Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

branle-bas [n]

agitation vive au cours de la préparation d'une opération ; trouble ; agitation ; remue-ménage ; émoi ; affolement

Origine et définition

Si, de nos jours, l'expression s'utilise encore régulièrement avec ce terme de 'combat' alors qu'elle s'emploie communément hors d'un contexte guerrier, c'est bien dans le cas de préparations au combat qu'elle est apparue à la fin du XVIIe siècle, et plus précisément dans la marine.
Pourquoi le "branle-bas" ou, plus précisément, qu'est qu'un 'branle' ?
Je vais sûrement décevoir ceux, peu nombreux je suppose, qui auraient des idées sur la chose situées sous la ceinture, car, dans le sujet qui nous intéresse, un 'branle' est un hamac tel qu'on le retrouvait en quantité, accroché dans les entreponts des grands voiliers d'autrefois, pour que les marins puissent y dormir[1].
Lorsqu'on sait cela, il est aisé de comprendre que, lorsque le marin devait se préparer dans l'urgence au combat, il lui fallait libérer l'entrepont en décrochant ou en "mettant à bas" son branle (d'où le "branle-bas").
Comme tous les marins en faisaient de même, en même temps, il s'ensuivait une certaine agitation et une certaine pagaille, notions qu'on retrouve dans notre branle-bas de combat d'aujourd'hui.
On peut noter que les hamacs ainsi décrochés servaient aussi de pare-éclats, une fois plaqués à proximité des embrasures (les trous servant à pointer les canons).
[1] D'ailleurs, c'est bien parce que ces hamacs avaient un mouvement oscillatoire qui suivait les balancements du navire, qu'ils ont pris ce nom, puisque le mot 'branle' désignait autrefois ce type de mouvement.

Compléments

Si les hamacs dans les entreponts n'existent plus depuis longtemps, le "branle-bas" est toujours présent dans la marine, qu'il soit du matin ou du soir, pour désigner les préparatifs de l'équipage au moment du lever ou du coucher.

Exemples

« Yves entendit au-dessus de lui faire le branle-bas du soir, tous les hamacs qui s'accrochaient, et puis le premier cri des hommes de quart marquant les demi-heures de la nuit. »
Pierre Loti - Mon frère Yves

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand klar zum Gefecht paré pour le combat
Anglais clearing the decks dégager les ponts
Espagnol (Espagne) zafarrancho de combate débarrasser avant le combat
Gallois clirio'r byrddau dégager les ponts
Hongrois felfordulás / zűrzavar / riadalom agitation vive, remue-ménage
Hébreu תכונה לקרב agitation en vue du combat
Italien piglia piglia remue-ménage
Italien tutti ai posti di combattimento ! branle-bas de combat !
Italien un gran trambusto un gros remue-ménage
Latin masturbari pumilionum branle nain
Néerlandais opschudding branle-bas
Portugais (Brésil) uma grande bagunça un grand désordre
Roumain un balamuc une pétaudière
Roumain un bâlci une foire foraine
Slovaque trma vrma branle-bas
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Commentaires sur l'expression « branle-bas » Commentaires

