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battre à plate couture [v]

vaincre complètement ; battre complètement ; donner une raclée à ; rouer de coups ; défaire vigoureusement lors d’une bataille ou d’une guerre ; battre très nettement ; terrasser ; écraser

Origine et définition

L'expression existe depuis le XVe siècle, sous la forme "rompre à plate couture".
Il faut dire qu'à l'époque, les étoffes étaient épaisses et raides. Par conséquent les coutures et autres ourlets, qui étaient des surépaisseurs de ces tissus, étaient extrêmement raides. Les tailleurs qui avaient bien assimilé leur métier mais qui n'étaient pas forcément riches, avaient donc pour habitude d'aplatir les épaisses coutures pour les rendre un peu plus souples. Cela se faisait soit en les cousant une deuxième fois (selon Furetière), soit à l'aide d'un carreau, ancien gros fer à repasser, soit enfin en les frappant vigoureusement à l'aide d'une latte. Cette opération se disait "rabattre les coutures".
De cette opération, est née au XVIe siècle l'expression "rabattre la couture à quelqu'un" pour "le rosser", comme si le fait de le frapper rabattait les coutures du vêtement que le malheureux portait.
Mais s'il y a une relation certaine avec notre expression, cela n'explique pas son sens et, surtout, l'utilisation préalable d'un verbe comme 'rompre', puis 'défaire', au lieu de 'battre'.
Selon Alain Rey, dans la métaphore initiale, il fallait comprendre 'rompre' dans son sens figuré de "abattre, démolir, enfoncer (une armée)" et 'plat' comme issu du verbe 'aplatir' au sens de "vaincre totalement, écraser, battre".
C'est du mélange de ces significations avec l'opération du tailleur que l'expression serait autrefois née, le 'battre' moderne étant ensuite logiquement issu du 'rabattre', son sens collant parfaitement avec celui de la locution.

Exemples

« Les collégiens ont l'habitude de tomber à grands coups de poing sur les épaules de leurs camarades qui ont un habit neuf ; ils prétendent par là rabattre les coutures »
Champfleury - Les souffrances du professeur Delteil
« Il a déjà été battu à plate couture dans deux conseils »
Stendhal - Lucien Leuwen

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Anglais (UK) To beat someone hands down Battre quelqu'un, les mains basses
Anglais to beat someone hollow battre quelqu'un complètement
Anglais (USA) to defeat / beat someone once and for all vaincre / battre une fois et pour tous
Espagnol (Argentine) dar una paliza donner une rouste
Espagnol (Espagne) aplastar aplatir
Français (France) radaguer
Hongrois laposra verni vkit battre à plate qqn
Hébreu הנחיל לו תבוסה ניצחת (hinkhil lo tvoussa nitsakhatt) il a commencé une défaite écrasante
Italien dar capotto donner manteau
Néerlandais iemand platwalsen écraser/laminer/ratatiner quelqu'un
Néerlandais in de pan hakken hacher dans le faitout
Néerlandais pletten aplatir/écraser
Néerlandais vermorzelen fracasser
Portugais (Brésil) dar cabo de détruire
Roumain a bate la curul / fundul gol donner une fessée à poil
Roumain a zdrobi écraser
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Voir aussi


Commentaires sur l'expression « battre à plate couture » Commentaires

  • #81
    DiwanC
    27/06/2017 à 03:10*
    Vaincre / battre complètement, de manière définitive

    Parmi les dames qu'aima le tendre Georges, il y avait Fanchon, la cousette qui tirait l'aiguille ...comme une couturière. La belle ne semblait guère farouche et – au contraire de l'expression – il n'eut pas à se battre pour la conquérir ; une conquête qui n'aurait rien de définitif, ils le savaient l'un et l'autre dès le début de leur histoire.
    Moi, mes amours d'antan c'était de la grisette :
    Margot, la blanche caille, et Fanchon, la cousette...
    Pas la moindre noblesse, excusez-moi du peu,
    C'étaient, me direz-vous, des grâces roturières,
    Des nymphes de ruisseau, des Vénus de barrière...
    Mon prince, on a les dames du temps jadis qu'on peut...

