Les expressions françaises décortiquées
explications sur l'origine, signification, exemples, traductions

changer de crèmerie [v]

quitter un lieu pour aller dans un autre ; aller voir ailleurs ; changer de restaurant pour un autre ; quitter un établissement pour aller dans un autre

Origine et définition

Lorsque, pour une raison quelconque, on se frite sérieusement avec le patron du bar dans lequel on a l'habitude de boire ses quelques petits ballons de blanc et de refaire le monde avec ses collègues de comptoir, le matin avant d'aller au travail, il ne reste plus qu'à changer de crèmerie, au moins temporairement, le temps que l'animosité se calme.
Mais si un bar peut bien servir un "petit crème", cela ne justifie pourtant pas qu'on l'appelle une 'crèmerie', lieu qui, normalement, propose exclusivement des produits laitiers, d'autant plus que l'expression peut s'appliquer à n'importe quel endroit, qu'il s'agisse d'un restaurant, d'une quincaillerie ou d'un bureau de poste.
Mais il faut pourtant savoir qu'au XIXe siècle, on a désigné par 'crèmerie' un lieu de restauration proposant bien autre chose que des produits laitiers, lieu où parfois, la débauche battait son plein, les esprits étant bien échauffés par l'alcool qui coulait à flots.
D'ailleurs, dans le "Grand dictionnaire universel" publié par Larousse en 1863, on trouve cette définition :
« Depuis quelques années, on a désigné sous le nom de crèmeries certains établissements tenant le milieu entre le restaurant et le café, et où l'on vend de tout, excepté de la crème, espèce de gargote d'une aspect particulier, où le riz au lait, le café à la crème, le chocolat, la côtelette et les oeufs sur le plat règnent à peu près souverainement. »
On imagine alors bien quelques joyeux lurons un peu éméchés, se soutenant l'un l'autre, décidant, histoire de bien continuer la soirée, de changer de crèmerie régulièrement, passant de l'une à l'autre jusqu'à ne plus être en état de se mouvoir.
C'est par extension que le mot 'crèmerie' a fini par désigner un établissement, puis un lieu quelconque.

Compléments

Lorsqu'on se trompait d'adresse, on pouvait aussi dire qu'on "se trompait de crèmerie".

Exemples

« Oubliez les circuits habituels ! Pour renouveler votre mobile, mieux vaut rompre votre contrat et changer de crèmerie. »
Mobiles Magazine - November 2005

Comment dit-on ailleurs ?

Langue Expression équivalente Traduction littérale
Allemand den Laden wechseln changer de magasin
Anglais take one's custom elsewhere accorder sa clientèle ailleurs
Espagnol (Espagne) cambiar de parroquia changer de paroisse
Espagnol (Espagne) irse con la música a otra parte partir avec la musique ailleurs
Espagnol (Espagne) tomar las de Villadiego prendre celles de Villadiego
Français (Canada) changer de cap changer de lieu
Hongrois lép faire un pas
Hébreu הידיעה הזו זיעזע אותי cette nouvelle m’a choqué
Italien cambiare aria changer air
Italien cambiare parrocchia changer paroisse
Italien sloggiare déloger
Néerlandais (Belgique) verkassen changer de caisse
Néerlandais van stek veranderen / Een andere stek zoeken changer de coup / Chercher un autre coup
Portugais (Brésil) mudar de freguesia changer de paroisse
Roumain a-și lua jucăriile prendre ses jouets
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Commentaires sur l'expression « changer de crèmerie » Commentaires

  • #21
    mickeylange
    01/02/2010 à 11:19
    Ma crémière était jeune et belle. elle aidait sa mère à servir les clients.
    Les clientes étaient un peu jalouse de sa jeunesse et de sa beauté.
    Moi timide j’aimais bien aller à la crèmerie à l’heure d’affluence pour la regarder servir.
    Elle avait de magnifiques cheveux blonds qui lui descendaient jusqu’aux reins. Ce jour là elle m’a servit ma crème et m’a fait un sourire éblouissant.
    En rentrant, j’ai mis la crème au frigo et miracle il y avait dedans un long cheveu blond.
    J’avais eu la crème, le sourire de la crémière, et la crinière en plus
  • #22
    Purdey
    01/02/2010 à 11:27
    Alors pour les allergiques au lactose (comme bibi), je recommande le lait d’amande ou de riz (car le lait de soja nous a filé un soir de détente un Oedème de Quincke, oui madame)
  • #23
    tytoalba
    01/02/2010 à 11:35
    • En réponse à <inconnu> #20 le 01/02/2010 à 11:02* :
    • « Pour La Poste, je me permet d’insister, voilà ce que gougueule répond: cette page
      Et plus précisément: cette page
      Pour la banque, c’est ce f... »
    Ce n’est pas que je doutais de tes dires, mais en Belgique (dieu merci) ce n’est pas encore possible.
  • #24
    horizondelle
    01/02/2010 à 11:58
    • En réponse à Purdey #13 le 01/02/2010 à 09:32 :
    • « Euh, le cheval en question, est-ce Jolly Jumper? en effet, je vois mal un cheval se prénommer ’Médor’... »
    en effet, je vois mal un cheval se prénommer ’Médor’...

