laquelle les intervenants ont joué avec le mot fractal et avec le chou-fleur tout en parlant d’oeuvres plus ou moins littéraires selon les uns ou les autres. Parfois les critiques se font traiter gentiment de vieilles badernes par les auditeurs. Une émission que je ne peux pas capter quand je suis en Allemagne et qui me manque beaucoup.
  • #45
    Oclick
    28/11/2009 à 14:43
    Les vieux militaires jugulaire-jugulaire, c’est à dire à cheval sur le règlement, étaient taxés de "culotte-de-peau" scrongneugneu !
    Ceux dont l’intelligence n’est pas mise en doute sont "chevronnés" (de la forme des galons des sous-officiers subalternes) ou de "vieux brisquards", la brisque étant un petit galon désignant une campagne précise, qui s’étageait sur les manches des vieux soldats. Il est possible que je me trompe, mais la "sardine" dont il est question plus haut était réservé aux galons de laine des petits gradés, caporaux et brigadiers (simples ou chefs), les sous offs subalternes des chevrons er les supérieurs des "parallèles au trottoir". De nos jours, pour qualifier un ancien on dit plutôt "un vieux soldat". Et savez vous ce qu’est un V. S. O. P. ?
    Ce n’est pas un général de plus de trois étoiles, non, c’est tout bonnement un Vieux Soldat Opéré de la Prostate ! Rompez !
  • #46
    DiwanC
    08/11/2012 à 01:54*
    Après l’exposition de God – exposition qui ne peut être que remarquâââble, s’pas ! – arrêtons-nous un instant chez Alain Rey :
    Baderne : attesté v. 1773, est d’origine incertaine, dit-il… peut-être emprunté au provençal baderno (même histoire que celle des grosses tresses avec les vieux cordages). Guiraud le rattache à badar : être ouvert.
    Mais Rey préfère le grec pterna : talon, sabot d’un animal et aussi partie inférieure d’objets, par exemple d’un mât. Ah ! on se rapproche de la marine… et Rey y vient empruntant les mots de God (!) : argot de marin, individu hors d’état de servir (1845), etc. Il ajoute que, dans l’argot des khâgnes, baderne désigne le président de la classe.
    V’là.
    Reste que la baderne, en tant qu’individu, fut débutante. N’y a-t-il pas chez celui qui sera qualifié de vieille baderne quelque disposition ? autrement dit, « l’âge ne fait rien à l’affaire » [comme chantait Georges (l’autre)*]. Me d’mande…
    *Boubacar ! j’fais c’que j’peux ! Passque n’ai pas trouvé de "baderne" dans les textes de ses chansons. Juste un "Scrogneugneu" mêlé aux "Jarnicoton", "Bigre" et "Bougre" de La Ronde des jurons.
    🙂
  • #47
    Paracas
    08/11/2012 à 06:05*
    • En réponse à DiwanC #46 le 08/11/2012 à 01:54* :
    • « Après l’exposition de God – exposition qui ne peut être que remarquâââble, s’pas ! – arrêtons-nous un instant chez Alain Rey :
      Baderne : att... »
    Bé non, t’as raison pas de baderne dans le vocabulaire pourtant riche et medieval de Tonton Georges cependant, il en a rencontré deux et non des moindres...cette page......😉
  • #48
    Paracas
    08/11/2012 à 06:24
    En 68, dépassée par les évènements la vieille baderne qui présidait alors aux destinées du pays avait foutu le camp à Badern-Badern......
    Mais là je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaîtreuuuuuuuu.........
  • #49
    God
    08/11/2012 à 06:48*
    • En réponse à Paracas #48 le 08/11/2012 à 06:24 :
    • « En 68, dépassée par les évènements la vieille baderne qui présidait alors aux destinées du pays avait foutu le camp à Badern-Badern......
      Ma... »
    Farpaitement !
    J’y vivais justement à cette époque. Même que la « petite » villa de Massu, le commandant en chef des forces armées françaises en Allemagne, chez lequel Charles s’était magné de se réfugier, sur les hauteurs de Baden-Oos (banlieue située dans le prolongement de Baden-Baden et traversée par la rivière Oos), n’était qu’à quelques centaines de mètres de mon lycée qui, par hasard, s’appelait Charles de Gaulle.
    Cela dit, ce n’est qu’après qu’on a su qu’il était passé par là, puisqu’à cette période légèrement troublée, personne ne savait où était Charlie.
  • #50
    Paracas
    08/11/2012 à 07:03
    • En réponse à God #49 le 08/11/2012 à 06:48* :
    • « Farpaitement !