    Écoutez... C'est une des plus belles.
  • #82
    Paracas
    27/06/2017 à 05:13
    • En réponse à DiwanC #81 le 27/06/2017 à 03:10* :
    • « Vaincre / battre complètement, de manière définitive
      Parmi les dames qu'aima le tendre Georges, il y avait Fanchon, la cousette qui tirait... »
    Fanchon se servait surement d'un dé à coudre et il est
    Ell' n'avait pas de tête, ell' n'avait pas
    L'esprit beaucoup plus grand qu'un dé à coudre

    C'est là qu'il nous parle de Jo pour qui il eût le béguin jusqu'au jour où il découvrit qu'elle vendait ses charmes du côté de la Madeleine....
    Tiens ! des madeleines avec le café.....🙂
  • #83
    Paracas
    27/06/2017 à 05:53*
    Mémé ne s'appellait pas Fanchon mais on pouvait l'appeller "la cousette" car elle en a passé des heures avec l'aiguille à la main, mais elle aimait bien car ça lui faisait un moment de repos où elle pouvait un peu rester assise.
    J'aimais bien partir à la découverte de sa servante à couture.
    Les merveilles qu'elle contenait me plaisaient beaucoup et j'avais le droit de jouer avec car c'était à moi qu'était dévolue la tache d'enfiler l'aiguille parce que mémé "n'avait plus ses yeux de vingt ans"..
    Je ne comprenais d'ailleurs pas comment elle n'arrivait pas à voir le chas qui pourtant était bien gras vu l'exercice qu'il faisait à longueur de journée couché près de la cuisinière...et puis je ne voyais pas le rapport entre Mistigri (tous les chats de mémé se sont appellés Mistigri) et le fait d'enfiler une aiguille.
    Je pouvais toucher à la servante mais sans rien déranger. Il fallait toujours tout bien remettre à sa place.
    Il y avait des petites boites de cachou Lajaunie pleines de petites épingles avec des têtes multicolores, des boites d'anis de Flavigny remplies de petits boutons pression, des bouts de tissus de toutes les couleurs, des élastiques et sur un bout de tissu étaient fichées les aiguilles de différentes tailles, de la plus petite qui servait pour coudre les dentelles ou les ourlets jusqu'à la plus grosse pour repriser la lourde "canadienne" que pépé mettait l'hiver quand soufflait le Mistral..
    Il y avait plusieurs dés à coudre, j'en mettais un à chaque doigt et m'amusais à imiter le galop du cheval sur la table en bois de la cuisine..
    J'aimais bien la grosse boite de berlingots pleine de boutons de toutes les tailles et de toutes les couleurs, mais ce qui me plaisait le plus c'était l'oeuf à repriser les chaussettes de pépé.
    Souvent je m'amusais à le comparer avec l'oeuf de la poule que j'allais chercher au poulailler en tremblant à l'idée de rencontrer le gros rat.
    C'est qu'à l'époque on reprisait, on ravaudait, on "mettait des pièces", on consolidait en faisant ce que mémé appellait un "rigou-migou"; c'est à dire une grosse couture quand le tissu était déchiré comme autant de rustines sur une vieille chambre à air..
    On n'allait pas à Carrefour acheter un lot de 15 chaussettes pour 9.90 € et on n'avait pas l'armoire pleine de T-shirts et de pantalons.
    Un sur soi, un au lavage, ça faisait des années et des années et on ne jetait rien...
    Quand un pantalon ou une robe était en fin de vie à force d'être usé, lavé et reprisé il finissait en chiffon....
    Voilà, il y a longtemps que je n'ai pas essayé d'enfiler une aiguille mais je crois bien que j'aurais du mal car aujourd'hui c'est moi qui n'ai plus mes yeux de vingt ans...
  • #84
    joseta
    27/06/2017 à 08:11
    Couturières
    - Zut ! j'ai perdu mes dés à coudre...
    - Tu veux mes dés ?
    - T'aider à quoi ?
  • #85
    joseta