    ... et encore moins Rantanplan 😄
  • #25
    horizondelle
    01/02/2010 à 12:00
    • En réponse à LeboDan_Ubbleu #15 le 01/02/2010 à 10:34 :
    • « Trouveras-t-il la crémière de ses rêves dans l’au delà ?
      Ou doit-il se mettre à boire du thé sans sucre et sans crème ?
      Là, il n’y a que G... »
    Il va être surpris notre MichelZim, il ne doit pas l’imaginer avec cette tête-là sa crémière de l’au-delà :’-))
  • #26
    JanusBozyeux
    01/02/2010 à 12:05*
    Je me pose cette question de haute portée philosophique :
    Peut-on appeler "crèmerie" les sites Internet voués aux rencontres ?
    Ce serait logique puisque l’on y cherche la crème des femmes ou des hommes.
    Non ?
    Cette autre : Une crèmerie peut vendre du lait écrémé ?
  • #27
    <inconnu>
    01/02/2010 à 12:07
    • En réponse à horizondelle #24 le 01/02/2010 à 11:58 :
    • « en effet, je vois mal un cheval se prénommer ’Médor’...
      ... et encore moins Rantanplan 😄 »
    Pourquoi ne pas l’appeller... Averel ?
  • #28
    horizondelle
    01/02/2010 à 12:12*
    • En réponse à tytoalba #7 le 01/02/2010 à 08:24* :
    • « Pour pouvoir changer de crèmerie, encore faut-il en trouver une. Il y a une dizaine d’années, on pouvait encore en trouver, à présent c’est... »
    Mais si, ça existe encore, en tous cas par chez nous. Allez, cette page pour vous mettre l’eau (pourquoi l’eau ???) à la bouche.
  • #29
    horizondelle
    01/02/2010 à 12:14
    • En réponse à <inconnu> #27 le 01/02/2010 à 12:07 :
    • « Pourquoi ne pas l’appeller... Averel ? »
    Ah, ben oui, surtout si c’est un cheval qui dit sans arrêt, quand est-ce qu’on aura de la crème ?
  • #30
    coriolan
    01/02/2010 à 12:26
    Le "Larousse pour tous", 2 volumes, de 1908 donne pour "crémerie", en deuxième définition: "A Paris, petit testaurant où l’on consomme surtout des oeufs et du laitage, mais qui sert aussi des repas à la fourchette."
  • #31
    chirstian
    01/02/2010 à 12:28
    • En réponse à God #16 le 01/02/2010 à 10:37 :
    • « Moi aussi, j’allais chercher le lait pareil, "chez le Mozabite" d’à côté, à 15 minutes à pied. J’en ramenais aussi le pain qui, généralement... »
    soupir] quand nous allions traîner nos pieds noirs dans notre crèmerie, nous nous grisions de ce lait blanc. /soupir]
  • #32
    <inconnu>
    01/02/2010 à 12:29*
    • En réponse à tytoalba #23 le 01/02/2010 à 11:35 :
    • « Ce n’est pas que je doutais de tes dires, mais en Belgique (dieu merci) ce n’est pas encore possible. »
    Mon propos ne concernait que la France. Pour la Belgique, j’ai une question HS (totalement !):
    J’ai ouï-dire qu’à Bruxelles il y avait des magasins discount de matériel micro-informatique, hi-fi, moins chers qu’à Paris par exemple: est-ce intéressant de faire le déplacement ?
  • #33
    LeboDan_Ubbleu
    01/02/2010 à 12:33
    • En réponse à chirstian #14 le 01/02/2010 à 09:46 :
    • « souvenir d’enfant : aller à la crèmerie chercher le lait et les yaourts. Les pots vides étaient légers, à l’aller, et tintinnabulaient. Au r... »
    Mon souvenir de gamin, c’est que nous allions chercher le lait dans un récipient en fer blanc (ou alu, mais je n’en suis pas si sûr car à cette époque l’alu n’était pas très répandu) prévu à cet effet , et nous laissions le lait reposer 1 jour ou 2 pour laisser remonter la crème à la surface.
    Nous la récupérions alors pour la conserver dans la cave (nous n’avions pas de réfrigérateur à l’époque et tout se gardait dans une cave, ma brave dame !), et lorsqu’il y en avait assez, nous barattions (dans un appareil exprès pour ça) cette crème pour en faire du beurre.
    Tout cela était délicieux, et ce simple souvenir me fait remonter plein de choses à la surface, comme la crème sur le lait.
    A cette époque nous ne pensions pas à changer de crèmerie, car la ferme était à 150 m de chez nous, et nous connaissions bien les fermiers, car c’était les métayers de mon grand-père à qui cette ferme appartenait.
    Mais cette époque est révolue, et aujourd’hui je galère à trouver du bon lait bio de production française.... 😢
    Pour la petite histoire, c’est dans cette même ferme qu’il y avait les fameux "râteliers" en bois dont je vous avais parlé à cette page #22
  • #34
    Elpepe
    01/02/2010 à 12:35
    • En réponse à God #16 le 01/02/2010 à 10:37 :
    • « Moi aussi, j’allais chercher le lait pareil, "chez le Mozabite" d’à côté, à 15 minutes à pied. J’en ramenais aussi le pain qui, généralement... »
    Ce qui explique peut-être qu’il y ait, là-bas, tant de candidats pour changer de crèmerie... ?
  • #35
    Elpepe
    01/02/2010 à 12:40
    • En réponse à mickeylange #21 le 01/02/2010 à 11:19 :
    • « Ma crémière était jeune et belle. elle aidait sa mère à servir les clients.
      Les clientes étaient un peu jalouse de sa jeunesse et de sa beau... »
    [/mode VL] (je referme ta balise, étourdi ! Tu peux refermer ta braguette, mainant...
  • #36
    chirstian
    01/02/2010 à 12:43
    • En réponse à <inconnu> #17 le 01/02/2010 à 10:37* :
    • « Cela ne va remonter le moral de personne (malheureusement je n’ai plus les références bibliographiques), mais ma lecture des revues spéciali... »
    pour les timbres postaux c’est d’ores et déjà fait: on peut imprimer, à domicile, ses propres étiquettes d’affranchissement....
    effectivement ce service permettait d’affranchir ta lettre, t’affranchissant du guichet de la Poste. Mais il restait l’obligation de mettre ensuite ta lettre dans une boîte. Le service vient de connaître une nouvelle évolution : désormais tu affranchis, et tu vas déposer ta lettre directement dans la boîte à lettres de son destinataire. Bon, je sais, dans certains cas c’est un peu loin, et un peu cher ! Mais tu peux organiser ton voyage pour en déposer plusieurs en même temps, tu vois ? Tu peux même proposer à des amis de te confier leurs lettres. C’est un service qui peut intéresser un large public, et qu’on pourrait appeler, je ne sais pas moi ... service public , par exemple ?
    Ou alors au contraire tu reçois les lettres, tu les scannes et tu les envoies par email immédiatement en un lieu situé près de son destinataire, où un autre poste les reçoit, imprime et délivre. L’endroit où seraient ces postes informatiques s’appellerait ... Le Poste.
    Si tu es intéressé par ce projet, écris moi ! 🙂
  • #37
    Elpepe
    01/02/2010 à 12:58
    • En réponse à horizondelle #28 le 01/02/2010 à 12:12* :
    • « Mais si, ça existe encore, en tous cas par chez nous. Allez, cette page pour vous mettre l’eau (pourquoi l’eau ???) à la bouche. »
    l’eau (pourquoi l’eau ???) à la bouche