      J’y vivais justement à cette époque. Même que la « petite » villa de Massu, le commandant en chef des forces armées française... »
    Et puis à l’époque pas de Touit ni de Fesse-Bouc, on gravait les CD en pierre avec le marteau et le burin, on vivait limite Gros Moignon sinon l’escapade Gaullienne n’aurait pas échappé à la sagacité du populo qui aurait pris çà comme un coup de massue........Ô tempora, Ô mores.......
  • #51
    <inconnu>
    08/11/2012 à 07:25*
    @ Joseta : Hier tu écrivais :
    Notre cher God est un amateur de chabrot, cependant, le vin refroidit sa soupe, et, quand il porte l’assiette à ses lèvres, il sent, God, froid de bouillon.

    Était-ce promontoire (ou quelque chose comme ça) ?
    En tout cas, aujourd’hui c’est la Saint-Geoffrey/Geoffroy/Godefroy.
    Étymologie germanique : "godo", dieu et "frido", paix.
  • #52
    <inconnu>
    08/11/2012 à 07:27
    – Élu vend baleinière
    – Ruée île invendable
    Ces anagrammes de l’expression du jour nous démontrent à loisir qu’elle provient de la marine, contrairement à God qui prétend qu’elle vient du milieu du XIXe siècle.
  • #53
    PHILO_LOGIS
    08/11/2012 à 07:36*
    • En réponse à Paracas #48 le 08/11/2012 à 06:24 :
    • « En 68, dépassée par les évènements la vieille baderne qui présidait alors aux destinées du pays avait foutu le camp à Badern-Badern......
      Ma... »
    Cela ne fut que la conclusion d’une suite d’événements qui commencèrent bien plus tôt, avec, par exemple, en Avril 1961, le fameux putsch des vieilles badernes, resté très vivace dans certaines mémoires...
    Cela me rappelle d’ailleurs une histoire que l’on racontait peu après:
    Lors d’un sommet sur le désarmement, Kennedy, Krouchtchev et DeGaulle parlent de leurs armées respectives:
    - Krouchtchev: mes officiers sont en acier trempé: dans les grands frois de Sibérie comme dans les déserts de l’Asie centrale: is sont imperturbables;
    - Kennedy: mes officiers: des hommes caoutchouc. Regardez-les en Corée puis au Vietnam: ils y sont et on ne les voit pas;
    -DeGaulle: après un silence: mes officiers, messieurs, ils sont en tôle, pour e bien de la France!
  • #54
    PHILO_LOGIS
    08/11/2012 à 07:38
    Dis-moi, Mickey, avec ton grand âge...
    Non, sans doute pas...
    Quoique...
  • #55
    joseta
    08/11/2012 à 07:39*
    En effet, quand il boxait, c’était Young, par la suite, en vieillissant, il devint méchant et on l’appela: old bad Erne.
  • #56
    joseta
    08/11/2012 à 07:48
    • En réponse à <inconnu> #51 le 08/11/2012 à 07:25* :
    • « @ Joseta : Hier tu écrivais :
      Notre cher God est un amateur de chabrot, cependant, le vin refroidit sa soupe, et, quand il porte l’... »
    Non, ce n’était pas prémonitoire. Merci d’apporter ces données complémentaires.
  • #57
    joseta
    08/11/2012 à 08:01
    la ’baderne’ désignait une tresse

    - Ah bon?
    Marie-José..."baderne".
  • #58
    <inconnu>
    08/11/2012 à 08:43*
    Baderne-Powell est le fondateur du scoutisme.
    Sorry pour SyntaxTerror en #31 !
  • #59
    PHILO_LOGIS
    08/11/2012 à 08:46*
    • En réponse à joseta #57 le 08/11/2012 à 08:01 :
    • « la ’baderne’ désignait une tresse
      - Ah bon?
      Marie-José..."baderne". »
    La seule chanteuse prénommée Marie-José ayant eu des tresses que je connais fut Marie-José Neuville... Serait-ce de la collégienne de la chanson que tu veuilles parler? Comme dirait Johnny: "Souvenirs, souvenirs"
    Tiens, et à propos de souvenirs, de marine et de la même époque... la Marie-Josèph de Stéphane Goldman, cela te dit-il encore quelque chose?
    C’était de la chanson, ça, monsieur, pas comme tous ces yé-yés qui font plus que du bruit. Encore heureux que je peux éteindre mon Sonotone!
  • #60
    <inconnu>
    08/11/2012 à 08:50
    La bande à Baaderne était le surnom de l’organisation révolutionnaire d’extrême-gauche ouest-allemande Fraction Armée Rouge (RAF).