    27/06/2017 à 08:13
    - Ta fille, la prof de littérature italienne, elle coud, aussi ?
    - Non, elle fait dans Dante, elle...
  • #86
    le gone
    27/06/2017 à 08:26
    • En réponse à Paracas #83 le 27/06/2017 à 05:53* :
    • « Mémé ne s'appellait pas Fanchon mais on pouvait l'appeller "la cousette" car elle en a passé des heures avec l'aiguille à la main, mais elle... »
    Bien d'accord. Chez nous aussi ma mère reprisait et donnait une seconde vie à des tonnes de chaussettes entre autre... J'ai d'ailleurs sa boîte à coutures semblable à la tienne.
  • #87
    joseta
    27/06/2017 à 08:43
    Redif
    Phil Collins à l'Aiguille du Midi: Phil à l'Aiguille.
  • #88
    joseta
    27/06/2017 à 08:51*
    Thum: - Toujours aussi élégant toi, où tu les achètes tes costards ?
    - l'Écosse Thum !
    - oui, les costumes...où tu les achètes ?
  • #89
    DiwanC
    27/06/2017 à 09:18
    • En réponse à Paracas #83 le 27/06/2017 à 05:53* :
    • « Mémé ne s'appellait pas Fanchon mais on pouvait l'appeller "la cousette" car elle en a passé des heures avec l'aiguille à la main, mais elle... »
    Raconte encore...
  • #90
    gonalzako
    27/06/2017 à 10:08
    • En réponse à AnimalDan #28 le 01/10/2008 à 13:21* :
    • « " Bibi Lolo à Saint-Malo
      Qui tue sa femm’à coups d’couteau
      Qui la console à coups d’casserole
      Qui la guérit à coups d’fusil... " »
    Serait-ce une comptine chantée en école maternelle ?
  • #91
    Mourguette34
    27/06/2017 à 10:13
    • En réponse à Paracas #83 le 27/06/2017 à 05:53* :
    • « Mémé ne s'appellait pas Fanchon mais on pouvait l'appeller "la cousette" car elle en a passé des heures avec l'aiguille à la main, mais elle... »
    …… et la machine à coudre à pédale , avec la petite canette nichée dans un sabot, et la burette à huile pour graisser la mécanique, qui fait clic cloc clic cloc quand on appuie dessus …..
  • #92
    SyntaxTerror
    27/06/2017 à 10:22*
    • En réponse à DiwanC #81 le 27/06/2017 à 03:10* :
    • « Vaincre / battre complètement, de manière définitive
      Parmi les dames qu'aima le tendre Georges, il y avait Fanchon, la cousette qui tirait... »
    Margot, la blanche caille
    De retour de la cambrousse pour la minute de cuistrerie :
    Je pense qu'il faut écrire "blanchecaille" en un seul mot, argot pour désigner la blanchisseuse. Comme la cousette et la grisette, elles étaient réputées compenser la faiblesse de leurs salaires par la prostitution du côté de la barrière (hors des portes de la ville).
  • #93
    DiwanC
    27/06/2017 à 10:38*
    • En réponse à Paracas #83 le 27/06/2017 à 05:53* :
    • « Mémé ne s'appellait pas Fanchon mais on pouvait l'appeller "la cousette" car elle en a passé des heures avec l'aiguille à la main, mais elle... »
    Tout comme ta Mémé, la mienne aussi ravaudait, reprisait, rapetassait...
    Elle donnait une seconde vie aux chemises de Pépé en retournant cols et poignets. Plusieurs fois rapiécés aux coudes, aux genoux, les bleus de travail de Pépé prenaient des allures de camaïeu à faire pâlir d'envie un peintre du dimanche !
    Les vieux draps quittaient la chambre et devenaient torchons à vaisselle dans la cuisine ; ils finiraient chiffons/essuie-mains dans la musette de chantier de mon Pépé.