    Tu penses à quoi, là ? Bon : la clé est sous le paillasson, comme d’hab.
  • #38
    Elpepe
    01/02/2010 à 13:08
    • En réponse à LeboDan_Ubbleu #33 le 01/02/2010 à 12:33 :
    • « Mon souvenir de gamin, c’est que nous allions chercher le lait dans un récipient en fer blanc (ou alu, mais je n’en suis pas si sûr car à ce... »
    nous barattions (dans un appareil exprès pour ça)

    Expressio est une espèce de petite baratte qui nous permet donc de baratiner pour y faire notre beurre, mais les maigres profits que j’en tire m’incitent à changer de crèmerie. Je délocaliserais bien en Chine, mais comme j’ignore comment on dit "crèmerie" ou "éditeur de partoche"en mandarin, c’est indémerdable...
  • #39
    mickeylange
    01/02/2010 à 13:24
    • En réponse à Elpepe #38 le 01/02/2010 à 13:08 :
    • « nous barattions (dans un appareil exprès pour ça)
      Expressio est une espèce de petite baratte qui nous permet donc de baratiner pour y faire... »
    乳品廠
    C’est comme ça qu’on dit crèmerie en chinois. Faire son beurre c’est trop récent il n’y a pas encore de mot.
  • #40
    Elpepe
    01/02/2010 à 13:24
    • En réponse à chirstian #36 le 01/02/2010 à 12:43 :
    • « pour les timbres postaux c’est d’ores et déjà fait: on peut imprimer, à domicile, ses propres étiquettes d’affranchissement....
      effectivem... »
    Faisons le point : tout le monde n’a pas encore un équipement informatique, soit. Mais un téléphone, fixe ou mobile, si, hein ? Donc : ta lettre, tu la dictes en message vocal sur un serveur de La Poste à numéro surtaxé, auquel tu indiques le numéro d’appel de ton destinataire, et automatiquement il l’appelle (en surtaxé également) pour lui délivrer ta lettre en message vocal. Pour que tout soit parfait, il n’est besoin que d’une imprimante à reconnaissance vocale chez tous les particuliers (louée par La Poste 10 €/mois maxi, une misère...), et hop ! Au chômedu, Olivier. Si tu réfléchis bien, du point de vue de la relance économique, c’est imparable, mon lapin.