  • #1
    PHILO_LOGIS
    20/06/2007 à 07:40*
    J’ai trouvé le truc, mon petit Godemichou adoré: tes liens ne fonctionnent plus!.
    J’ai accès à cette page à partir de ton envoi, directement, mais je ne peux aller nulle part en essayant de suivre tes liens.
    J’ai écrit quelques commentaires encore très censés sur le site d’hier, où nous n’étions pas encore de la revue...
    Aujourd’hui, les garcons et les garces, je crois que je vais vous épater:
    cette expression vient de la marine.
    Il faut en effet se souvenir que JFK fut officier sur une corvette, avant de devenir le président que l’on sait.
    Et comme le décrit si bien notre Godemichou adoré, ce mouvement d’aller-retour l’inspirait souvent. A terre, cependant, il avait Jackie, et à bord, les autres, certaines d’ailleurs courtes-sur-pattes. Et quand elles lui faisaient ce genre de petite gâterie, il appelait cela: branle bas de con bas.... C’est vrai de toute facon qu’il valait mieux ne pas être grand(e) dans les coursives...
    Quoi, comment, non, c’est pas vrai! ?
    Mon esplication ne serait pas la bonne? Celle de God est plus crédible? Ouaaaaiiiis, ca, c’est vous qui le dites...
    Et voilà.
  • #2
    chirstian
    20/06/2007 à 09:52*
    un ’branle’ est un hamac
    le branle c’est effectivement le mouvement. D’où toute les famille des "branler, ébranler, branlant, mettre en branle" etc... Et je vous fais confiance pour évoquer d’autres applications , bande de branleurs ! D’où le hamac, qui se caractérise par son mouvement oscillatoire.
    Mais le branle-bas c’était le pliage ou dépliage des hamacs qui avait lieu tous les matins et tous les soirs (branle-bas du matin : chagrin, branle-bas du soir: espoir ?), hors de tout contexte guerrier.C’était seulement le branle-bas de combat qui consistait à disposer les hamacs en protection comme pare-éclats et évoquait donc clairement l’agitation et le désordre d’une attaque imminente.
  • #3
    Elpepe
    20/06/2007 à 10:08*
    • En réponse à PHILO_LOGIS #1 le 20/06/2007 à 07:40* :
    • « J’ai trouvé le truc, mon petit Godemichou adoré: tes liens ne fonctionnent plus!.
      J’ai accès à cette page à partir de ton envoi, directement... »
    Tu ne convoiterais pas la trirème du jour, tout de même, Filou ? Parce qu’il est évident qu’elle revient à God, avec mention très bien et félicitations du jury. Il rend enfin gorge, notre Godemichou, hé ? Convient à demi-mots que tout vient de la Marine, à commencer par cette activité remontant à la nuit des temps : le branle-bas de combat.
    Déjà dans sa caverne, Néanderthal dormait dans un hamac, pour éiter les piqûres des ours venimeux qui grouillaient dans les fonds. Il l’accrochait grâce à d’ingénieuses fixations en pâte de silex, qu’il appelait "beau styx" (cette page). Et, quand le salaud de la caverne voisine venait l’attaquer pour lui piquer son gigot d’auroch et deux-trois nanas pour l’apéro, il sautait à bas de son hamac avec sa massue de chêne lui servant accessoirement d’oreiller. Prudent et pragmatique, le gars criait, d’une voix caverneuse et tout en sautant : "branle-toi, le con, en bas", dans l’espoir de mettre en déroute l’ennemi par ce seul hurlement lugubre qui tombait du plafond de la caverne comme la petite vérole sur le bas-clergé, d’où l’emploi de "bas" dans l’expression.
    Et l’autre, le recevant sur les endosses sans avoir compris ce qui lui arrivait, s’enfuyait généralement en boitant bas, tandis que les nanas reprenaient leurs travaux d’aiguille en se tricotant des bas résille en lanières de peau de dent-de-sabre, string assorti, pour aguicher le salaud de la caverne d’en face. Déjà...
    Comme on le voit, l’expression originelle ne vient pas du tout de la Marine, qui n’avait pas encore été inventée.
  • #4
    Elpepe
    20/06/2007 à 10:19
    MESSAGE DE L’AMIRAUTÉ :
    cette page
  • #5
    cotentine
    20/06/2007 à 10:58
    J’ai bien compris l’ordre qui fait sauter le matelot au bas du hamac : "tout le monde en bas des branles", "fini le repos", "tout le monde debout prêt à combattre". Actuellement : c’est le signal pour le réveil de l’équipage, traditionnellement donné par une sonnerie de clairon. (Pas d’éditeur pour le faire entendre le son du clairon … pas nécessaire, tout le monde est sur le pont bien réveillé …)
