Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

à cor et à cris [adv]

à grand bruit ; avec beaucoup d'insistance ; bruyamment ; à son de trompe

Origine et définition

Certains sont persuadés que cette expression s'écrit "à corps et à cris". Il s'agit probablement de libertins qui se croient dans une de ces parties fines où l'on rejoue très régulièrement des versions peu bergmaniennes de "crie et suçote-moi" ().
Mais c'est oublier la genèse de cette expression qui n'est pas de toute première jeunesse.

En effet, elle existe sous une forme différente depuis le XVe siècle où on disait déjà "à cry et à cor".
Elle nous vient de la vénerie (ou la chasse à courre) où l'on traque la bête en jouant du cor et en poussant des cris (dont le fameux "taïaut !"), donc en faisant beaucoup de bruit.

Cette pratique a vite donné naissance à notre expression, métaphore qu'on a employée au XVIe siècle dans des situations comme "mener un procès à cor et à cri", voulant dire qu'il était mené avec beaucoup d'énergie et en attirant l'attention.

Exemples

« Je sais que le parti socialiste réclame sa tête à cor et à cri, ainsi que l'élargissement immédiat du prisonnier (Dreyfus) de l'île du Diable. »
Marcel Proust - Le côté de Guermantes - 1921

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand mit Pauken und Trompeten avec timbales et trompettes
Anglais for the horn pour le cor
Anglais hullabaloo chambard / raffut
Anglais in full cry en plein cri
Anglais with hammer and tongs avec un marteau et des pinces
Anglais with hue and cry avec clameur et cri
Anglais clamouring for provoquer des clameurs afin de
Espagnol (Espagne) a grito pelado à cri pelé
Espagnol (Espagne) a voz en grito à voix dans cri
Espagnol (Espagne) esgargamellant-se en s'égosillant
Espagnol (Espagne) a bombo y platillo à grosse caisse et cymbale
Espagnol (Argentine) con bombos y platillos avec des grosses caisses et des cymbales
Espagnol (Argentine) a viva voz à haute voix
Hongrois nagy hűhóval à cor et à cri
Hongrois dirrel-durral avec boum
Hébreu בהמולה agitation
Italien con gran strepito avec grand fracas
Néerlandais de trom roeren / met roerende trom battre tambour !
Néerlandais luidkeels avec une queule forte
Néerlandais met veel kabaal avec beaucoup de vacarme
Néerlandais met veel ophef avec beaucoup de vagues
Portugais (Brésil) aos gritos en criant
Portugais (Brésil) em alto e bom som d'un son haut et bon
Portugais (Portugal) com estardalhaço en tapant
Roumain cu surle și trâmbițe à zurnas et à trompettes
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Commentaires sur l'expression « à cor et à cris » Commentaires

