Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

adieu, veau, vache, cochon, couvée [exp]

on doit faire une croix sur ce qu'on espérait

Origine et définition

Cette formule nous vient de notre fabuliste Jean de la Fontaine dans "Perrette et le pot au lait".
Pour ceux qui s'en rappellent un peu, car beaucoup l'ont étudiée à l'école, cette fable nous conte l'histoire de Perette qui s'en va vendre son pot de lait au marché du village.
Chemin faisant, elle se prend à rêver de la somme que va lui rapporter cette vente, argent avec lequel elle va pouvoir acheter des oeufs, en faire une couvée grâce à laquelle elle va élever quelques poulets dont la vente lui permettra d'acheter un cochon qui, une fois engraissé et lui-même revendu, l'autorisera à s'acheter une vache et un veau.
Autant dire que Perrette se voit à terme à la tête d'un élevage de grande taille.
Hélas, perdue dans ses rêves, elle trébuche et fait tomber son pot de lait, le seul bien réellement en sa possession, perdant ainsi d'un seul coup toutes ses illusions dont sa vache, son cochon et sa couvée.

Exemples

« Perrette sur sa tête ayant un Pot au lait
Bien posé sur un coussinet,
Prétendait arriver sans encombre à la ville.
Légère et court vêtue elle allait à grands pas ;
Ayant mis ce jour-là, pour être plus agile,
Cotillon simple, et souliers plats.
Notre laitière ainsi troussée
Comptait déjà dans sa pensée
Tout le prix de son lait, en employait l'argent,
Achetait un cent d'oeufs, faisait triple couvée ;
La chose allait à bien par son soin diligent.
Il m'est, disait-elle, facile,
D'élever des poulets autour de ma maison :
Le Renard sera bien habile,
S'il ne m'en laisse assez pour avoir un cochon.
Le porc à s'engraisser coûtera peu de son ;
Il était quand je l'eus de grosseur raisonnable :
J'aurai le revendant de l'argent bel et bon.
Et qui m'empêchera de mettre en notre étable,
Vu le prix dont il est, une vache et son veau,
Que je verrai sauter au milieu du troupeau ?
Perrette là-dessus saute aussi, transportée.
Le lait tombe ; adieu veau, vache, cochon, couvée ; [...] »
Jean de la Fontaine - Perrette et le pot au lait

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Anglais (USA) don't count your chickens before they are hatched ne comptez pas vos poulets avant qu'ils ont éclos
Espagnol (Espagne) cruz y raya croix et raie
Espagnol (Espagne) el cuento de La Lechera le conte de La Laitière
Espagnol (Espagne) hacer castillos en el aire faire des châteaux en l'air
Espagnol (Espagne) mi gozo en un pozo mon plaisir dans un puits
Espagnol (Espagne) no es pot dir blat que no sigui al sac... i ben lligat on ne peut pas dire 'blé' tant qu'il n'est pas dans le sac... et bien lié
Français (Canada) il ne faut pas compter l'oeuf au derrière de la poule
Grec έχετε γεια βρυσούλες, λόγγοι, βουνά, ραχούλες adieu petites fontaines, vallées, montagnes, crêtes
Hongrois kedv, örömök, Lillák, Isten véletek! adieu envie, plaisirs, Lillas
Italien arrivederci au revoir
Italien addio adieu !
Italien Addio sogni di gloria Adieu rêves de gloire
Néerlandais (Belgique) blij zijn / maken met een dode mus être / rendre heureux avec un moineau mort
Néerlandais (Belgique) het vel van de beer verkopen voor hij geschoten is vendre la peau de l'ours avant qu'il ne soit tué
Néerlandais afgelopen, zand er over fini ! On y passe du sable dessus
Néerlandais iets wel op je buik kunnen schrijven écrire quelquechose sur sa ventre
Néerlandais uithuilen en opnieuw beginnen cesser de pleurer, et recommencer
Néerlandais zeg maar dag met je handje dis bonjour avec ta main
Portugais (Brésil) adeus, viola adieu, guitare
Roumain s-a dus baba cu colacii la vieille avec les brioches est partie
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Commentaires sur l'expression « adieu, veau, vache, cochon, couvée » Commentaires