    De nos jours, God nous dit qu’on utilise cette expression pour définir une situation d’urgence face à des préparatifs conséquents ou pour décrire une agitation générale, soudaine et désordonnée suite à un imprévu... c’est alors "le branle-bas général" ! l’affolement après l’alarme, … le chambardement après l’avertissement, … la confusion et peut-être le chaos après l’alerte, … le remue-ménage et sans doute la panique après cet appel et tous ces préparatifs, … d’où dérangements, bouleversement, émotion ou même frousse, frayeur, effroi, épouvante … bref il faut être sur le « qui-vive »
  • #6
    PHILO_LOGIS
    20/06/2007 à 11:44
    Je répète ce que j’ai écrit au commentaire d’hier: quand il s’agit de branle(-bas-de-combat) le Pépé ne parle plus des mains sur les couvertures... 😏
  • #7
    Elpepe
    20/06/2007 à 11:51
    • En réponse à PHILO_LOGIS #6 le 20/06/2007 à 11:44 :
    • « Je répète ce que j’ai écrit au commentaire d’hier: quand il s’agit de branle(-bas-de-combat) le Pépé ne parle plus des mains sur les couvert... »
    Je ne joue que du branle-haut, moi, môssieur...
  • #8
    Elpepe
    20/06/2007 à 11:56*
    - Banc de trombe, là-bas !
    - Le mot "banc bas de bar".
    - Ban blasé de broc mat.
    - L’art baobab de ce MSN.
    - SEB : la bombance d’art.
    - Ombre de bancal ? Bast !
    - Scène D : Rambo bat Bal.
    Anna Gramme
  • #9
    <inconnu>
    20/06/2007 à 12:36
    • En réponse à chirstian #2 le 20/06/2007 à 09:52* :
    • « un ’branle’ est un hamac
      le branle c’est effectivement le mouvement. D’où toute les famille des "branler, ébranler, branlant, mettre en b... »
    Précision très juste. J’ajouterai "comme pare-éclats....et comme brancards d’urgence", l’entrepont servant d’infirmerie.
  • #10
    chirstian
    20/06/2007 à 12:49
    • En réponse à cotentine #5 le 20/06/2007 à 10:58 :
    • « J’ai bien compris l’ordre qui fait sauter le matelot au bas du hamac : "tout le monde en bas des branles", "fini le repos", "tout le monde d... »
    pas de confusion sur le terme "bas" : il ne s’agissait pas -je crois- du matelot (qui aurait été invité à sauter au bas de ...) , mais du hamac lui même : c’est le sens de "bas les masques" pour dire : enlever les masques, de mettre "pavillon bas"," bas les armes" etc... ici on met de même "bas le branle" au sens littéral de "mettre le hamac bas".
    PS : curieusement, les dictionnaires semblent donner au mot "branleur" la seule origine obsène de celui dont la seule activité consisie à se branler. Or elle pourrait très bien être en rapport avec le branle (hamac) : le branleur étant celui qui y reste couché !
    PS bis : pas d’équivoque : quand je parle de "branleurs" en PS, PS signifie Post Scriptum. M’enfin, sot !..........
  • #11
    AnimalDan
    20/06/2007 à 12:56
    • En réponse à Elpepe #7 le 20/06/2007 à 11:51 :
    • « Je ne joue que du branle-haut, moi, môssieur... »
    Ne pas confondre:
    -Marlon Brando
    -Marre, donc branle haut
    Euh... Excusez-moi.
  • #12
    AnimalDan
    20/06/2007 à 12:58
    • En réponse à Elpepe #8 le 20/06/2007 à 11:56* :
    • « - Banc de trombe, là-bas !
      - Le mot "banc bas de bar".
      - Ban blasé de broc mat.
      - L’art baobab de ce MSN. »
    Et...
    Le mot bas de bar: Ban !
  • #13
    <inconnu>
    20/06/2007 à 13:15
    Je pars quelques jours pour visiter un Musée en partie consacré à la Marine dans le but de décrocher des Trirèmes à foison et voici qu’à mon retour, God me saisit Allah Gorge avec cette expression giclante…
    Vif sujet, me voici !
    « Branle-bas (de combat) »
    Agitation vive au cours de la préparation d’une opération (souvent dans l’urgence et le désordre).
    Pour le moins, peut-on souligner que dans le tumulte, plus personne n’en a rien à foutre de la discipline. Or, garder ses nerfs implique de ne pas les bander secs, ce qui justifie alors le fait qu’il n’y ait rien à agiter plus que de raison… en principe.
    On observera que l’adrénaline est donc bien mise en avant. Cette expression aurait du être suivie d’un conseil : « Qui prend en premier le chat à neuf queues maîtrise assurément la situation à bord et dans le bordel en général ».
