Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

boire le calice jusqu'à la lie [v]

souffrir jusqu'au bout un mal ou une douleur ; subir une humiliation complète ; supporter une épreuve pénible jusqu'à son terme

Origine et définition

Ceux qui boivent du vin (avec modération, bien sûr), savent qu'au fond des bouteilles, on peut trouver un dépôt spécifique des boissons fermentées, la lie.
Si une bouteille est bue jusqu'à la lie, c'est donc qu'elle a été complètement vidée.
Ceux (et certains font aussi partie de la catégorie précédente) qui aiment passer une partie de leur dimanche matin à l'église, savent que le calice est cette coupe, ce récipient dans lequel le curé verse le vin de messe qu'il se fait ensuite un devoir de consommer intégralement ; donc jusqu'à la lie, si jamais il en a versé un peu avec le précieux liquide.
L'image de la complétude est ainsi facile à comprendre. Mais pourquoi cette notion de souffrance ou d'humiliation ?
Dans la langue de l'Église, le mot 'calice' (qui vient du latin 'calix' et désignait une coupe, un vase à boire) désignait la Passion[1] ou le sang du Christ.
Mais surtout, il représentait aussi la colère de Dieu, un châtiment déjà pénible à subir, comme chacun le sait, mais qui devenait réellement insupportable s'il fallait en plus le "vider jusqu'à la lie".
Au milieu du XVIIe siècle, par extension, le calice désignait une épreuve cruelle. Et de là est née l'expression à la fin du même siècle.
[1] Dans le sens de "supplice subi pour le rachat de l'Humanité".

Exemples

« ... accumulez outrage sur outrage, ne vous gênez pas, Monsieur, je vous connais, rien ne m'étonnera, je suis résignée à tout, j'accomplirai mon devoir jusqu'au bout, je boirai le calice jusqu'à la lie, jusqu'à la mort. »
Gustave Flaubert - L'éducation sentimentale

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand den Kelch bis zur Neige leeren vider le calice jusqu'à la lie amère
Anglais to drain one's cup to the last drop vider sa coupe jusqu'à la dernière goutte
Anglais to drain the cup of bitterness to the dregs vider la coupe d'amertume jusqu'à la lie
Anglais to drink from the bitter cup boire de la tasse amère
Bulgare да изпиеш горчивата чаша boire la coupe amère
Espagnol (Espagne) apurar el caliz hasta las heces boire le calice jusqu'à la lie
Hébreu שתה את כוס התרעלה עד תומה boire le verre de poison jusqu'à sa dernière goutte
Néerlandais (Belgique) de kelk tot op de bodem ledigen/leegdrinken se vider/boire le calice jusqu'au fond
Néerlandais de gifbeker tot de bodem leegdrinken vider la coupe empoisonnée jusqu'au fond
Portugais (Portugal) beber até a última gota boire jusqu’à la dernière goutte
Roumain a bea paharul pana la fund boire le verre jusqu'au fond
Russe испить чашу до дна boire le calice jusqu'au fond
Slovaque vypi? do dna kalich horkosti boire le calice d'amertume jusqu'au fond
Tchèque vypit kalich horkosti az do dna boire le calice d'amertume jusqu'au fond
Wallon (Belgique) passer po tos les nouks passer par tous les noeuds
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Commentaires sur l'expression « boire le calice jusqu'à la lie » Commentaires