    Sa petite travailleuse – qu'elle n'appelait pas "servante à couture" – se déployait, se transformant en une "immense" boîte ; c'était magique ! De tous les trésors qu'elle contenait, c'est la boîte à boutons que je préférais ; je les triais patiemment comme on trie les lentilles ! Les blancs à quatre trous et les blancs à deux trous... les métalliques... les gris jaspés clair ou foncé... et les autres décousus de quelques vêtements ou trouvés dans la rue ; ils ne serviraient sans doute jamais mais on n'imaginait pas les jeter. Et les uniques : deux gros boutons noirs et brillants et un petit rose à cœur jaune comme celui d'une marguerite !
  • #94
    Paracas
    27/06/2017 à 10:40
    • En réponse à Mourguette34 #91 le 27/06/2017 à 10:13 :
    • « …… et la machine à coudre à pédale , avec la petite canette nichée dans un sabot, et la burette à huile pour graisser la mécanique, qui fait... »
    ma mémé en a eu une mais j'avais grandi et mes jeux avaient évolué....
  • #95
    Paracas
    27/06/2017 à 10:43
    • En réponse à DiwanC #93 le 27/06/2017 à 10:38* :
    • « Tout comme ta Mémé, la mienne aussi ravaudait, reprisait, rapetassait...
      Elle donnait une seconde vie aux chemises de Pépé en retournant col... »
    Nous avons les mêmes souvenirs de nos cousettes respectives.......🙂
  • #96
    Paracas
    27/06/2017 à 10:44
    • En réponse à SyntaxTerror #92 le 27/06/2017 à 10:22* :
    • « Margot, la blanche caille
      De retour de la cambrousse pour la minute de cuistrerie :
      Je pense qu'il faut écrire "blanchecaille" en un seul m... »
    En Provence la lessive se dit "la bugado" et la blanchecaille "la bugadiero"
  • #97
    SyntaxTerror
    27/06/2017 à 10:49
    • En réponse à DiwanC #93 le 27/06/2017 à 10:38* :
    • « Tout comme ta Mémé, la mienne aussi ravaudait, reprisait, rapetassait...
      Elle donnait une seconde vie aux chemises de Pépé en retournant col... »
    Les vieux draps quittaient la chambre et devenaient torchons de vaisselle
    Ce que j'aimais moins, c'était l'étape précédente : les draps usés au milieu étaient coupés dans le sens de la longueur et recousus bord à bord. La couture au milieu du drap n'était pas toujours plate et assez désagréable.
  • #98
    Paracas
    27/06/2017 à 11:06
    • En réponse à SyntaxTerror #97 le 27/06/2017 à 10:49 :
    • « Les vieux draps quittaient la chambre et devenaient torchons de vaisselle
      Ce que j'aimais moins, c'était l'étape précédente : les draps usés... »
    Par contre quand mémé changeait la literie en hiver j'adorais me lover dans ces draps de grosse toile bien raides et bien rêches avec au fond du lit, enveloppée dans un linge, la brique réfractaire chaude qui avait passé l'après midi dans le four de la cuinière à bois ...
  • #99
    DiwanC
    27/06/2017 à 11:17
    • En réponse à SyntaxTerror #92 le 27/06/2017 à 10:22* :
    • « Margot, la blanche caille
      De retour de la cambrousse pour la minute de cuistrerie :
      Je pense qu'il faut écrire "blanchecaille" en un seul m... »
    Je pense qu'il faut écrire "blanchecaille" en un seul mot,

    Suis d'accord !
    Mais sur le "Cahier de chansons" que j'utilise chaque matin, la blanchisseuse est devenue blanche caille... Est-ce ainsi que l'a écrit G. B. ? Je ne sais... mais j'aime bien !
    J'imagine une Fanchon, blonde et cheveux frisés relevés en chignon d'où s'échappent quelques mèches rebelles, petite et potelée, ronde comme une brioche et chaude comme une petite caille...
  • deLassus
    27/06/2017 à 11:24
    • En réponse à DiwanC #99 le 27/06/2017 à 11:17 :
    • « Je pense qu'il faut écrire "blanchecaille" en un seul mot,
      Suis d'accord !
      Mais sur le "Cahier de chansons" que j'utilise chaque matin, la... »
    J'imagine une Fanchon, [...] chaude comme une petite caille...

    Je ne suis pas bien : je croyais que dans la chanson c'était Margot la blanchecaille...