    Sans doute « pourchat » que le Pacha s’appelle le Pacha… car il délègue aux officiers du bord (quels qu’ils soient) la tenue du bon ordre et de l’entendement…
    Mais à trop branler, on sait maintenant que ça rend complètement sourdingue cette activité diurne ou nocturne et c’est un combat que de persuader les impulsifs de se réfréner pour, plutôt offrir leur ardeur à leur patrie ou à leur promise.
    Bon Dieu, historiquement faut-il avoir si peur des Anglais ?
    Nous avons nos canons, ils ont leurs laides y… faut s’en souvenir, cré nom de nom.
  • #14
    <inconnu>
    20/06/2007 à 13:24
    • En réponse à chirstian #10 le 20/06/2007 à 12:49 :
    • « pas de confusion sur le terme "bas" : il ne s’agissait pas -je crois- du matelot (qui aurait été invité à sauter au bas de ...) , mais du h... »
    « …mais du hamac lui même : c’est le sens de "bas les masques"… »
    Célèbre émission de Mireille Dumas > du Mât, et hop, retour à la marine et comme elle le disait elle-même pendant toute l’émission : « hein hein… ».
    Faut pas se voiler la face, y’a un rapport…
    Je n’ai pas dit : « Y’a un rap au port »…
    Nuance.
  • #15
    God
    20/06/2007 à 15:13
    • En réponse à cotentine #5 le 20/06/2007 à 10:58 :
    • « J’ai bien compris l’ordre qui fait sauter le matelot au bas du hamac : "tout le monde en bas des branles", "fini le repos", "tout le monde d... »
    Suite à la remarque juste de Chirstian, il me semblait pourtant que "en "mettant à bas" son branle" ne prêtait aucunement à confusion. Je sens qu’il y en a qui ne lisent mon texte qu’entre les lignes. Je ne citerai personne, mais j’ai les noms...
    Sur un autre sujet, mon hébergeur ayant unilatéralement décidé de changer le serveur hier soir au lieu de lundi soir comme c’était prévu, il y a eu indisponibilité hier soir (normal) et problèmes ce matin (nettement moins normal).
    Et comme, comme par hasard, je suis en déplacement depuis hier après-midi, je n’ai pu constater les dégâts qu’à partir de 11 heures et faire faire les corrections nécessaires.
    Tout semble rentré dans l’ordre et je repars donc vers de nouvelles aventures.
    Ne faites pas de folies en mon absence.
  • #16
    chirstian
    20/06/2007 à 15:20
    • En réponse à God #15 le 20/06/2007 à 15:13 :
    • « Suite à la remarque juste de Chirstian, il me semblait pourtant que "en "mettant à bas" son branle" ne prêtait aucunement à confusion. Je se... »
    notre espoir : que le nouveau serveur ne branle pas (de combat) ...
  • #17
    <inconnu>
    20/06/2007 à 15:25
    • En réponse à God #15 le 20/06/2007 à 15:13 :
    • « Suite à la remarque juste de Chirstian, il me semblait pourtant que "en "mettant à bas" son branle" ne prêtait aucunement à confusion. Je se... »
    "Confusion"
    Voilà, le mot est lâché et certains certaines ne s’en privent pas d’exploiter cette faille, cette écoutille ouverte…
  • #18
    <inconnu>
    20/06/2007 à 15:38*
    • En réponse à chirstian #16 le 20/06/2007 à 15:20 :
    • « notre espoir : que le nouveau serveur ne branle pas (de combat) ... »
    Un serveur qu’on bat et qui branle en terrasse, c’est l’assurance d’avoir l’addition un peu plus vite que les autres. (si c’est un pro)
    Ca fait pshiiiitttt au bout du compte… si vous écoutez bien sans regarder la scène évidemment. Discrétion, discrétion…
    Quoi ? Oui, il y a des orgasmes qui font Pssshhhiiitt ! Demandez à Melle Perrier, celle qui aime se faire secouer tout comme Laurent & Gina et personne ne s’en offusque. Ah la sanguine !
    Y’a rien de vulgaire ici, que du bio.
  • #19
    Elpepe
    20/06/2007 à 16:06
    • En réponse à God #15 le 20/06/2007 à 15:13 :
    • « Suite à la remarque juste de Chirstian, il me semblait pourtant que "en "mettant à bas" son branle" ne prêtait aucunement à confusion. Je se... »
    Je ne citerai personne, mais j’ai les noms...

    Moi aussi ! Moi aussi ! Et même les ceusses qui paument leur clé d 12 ! 😄
  • #20
    Elpepe
    20/06/2007 à 16:11
    • En réponse à God #15 le 20/06/2007 à 15:13 :
    • « Suite à la remarque juste de Chirstian, il me semblait pourtant que "en "mettant à bas" son branle" ne prêtait aucunement à confusion. Je se... »
    Et si je te suis bien, on peut voir mettre bas un hamac ? Ben ça alors !
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