  • #21
    momolala
    30/11/2009 à 11:13
    • En réponse à DiwanC #17 le 30/11/2009 à 11:02 :
    • « De public, je suis sûre que vous n’en manquez pas ! Des lecteurs, encore moins ! Seulement, il faut sauter le pas : oser s’inscrire (ce que... »
    Bienvenue à toi DiwanC ! Que tu as bien fait de venir ! Tu donnes une bien jolie définition de ce merrrveilleux site. A cor et à cri je réclame la présence active des 19000 et quelques autres abonnés que l’on n’y a pas encore rencontrés.
  • #22
    Paracas
    30/11/2009 à 11:19
    • En réponse à deLassus #13 le 30/11/2009 à 10:18 :
    • « Tu as tes classiques, et moi la version originale complète, qui est une fable-express de Maurice Donnay.
      "Un jour, un grand serpent trouvant... »
    Merci d’avoir éclairé ma lanterne. je connaissais la fable mais du diable si je m’en souvenais ainsi que du nom de l’auteur !
  • #23
    momolala
    30/11/2009 à 11:57
    • En réponse à deLassus #16 le 30/11/2009 à 10:59* :
    • « Je vais faire un truc que si ça se trouve même Elpépé ne connait pas : je souhaite la meilleure venue à DiwanC , une heure avant son arrivée... »
    C’est "elle" : puisqu’elle est "sûre", c’est certain. Tu me fais penser au Sar Rabindranath Duval, mage parmi les mages !
  • #24
    chirstian
    30/11/2009 à 12:02
    • En réponse à God #18 le 30/11/2009 à 11:08 :
    • « Réponse très bientôt par le canal 12 pour cause de discrétion obligatoire (tu comprendras dans le mail).
      Merci de modifier ton message et de... »
    et, en ce jour de novembre 2009, God inventa la machine à remonter le temps. Du coup Delassus se retrouve doué de la faculté étonnante de prédire le passé.
    A moins qu’il ne faille dire "postdire le passé" ? 🙂
  • #25
    chirstian
    30/11/2009 à 12:06*
    • En réponse à DiwanC #17 le 30/11/2009 à 11:02 :
    • « De public, je suis sûre que vous n’en manquez pas ! Des lecteurs, encore moins ! Seulement, il faut sauter le pas : oser s’inscrire (ce que... »
    laisse moi deviner : DiwanC = probablement le diminutif de Diwan-Canapé ? J’ai trouvé ta photo sur cette page . Bienvenue à toi, qui semble particulièrement confortable ! 🙂
  • #26
    deLassus
    30/11/2009 à 12:12
    • En réponse à chirstian #24 le 30/11/2009 à 12:02 :
    • « et, en ce jour de novembre 2009, God inventa la machine à remonter le temps. Du coup Delassus se retrouve doué de la faculté étonnante de pr... »
    J’ai plutôt postdit l’avenir, ce qui ramène ma performance à quelque chose de raisonnable. En effet, je ne connais pas le truc permettant de supprimer l’heure de modification du texte.
  • #27
    deLassus
    30/11/2009 à 12:36
    • En réponse à chirstian #25 le 30/11/2009 à 12:06* :
    • « laisse moi deviner : DiwanC = probablement le diminutif de Diwan-Canapé ? J’ai trouvé ta photo sur cette page . Bienvenue à toi, qui semble... »
    Si je comprends bien, notre nouvelle amiE à peine arrivéE, tu lui proposes la botte ! Et sur une espèce de petit canapé qui m’a l’air dur comme du bois !
    1) Proposer la botte était l’expression d’hier, et une reprise de 2007. DiwanC est arrivée 24 h trop tard; elle aurait eu hier des tas de propositions.
    2) God a bien indiqué en début d’explication de l’expression de CE jour : "Certains sont persuadés que cette expression s’écrit ’à corps et à cris..."
    Serais-tu un certain ?
  • #28
    <inconnu>
    30/11/2009 à 13:16*
    Peut-être que nous aussi nous aurons les photos en les demandanr à cor et à cri.
  • #29
    chirstian
    30/11/2009 à 13:50
    en jouant du cor et en poussant des cris (dont le fameux "taïaut !"), donc en faisant beaucoup de bruit.
    notre God semble un fameux mélomane. 😄
    Allez, rien que pour toi : voici beaucoup de bruit sur cette page
  • #30
    <inconnu>
    30/11/2009 à 14:04
    J’ai cliqué à gauche
    J’ai cliqué à droite...
    A gauche, je trouve l’expression:"accro à ex...", difficile à prononcer vite.
    A doite; comme je veux pas dire mon numéro, je sais toujours pas qui je fus.
    Mais je m’en fiche.
    Je commence à savoir qui je suis.
  • #31
    mickeylange
    30/11/2009 à 14:07
    • En réponse à chirstian #29 le 30/11/2009 à 13:50 :
    • « en jouant du cor et en poussant des cris (dont le fameux "taïaut !"), donc en faisant beaucoup de bruit.