  • #1
    Elpepe
    08/11/2006 à 00:29*
    Bon, j’explique : si on voulait boire la lie au fond du tonneau des Danaïdes, ce serait un fieffé parcours du combattant, hein ? Donc, histoire de ne pas trop s’enquiquiner, l’auteur de cette expression (un Corse, si ma mémoire est bonne) a choisi un calice. Pourquoi un calice, me direz-vous ? Eh bien, c’est tout simple : à cette époque, le duralex n’existait pas encore (il fut inventé bien plus tard, par un certain Filologix, druide de son état, dans un congrès druidique qui se tintamarre tint à Rome).
    Et pourquoi boire la lie, m’apostropherez-vous ? Tout simplement parce que, toujours à cette époque, les filtres Melitta n’en étaient qu’à leur premiers balbutiements : on les confectionnait en osier tressé, ce qui n’était pas suffisant pour filtrer correctement la lie du vin.
    Et pourquoi... Oh, eh, hein, dites ? Vous avez vu l’heure ? J’ai quand même le droit de dormir un peu, moi aussi, hein ?
    Alors, bonne nuit à toutes et à tous ! A tout-à-l’heure...
  • #2
    Elpepe
    08/11/2006 à 07:37
    Debout lè-d’dans ! Parcours du combattant d’aujourd’hui : vous allez voir le calife jusqu’à l’hallali !
  • #3
    Rikske
    08/11/2006 à 07:40
    Si l’pinard est bon, j’veux bien devenir calice à la place du calice !
  • #4
    borikito
    08/11/2006 à 07:45*
    • En réponse à Rikske #3 le 08/11/2006 à 07:40 :
    • « Si l’pinard est bon, j’veux bien devenir calice à la place du calice ! »
    On peut se demander ce qu’Alice vient faire ici. La liturgie découle-t-elle de l’internet haut débit ?
  • #5
    Rikske
    08/11/2006 à 07:55
    Psssst ! Chef ! Bravo pour la 500ème ! On en redemande !
  • #6
    PHILO_LOGIS
    08/11/2006 à 07:56
    Allez, je le retourne boire, mon calice, en sucant un calicon d’Aix, avec mon calecon en pilou. Qu’Alice m’accompagne et nous irons au Pays des Mères vieilles.
    Pilou_logis
  • #7
    PHILO_LOGIS
    08/11/2006 à 07:58
    • En réponse à Rikske #5 le 08/11/2006 à 07:55 :
    • « Psssst ! Chef ! Bravo pour la 500ème ! On en redemande ! »
    Est-ce bien vrai, déjà 500?
    Et il ne nous avait rien dit, le petit Godemichou adoré: petit cachotier va!
    B-R-A-V-O; BRAVO! ET MERCI
    EN-COR EN-COR EN-COR
  • #8
    momolala
    08/11/2006 à 07:59
    Il existe une autre expression moyen-âgeuse au moins, que mon grand âge m’autorise selon LPP, qui dit "faire chère lie" pour signifier faire bonne chère, et Monsieur Littré confirme que "lie" ici, signifie "joyeuse". Evidemment dans la liturgie forcément sérieuse, ça ne peut pas coller. Mais quittons le monde de la spiritualité ascétique pour celui de la vraie vie et posons la question : quel est l’autre sens du mot "calice" ? Et là l’expression prend un tout autre sens sur lequel nous saurons mieux discourir ici, non ?
  • #9
    Rikske
    08/11/2006 à 08:33
    "Au milieu du XVIIème siècle, par extension, le calice désignait une épreuve cruelle". Le mot aurait-il un lien quelconque avec le mot "cilice" ?
  • #10
    Elpepe
    08/11/2006 à 08:45*
    Bonjour bonjour ! Enfin levés, les gosses ? Alors, joyeux anniversaire, God !
    POEME : CASUS BELLI ?
    Juste avant que ma poésie soit abolie,
    Par un God excédé de tant d’anomalie,
    En vérité il faut que langue se délie :
    Buvez donc ce calice, compris le moût, la lie.
    Nous faut-il donc sombrer dans la mélancolie,
    Et demeurer passifs à rime démolie ?
    Que nenni, Eulalie ! Vous aussi, Amélie,
    Venez nous faire ouïr quelque belle homélie.
    Si parfois mon propos déguisé ne pallie