  • #1
    <inconnu>
    08/05/2009 à 00:55*
    God, tu as censuré 20 (je dis bien vingt) vers!
    Et notamment la morale qui m’étonne malgré plusieurs lectures!
    Une version complète, elle, à
    cette page
    Et une autre à
    cette page
  • #2
    cotentine
    08/05/2009 à 01:00
    hé oui, c’est bon de rêver et même de construire des châteaux en Espagne ... c’est le propre des optimistes et des utopistes ! et tant pis si les désillusions suivent ... c’est seulement la possibilité de franchir (ou d’accepter) la frontière entre la dure réalité de la vie et l’imagination qui laisse intacts l’espérance et l’idéal ... 😉
  • #3
    <inconnu>
    08/05/2009 à 01:04
    • En réponse à cotentine #2 le 08/05/2009 à 01:00 :
    • « hé oui, c’est bon de rêver et même de construire des châteaux en Espagne ... c’est le propre des optimistes et des utopistes ! et tant pis s... »
    Je ne suis pas loin de partager ton point de vue... Mais plus prosaîquement je me penche depuis une petite demi-heure sur la morale de cette fable qui me laisse perplexe.
  • #4
    cotentine
    08/05/2009 à 01:15
    • En réponse à <inconnu> #1 le 08/05/2009 à 00:55* :
    • « God, tu as censuré 20 (je dis bien vingt) vers!
      Et notamment la morale qui m’étonne malgré plusieurs lectures!
      Une version complète, elle,... »
    alors va relire le texte entier à cette page ... sur le site de J.M.B. qui est un fin connaisseur de l’oeuvre de Jean de la Fontaine (entre autres) 😮 et tu connaîtras mieux la "laitière" que Perrette !
  • #5
    <inconnu>
    08/05/2009 à 01:30*
    • En réponse à cotentine #4 le 08/05/2009 à 01:15 :
    • « alors va relire le texte entier à cette page ... sur le site de J.M.B. qui est un fin connaisseur de l’oeuvre de Jean de la Fontaine (entre... »
    Fin connaisseur, je n’ai aucune raison d’en douter, mais J.M.B. comme d’autres sites, donne le texte entier mais ne le commente pas.
    Mon étonnement de ce-soir vient de la différence entre le ton du récit, particulièrement léger, guilleret même, et la gravité de celui de la morale dont l’écriture même devient pesante. Il y a très longtemps que je n’avais pas lu La Fontaine et je le trouve là bien meilleur que dans mon souvenir. Auteur à revoir à travers les lunettes de la maturité.
  • #6
    momolala
    08/05/2009 à 07:09
    • En réponse à <inconnu> #5 le 08/05/2009 à 01:30* :
    • « Fin connaisseur, je n’ai aucune raison d’en douter, mais J.M.B. comme d’autres sites, donne le texte entier mais ne le commente pas.
      Mon éto... »
    A force de te pencher, tu as fini par tomber la tête sur ton oreiller pour y dormir sur tes deux oreilles j’espère en toute quiétude ! Qu’est-ce qui t’étonne donc dans ce changement de ton, tontaine tonton ? La Fontaine est coutumier du fait, qui te raconte sa petite histoire sur un ton galant avant d’en venir avec plus de gravité au but premier de sa leçon de morale. Que penses-tu de celle-ci, sur cette page ?
  • #7
    momolala
    08/05/2009 à 07:16
    Ce qui m’avait choquée dans la fable de Perrette quand je l’ai connue in extenso en 5ème ou en 4ème, c’était le grand risque qu’elle courait d’être battue par son mari. Je n’imaginais pas qu’un mari puisse battre sa femme et encore moins que cela fut chose admise dans la" morale" d’une fable ! J’étais moi-même très "Perrette" dans l’idée que je me faisais de la vie et de mon avenir. Finalement, "adieu veau, vache, cochon, couvée" rejoint l’expression "avec des "si" on mettrait Paris en bouteille", sans risque d’être battue : l’expression devient ainsi pleinement "urbaine".
  • #8
    PHILO_LOGIS
    08/05/2009 à 07:16
    Hélas, perdue dans ses rêves, elle trébuche et fait tomber son pot de lait, le seul bien réellement en sa possession, perdant ainsi d’un seul coup toutes ses illusions dont sa vache, son cochon et sa couvée.

    Ben voyons.
    Et pourtant, ce Jean bon nous dit qu’elle était légèrement troussée.
    Quand elle chût, cette cruche, ce n’est pas parce qu’elle se prit les pieds dans une quelconque racine. Non, elle perdit - en dehors de l’équilibre, une molière, au bord de la fontaine, dont elle boit l’eau (license littéraire oblige) - mais aussi sa jupette qui lui glissa sur les talons. Elle perit là alors sa virginité, autre "seul" bien en sa possession, à cause des trois capitaines qui passaient par là.
    Suite à quoi, elle ouvrit un autre commerce, auquel elle n’avait pas d’abord pensé. Et, comme de juste, ce fut la preuve qu’elle s’était trompée dans ses conclusions:
    S’il n’y eut pas de veau, certains clients furent vaches avec elle, d’autres furent de véitables cochons, et elle put développer son commerce. Elle devint une véritable mère poule pour sa couvée...
    Moralité: le succès d’une carrière ne tient souvent qu’à un élastique...
  • #9
    tytoalba
    08/05/2009 à 07:48*
    Un heureux anniversaire à Marilou.
    iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
    IIIIIIIIIIIIIIII
    IIIIIIIIIIIIIIIIII
    IIIIIIIIIIIIIIIIIIII