      notre God semble un fameux méloma... »
    C’est beau le cor, beau vraiment beau.
  • #32
    <inconnu>
    30/11/2009 à 14:13*
    • En réponse à chirstian #29 le 30/11/2009 à 13:50 :
    • « en jouant du cor et en poussant des cris (dont le fameux "taïaut !"), donc en faisant beaucoup de bruit.
      notre God semble un fameux méloma... »
    Ça va pas...toi! Oh! J’ai failli réveiller l’immeuble!
    J’avais pas vu que mes baffles étaient à "toute barzingue..."
    Tu en veux du cor?
    En voilà! 🙂
    Tu te mets la musique , tu lis, en même temps ce magnifique poème de notre cher Vigny Alfred de.
    J’aime le son du Cor, le soir, au fond des bois,
    Soit qu’il chante les pleurs de la biche aux abois,
    Ou l’adieu du chasseur que l’écho faible accueille,
    Et que le vent du nord porte de feuille en feuille.
    Que de fois, seul, dans l’ombre à minuit demeuré,
    J’ai souri de l’entendre, et plus souvent pleuré !
    Car je croyais ouïr de ces bruits prophétiques
    Qui précédaient la mort des Paladins antiques.
    O montagnes d’azur ! ô pays adoré !
    Rocs de la Frazona, cirque du Marboré,
    Cascades qui tombez des neiges entraînées,
    Sources, gaves, ruisseaux, torrents des Pyrénées ;
    Monts gelés et fleuris, trône des deux saisons,
    Dont le front est de glace et le pied de gazons !
    C’est là qu’il faut s’asseoir, c’est là qu’il faut entendre
    Les airs lointains d’un Cor mélancolique et tendre.
    Souvent un voyageur, lorsque l’air est sans bruit,
    De cette voix d’airain fait retentir la nuit ;
    A ses chants cadencés autour de lui se mêle
    L’harmonieux grelot du jeune agneau qui bêle.
    Une biche attentive, au lieu de se cacher,
    Se suspend immobile au sommet du rocher,
    Et la cascade unit, dans une chute immense,
    Son éternelle plainte au chant de la romance.
    Ames des Chevaliers, revenez-vous encor?
    Est-ce vous qui parlez avec la voix du Cor ?
    Roncevaux ! Roncevaux ! Dans ta sombre vallée
    L’ombre du grand Roland n’est donc pas consolée !
    II
    Tous les preux étaient morts, mais aucun n’avait fui.
    Il reste seul debout, Olivier prés de lui,
    L’Afrique sur les monts l’entoure et tremble encore.
    "Roland, tu vas mourir, rends-toi, criait le More ;
    "Tous tes Pairs sont couchés dans les eaux des torrents."
    Il rugit comme un tigre, et dit : "Si je me rends,
    "Africain, ce sera lorsque les Pyrénées
    "Sur l’onde avec leurs corps rouleront entraînées."
    "Rends-toi donc, répond-il, ou meurs, car les voilà."
    Et du plus haut des monts un grand rocher roula.
    Il bondit, il roula jusqu’au fond de l’abîme,
    Et de ses pins, dans l’onde, il vint briser la cime.
    "Merci, cria Roland, tu m’as fait un chemin."
    Et jusqu’au pied des monts le roulant d’une main,
    Sur le roc affermi comme un géant s’élance,
    Et, prête à fuir, l’armée à ce seul pas balance.
    III
    Tranquilles cependant, Charlemagne et ses preux
    Descendaient la montagne et se parlaient entre eux.
    A l’horizon déjà, par leurs eaux signalées,
    De Luz et d’Argelès se montraient les vallées.
    L’armée applaudissait. Le luth du troubadour
    S’accordait pour chanter les saules de l’Adour ;
    Le vin français coulait dans la coupe étrangère ;
    Le soldat, en riant, parlait à la bergère.
    Roland gardait les monts ; tous passaient sans effroi.
    Assis nonchalamment sur un noir palefroi
    Qui marchait revêtu de housses violettes,
    Turpin disait, tenant les saintes amulettes :
    "Sire, on voit dans le ciel des nuages de feu ;
    "Suspendez votre marche; il ne faut tenter Dieu.
    "Par monsieur saint Denis, certes ce sont des âmes
    "Qui passent dans les airs sur ces vapeurs de flammes.
    "Deux éclairs ont relui, puis deux autres encor."
    Ici l’on entendit le son lointain du Cor.
    L’Empereur étonné, se jetant en arrière,
    Suspend du destrier la marche aventurière.
    "Entendez-vous ! dit-il. - Oui, ce sont des pasteurs
    "Rappelant les troupeaux épars sur les hauteurs,
    "Répondit l’archevêque, ou la voix étouffée
    "Du nain vert Obéron qui parle avec sa Fée."
    Et l’Empereur poursuit ; mais son front soucieux
    Est plus sombre et plus noir que l’orage des cieux.
    Il craint la trahison, et, tandis qu’il y songe,
    Le Cor éclate et meurt, renaît et se prolonge.