    Mes approximations d’une image jolie,
    Soyez, doulce Julie, celle qui nous relie.
    Et vous, ma Rosalie, causant ma dyslalie,
    Gardez-nous ce regard qui tant réconcilie,
    De Rome à l’Emilie, les senteurs d’Italie.
  • #11
    momolala
    08/11/2006 à 08:47*
    • En réponse à Rikske #9 le 08/11/2006 à 08:33 :
    • « "Au milieu du XVIIème siècle, par extension, le calice désignait une épreuve cruelle". Le mot aurait-il un lien quelconque avec le mot "cili... »
    A part le lien religieux, je ne vois pas. Voici l’étymologie du mot "cilice" (Littré) : Étymologie : latin cilicium, étoffe en poil de chèvre de Cilicie
  • #12
    SyntaxTerror
    08/11/2006 à 08:50
    • En réponse à borikito #4 le 08/11/2006 à 07:45* :
    • « On peut se demander ce qu’Alice vient faire ici. La liturgie découle-t-elle de l’internet haut débit ? »
    LITURGIE.
    J’avais déjà fait cette remarque à des autorités écclésiales il y a une vingtaine d’années :
    "Est-ce que c’est parce que vous confondez liturgie et léthargie ?"
    J’attends toujours une réponse.
    Je croyais aussi que c’était une expression de vénerie, ne dit-on pas que le cerf boit la coupe jusqu’à l’halali ?
    De ce fait, le cerf est-il une viande halal ?
  • #13
    Condorcet
    08/11/2006 à 08:56
    Tu vas te faire tirer les oreilles, God ! Le participe passé de ne prend pas de .
  • #14
    Rikske
    08/11/2006 à 08:58
    Non God ! J’te jure que je n’ai aucun lien avec Condorcet !
  • #15
    Condorcet
    08/11/2006 à 08:58
    Je recommence :
    « supplice subit pour le rachat de l’Humanité »
    Pas de T au participe passé, tête de olinotte !
  • #16
    momolala
    08/11/2006 à 08:59
    • En réponse à Condorcet #13 le 08/11/2006 à 08:56 :
    • « Tu vas te faire tirer les oreilles, God ! Le participe passé de ne prend pas de . »
    de quoi ? Toi tu as utilisé des signes interdits par God ! Dis-nous lesquels, qu’on apprenne (moi, j’ai déjà ouvert mon compte dans ce domaine !).
  • #17
    Condorcet
    08/11/2006 à 09:00
    Et pourtant, j’ai pas bu… Il fallait lire « tête de linotte ».
  • #18
    Elpepe
    08/11/2006 à 09:02
    • En réponse à SyntaxTerror #12 le 08/11/2006 à 08:50 :
    • « LITURGIE.
      J’avais déjà fait cette remarque à des autorités écclésiales il y a une vingtaine d’années :
      "Est-ce que c’est parce que vous conf... »
    Hallal ? Tu l’as dit, Ali... Moi, mon siège est fait, entre liturgie et léthargie, je préconise la plasturgie : thuriféraire, j’ai donné, merci !
  • #19
    SyntaxTerror
    08/11/2006 à 09:02
    "
    Dans la langue de l’Église, le mot ’calice’ désignait la Passion du Christ."
    Il me semble aussi qu’il faille chercher dans les évangiles.
    (désolé, God, je suis croyant et fumeur, on a tout pour s’entendre).
    Sur les conseils de son entourage, Jésus (Aïssa) aurait dû mettre un terme à son supplice, après tout, le fils de Dieu n’avait qu’à dire un mot (pschitt ou abracadabrantesque) pour faire cesser ses douleurs. Mais il a voulu boire le calice jusqu’à la lie, c-à-d pousser l’occupant romain jusqu’au bout de son raisonnement tordu quelles qu’en soient les conséquences. On sait où ça l’a mené.
  • #20
    Condorcet
    08/11/2006 à 09:03
    • En réponse à momolala #16 le 08/11/2006 à 08:59 :
    • « de quoi ? Toi tu as utilisé des signes interdits par God ! Dis-nous lesquels, qu’on apprenne (moi, j’ai déjà ouvert mon compte dans ce domai... »
    < B et B >
    sans les espaces, évidemment… Mais ça n’a pas fonctionné.