    Tu fais partie de ceux et celles qui dans l’ombre nous lisent. A l’occasion de ton anniversaire, viens nous faire un petit (ou un grand) coucou et partager un instant avec nous.
  • #10
    chirstian
    08/05/2009 à 09:14
    cette fable explique parfaitement la différence entre la consommation et l’investissement, et donne une parfaite illustration de l’esprit d’entreprise.
    Là où une majorité, travaillant pour gagner de l’argent, envisage de le dépenser au mieux, une petite minorité y voit la possibilité d’un développement qui transformera l’argent du lait en poulets, en porcs, en troupeau. Le sacrifice consenti en se privant de la consommation immédiate permet d’espérer un capital ou un revenu multiplié dans l’avenir ... si le lait ne se renverse pas.
    Si Perrette avait réussi , elle aurait été jalousée et accusée de tous les maux. N’avait-elle pas la chance d’avoir au départ un pot de lait ? Il faut voir les prix qu’elle pratiquait pour des produits même pas bio ! Elle n’a certainement pas payé ses impôts... Mais heureusement elle a échoué, et peut être tournée en ridicule. Son mari va sans doute la battre, et le lecteur souhaite que ces coups lui fasse à jamais passer l’envie de sortir du lot, car, déjà chez La Fontaine l’entreprise n’a pas bonne presse : le noble ne doit pas entreprendre, il existe par essence, et doit dépenser ses revenus en brillant à Versailles. Fi de ces bourgeois arrivés qui s’enrichissent en prenant des risque et qui, aujourd’hui, voudraient jouer un rôle politique. Vous verrez, Sire, que dans quelques mois ils auront envie de faire la révolution !
    Après avoir beaucoup rêvé, "Quelque accident fait-il que je rentre en moi-même,
    Je suis Gros-Jean comme devant. "
    conclut La Fontaire. Non ! Celui qui a rêvé et qui voit ses rêves s’évanouir n’est pas Gros Jean comme devant : il lui reste le souvenir d’un bonheur que ne connaîtront jamais ceux qui ne rêvent pas.
    😐
  • #11
    God
    08/05/2009 à 09:25
    • En réponse à chirstian #10 le 08/05/2009 à 09:14 :
    • « cette fable explique parfaitement la différence entre la consommation et l’investissement, et donne une parfaite illustration de l’esprit d’... »
    À ceux qui n’aimeraient pas (à juste titre selon les grammairiens, forcément puristes - et, de bon matin, je viens déjà de me faire tancer trois fois) la forme "s’en rappeler" calquée sur "s’en souvenir", je signale que je suis en compagnie de Mirabeau, Stendhal, Daudet ou Claudel, parmi d’autres.
    Alors...
    @Epicure 1 : Non, pas censuré, j’ai mis des points de suspension montrant bien qu’il y a une suite, mon but étant juste de rappeler le contexte qui a conduit à l’apparition de l’expression.
    Par contre, j’ai oublié le lien habituel à la suite du titre dans l’explication.
  • #12
    paperpy
    08/05/2009 à 10:39
    • En réponse à <inconnu> #1 le 08/05/2009 à 00:55* :
    • « God, tu as censuré 20 (je dis bien vingt) vers!
      Et notamment la morale qui m’étonne malgré plusieurs lectures!
      Une version complète, elle,... »
    merci ’epicure’ il y a une heure et demi que je surf sur "tes pages " ça fait plaisir de se replonger dans l’univers des fables !!
  • #13
    syanne
    08/05/2009 à 12:02
    J’aime beaucoup La Fontaine, moi aussi. Sa langue est une merveille (à lire, dire, écouter…). Il est aussi un délicieux (et souvent malicieux) conteur. Et les "moralités" de ses fables, qu’elles soient morales, critiques, didactiques, voire philosophiques, donnent à méditer et à interpréter. Loin d’être d’accord avec tout ce qu’elles énoncent, - ses apologues sont si contradictoires, parfois ! -, j’y trouve cependant presque toujours matière à réflexion.
    Plaisirs de l’oreille, de l’esprit, de l’imagination. Un grand auteur !
    Avez-vous lu ses contes ? La Fontaine dit lui-même que " Ce livre est licencieux… " et Boileau les condamne sévèrement :
    Je ne puis estimer ces dangereux auteurs
    Qui de l’honneur, en vers, infâmes déserteurs,
    Trahissant la vertu sur un papier coupable,
    Aux yeux de leurs lecteurs rendent le vice aimable