    "Malheur ! c’est mon neveu ! malheur! car si Roland
    "Appelle à son secours, ce doit être en mourant.
    "Arrière, chevaliers, repassons la montagne !
    "Tremble encor sous nos pieds, sol trompeur de l’Espagne !
    IV
    Sur le plus haut des monts s’arrêtent les chevaux ;
    L’écume les blanchit ; sous leurs pieds, Roncevaux
    Des feux mourants du jour à peine se colore.
    A l’horizon lointain fuit l’étendard du More.
    "Turpin, n’as-tu rien vu dans le fond du torrent ?
    "J’y vois deux chevaliers : l’un mort, l’autre expirant
    "Tous deux sont écrasés sous une roche noire ;
    "Le plus fort, dans sa main, élève un Cor d’ivoire,
    "Son âme en s’exhalant nous appela deux fois."
    Dieu ! que le son du Cor est triste au fond des bois ! 😡
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  • #33
    chirstian
    30/11/2009 à 14:13
    • En réponse à momolala #19 le 30/11/2009 à 11:08* :
    • « Youkaïdi. »
    Youkaïdi.
    voilà ! Tout est dit ! Et avec quelle concision ! Et nulle réponse ne pouvait être mieux adaptée que le "You ? " qu’Aïda entonne dans le 3° acte en découvrant son amant caché dans l’armoire pour échapper à son mari à cornes et à cris . Et tandis que le bandeau de droite me propose à nouveau de savoir parler aux femmes, comme il est doux de constater comme certaines savent parler aux hommes. Parce que ce Youkaïdi s’adresse à nous : tu n’aurais pas osé adresser ce message torride où sourde un érotisme moite, à une femme. Laisse bien (je dis "bien" et non "biene") éclater ton corps, et à cris d’appel répondront les feulements du brame des mâles du site en rut.
    Et Expressio révélera sa vraie nature.
    Et God assumera sa vocation de proxénète.
    Et il gagnera beaucoup plus d’argent.
    Amen.
  • #34
    mickeylange
    30/11/2009 à 14:15
    Dans la marine le corps-mort ne crie pas quand LPP y attache son bateau, le cormoran si.
  • #35
    momolala
    30/11/2009 à 15:00
    • En réponse à chirstian #33 le 30/11/2009 à 14:13 :
    • « Youkaïdi.
      voilà ! Tout est dit ! Et avec quelle concision ! Et nulle réponse ne pouvait être mieux adaptée que le "You ? " qu’Aïda entonne... »
    Si tu veux bien, je réserverai mon corps et les cris qui vont avec à qui je choisis et j’aimerais bien qu’Expressio réserve également la révélation de sa "nature"* à une autre, ou d’autres que moi. J’allais écrire féminin pluriel mais, après tout, il fait ce qu’il veut avec ce qui lui appartient, Expressio. Quant à faire de God un proxo, tu t’arrangeras avec Lui !
    A.Men
    ta paye avec la mienne,
    ça fera une bonne quinzaine.
    *selon "La nature du Prince" de Roger Peyrefitte (cette page)
  • #36
    momolala
    30/11/2009 à 15:01
    • En réponse à momolala #35 le 30/11/2009 à 15:00 :
    • « Si tu veux bien, je réserverai mon corps et les cris qui vont avec à qui je choisis et j’aimerais bien qu’Expressio réserve également la rév... »
    Coda : Aïdi, aïda.
  • #37
    momolala
    30/11/2009 à 15:13
    God serait-il le seul survivant avec HoubaHOBBES de cette fabuleuse soirée chez Mirlou ? Il y avait de l’ambiance, c’est sûr, vidéos à l’appui.
  • #38
    momolala
    30/11/2009 à 15:14
    Bon, encore une, et j’arrête : un roman policier est une histoire à cor-billard et à cri-minel.
  • #39
    PHILO_LOGIS
    30/11/2009 à 15:33*
    • En réponse à chirstian #25 le 30/11/2009 à 12:06* :
    • « laisse moi deviner : DiwanC = probablement le diminutif de Diwan-Canapé ? J’ai trouvé ta photo sur cette page . Bienvenue à toi, qui semble... »
    Ô toi, grand devin, tu écris:
    DiwanC = probablement le diminutif de Diwan-Canapé ?

    Oui, bon. Je ne ferai pas de ... Oh, ben si, tiens!
    Diwan qu’a nappé... Oui, et alors, qu’a-t-elle donc nappé?
    C’est bien d’être dans la lune, mais quand même... Faudrait voir à finir tes phrases...
    Bien le bonjour et bienvenue à DiwanC. Cela fait du bien, d’avoir du sang neuf, par Minou!
    s: Gargantua, Comte Dracula
  • #40
    PHILO_LOGIS
    30/11/2009 à 15:37
    • En réponse à momolala #37 le 30/11/2009 à 15:13 :
    • « God serait-il le seul survivant avec HoubaHOBBES de cette fabuleuse soirée chez Mirlou ? Il y avait de l’ambiance, c’est sûr, vidéos à l’app... »
    Non, Momo, il y en a d’autres, mais qui travaillent, eux!