    Mais si joliment illustrés par Fragonard, dans la belle " Petite collection" de Diane de Sellier (d’où je tire ces extraits) … ils sont un autre un régal. Et à ce propos…
    Adieu, Suisses, Belges, François et Sélénites
    Je m’en vais de ce pas faire bouillir la marmite !
    Bon appétit !
  • #14
    <inconnu>
    08/05/2009 à 12:10
    Une autre fable de La Fontaine à cette page qui finit plus ou moins pareil, avec en sus une référence intertextuelle qui renvoie à... Perrette et le pot au lait bien sûr.
  • #15
    <inconnu>
    08/05/2009 à 12:12*
    • En réponse à syanne #13 le 08/05/2009 à 12:02 :
    • « J’aime beaucoup La Fontaine, moi aussi. Sa langue est une merveille (à lire, dire, écouter…). Il est aussi un délicieux (et souvent malicieu... »
    Mais si joliment illustrés par Fragonard

    Ses fables, elles, sont joliment illustrées par les gravures de Gustave Doré.
    C’est amusant, il pensait passer à la postérité grâce à ses contes, mais pas grâce à ses fables.
  • #16
    lafeepolaire
    08/05/2009 à 13:07
    Comme je ne parviens pas à écrire une réponse multiple (Epicure, Noupate, Momomola, Syanne ... pas doués les petits nouveaux), je crée un nouveau message:
    "si joliment illustrés par Fragonard" et par "Gustave Doré"
    mais aussi par Grandville.
    Merci à vous tous pour les liens intéressants que j’ai dûment archivé sur mes tablettes.
    Je peux aussi recommander Lafontaine.net
    Quant à la morale (les morales???) contenue dans la fable du jour, les événements de ces derniers mois semblent à eux seuls en être l’illustration.
    Moi aussi, je retourne à mes marmites et à mes pots (sans lait)
  • #17
    syanne
    08/05/2009 à 13:27*
    • En réponse à <inconnu> #15 le 08/05/2009 à 12:12* :
    • « Mais si joliment illustrés par Fragonard
      Ses fables, elles, sont joliment illustrées par les gravures de Gustave Doré.
      C’est amusant, il pe... »
    Illustrées par Doré oui, mais aussi, avant lui, par Jean-Baptiste Oudry en de belles estampes colorées (celles qu’a reproduites l’édition Diane de Sellier).
    Il est d’ailleurs amusant de comparer les deux illustrateurs dans leur interprétation de La laitière et le pot au lait.
    Oudry représente la chute de Perrette, les quatre fers en l’air, son pot de lait (en cuivre) renversé : cette page (il manque la couleur, hélas !)
    alors que Doré la montre debout, abattue devant le pot (en terre) cassé en mille morceaux... : cette page
    Et j’ajoute, pour les amateurs, le pertinent dossier des éd. de Sellier sur (entre autres) La Fontaine et ses illustrateurs :cette page
  • #18
    mickeylange
    08/05/2009 à 13:51
    Perette et le pot au lait.
    Perette rêve avec l’argent de son lait d’acheter des œufs, qui lui permettront d’acheter un cochon, et par la suite avec l’argent du cochon, une vache !
    Et personne ne se demande d’où vient le lait du pot !
    Si son rêve est d’acheter une vache, c’est qu’elle n’en a pas.
    Alors d’où vient le lait du pot ?
    hein je vous le demande.
  • #19
    PHILO_LOGIS
    08/05/2009 à 14:29
    • En réponse à God #11 le 08/05/2009 à 09:25 :
    • « À ceux qui n’aimeraient pas (à juste titre selon les grammairiens, forcément puristes - et, de bon matin, je viens déjà de me faire tancer t... »
    je signale que je suis en compagnie de Mirabeau, Stendhal, Daudet ou Claudel, parmi d’autres.

    Cela ne veut rien dire. Tu n’as pas l’exclusivité de la faute.
    S’en rappeler fait mal aux oreilles!
    Et si Mirabeau, Stendhal, Daudet ou Claudel se trompent et font la faute également, cela n’est en aucun cas suffisant! S’ils allaient, comme les moutons de Panurge, se jeter du haut de la falaise, tu ferais de même aussi, sans doute, en si bonne compagnie?
    Et puis, sois honnête: je n’ai jamais tansé avec toi!
  • #20
    <inconnu>
    08/05/2009 à 14:36
    Perette aurait du garder ses bons sabots, son jupon de laine rêche et téléphoner à la coopérative de ramassage du lait...gling...ggling...le camion avec ses bidons qui s’entrechoquent...
    .Ah...mince le téléphone n’existait pas...suis-je bête!
    Les coopératives non plus.
    C’était le temps des foires, du chacun pour soi.
    Mais elle avait bien encore sa vache dans l’ écurie!
    Et une vache, ça n’arrête pas de faire du lait.